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Louisiane

mercredi 6 novembre 2019, par René Merle

Quand le français s’en va, ravalé au rang de nos langues dites régionales...

Je reçois à l’occasion des messages de défenseurs du français, qu’ils estiment gravement menacé non seulement par la pression de l’anglo-américain, mais par le revival (comme on dit en provençal) des "patois" français, c’est-à-dire des langues dits régionales.
Et bien, puisque "patois" il y a, parlons un peu du patois français. Celui de Louisiane (États-Unis) s’entend [1] :
— le patois que ceux qui le parlent encore ne savent pour la plupart écrire, sinon, phonétiquement, à l’anglaise. Vous imaginez le résultat...
— le patois qui meurt par non transmission des parents aux enfants, et par le poids étouffant de la télé et de la vie publique anglophone...
— le patois dont des structures d’enseignement, des initiatives associatives, avec l’appui du cousin québécois, et même des initiatives légales étatiques, tentent d’enrayer l’inexorable disparition,
Tout ça doit rappeler quelque chose aux défenseurs de nos langues régionales, car on pourrait dire la même chose de ces langues régionales pour lesquelles d’aucuns s’apprêtent à manifester en novembre, comme si en l’occurrence manifester était une réponse à cette donne implacable ...

Deux remarques :
— En regardant les vidéos de musique cajun, je retrouve ce que j’ai constaté cent fois dans les émissions à contenu occitan : on parle souvent la langue dominante, l’anglais, avant et après le passage à l’acte, c’est à dire la chanson en "patois"...
— Toujours sur des vidéos cajun, j’entends nos "patoisants" francophones expliquer que le long de leur bayou le français varie d’une localité à l’autre, jusqu’à devenir inintelligible. Le constat traditionnel que firent bien des observateurs des "patois" de notre bel hexagone : le breton, le corse ou le provençal n’existent pas, il n’existe qu’une myriade de parlers éclatés...


Sans doute nos défenseurs de la langue française ennemis des « patois » se retrouveront-ils aussi dans l’injonction des "vrais américains" : « parle anglais ou fous le camp ! » (ce qui doit se décoder ainsi : "ne parle qu’anglais". Sauf que chez nous, entre autres, c’est au locuteur français que l’on a depuis longtemps demandé de faire son choix, tout en restant ici. Il semblerait que le choix soit fait pour le plus grand nombre.

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