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Le retour de l’ORTF ?

jeudi 24 octobre 2019, par René Merle

La bataille de l’opinion

Je ne me substitue pas ici à l’indispensable observatoire des médias Acrimed :[https://www.acrimed.org].
Simplement quelques réflexions sur l’information télévisée telle que je l’ai vécue ces tout derniers jours.
Pour ceux qui suivent encore l’information télévisée, en dehors des grandes messes du midi et du soir sur les chaines nationales, l’essentiel de cette information télévisée se fait tout au long du jour par les chaines en continu, chaines privées, et régulièrement par des débats sur la 5, chaine du secteur public.
Ce sont donc essentiellement des chaines privées, ce qui rend évidemment a priori l’idée absurde l’idée d’un retour à l’ORTF, qui en son temps était tenue et verrouillée par le pouvoir gaulliste, sans la moindre concurrence.
D’autant que ces chaines se proclament ouvertes au débat et vraiment à l’écoute de tous les courants de l’opinion.
C’est le cas par exemple de l’excellente émission C politique, sur la 5, donc sur le service public.
Mais ce n’est pas le cas de tous les débats sur la 5, et encore moins de l’info en continu sur les chaines privées.
En fait, ces chaines tiennent un rôle important dans ce qu’il faut bien appeler la bataille de l’opinion, et, quelle que puissent être la qualité et le professionnalisme de beaucoup de journalistes, l’orientation qui leur est donnée « d’en haut » est clairement le plus souvent au service du pouvoir, mais sous couvert de pluralisme.

Le journaliste souvent a intériorisé l’idéologie dominante, ou il sait quand il convient de se censurer. Et de toute façon, son rôle est supplanté par celui de l’éditorialiste, avoué ou camouflé. Et cet éditorialiste est en fait politiquement engagé, plus ou moins clairement dans le sens du Pouvoir. Voir Christophe Barbier par exemple, et autres piliers sur BFMTV, LCI, C news, commentant l’actualité, qui vous disent « ce qu’il faut penser de »...

Et quand une journaliste spécialisée invite un opposant, c’est le plus souvent pour essayer de le mettre en difficulté ; ainsi je viens de voir une journaliste de LCI, quasiment porte parole du gouvernement, houspiller son invité Adrien Quatennens, qui heureusement n’a pas perdu pas son sang froid.
Quant aux débats thématiques, où l’on aimerait entendre des points de vue différents, la parole n’est le plus souvent donnée qu’aux seuls présumés « spécialistes ». Ainsi je viens de voir un C dans l’air il fut traité de la situation à la SNCF, en dehors de la présence de tout représentant des cheminots. Il a fallu qu’une journaliste de l’Obs se fâche un peu pour mettre les montres à l’heure, sans pour autant détourner les spécialistes de leur hargne anti grévistes et de leurs certitudes libérales.

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