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Montalbán, la volonté d’être catalan

mardi 22 octobre 2019, par René Merle

Un entretien de 2002

Difficile pour un franco-français de comprendre la réalité catalane, vite renvoyée à un séparatisme égoïste. Encore plus difficile pour d’aucuns occitanistes qui font vainement de cette réalité un modèle pour l’Occitanie dont ils rêvent.
Le nationalisme catalan est né de l’Histoire, et il a été porté, dans une contradiction souvent douloureuse, tant par une bonne partie de la bourgeoisie catalane que par son antagonisme, le prolétariat catalan. Rien à voir donc, et j’y ai souvent insisté, avec la pseudo unité non conflictuelle que nos régionalistes de France affichent pour leur patrie linguistique et culturelle, par exemple "l’Occitanie".
Le grand écrivain Manuel Vásquez Montalbán [1939-2003] a été au cœur de ces contradictions catalanes. Fils d’un émigré de l’intérieur (galicien), Barcelonais jusqu’au bout des ongles, partagé entre deux langues, le castillan qu’il a choisi comme langue d’écriture, le catalan qu’il parlait, mais dans lequel il n’écrivait pas (ses articles en catalan sont en fait traduits du castillan), Montalbán fut un homme engagé, contre le franquisme aux côtés des communistes, puis contre la dérive "libérale" de l’après franquisme.
C’est dire qu’il n’a jamais été dupe des proclamations catalanistes de la bourgeoisie du Centre droit. Mais pour autant, il inscrivait ce catalanisme bourgeois dans une réalité incontournable : la catalanité, dont il participe de façon là encore dialectique, puisque Barcelone et la Catalogne, tout en étant inséparables, ne peuvent se confondre.
Un an avant la mort de MVM, cet entretien de 2002 éclaire parfaitement sa lucidité tranquille et peut toujours nous éclairer sur le présent.

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