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Après la « Convention de la Droite »

mercredi 2 octobre 2019, par René Merle

Focalisations et défaussements sur le thème de l’Identité

J’écrivais l’an dernier dans le petit billet « Comment s’appelle l’olivier en berbère, ou comment mériter un nom porteur de sens [1] :
« Je lis sur le très intéressant site « origine des noms des Israélites d’Afrique du Nord » Noms israélites
- ZEMMOUR ou ZEMOR ou ZEMOUR ou ZEMMOURI ou ZEMOURI ou ZIMOUR : nom d’origine berbère signifiant olivier (azemmur) -
L’olivier, symbole immémorial de paix, de réconciliation… On se dit que, par les temps qui courent, chaque porteur de ce nom, y compris le plus connu médiatiquement, devrait tout faire pour le mériter… »
Eh bien ce n’a vraiment pas été le cas lors de la Convention de la droite organisée samedi dernier par Marine Maréchal-Le Pen.

Ce n’est pas la première fois que le thème de l’identité nationale, de la dénonciation du grand remplacement ethnique, du « on n’est plus chez nous », du catholicisme chassé par l’islamisme, est brandi pour détourner les citoyens du combat pour la justice sociale.
Mais ce samedi la goutte a fait déborder le vase. C’est donc un concert de condamnations qui s’en est suivi. Au point que même le Figaro, où officie Éric Zemmour, a dû prendre ses distances…

Il serait vain de renvoyer ce prophète d’apocalypse à ses fantasmes et à son vécu, si l’on ne mesurait pas à quel point de pareils propos peuvent prendre dans l’opinion publique, bien au-delà de cette zone grise entre Droite et Extrême Droite.
D’où la question de la réponse à apporter.
On a vu comment notre Président a récemment droitisé son propos sur l’immigration, en espérant fidéliser l’électorat de droite qu’il a gagné. Sans doute n’a-t-il pas voulu tirer leçon de l’expérience Sarkozy, où la même droitisation sur le thème de l’immigration n’a en fait profité qu’au Front National. Pourquoi préférer la copie à l’original ? Mais sans doute aussi mesure-t-il combien cette peur que suscite la montée de cette droite extrême est une bénédiction électorale, dans la perspective d’un face à face (évidemment gagnant) avec un candidat d’extrême droite au second tour des présidentielles à venir.
Mais si notre Président a focalisé sur le contrôle de l’immigration en se couvrant de l’aval populaire contre les « bourgeois » qui ne sont pas concernés dans leur vécu quotidien, il ne s’est aventuré à aborder de front le problème des communautarismes conquérants, porteurs de « valeurs » en contradiction totale avec nos principes républicains [2].
Significativement, les réponses aux propos de Zemmour contournent ce problème [3]. Je ne crois pas qu’en la matière, au nom du refus de l’islamophobie, la politique de l’autruche soit la bonne politique.

Notes

[2Article premier de notre Constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »

[3Ainsi on peut lire dans la revue Regards (gauche de la gauche), ce cri d’effroi : « On a peur parce que leurs héros contemporains s’appellent Bolsonaro, Trump, Salvini et Orban. On a peur pour ceux et celles qui fuient leurs pays au péril de leur vie parce qu’ils les considèrent comme des sous-hommes, des sous-femmes, des sous-enfants. On a peur parce que le camp du progrès, de l’émancipation, de l’égalité, de la solidarité et de l’écologie est désuni. Atone. Enfin on a peur, parce que c’est nos libertés qu’ils menacent ».
Réaction que l’on peut mettre en abyme avec celle du Monde : « A son projet de guerre civile, de banalisation du racisme et de destruction des acquis de l’après-1945 – le refus de toute discrimination, l’unicité de l’humanité –, il faut opposer non pas des leçons de morale ou des anathèmes mais une alternative : une France fière d’attirer depuis des siècles des travailleurs étrangers et des persécutés, un pays riche de la diversité de ses cultures, à l’avant-garde de la défense de l’universalité des droits humains ».

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