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Détester Macron ?

mercredi 19 juin 2019, par René Merle

Des responsabilités des dirigeants de l’opposition populaire (gauche de la gauche et LFI)

Le peuple français, dans sa majorité, a toujours porté au pouvoir des hommes plus ou moins providentiels, et toujours décevants. Il suffit pour s’en assurer de regarder de vieilles séquences où apparaissent MM. Sarkozy et Hollande, leur façon d’être, leur autosatisfaction, leurs mimiques et leurs emphases. Peut-on faire confiance à un peuple (enfin celui qui ne s’abstient pas) qui à un second tour d’élections s’en remet à de tels politiques de métier ? Je ne sais. En tout cas, ce peuple n’avait nulle raison de se plaindre, car c’est bien lui qui l’avait voulu.
Même remarque en ce qui concerne l’actuel président, haï par une partie de l’opinion. Mais qui t’a fait roi ?
Oh, je vois bien, aujourd’hui que les yeux se décillent, toutes les raisons qui, en plus de sa détestable politique, ont pu le rendre détestable : sa morgue, sa feinte empathie, la distance incommensurable que son éducation et son cursus ont dressée entre lui et « les gens ». (Enfin, certaines « gens », car il y en a toujours prompts à la poignée de main, et aux selfies).
Mais alors, suffit-il de se défouler en détestant le Président Macron ? « Macron démission » clamaient les Gilets jaunes. « Référendum contre Macron », clamait-on sur les deux versants extrêmes de l’éventail politique lors des élections européennes.
Macron démission ? Et après ?
On le voit bien, pas plus les Gilets jaunes que les démonstrations syndicales processionnaires n’ont fait reculer le Pouvoir dans sa volonté réformatrice « libérale ». Pour reprendre le vieux vocabulaire des luttes, faut-il se dire que la lutte ne paye donc plus ?
En fait, et c’est là que la responsabilité des dirigeants des oppositions de gauche ou de la France insoumise est écrasante, chacun comprend que démission ou pas démission, il n’existe pas pour l’heure de vraie perspective politique de relève, et, au-delà, faute de pointer le vrai fonctionnement de la société capitaliste, faute de mener une vraie révélation de sa nature et de ses contradictions, mortelles à terme, il n’existe pas de projet de changement de société crédible, projet que le vieux et vide slogan « L’humain d’abord » ne saurait le remplacer, pas plus que le vert généreux d’une partie de la jeunesse urbaine et cultivée, ou que la répétition formelle d’un anticapitalisme de secte.
De quoi Macron est-il le symptôme et le serviteur, sinon de ce capitalisme qu’il a toujours fidèlement servi ?
N’en doutons pas, si un jour le président est définitivement usé, les maîtres de l’économie lui trouveront sans problèmes un remplaçant.
Il y a urgence à débattre de tout cela, et à ouvrir des perspectives de lendemains qui, à défaut d’être des lendemains qui chantent, seraient à tout le moins des lendemains constructifs.

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