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Anniversaire de la semaine sanglante (1)

samedi 25 mai 2019, par René Merle

Le trauma de la répression

Le 22 mai 1871, l’armée versaillaise pénétrait à Paris jusqu’au Trocadéro. Ainsi débutait la "Semaine sanglante", semaine d’apocalypse pendant laquelle, de barricade en barricade, et sous la fumée des incendies, les troupes de Thiers progresseront vers l’Est parisien, bastion des Communards, jusqu’aux derniers combats de Belleville et du Père Lachaise.
Désormais, aux exécutions sommaires de Communards pris les armes à la main vont succéder pendant de longs jours les tueries perpétrées par les troupes victorieuses, massacres collectifs de prisonniers ou de Parisiens anonymes raflés au hasard. À ces tueries ignobles qui n’épargnent ni femmes ni enfants, et que les historiens évaluent à dix, vingt, peut-être trente mille victimes, il faut ajouter les cinquante mille prisonniers détenus dans des conditions épouvantables, dont quelques milliers seront déportés, notamment en Nouvelle Calédonie.
Ainsi, face au nouveau pouvoir conservateur, s’achevait la tentative héroïque mais désespérée de la Commune de Paris, au lendemain d’un siège prussien terrible qui avait poussé à bout les capacités de résistance de la population parisienne.
La bourgeoisie française (et son bras armé) avait ainsi témoigné qu’à tout jamais elle ne se laisserait déposséder d’un pouvoir qu’elle estimait lui être de droit divin dévolu, quelle qu’en soit l’étiquette.
Ce trauma marquera à jamais le mouvement ouvrier et socialiste français, désormais engagé, quelles que soient les proclamations, dans la voie réformiste.
Et quand, au mouvement étudiant et aux gesticulations "révolutionnaires" de 1968 succèdera le vrai danger - la grève générale ouvrière -, l’appel de de Gaulle à Massu et les blindés massés autour de Paris témoigneront que cette détermination de la bourgeoisie n’était pas un vain mot.

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