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Défaite de Manuel Valls à Barcelone

mardi 28 mai 2019, par René Merle

Un retour à la vieille tradition des "Néos" ?

On ne doit jamais se réjouir du malheur des autres, mais je dois avouer que la déconfiture de notre ex premier ministre aux élections municipales de Barcelone ne m’a pas fait pleurer.

(Légende : Valls demande une forte participation pour chasser Colau et le séparatisme)
Il a joué, et il a sévèrement perdu : 4ème d’une compétition où n’aurait jamais dû mettre les pieds.
Non parce qu’il est Français (les accords européens permettent à tout citoyen de l’UE se présenter où il le désire, et de plus, Valls, né espagnol à Barcelone, connaît la ville et parle naturellement castillan et catalan), mais parce qu’il s’est lancé dans un processus de trahison politique spectaculaire.

Voici donc un ex ministre et premier ministre socialiste de François Hollande qui s’en vient en Catalogne, non seulement affronter son homologue espagnol, mais affirmer que sa candidature portait l’unique changement possible, qu’il se battrait pour bouter hors de la mairie de Barcelone Ada Colau, « l’indignée » soutenue par Podemos, et qu’il lutterait avec la plus grande énergie contre le séparatisme catalan. Et pour ce faire, Valls n’a pas hésité à être le candidat de Ciudadanos, la nouvelle mouture du libéral-capitalisme, et n’a pas hésité non plus à participer à la manifestation indépendantiste de Madrid, avec le Parti de la droite espagnole (et quelle droite !) et le parti néo franquiste Vox. Le tout pénétré d’une cécité politique qui ne lui a pas permis de faire la distinction (bien française ?) entre indépendantisme et autonomisme.

On pourrait s’en tenir à expliquer cette aventure ratée par un ego démesuré, et par le peu de profits politiques qu’il avait tirés de son piteux ralliement à Macron.
Mais, si l’on considère que Manuel Valls a toujours été l’illustration parfaite du tropisme éco-libéral et politiquement autoritaire d’une bonne partie du PS français, son itinéraire illustre une fois de plus la persistance d’un courant de pensée (les « Néos ») qui fit florès dans les années 1930 et qui, malgré la dérive de la plupart de ses dirigeants entre 1940 et 1945, n’a pas fini, sous des formes diverses, de parasiter le courant social démocrate français. À moins que ce ne soit sa vraie nature ?

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