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Une nouvelle publication sur Joseph Déjacque

mardi 5 novembre 2019, par René Merle

L’œuvre brûlante et généreuse de cet anarchiste révolutionnaire


J’ai évoqué dans mon précédent blog évoquée la belle figure par trop oubliée de Joseph Déjacque, qui fut « ouvrier poète » sous la Monarchie de Juillet et la Seconde République, militant républicain sans illusion sur les républicains bourgeois ; exilé en Belgique, puis à Jersey et enfin aux États Unis (Nouvelle Orléans ) après le coup d’État du 2 décembre ; c’est à New York, où il est ouvrier et décorateur qu’il écrit et publie, difficilement et à compte d’auteur un journal et plusieurs ouvrages.
Il est l’inventeur du mot « libertaire », qu’il oppose à l’ambigu « libéral ». Le mot a fait florès depuis !
Un site merveilleux vous permet d’accéder à l’œuvre brûlante et généreuse de cet anarchiste révolutionnaire, mort dans la misère en France après son retour en 1861 (première loi d’amnistie) :
[Déjacque]

Je viens de recevoir de l’Université de Franche-Comté l’annonce suivante :
« Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution prochaine (5 décembre 2019) du dernier ouvrage des Cahiers de la MSHE Ledoux édité aux Presses universitaires de Franche-Comté :
Libertaire ! Essais sur l’écriture, la pensée et la vie de Joseph Déjacque (1821-1865)
Thomas BOUCHET et Patrick SAMZUN (dir.) [1]
]]
Joseph Déjacque (1821-1865), ouvrier-poète parisien exilé en Angleterre puis aux États-Unis, a inventé le mot « libertaire » dans une lettre-brûlot adressée à Proudhon. C’était en 1857, à La Nouvelle-Orléans. Il avait aiguisé sa plume d’activiste et de poète depuis 1847-1848 dans des écrits révolutionnaires publiés ici pour la première fois. Sa pensée est étudiée au fil des contributions pluridisciplinaires de ce volume dans toute son amplitude antiautoritaire, anticapitaliste, féministe et antiesclavagiste. L’ensemble met en lumière le souffle transatlantique, l’intensité visionnaire et les tensions vives d’un parcours biographique, politique, intellectuel et littéraire hors norme.
Thomas Bouchet est professeur d’histoire de la pensée politique à l’université de Lausanne. Il a présenté le recueil d’écrits de Déjacque, À bas les chefs ! (La Fabrique, 2016).
Patrick Samzun est professeur de philosophie au lycée Marcel Sembat (Vénissieux). Il a publié Les Lazaréennes de Déjacque (ACL, 2018).

Notes

[1Pour télécharger le sommaire : Sommaire
Pour plus d’informations sur l’ouvrage : Infos.

1 Message

  • Une nouvelle publication sur Joseph Déjacque Le 23 novembre à 15:52, par luc nemeth

    Bonjour.

    Deux précisions concernant des indications erronées qui ont été mises en circulation, concernant Déjacque (auquel j’avais consacré en 2011 une communication, maintenant online sur www.academia.edu) :

    1) ce n’est pas un proscrit du 2 décembre : son exil est consécutif à sa condamnation à deux ans de prison à cause d’un recueil de poèmes le 22 octobre 1851 soit six semaines... avant, le coup d’Etat.

    2) en 1857 le mot "libertaire" ne s’opposait pas sous sa plume à "libéral", contrairement à ce qu’ont réussi à faire croire des milieux proudhoniens. Ce mot s’opposait à... "anarchiste" (!) et avec un sens plus fort : le second en effet, comme tous ces mots en -iste de l’époque saint-simonienne parmi lesquels... socialiste concernait une simple rationalisation de la production-distribution tandis que "libertaire" désignait la lutte pour la liberté, sous toutes ses formes.
    Ce fut seulement des décennies plus tard que survint l’inversion de connotation que l’on sait, et que le mot "libertaire" allait devenir... ce qu’il est.

    Bien cordialement

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