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La révolte populaire méridionale de 1841

jeudi 13 juin 2019, par René Merle

À propos de l’ouvrage de Jean-Claude Caron.

Jean-Claude Caron, L’Été rouge. Chronique de la révolte populaire en France (1841), Collection historique, Paris, Éditions Aubier, 2002.

je signale à nouveau toute l’importance de cet ouvrage pionnier pour la compréhension de ce qui s’est joué en 1841 dans la révolte contre l’emprise étatique qui secoua une zone correspondant curieusement (à première vue seulement) avec la France de langue d’Oc : j’en excepte la Provence, étroitement contrôlée par la répression qui suivit l’insurrection carbonaro manquée du printemps : j’en ai étudié l’aspect marseillais dans « À propos de la tentative d’insurrection marseillaise du 23 mars 1841 » : Cf. L’insurrection marseillaise avortée de 1841

« L’Été rouge - Présentation de l’éditeur :
Durant l’été 1841, la France est le théâtre d’une multitude de révoltes populaires. Le recensement des portes et fenêtres est perçu par la population comme une intrusion intolérable de l’État dans la sphère privée. Dans la moitié sud du pays, les portes se ferment, les agents du fisc sont conspués, les barricades se dressent et l’émeute tourne à l’insurrection sanglante à Toulouse et Clermont-Ferrand. Villes et campagnes, bourgeois et ouvriers, propriétaires fonciers et paysans se retrouvent, le temps d’un été, unanimes contre le pouvoir en place. Quelle est donc la nature de cette violence populaire soudaine, que les autorités, confrontées à une menace imprévue, ont tôt fait d’attribuer aux " communistes " ? Est-ce la résurgence d’une forme archaïque de protestation antifiscale d’Ancien Régime ? Ou les émeutes de l’été rouge marquent-elles le passage d’une violence sociale traditionnelle à une violence véritablement politique, caractéristique de l’ère moderne ? En s’appuyant sur des archives judiciaires inédites, l’auteur retrace la chronique de cet épisode paradoxal de l’histoire de la violence populaire, où la question fiscale cristallise le problème de l’intégration d’une communauté à un espace national pré-industriel.

Sommaire :
— La France de 1841 : crises et tensions
— L’impôt : entre la raison et la rumeur
— Toulouse la rebelle
— Nord contre Sud ? Intégration et résistances à l’espace national
— Instruire la révolte populaire : la construction judiciaire de l’événement
— Le temps des prétoires : logiques de la sanction. »

Je complète ce regard par un événement qui secoua la conscience nationale : la rébellion paysanne lors de la foire de Foix, le 13 janvier 1840, à propos des droits de place. La troupe tira sur les protestataires : 19 morts. Événement qui fit dire au Président du Conseil, le fameux Alphonse Thiers s’adressant aux députés avec son cynisme habituel : « C’est une chose toujours regrettable et douloureuse que l’effusion de sang. Mais ce serait une chose plus grave encore que la faiblesse des fonctionnaires. ».

Cf. :

Foix

La Dépêche

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