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Retour sur "Santiago Italia", de Nanni Moretti

samedi 1er juin 2019, par René Merle

Un documentaire percutant qui ne m’incite pas à l’optimisme

Cf. : Moretti - Santiago Italia

Le récent Santiago Italia de Moretti vient d’être placé en Vidéo à la demande orange. J’ai donc replongé dans les enthousiasmes suscités par l’Union populaire qui porta Allende, dans l’atroce répression qui accompagna et suivit le coup d’État de septembre 1973, dans l’aide aux traqués fournie par une partie du clergé catholique (que Jean Paul II ne magnifiera pas !), dans le remarquable travail d’accueil et de sauvegarde mené par l’Ambassade d’Italie, dans le magnifique élan de solidarité qui entoura les émigrés dans une Italie encore rouge, humaine et fraternelle. Une Italie devenue celle de Berlusconi et de la Lega, terre autocentrée d’individualisme exacerbé et de réaction.

Ce que nous dit, en filigrane ou clairement, ce documentaire est que, loin d’être un ordinaire golpe dans un pays du Tiers Monde, à la sauce sud-américaine, il s’agissait bel et bien, non seulement pour les classes dirigeantes chiliennes de sauver leurs intérêts, mais pour les Etats-Unis de signifier qu’ils n’accepteraient jamais dans un pays développé le passage au socialisme (le vrai), fut-il un passage démocratique et parfaitement légal. L’avertissement donné à la France et à l’Italie était clair et implacable.

Il montrait aussi combien est naïve l’attitude de ceux qui s’engagent dans cette voie démocratique, et qui, par un jeu d’alliances puissant mais minoritaire, veulent assumer le pouvoir, en ne comptant justement que sur la légalité, en tenant comme acquise la neutralité de la police et de l’armée, et en laissant ainsi le peuple désarmé quand viendra l’inévitable réaction.

1 Message

  • Retour sur "Santiago Italia", de Nanni Moretti Le 1er juin à 17:56, par Jean-Yves

    Les USA ont toujours eu, en plus de leur pré carré idéologique à préserver par tous les moyens, aussi un œil attentif sur les richesses de ces endroits .
    Coluche disait :"Misère, Misère ! C’est toujours sur les pauvres gens que tu t’acharnes obstinément "
    Les USA démontrent que la richesse s’acharne aussi sur les pauvres gens qui pourraient être un peu plus riches.
    Après le cuivre du Chili, le pétrole Irakien, on sent comme un œil attentif posé sur les 300 milliards de réserve de barils, du...Vénézuela.
    Les USA ,qui ont laissé depuis la Libération, des millions de morts derrière eux, pour des prétextes bien douteux, mais toujours bien orientés pour eux, arrivent presque à nous culpabiliser que la démocratie de ces "endroits" est défaillante.
    Certes !
    Le doute fait bien les choses, surtout quand il est repris en boucle..
    Et après le Vénézuela on passera à autre chose.
    Et "pan dans la musette" disait un ami à moi, chasseur devant l’éternel.

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