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Considérations banales d’un citoyen inquiet

lundi 1er juillet 2019, par René Merle

Le vrai pouvoir (capitaliste) a-t-il besoin d’un recours à la droite extrême ?

Au lendemain de la grande secousse sociale de mai 1968, qui ébranla le régime gaulliste, les élections législatives de juin 1968 virent une déferlante électorale gaulliste !
On ne peut dire qu’au lendemain de la grande secousse sociale des Gilets jaunes, qui ébranla le régime macronien, le pouvoir actuel ait connu la même déferlante de soutien.
Sur un fond important d’abstention, il maintient son socle électoral de 25% des votants, sans plus.
Il n’y aurait pas a priori de quoi pavoiser. Et pourtant notre Président et ses groupies pavoisent.
En débauchant la plupart des cadres PS, puis en attirant une bonne partie de la droite, le pouvoir a choisi de faire du champ politique un face à face LaRem – Rassemblement national, en pensant ainsi s’en sortir à tous les coups, car les démocrates ne laisseront jamais gagner le RN, et voteront donc… LaRem.
Car, à l’évidence, même si les Verts, dans leur pragmatisme, pensent pouvoir se présenter en postulants sérieux au pouvoir (en évitant le clivage droite – gauche et en se gardant d’attaquer, frontalement ou pas, le capitalisme), aucune alternative à gauche ou à la gauche de la gauche ne se fait jour. Et ce ne sont pas les relances sociales démocrates post hollandiennes ou, d’un autre côté, les relances des fameux « collectifs de base anti-libéraux » d’antan, pas plus que l’hégémonie rêvée de la France insoumise, qui fourniront cette alternative.
Donc, avenir assuré pour LaRem et Macron ? D’autant que, pour l’heure, le mouvement social, comme on dit, est en panne de stratégie.
L’ennui est que le RN fait jeu égal électoralement avec LaRem (et même un peu mieux), et qu’il attire déjà à lui une partie de la droite, et l’attirera encore plus.
Il n’est plus du tout exclu que, surfant sur le mécontentement populaire que les nouvelles réformes vont encore aggraver, le RN et ses alliés de droite deviennent le parti majoritaire, et prennent le pouvoir le plus légalement du monde.
Contre la mise en cause de l’ordre social, cette coalition extrême droite – droite extrême serait alors un recours à la fois musclé (l’Ordre et la trique à la Castaner en sont les prémices) et anesthésiant (dévoiement de la colère populaire contre des boucs émissaires, émigrés, migrants et autres).

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