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Le chant de Bernadette

mardi 2 juillet 2019, par René Merle

Du roman de Wergel à la comédie musicale !

Il n’a peut-être échappé aux lecteurs de mes anciens blogs que j’ai toujours été interpellé par les apparitions mariales, au premier chef celles où la Dame parlait un "patois" occitan [1], dans la mesure où elles confrontaient initialement une résolue adhésion populaire et un scepticisme ecclésiastique. Cf. mes études sur l’apparition de La Salette, sur ce blog et sur mon blog linguistique.
« L’événement de La Salette » :
L’évenement de La Salette, 1846
« L’événement de la Salette et le patois » :
Patois

À la lecture des gazettes télévisées, mes chromosomes bigourdans, hérités de mes grands parents maternels, n’ont fait qu’un tour.

Dans le climat de bigoterie qu’a renforcé encore l’incendie de Notre Dame de paris, l’inusable Robert Hossein initie donc une comédie musicale, pardon, un spectacle musical, sur l’apparition de Lourdes.
Il fallait le faire !

Mais puisque chant il y a, j’ai donc relu Le chant de Bernadette de Franz Werfel [Prague 1890 - Beverly Hills 1945], qui fut un immense best-seller lors de sa parution aux États-Unis en 1942 [2]. Je l’ai relu en me demandant comment, en 1941, dans son exil californien, quelques mois à peine après avoir quitté Lourdes où il avait douloureusement piétiné en fuyant les nazis et en attendant une opportunité de départ salvateur, cet auteur autrichien, compagnon des plus grands et des plus tourmentés (Kafka notamment), époux de la veuve de Mahler, avait-il pu retrouver au plus juste, au plus sociologiquement documenté, ce qu’était ce Lourdes du Second Empire, qui était Bernadette, quelle simplicité, quelle solidité avaient pu l’habiter et la soutenir... Sans doute l’empathie entre la foi de ce Juif autrichien tenté par la conversion et celle de la fille du peuple, se rejoignaient en transcendant les hypocrisies pharisiennes et les ostentations ecclésiastiques, dont on aimerait bien se débarrasser...

Notes

[1Les seules paroles que Bernadette aient entendu de la Dame, sont, en occitan bigourdan, « Je suis l’immaculée conception »

[2Publié en 1942 aux États-Unis, l’ouvrage est traduit et publié chez Albin Michel en 1948 (et plusieurs fois réédité.

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