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Propos historiques de notre Président

lundi 19 août 2019, par René Merle

Du passage du couple présidentiel à Bormes les mimosas, retenons deux propos de notre Président, sur lesquels les commentateurs ne se sont pas fait faute de gloser et souvent d’ironiser. Je m’en gardera bien.
La Président a constaté que notre pays traverse une crise, « crise profonde de doute » qui « réside aussi parfois dans l’oubli du courage, dans l’esprit de résignation et les petits abandons. »
Vous l’avez compris, amis français, il faut vous reprendre, dépasser votre petit quotidien et revenir aux valeurs que votre courte vue ne saurait voir [1].

Et notre Président de citer le général de Gaulle : « La France d’abord, et l’État ensuite. Les devoirs d’abord, et les droits, nous verrons ensuite ».
Avis aux contestataires mauvais Français de la rentrée…

Bon, il est bien connu que dans l’Histoire, Grands et Petits Hommes se sont toujours autorisés à délivrer à leur bon peuple des formules aussi bien ciselées.
Mais chacun sait que c’est à l’aune des résultats que se juge le Grand ou Petit Homme, et non sur ses talents oratoires.

Mais venons-en à une autre formule ciselée de notre Président, qui, après avoir fait état des désaccords, voire de la division, que notre pays vient de connaître, conclut :
« Mais il ne faut jamais oublier que, quels que soient nos désaccords, aux grands moments de notre histoire nous avons su nous réconcilier ».
La formule sonne bien, mais n’est peut-être pas tout à fait conforme à la vérité historique. La France a toujours été divisée, et à plus forte raison aux grands moments de notre histoire. Puisque le propos a été tenu le jour de la commémoration de la Libération, pourquoi ne pas revenir à cette période ? Pétain avait prétendu représenter et réconcilier la France après la défaite, et il faudra quatre ans de lutte, puis de guerre civile, pour que s’effondre cette fausse unanimité. Au grand moment de notre Histoire d’alors, beaucoup furent pétainistes, et beaucoup furent résistants, car il y eut bien deux Frances. Et la fragile unité réalisée au lendemain de la Libération avec un gouvernement d’union nationale s’effacera bien vite avec les conflits sociaux, les guerres coloniales, et la guerre froide.

Notes

[1Reprise de la vieille litanie que le Maréchal exprima si bien dans son allocution du 20 juin 1940 : « L’esprit de jouissance l’a emporté sur l’esprit de sacrifice. On a revendiqué plus qu’on a servi. On a voulu épargner l’effort ; on rencontre aujourd’hui le malheur.

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