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Gilets jaunes - À la veille d’un nouvel embrasement ?

mardi 4 décembre 2018, par René Merle

Ou de ce qui peut advenir

La période est extrêmement instructive pour qui s’interroge sur ce que vouloir « faire de l’histoire » veut dire.
Une fois de plus nous mesurons que, si des conditions économiques, sociales et politiques bien connues ont fait mûrir ce mouvement, nul n’avait vraiment prévu son déclenchement, sa nature, ses modes d’organisation et d’action, et au jour d’aujourd’hui, nul ne peut prévoir quelles en seront la continuation et l’issue. Évidemment, tout cela sera clair pour les historiens du futur qui nous proposeront l’analyse impeccable des causes, du déroulement et des effets, comme ils l’ont toujours fait a posteriori pour étudier ces scansions de l’Histoire, qu’elles soient, selon la formule souvent répétée, tragédie ou comédie…

Pour l’heure, nous ne pouvons que constater la distorsion entre un pouvoir, (dont l’analyse récente des comptes de campagne a souligné, si besoin était, qu’il avait été porté par un quarteron de richissimes bailleurs de fonds), des éditorialistes et commentateurs aux ordres de ce pouvoir ou en phase avec lui, et une opinion publique qui lui retire sa pseudo légitimité démocratique (on n’a jamais autant entendu dire que le Président n’avait été élu que par défaut, et par une minorité, même au second tour).

Dans sa complexité et dans ses profondeurs, où se nouent confusément revendications économiques, sociales et politiques, le mouvement pose la question du régime, et dénie en quelque sorte aux politiques (au pouvoir ou consultés par le pouvoir) la légitimité de traiter du changement de régime. Le retour du refoulé insurrectionnel est patent : le peuple qui a pris la Bastille, le peuple qui a fait tomber la royauté… Le peuple qui reprend ses droits, le peuple souverain s’avance...

Mais, sans ce que Machiavel appelait la Virtù de l’homme ou du groupe politique à même de saisir (au bon sens du mot) l’occasion non pas de dénouer la crise mais de trancher le nœud gordien, la situation ne pourra que pourrir dans un bricolage réformateur au petit pied qui ne règlera rien, sinon que nous passerons les Fêtes comme il convient, et qui renverra à plus tard les vraies solutions. Or on voit mal chez nos politiques, que le pouvoir effaré feint de consulter, quelle ou quelles formations pourraient endosser la responsabilité de faire accoucher l’Histoire de ce dont elle est grosse, et qui de toute façon adviendra.

2 Messages

  • À la veille d’un nouvel embrasement Le 4 décembre 2018 à 09:29, par Olivier Girolami

    Bonjour René
    Par son mutisme Macron montre qu’il ne veut pas bouger.
    J’aimerais me tromper, mais je suis convaincu que le gouvernement fait le pari du dégonflement du mouvement à l’approche des fêtes.
    J’en ai pour preuve, la nouvelle provocation : l’assemblée a adopté hier, définitivement et sans changement, le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2019 (PLFSS), avec notamment la sous-indexation des pensions de retraite et l’adoption et transformation du CICE en allègement de cotisations sociales.
    Amicalement

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  • À la veille d’un nouvel embrasement ? Le 4 décembre 2018 à 20:15, par DUBOIS Jean Michel

    Le général MACARON rentrait victorieux de la bataille d’Alstom.
    Au palais du roi Brutus Hollandus Ridiculus, trois sorciers du CAC40, spécialistes de la lecture des entrailles de gueux licenciés, lui prédirent qu’il serait roi de France.
    Aidé par les puissances de l’image, après la conversion de Brutus en livreur de pizzas, il monta sur le trône.
    Brutalisé, humilié, bafoué, très vite le peuple se révolta.
    Le roi MACARON perdit le sommeil, non parce qu’il se sentait coupable, mais tant son esprit foisonnait d’idées nouvelles pour rendre les riches encore plus riches !
    Sur les conseils de Lady MACARON PISTACHE, il fit convoquer les trois sorciers.
    Ces derniers lui tinrent à peu près ce langage : « Prenez garde Sire, le jaune vous rend vert de rage. Les puissances de l’argent n’aiment pas les enragés. Ils trouveront un autre chien pour vous remplacer. »
    A ces mots, MACARON, touché par un éclair de lucidité, se dit :
    "Sire Macaron n’est qu’une ombre qui parade, un misérable banquier
    Qui plastronne et s’agite pour ses cinq ans sur scène,
    Et puis on ne l’entendra plus ; c’est un petit marquis poudré
    Conté par des médias idiots, plein de suffisance et de mépris,
    Qui ne signifie rien.*"
    Et puis il s’en alla s’étendre au fond du coffre fort de son ami BENABRAS.

    Robin des Bois, MACARON, acte 5, scène 5

    *Mais fait beaucoup de dégâts !

    N B : remerciements à SHAKESPEARE

    DUBOIS Jean Michel
    Cambrai

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