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Le pouvoir en vert

vendredi 7 juin 2019, par René Merle

Et la fin du politique ?

J’aime bien le vert. Je me souviens que, dans les journées chaudes qui précédèrent la prise de la Bastille, les Parisiens arrachaient les feuilles des arbres du Palais royal, et les plaçaient sur leurs chapeaux, en signe d’espérance.
Désormais, le Vert est emblème écologique.
Dieu (?) sait que l’écologie est une noble cause. Conjuguée au monde politique, elle est un fort encens, qui monte à la tête. Le leader des Verts vient d’annoncer qu’il ambitionne le pouvoir. Sans compromission avec les vieux appareils politiques du passé (adieu la gauche), avoir un président écologiste n’est plus un rêve, proclame-t-il. Et sans s’attaquer au capitalisme, premier responsable de la catastrophe ?
Il n’y a peut-être pas de pire politique politicienne que celle faite par ceux qui disent ne pas faire de politique.

4 Messages

  • Le pouvoir en vert Le 7 juin à 09:49, par comte Lanza

    Bonjour Monsieur Merle,

    Sans vouloir être complet avec le symbolisme du vert (qui joue un grand rôle en pays musulman car c’est la couleur du Prophète et il me semble que le colonel Khadafi avait lancé une "révolution verte"), on peut ajouter (à un bout politique de l’échiquier qui n’est pas celui des révolutionnaires) les "verdets" de la Restauration, ainsi nommés à cause d’un ruban (ou d’une branche de feuillage ?) qu’ils portaient au chapeau (le vert était la couleur du comte d’Artois), militants royalistes à qui on impute à raison les violences de la Terreur blanche de 1815 , dont l’assassinat atroce du général Ramel, pourtant royaliste, gouverneur militaire de Toulouse ( qui avait le tort d’avoir été un ancien "serviteur" de Napoléon et surtout de refuser de payer aux "verdets" une sorte de solde).

    Cordialement.

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    • Le pouvoir en vert Le 7 juin à 10:20, par René Merle

      Bonjour Comte Lanza, et merci pour votre message. Oui, les Verdets ont ensanglanté nos départements du Sud-Est en 1814-1815, et particulièrement le Vaucluse et le Gard, sans oublier Marseille et le Var intérieur... Mouvement populaire, catholique et profondément réactionnaire, qui s’en prit à la bourgeoisie héritière de la Révolution, et, dans le Gard ou le Lot et Garonne, aux notable et patrons protestants...
      Comme vous le dites, le symbole du vert n’a rien d’univoque. Je pense aussi à ces Chemises vertes, mouvement fascisant paysan lancé entre les deux guerres par Henri Dorgères...
      Cordialement,
      rené merle

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      • Le pouvoir en vert Le 7 juin à 11:57, par comte Lanza

        A propos de la Terreur blanche, ce souvenir de Mistral ( Mémoires et souvenirs) qui met en scène le jeune Alphonse Daudet, se réclamant par provocation des massacreurs de 1815 qui jetèrent le maréchal Brune dans le Rhône à Avignon , en donnant à ce crime une explication "ethniciste" (plus blagueuse que réelle) :

        " Une autre fois, au pont qui conduit d’Avignon à l’île de la Barthelasse, il grimpait follement sur le parapet
        mince et, y courant dessus au risque de culbuter, par là-bas, dans le Rhône, il criait, pour épater quelques
        bourgeois qui l’entendaient :
        – C’est de là, tron de l’air ! que nous jetâmes au Rhône le cadavre de Brune, oui, du maréchal Brune ! Et que cela serve d’exemple aux Franchimands et Allobroges qui reviendraient nous embêter !"

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        • Le pouvoir en vert Le 7 juin à 15:19, par René Merle

          Merci encore, Comte Lanza. Je n’ai jamais apprécié la façon dont Mistral, républicain de 48 mais bon conservateur par la suite, versait aux pertes et profits de la langue provençale tout ce qu’elle avait pu charrier de réac. On pourrait aussi évoquer la façon dont il évoque la chanson sur les Jacobins jetés du haut de la tour de Tarascon...
          Mais bon, j’ai fermé mon blog socio-linguistique où j’avais longuement évoqué tout cela.Il y avait des citations du vieux Frédéric qui valaient leur pesant de frénésie contre révolutionnaire.
          Un mot encore sur le vert. Il y eut la mode du vert olive quand le petit Caporal devint le fameux Général...
          Les jacobins italiens eux, avaient adopté le vert sur leur drapeau tricolore imité de celui de la République française. Mais les séparatistes padans, vous le savez bien, arboraient la chemise verte et le drapeau de la Lega portait leur emblème vert...
          Comme quoi tout vert n’est pas celui des tapis de billard.
          Merci encore de votre clin d’œil provençal.
          rené merle

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