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Bandiera rossa

jeudi 26 septembre 2019, par René Merle

L’éternel symbole du drapeau rouge

Bandiera rossa, que j’ai si souvent entendu chanter dans ma prime jeunesse... À coup sûr, le chant d’une Italie et d’un Parti qui n’existent plus... Un chant qui en tout cas continue à (me) donner des frissons... Mais quelle prise peut-il avoir sur le présent ? Les chansons de lutte, on le sait, demeurent inscrites dans la cire d’un temps qui n’est plus le nôtre, et nourrissent des nostalgies le plus souvent inopérantes. Qu’en est-il de celle-ci ?
Cette célèbre chanson populaire, née de deux mélodies protestataires lombardes du XIXe siècle, fut d’abord, avec sa fixation par Carlo Tuzzi en 1908, l’hymne du mouvement ouvrier socialiste d’avant 1921. Un socialisme réformiste et légaliste, mais traversé, et pas seulement verbalement, de courants révolutionnaires (ce que montre avec ses drapeaux et dit la vidéo : "et vive le socialisme et la liberté !... la Révolution, nous voulons la faire !"). Un socialisme dont un des leaders était alors Mussolini !
On se réfèrera pour le contexte aux violentes secousses pré révolutionnaires de cette Italie de la "Belle Époque", de la guerre de 1914-1918 et de ses lendemains immédiats.
Avec la naissance en janvier 1921 du Parti communiste d’Italie, Bandiera rossa devint, sur de nouvelles paroles, l’hymne quasi officiel du mouvement communiste. J’écris bien Parti communiste d’Italie, car, comme le montrent les paroles ajoutées alors, les communistes de chaque pays se considèrent alors comme un détachement du même et unique mouvement prolétarien mondial.
La Révolution que chante Bandiera rossa sera vaincue par la victoire fasciste de 1922-1926. Mais quand, après la longue et dure période de la clandestinité, puis les renversements de 1943 au Sud, les luttes des Partisans au Nord, le PCI (parti communiste italien cette fois) devint une force incontournable de la nouvelle République, Bandiera rossa refleurit, avec en filigrane une révolution qui cependant ne s’inscrivait plus dans la nouvelle stratégie communiste, de Togliatti à Berlinguer... Pour ne rien dire de l’actuel P.D, qui voit la vie seulement... en rose et en arc-en-ciel.

Texte en italien de la version communiste :

Avanti o popolo, alla riscossa,
Bandiera rossa (bis)
Avanti o popolo, alla riscossa,
Bandiera rossa trionferà.
Bandiera rossa la trionferà (ter)
Evviva il comunismo e la libertà.
Degli sfruttati l’immensa schiera
La pura innalzi, rossa bandiera.
O proletari, alla riscossa
Bandiera rossa trionferà.
Bandiera rossa la trionferà (ter)
Il frutto del lavoro a chi lavora andrà.
Dai campi al mare, alla miniera,
All’officina, chi soffre e spera,
Sia pronto, è l’ora della riscossa.
Bandiera rossa trionferà.
Bandiera rossa la trionferà (ter)
Soltanto il comunismo è vera libertà.
Non più nemici, non più frontiere :
Sono i confini rosse bandiere.
O comunisti, alla riscossa,
Bandiera rossa trionferà.
Bandiera rossa la trionferà (ter)
Evviva Lenin, la pace e la libertà.

Traduction littérale
En avant ô peuple, à la révolte,
Le drapeau rouge (bis)
En avant ô peuple, à la révolte,
Le drapeau rouge triomphera.
Le drapeau rouge triomphera (ter)
Et vive le communisme et la liberté.
Des exploités l’immense troupe
Hisse le rouge drapeau.
Ô prolétaires, à la révolte
Le drapeau rouge triomphera.
Le drapeau rouge triomphera (ter)
Le fruit du travail à qui travaille ira.
Des champs à la mer, de la mine,
Au bureau, qui souffre et espère,
Qu’il soit prêt, c’est l’heure de la révolte.
Le drapeau rouge triomphera.
Le drapeau rouge triomphera (ter)
Seul le communisme est la vraie liberté.
Plus d’ennemis, plus de frontières :
Les drapeaux rouges sont les seules bornes.
Ô communistes, à la révolte,
Le drapeau rouge triomphera.
Le drapeau rouge triomphera (ter)
Et vive Lénine, la paix et la liberté.

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