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Du rapport de ceux qui nous gouvernent à la réalité populaire

jeudi 13 juin 2019, par René Merle

Les premiers de cordée et « le sens de l’humain » cher à notre président

À propos du « changement de cap » annoncé par MM. Macron et Philippe
Il y avait, paraît-il, dans certaines peuplades « sauvages » que notre civilisation dite occidentale s’est empressée de rayer de la surface du globe, une sorte d’examen de passage qui faisait de l’adolescent un homme, en le mettant seul face à des situations extrêmes de survie, situations où il devait faire l’expérience de ce qu’est la faim, la douleur, la solitude…
On ne doit souhaiter du mal à personne, mais on en arrive à se dire que, avant de devenir ministre (dit-on aussi ministresse ?), l’homme ou la femme politique qui accepterait pareille charge devrait faire son petit stage d’initiation (par exemple s’inscrire au chômage et accepter le premier emploi proposé d’intermittent manuel : vivre une bonne paire de mois au salaire minimum, dans une cité-ghetto (avec défense aux amis et à la parentèle d’intervenir) ; commencer à avoir vraiment la dalle et finir par s’inscrire aux restaus du cœur ; se prendre par hasard une grenade de désencerclement dans la poire et attendre ensuite une nuit aux urgences dans un brancard ; j’en passe et des meilleures).

Mais à vrai dire, il n’est pas et il ne sera pas souhaitable que pareille aventure soit imposée pour devenir ministre (ou ministresse ?). Car nos ministres et ministresses ont le sens de l’humain, (comme le leur demande notre président désormais en empathie avec les gens, et tout remonté contre le méchant capitalisme qui devient fou). Nos ministres et ministresses comprennent les gilets jaunes, ils comprennent les chômeurs, ils comprennent le personnel de santé, ils comprennent… L’essentiel n’est-il pas de comprendre ? Ensuite est bien secondaire le passage à l’acte et la mise en œuvre immédiate de mesures de soulagement… si tant est qu’elles viennent jamais dans ce grand changement de cap qu’on nous annonce dans l’affirmation de garder le cap. Comprenne qui pourra.

En fait, le pouvoir croit jouer sur du velours devant les mécontentements. La tactique qui lui a si bien réussi avec les Gilets jaunes, (qui au début jouissaient de l’appui massif de l’opinion, et dont on a noyé l’allant à coups de mesurettes et de Grand Débat, plus un scénario violence propice pour rallier les apeurés et les tenants de l’ordre), réussira sans doute, croit-il, avec la vague de mécontentement hospitalier, soutenue elle aussi par une grande partie de l’opinion : essoufflement, pourrissement, en attendant les vacances, plus éventuellement un bon petit dérapage mortifère pour retourner l’opinion…

Sauf qu’à trop jouer ce jeu là, on risque de se retrouver vraiment devant une situation incontrôlable.
Incontrôlable socialement à tout le moins, car politiquement c’est une autre paire de manches. Le pouvoir se sent tranquille, rassuré qu’il est par son socle maintenu de 20% et le ralliement de bien des électeurs de droite.
« En marche », non pas en marche arrière, mais en marche vers le Parti unique. Dans sa naïveté adulatrice, notre secrétaire (secrétairesse ?) d’État, ancienne socialiste, a dit tout haut ce ses suzerains pensent tout bas : qui n’est pas avec nous est un mauvais Français.
Et pendant ce temps, quelle désespérance à la gauche de l’éventail. Je dis bien à gauche, et donc je n’évoque pas le PS relooké, car je n’oublie pas qu’il a sous Hollande initié toutes les réformes « libérales » que Macron (ex ministre du PS) a poursuivi allègrement…
Mais je parle du reste. Une France insoumise dont le Leader persiste à dire qu’elle est gazeuse et donc pas de gauche) pour éviter toute remise en cause de fonctionnement, et qui justifie son petit score par les résultats à l’identique dans les autres pays européens. Des Verts auxquels la verdure a monté à la tête et qui font fi de toute alliance à gauche. Un PCF bloqué dans son revival espéré, mais très déçu, comme l’est également Génération.s. Et les formations traditionnelles de la gauche de la gauche, LO, NPA, chacun et chacune campant dans leur solitude et tirant de son côté…
Comme on aimerait que, plutôt que se bouffer le nez, et sans gommer leurs spécificité, tous ces politiques de l’opposition prennent conscience de leur responsabilité historique, pour le meilleur ou pour le pire…

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