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Quand François Mitterrand était révolutionnaire

samedi 15 décembre 2018, par René Merle

Ou de l’héritage stratégique de Mitterrand

Et pourquoi je me méfie aujourd’hui des belles paroles de ses disciples, y compris des plus insoumis…

François Mitterrand lui-même ne s’est-il pas proclamé un dangereux adversaire du capitalisme, un révolutionnaire convaincu ? Ainsi dans une de ses interventions au Congrès d’unification socialiste d’Épinay sur Seine, (13 juin 1971) (je donnerai plus tard l’intervention finale) :

" Réforme ou révolution ? J’ai envie de dire - qu’on ne m’accuse pas de démagogie, ce serait facile dans ce congrès - oui, révolution. Et je voudrais tout de suite préciser, parce que je ne veux pas mentir à ma pensée profonde, que pour moi, sans jouer sur les mots, la lutte de chaque jour pour la réforme catégorique des structures peut être de nature révolutionnaire.
Mais ce que je viens de dire pourrait être un alibi si je n’ajoutais pas une deuxième phrase : violente ou pacifique, la révolution c’est d’abord une rupture. Celui qui n’accepte pas la rupture - la méthode, cela passe ensuite -, celui qui ne consent pas à la rupture avec l’ordre établi, politique, cela va de soi, c’est secondaire..., avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste.
"

On connaît le suite, et ses terribles désillusions, peut-être irrémédiables, causées par ses deux septennats… Enfin à tout le moins ceux qui ont vécu ces années quatre-vingt…

Et aujourd’hui ?
François Hollande avait fait de François Mitterrand une référence permanente, ce qui ne lui a pas porté chance.
Jean-Luc Mélenchon, ce qui peut surprendre étant données ses positions actuelles, n’est pas en reste d’admiration. Ne disait-il pas déjà, au temps du défunt Front de Gauche, que « de là-haut » l’ex-président en préservait du mauvais temps le rassemblement ? Et il persiste dans cette fidélité. Quelle est la part de la duplicité mitterrandienne dans son logiciel ? Ou ne s’agit-il que d’une reconnaissance à l’égard de celui qui a fait « émerger » tant de jeunes socialistes ? Dans le doute, je m’abstiens.

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