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Au lendemain du G7

mardi 27 août 2019, par René Merle

Le triomphe d’Emmanuel ?


Autrefois, le vulgum pecus ne connaissait les Grands de ce monde que par leurs profils sur les pièces de monnaie (ce qui a permis quand même au maître de poste Drouet de repérer Louis XVI dans sa fuite).
Il en va bien différemment aujourd’hui, où notre Président est quasi devenu un ami de la famille par petit écran interposé. Et ne parlons pas de ces cinq derniers jours, matin et soir ! La forte dose pour célébrer l’apothéose d’Emmanel à ce G7…
Eh oui, le G7. Télé aidant, nous les connaissons tous, réunis comme dans un vieux film de Lelouch : Angela, Boris, Donald, Emmanuel, Justin… Ne parlons pas du pauvre Giuseppe, (déjà hors course ? encore que… [1]), et de l’indéchiffrable 安倍 晋三. Tous drivés par Emmanuel, au sourire carnassier et très tactile (Nicolas, expert en la matière, est largement battu)…
Ils sont là, bien tranquilles, bien nourris, bien logés, bien protégés… Sept humains comme vous et moi, qui décident du sort du monde, de notre sort, pour le meilleur et pour le pire, pendant que les conjointes nous jouent Reine d’un jour sous la houlette de notre Présidente.
Sept humains, mais sept chefs (enfin, Grand Chef, chefs et sous-chefs).
Bien sûr, il paraît que, depuis la horde primitive, les animaux sociaux que nous sommes s’en sont toujours remis à des chefs.
Rien de nouveau sous le soleil donc, sinon que ces sept chefs sont les produits de ce si démocratique suffrage universel, et que par là même ils peuvent se dégager devant nous, pauvres naïfs que nous sommes, du soupçon de pouvoir personnel…

Alors, G7 réussi ? L’avenir nous le dira. Amazonie et Iran ont occupé nos petits écrans, à la grande gloire d’Emmanuel le Vert [2], le Pacificateur [3].
Mais trêve de réserves, l’avenir semble plutôt radieux, comme nous le montrent Emmanuel et Donald enlacés, le pouce levé à l’américaine d’Emmanuel répondant à celui que Donald venait de dresser.
Il faudrait vraiment avoir mauvais esprit pour se souvenir qu’à quelques pas de Biarritz, en juin 1660, le jeune Louis XIV et Philippe IV d’Espagne se rencontraient sur l’île des faisans, entre Irun et Hendaye, pour y confirmer leur traité de paix, mariage princier à la clé. Et qu’ensuite, jusqu’à la fin du long règne de Louis XIV, la France et l’Espagne n’ont cessé de se combattre. Ainsi en va-t-il de ces rencontres entre Grands dont l’Histoire regorge, et de leurs lendemains.

Notes

[1Réservant ses étreintes aux autres, Emmanuel ne lui a tendu qu’une main distraite, sans augurer de l’avenir italien

[2L’Amazonie a permis à Emmanuel de se débarrasser (provisoirement) d’un Mercosur qui risquait de gâcher sa rentrée, compte tenu de la colère des agriculteurs et des écologistes. Elle lui a permis aussi, en vrai chef qui sait parler haut, de s’immiscer à la hussarde dans la politique intérieure du Brésil ; cependant que de nombreuses voix en Guyane lui reprochent de livrer la forêt « française » aux appétits capitalistes…

[3Le « coup de théâtre » iranien, bienvenu, a surtout permis de constater que Trump, qui a brisé un accord positif, n’entend pas revenir sur ses étouffantes sanctions économiques, tant sur l’Iran que sur les sociétés et les États qui veulent commercer avec lui.

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