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Anaximandre, de l’Illimité

mercredi 12 décembre 2018, par René Merle

et de l’origine de l’homme...

Je suis toujours fasciné par les intuitions fulgurantes qui traversaient certains présocratiques, dont les bribes ne nous parviennent que par des échos ultérieurs, ici Hippolyte [1].

« Anaximandre est donc l’élève de Thalès. Anaximandre, fils de Praxiadès, de Milet. [2]
Il disait que le principe des choses existantes est une certaine nature de l’Illimité dont naissent les cieux et le monde qui se trouvent en eux. Cette nature est éternelle et ne vieillit pas ; elle enveloppe tous les mondes. Il dit que le temps est la limite de la génération, de l’existence et de la corruption.
Il disait que le principe et l’élément des choses qui existent est l’Illimité ; il fut le premier à user du terme de principe ; en outre est éternel le mouvement dans lequel se produit la génération des cieux. […]
Les animaux sont engendrés (à partir de l’humide) évaporé par le Soleil. Mais l’homme est engendré par un autre animal, plus précisément le poisson, et au commencement ressemblait à un poisson. » [3]

Notes

[1Doxographe tardif, dans la tradition de l’ami d’Aristote Théophraste. Il est plus connu comme Saint Hippolyte, évêque martyrisé en 235 lors de la persécution de Maximin

[2Anaximandre de Milet, disciple de Thalès, vers 610 – 546 av. J.C

[3Les Présocratiques, la Pléiade, 1988

1 Message

  • Anaximandre, de l’Illimité Le 12 décembre 2018 à 08:48, par MP

    Rupture donc avec les explications de type mythologique, et inauguration d’un type de savoir, positif, qui s’appuie sur l’observation empirique et l’élaboration d’un principe ou d’un concept rationnel. Pensée encore enfoncée dans les images sensibles chez Anaximandre et les autres présocratiques (qui identifient le principe des choses avec l’un des quatre éléments (l’eau, le feu, l’air ...), puis complètement épurée chez Parménide qui énonce qu’au principe du monde il y a l’être. L’être est, le non être n’est pas.

    Mais ces penseurs n’étaient pas que des physiciens. Ils étaient aussi moralistes. D’Anaximandre, il ne nous reste qu’un seul fragment :

    « ἐξ ὧν δὲ ἡ γένεσίς ἐστι τοῖς οὖσι͵ καὶ τὴν φθορὰν εἰς ταῦτα γίνεσθαι κατὰ τὸ χρεών διδόναι γὰρ αὐτὰ δίκην καὶ τίσιν ἀλλήλοις τῆς ἀδικίας κατὰ τὴν τοῦ χρόνου τάξιν. »

    « Or, de là où les choses s’engendrent, vers là aussi elles doivent périr selon la nécessité ; car elles s’administrent les unes aux autres châtiment et expiation pour leur impudence, selon le temps fixé. »
    (Traduction Diels)

    Vivre serait-ce une faute à expier ? Pour le jeune Nietzsche, Anaximandre était une sorte de Schopenhauer de l’Antiquité. Le génie des grecs fut justement de surmonter ce pessimisme. Il prend pour exemple Ulysse qui préfère vivre l’existence du plus misérable parmi les misérables, que celle d’un roi aux enfers. Il faut bénir l’existence, malgré la souffrance, malgré le mal. Il faut aimer l’existence, inconditionnellement.

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