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Après le discours de Mélenchon à l’assemblée représentative de la France insoumise (Paris, dimanche 24 juin).

mercredi 3 juillet 2019, par René Merle

De 2017 à aujourd’hui, mes réticences devant la stratégie de J.-L. Mélenchon

Décidément, ce dimanche 24 juin, l’heure n’était pas à la censure, car ma chaine d’information continue hélas favorite diffusait in extenso le discours de Jean-Luc Mélenchon.
Avec le talent de tribun qu’on lui connaît, sa vista, sa capacité à relier les justes références historiques, trop souvent oubliées par d’autres, et les analyses pertinentes de la situation actuelle de notre société, ce discours ne pouvait qu’intéresser le non-adhérent à la France insoumise que je suis.
Vous pouvez facilement le retrouver sur le blog de Mélenchon.
Mais je dois dire que, en ce qui me concerne à tout le moins, et je cite son blog, l’orateur, parlant de la France insoumise, « a réaffirmé le fait qu’elle ne pouvait pas devenir un parti politique traditionnel mais devait rester un mouvement évolutif au service de l’auto-organisation citoyenne. »
Et, dans ce mouvement « gazeux », il a réaffirmé son rôle de leader : « Mon rôle est consubstantiel au mouvement », notamment parce que « c’est moi qui étais candidat à la présidentielle ».

Après avoir écouté cette intervention de clôture, j’ai relu l’article que j’avais publié sur mon blog précédent, il y a deux ans, le 26 juin 2017, au lendemain des élections législatives. J’en donne ici le début auquel je ne change pas un mot, tant la situation ne me paraît pas avoir évolué :

« Je ne pense que du bien des citoyens qui, pleins d’espoirs, s’engagent dans le mouvement La France insoumise. Et je m’en voudrais de les offenser par les lignes qui suivent. Qu’ils les considèrent seulement comme une ouverture à la réflexion et à la discussion. J’ai pourtant perdu quelques abonnés quand je me suis déjà risqué récemment à ce type de considérations. Sans doute ces lecteurs pensaient-ils qu’il vaut mieux comme eux « être embarqué », au sens sartrien du mot, que demeurer observateur sans engagement pratique, comme l’auteur de ces lignes.
Ceux qui suivent ce blog depuis longtemps savent que j’ai voté et appelé à voter Mélenchon aux deux dernières présidentielles, et je ne regrette pas. Mélenchon a été un éveilleur républicain qui a secoué d’espoir les déçus de « la gauche ». Mais je n’ai pas pour autant cliqué sur Internet afin de rejoindre ses 500.00 adhérents, et je n’ai pas été un électeur La France insoumise aux législatives. Je n’ai donc a priori aucun droit à me mêler des affaires de La France insoumise, et je me garderai bien de me permettre de lui donner des leçons, au moment où elle est plus que jamais sous le feu des suppôts médiatiques du pouvoir.
Cependant, en tant que citoyen plus qu’octogénaire, et plus que peiné (mais pas découragé) d’avoir vécu trop de défaites des espérances de transformation démocratique et sociale, je me sens le droit de m’interroger sur une démarche qui engage tous les électeurs de J.-L.Mélenchon. Le líder máximo, en effet, ne cesse de fonder sa légitimité sur « SES » 7 millions de suffrages au présidentielles (dont le mien), comme si ces suffrages formaient un boc monolithique d’adhésion à tout ce que dit et propose la candidat.
J’ai souvent exprimé mes doutes devant l’aventure solitaire de La France insoumise, le flou relatif du programme sur des questions fondamentales, la sous-estimation des difficultés à rencontrer en cas de victoire. Je me trompe peut-être, et j’aimerais me tromper, mais, au risque de surprendre, je considère Jean-Luc Mélenchon comme un léniniste bon teint, à sa façon : sa France insoumise a un petit groupe dirigeant très soudé de responsables du Parti de Gauche, qui se pensent dotés de la virtù (au meilleur sens machiavélien du terme) capable d’agir de façon décisive quand la chance historique se présente. Et, autour de ce groupe dirigeant (je ne dis pas en dessous), on a une nébuleuse de « gens » sensibilisés à différents niveaux, à partir d’intérêts plus ou moins convergents, à qui l’on offre l’opportunité rare de se rencontrer, d’échanger, et de proposer, mais non de décider vraiment au niveau suprême de la tactique et de la stratégie.
Ce mini-groupe dirigeant prépare la prochaine et solitaire accession électorale au pouvoir, sur la base d’un programme a minima, soutenu par l’adhésion populaire.
 »

Je faisais suivre ces lignes par une réflexion sur cette possible accession au pouvoir d’un mouvement qui ne cesse de clamer qu’il veut « fédérer le peuple ». J’y reviendrai bientôt en réfléchissant sur cette ambivalence « Mouvement – Parti ».
En attendant, tout en manifestant mes réticences devant la stratégie mélenchonienne, je refuse de participer au honteux « Mélenchon bashing » médiatique, qui accueille avec satisfaction et comme un coup de grâce, le procès à venir, terme d’une mauvaise passe politique dont le premier intéressé serait le premier responsable…
Chacun sait, ou ne sait pas, que les magistrats du Parquet sont nommés par le Président de la République. Ces magistrats viennent de se signaler en lavant les trois conseillers de l’Élysée, et notamment Patrick Strzoda, de tout soupçon de faux témoignage, en classant sans suite les poursuites engagées par le Sénat. Ils viennent aussi de se signaler en envoyant en correctionnelle J.-L. Mélenchon pour son attitude lors des perquisitions d’octobre 2018. Bel exemple de justice macronienne impartiale !

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