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Des thèmes éternels de la chanson populaire. Pérou

lundi 9 septembre 2019, par René Merle

Amour, trahison et mort…

Mon récent ricochet sur une chanson vénézuélienne [1] m’a rappelé quel plaisir j’avais à placer sur mes anciens blogs des airs sud-américains, et en particulier des musiques andines, ceci je le répète, sans rapports directs, évidemment, avec la difficile situation actuelle du sous-continent. Vous ne trouverez rien d’ « engagé » dans la plupart des textes de ces chansons, mais simplement, comme dans toute bonne chanson populaire, traditionnelle ou pas, vous rencontrerez avant tout les thèmes éternels de l’amour, de la jalousie, de la trahison, de la mort, ramassés en quelques formules simples et brutales. L’histoire est à peine esquissée, ou parfois développée (voir les vieux tangos…), mais est toujours histoire, brin de vie. Bref, cette « sous-culture » [2] dont le regretté Manuel Vásquez Montalbán soulignait l’importance, en dit peut-être beaucoup sur une époque, et sur un pays quand elle s’y enracine de façon identitaire [3]
À ce propos, j’ai repensé à un huayno né il y a bien longtemps dans la région de Cuzco, au Pérou, et qu’un musicologue bolivien, Orueño Gilberto Rojas, reprit et popularisa en 1950, en changeant son titre de « Ojos bonitos » en « Ojos azules ». Chanson d’amour déçu qui pousse à la mort le désespéré… Chanson traditionnelle dont d’innombrables versions actuelles (voir youtube), de la symphonique à l’émission télé avec chanteurs à succès, attestent de la grande popularité présente.

Ojos azules no llores 

No llores ni te enamores 

Lloraras cuando me vaya 

Cuando remedio ya no haya

Yeux bleus, ne pleure pas, ne pleure pas et ne tombe pas amoureux, tu pleureras quand je m’en irai, quand il n’y aura pas de remède 



Tu me juraste quererme 

Quererme toda la vida 

No han pasado dos, tres dias 

Tu te alejas y me dejas

Tu me juras de m’aimer, de m’aimer toute la vie ; ne se sont pas passés deux, trois jour, que tu t’éloignes et que tu me quittes



En una copa de vino 

Quisiera tomar veneno 

Veneno para matarme 

Veneno para olvidarte

Dans un verre à (de) vin, je veux prendre du poison, du poison pour me tuer, du poison pour t’oublier



Ojos azules no llores… 


Notes

[2La formule est de Montalbán

[3En 1972, Montalbán entreprit de récupérer la mémoire collective espagnole dans son Cancionero General

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