Categories

Accueil > Religions > À propos de la messe de Saint Sulpice en hommage à Jacques Chirac

À propos de la messe de Saint Sulpice en hommage à Jacques Chirac

mardi 1er octobre 2019, par René Merle

Une curieuse conception de la République


N’ayant reçu aucune éducation religieuse et totalement athée, il m’est cependant arrivé d’assister à des services religieux catholiques lors du décès d’un ami ou d’un voisin. Je m’associais par là à la douleur de la famille, qui était l’initiatrice de ce service.
Si donc j’avais été personnellement lié à Jacques Chirac, et si j’habitais la région parisienne, j’aurais sans hésiter assisté à la messe organisée par la famille, messe privée ouverte aux proches et aux amis.
Mais je ne serais pas allé à la messe "officielle" célébrée hier à Saint Sulpice.
Voilà une bien curieuse cérémonie. Cérémonie religieuse certes, mais annoncée par les dépêches d’agence comme devant être présidée par notre Président :
« Peu avant midi, un cortège funéraire escortera le cercueil jusqu’à l’église Saint-Sulpice où le chef de l’Etat présidera un « service solennel ». Comme cela avait déjà été le cas, à Notre-Dame, lors des deuils nationaux organisés pour Charles de Gaulle, Georges Pompidou et François Mitterrand, cette cérémonie religieuse a été organisée par la République. »
Voilà qui en dit long et sur la personnalité de notre Monarque républicain et sur l’image qu’il se fait de la République.
Ainsi donc, en violation de la laïcité dont se réclame notre République [1], cette République organisait une fois de plus une cérémonie religieuse d’hommage, alors qu’il était parfaitement possible d’organiser une cérémonie républicaine d’hommage, à laquelle les mêmes invités auraient été conviés.
Et voilà donc, sucre sur les poires, un Président qui cette fois se substitue au prêtre, (seul habilité à diriger le service religieux), ce que les autorités religieuses ne se sont pas fait faute de relever vertement.
Notre Président a donc dû abandonner sa prétention de présider la messe. Mais l’épisode nous révèle que notre Président ne tourne pas sept fois sa langue dans la bouche avant de parler, ce que nous avions déjà constaté en maintes occasions, mais qu’il a pleinement intériorisé la figure du monarque absolu, maître de son peuple et de son Église.

Notes

[1Article premier de notre Constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »

1 Message

Répondre à cet article