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Le coach de l’Élysée

lundi 10 juin 2019, par René Merle

Notre président (et Madame) avec nos tricolores des deux sexes

Hier soir, C politique a allumé comme il faut Coach Président (une émission qui, entre autres propos bienvenus, a remis les montres à l’heure sur l’ubérisation fleuron de notre société libérale)
Mais revenons au coach.

Notre président est président de tous les Français, et donc de tous les sportifs, et donc de tous les amateurs de sport. En fait, il est leur coach.
Et c’est bien normal. Le coach est là pour nous tester et nous remettre en forme, pour décider du jeu, pour critiquer les défaillances et pour exalter la combativité.
D’autant plus coach d’ailleurs que, histoire de les motiver, notre président assimile à son propre parcours les performances des Bleus et des Bleues, question ballon rond. « Moi je gagne, et vous, vous pouvez, vous devez faire comme moi, vous n’avez pas le droit de perdre. Car la nation est derrière vous. »

Notre coach président a savamment prodigué ses conseils aux Bleues, qui n’en demandaient pas tant : « Avoir le bon schéma de jeu et savoir jouer tous ensemble », leur a-t-il dit. On n’y aurait pas pensé, mais il fallait le dire, sans naturellement, vouloir mettre la pression. « Toutes ensembles » se serait imposé, mais ne pinaillons pas. Le Président avait enjoint aux Bleues de gagner contre nos amies coréennes, et, inspirées par cet élan élyséen, elles ont triomphé.

Le président a ensuite convoqué nos champions du Monde 2018, pour les décorer de la légion d’Honneur, non sans leur infliger en 45 minutes (!) une revisite technique de « l’épopée » et du match décisif, agrémentée de propos dignes de tout sofa de supporters : « Vous avez marié l’excellence individuelle avec le sens irréprochable du collectif ». Bingo. Et naturellement en identifiant une fois de plus son propre jeune cheminement et celui des Bleus. On ne nous le changera pas.
Las, à peine notre coach national avait décoré les Bleus de la légion d’honneur, que son équipe se plantait devant la méchante Turquie. Un peu comme sa politique.

Attention, coach, le milieu sportif n’est pas tendre, et les bancs de touche sont hantés par des coaches que l’on a remerciés, après déroute.

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