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Élections européennes. Comme prévu, le piège se referme.

mardi 21 mai 2019, par René Merle

Réflexions d’un démocrate

Les lectrices et lecteurs familiers de ce site sont naturellement des citoyens responsables, et ils n’ont guère besoin de mon point de vue pour se déterminer, dans l’avalanche de points de vue occupant Internet et les réseaux sociaux.
Qu’ils considèrent donc seulement ce billet comme un propos que je m’adresse, « parlo soulet » comme le ravi de Manon des Sources, et démocrate toujours.

Deux courants politiques, représentant chacun un quart de l’électoral (compte non tenu de la masse prévue des abstentionnistes) se disputent la première place à ces élections européennes, comme s’il s’agissait d’un second tour des présidentielles, et pensent ainsi renvoyer à leur néant les autres courants politiques. Mais chacun comprend que l’avenir politique de l’un et de l’autre se jouera là : aussi dérisoire que cela soit, la première place (25% !) permettrait au président Macron de poursuivre en solitaire sa politique ultra libérale, comme elle permettrait au RN de se poser en postulant au pouvoir, avec le renfort d’une bonne partie de la droite.
On ne peut pas dire que nos lendemains chantent…

Le Président Macron intervient tous azimuts pour sonner l’alerte à la dislocation de l’Europe, et, en bon pratiquant de la politique politicienne qu’il disait abhorrer, il ne néglige rien pour assurer son socle électoral (le dernier clin d’œil opportuniste aux chasseurs en témoigne). Alerte donc, que les reportages télévisés sur l’Europe de la droite extrême et de l’extrême droite, crucifix de Salvini en prime, ne peuvent que cautionner. Nul doute qu’il ne confortera ainsi ses électeurs du premier tour de la présidentielle, et en grappillera d’autres dans les ranges des démocrates sincères, affolés devant ce sinistre retour des années Trente.

De son côté, le RN n’a même pas à se baisser pour rallier les suffrages d’électeurs infidèles à leur famille politique [1], dans le seul but de battre Macron. On va voter RN, Macron sera poussé au départ, et après on verra.
Mais on verra quoi ? Faut-il rappeler que le parti national socialiste n’a dû sa victoire qu’à une alliance avec le centre et la droite ? Faut-il rappeler que l’extrême droite n’est au pouvoir dans quelques états d’Europe que par son alliance avec la droite, et, sucre sur les poires, avec un parti contestataire à la Coluche en Italie ? (Cf. : Italie)

Bref, dans un contexte qui n’est en rien un second tour décisif d’une élection présidentielle, je refuserai l’alternative LeRem-RN, et en souhaiterai d’autres.

Notes

[1Un intéressant article de Vu du droit, ce jour : Élection.

1 Message

  • J’ai de sombres pressentiments.
    Pas pour les résultats du 26, qui sont inéluctables, mais pour une menace autre.
    Je n’ai jamais été fervent du complotisme confortable , qui éloigne la vraie réflexion.
    Mais je crois que l’Europe est devenu le Vietnam du milieu des années 60 . Elle est prise entre les influences des mêmes blocs.
    Bannon souhaite des états forts, avec l’aide des souverainistes, et Poutine se pourlèche de notre faiblesse politique.
    Le Kosovo c’est la base de Da Nang depuis 1999, avec l’immense base US née du conflit.
    Chaque état européen est comme une province à conquérir, face aux viets humanistes.
    La Pologne s’est déjà vendue pour des missiles US implantés chez elle.
    Italie, Hongrie, Autriche ont basculé .
    Les souverainistes ont été pris la main dans le pot de confiture, à s’allier aux deux influences.
    En Autriche, et chez nous où Marine Le Pen dit ignorer le "rôle" de Bannon en Europe. Nous la croyons bien sûr.
    Voilà ce qui se prépare : des états nationalistes qui seront aidés par des plans Marshall US.
    Je ne sais si j’exagère, mais ces idées me traversent, et me font penser que notre vote semble plus que jamais important et dérisoire à la fois.

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