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Engels, Marx et l’aile gauche chartiste

jeudi 24 octobre 2019, par René Merle

Harney et Jones


Meeting chartiste à Birmingham

Dans le compte-rendu par Engels du meeting des Fraternal Democrats de novembre 1847 sont cité les organisateurs Harney et Jones, par ailleurs dirigeants de l’aile gauche chartiste.
Cf. : Engels et le meeting pour la Pologne, Londres 1847
On sait que depuis 1838 le parti chartiste militait pour l’obtention du suffrage universel. Son aile gauche voyait dans l’obtention de cette réforme politique la possibilité d’une réforme sociale, rendue indispensable par la révolution industrielle et la terrible condition du prolétariat britannique.
En 1847, Marx et Engels, Engels surtout, étaient depuis plusieurs années liés à cette aile gauche.
En 1842, en travaillant dans l’entrepris familiale de Manchester, Ermen et Engels, le jeune Engels avait découvert la terrible exploitation dont était victime le prolétariat industriel anglais, et ses épouvantables conditions de vie. C’est de cette expérience qu’était né son ouvrage (publié en Allemagne et en allemand en 1845), La situation de la classe laborieuse en Angleterre). Engels avait alors rencontré également non seulement l’action des chartistes en faveur du suffrage universel, mais encore le mouvement ouvrier anglais. À la charnière des deux, le jeune leader chartiste George Julian Harney (né en 1817, un an avant Marx). Harney, vrai fils du peuple, devenu journaliste chartiste, avait payé d’emprisonnements ses liens avec le mouvement ouvrier naissant et notamment William Benbow.
Cf. William Benbow, « Grand National Holiday »

Voici ce qu’en écrivait Marx dans sa revue Neue Rheinische Zeitung. Politisch-Ökonomische Revue (mai-octobre 1850)
« L’actuelle organisation du parti chartiste est également sur le point de se dissoudre. Les petits-bourgeois qui adhèrent encore au parti, associés à l’aristocratie des travailleurs, constituent une fraction purement démocratique dont le programme se réduit à la Charte du peuple et quelques autres réformes petites bourgeoise. La masse des ouvriers dont les conditions de vie sont vraiment prolétariennes appartient à la fraction révolutionnaire des chartistes. A la tête de la première se trouve Feargus O’Connor, les chefs de la seconde sont George Julian Harney, fils du peuple devenu journaliste et Ernest Jones ».
Ernest Jones [1819], gagné au chartisme en 1845, était avocat.
On ne pouvait, en effet, que mesurer l’écartèlement entre le squire irlandais O’Connor, conservateur, ennemi du progrès industriel et de la révolution, et les deux leaders de la gauche chartiste.

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