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Pierre Leroux et le gouvernement des riches

vendredi 20 septembre 2019, par René Merle

Leroux 1848… et nous ? Ploutocratie encore et toujours


Au lendemain de la Révolution de Février 1848, le typographe et philosophe socialiste Pierre Leroux [1797], alors installé à Boussac (Creuse), publiait De la Ploutocratie ou du gouvernement des riches, Boussac, imprimerie de Pierre Leroux, 1848 [1].
On lit sur la page de garde :
« Make money, my son, honestly if you can, but make money. – « Gagne de l’argent, mon fils, honnêtement si tu peux, mais gagne de l’argent. » (Proverbe des Ploutocrates américains.) »
Et on lit encore dans l’introduction :
« J’ai essayé dans cet ouvrage de faire connaître la constitution économique de la France ; j’ai dit quelle est la condition du salaire et celle du revenu net.
Cet écrit a paru, il y a cinq ans, dans la Revue indépendante. Nous étions sous la Monarchie. J’achève de le réimprimer au moment où l’on proclame la République.
Puisse la République n’être pas une Ploutocratie !
Boussac, le 10 mars 1848."

Inutile de dire que le tout nouveau député démocrate socialiste de la Creuse (un des rares défenseurs des Insurgés de Juin 48) fut vite déçu par la République de l’Ordre bourgeois. Ce qui ne l’empêcha pas de défendre le principe républicain au moment du coup d’État de 1851, ce qui lui valut l’exil...
Qu’écrirait-il aujourd’hui, quand notre monarque n’arrive pas à se débarrasser de la très justifiée appellation de « Président des riches » ?

Notes

[1Vincent Peillon, avant de devenir ministre socialiste, publia un très intéressant ouvrage : Pierre Leroux et le socialisme républicain. Une tradition philosophique, Bordeaux, Le Bord de l’eau, 2003, dans lequel il opposait la pensée de Leroux à celle de Marx.
En redécouvrant le continent quelque peu oublié du républicanisme socialiste et libertaire du XIXe siècle, l’ouvrage s’inscrivait dans l’espérance de rénover la gauche réformiste. On connaît la suite, qui n’aurait certes pas réjoui Pierre Leroux. Le gouvernement socialiste dont Vincent Peillon fut ministre n’a guère mis en œuvre les bons principes dont Vincent Peillon se réclame dans son ouvrage, et n’a guère montré que ses solutions étaient meilleures que celles du marxisme "vulgaire". Bien au contraire.

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