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Fascistes français de l’entre deux guerres ?

mercredi 13 novembre 2019, par René Merle

Bref survol de la multiplicité des organisations et tendances

Les historiens discutent toujours, et souvent même pinaillent, pour savoir s’il a vraiment existé un fascisme français dans l’entre deux guerres. Faut-il confondre fascisme et ligues ? Quelle est la part de l’admiration pour le fascisme italien et le vieux fond hyper conservateur qui n’a jamais accepté la République ?

Stricto sensu, seuls de rares groupuscules ont professé ouvertement un engagement fasciste au lendemain de l’apparition du fascisme italien. L’idéologie était bien là, mais pas une des composantes majeures du fascisme, à savoir un enracinement de masse.
Ainsi du Faisceau de Georges Valois, créé en 1925, qui éclata bientôt en un courant prétendant unir socialisme et fascisme, et un courant fasciste pur et dur, soutenu financièrement par une partie du patronat.
faisceau
Ainsi du courant de Gustave Hervé (ex socialiste révolutionnaire et antimilitariste, comme quelques uns de ses compagnons d’aventure, leaders historiques du socialisme !).
Ainsi du francisme de Marcel Bucard, né d’une scission de la Milice socialiste nationale de Hervé. (photo ci-dessous)

francistes
Clairement fascisante également, la Solidarité française (1933) du magnat de la presse le parfumeur Coty (Figaro, l’Ami du Peuple) (photo ci-dessous)

À la différence de ces mouvements groupusculaires, la nébuleuse des Ligues trouva une base de masse, en s’implantant dans le terreau ancien de la droite extrême, nationaliste et cléricale (la Ligue des Patriotes du général de Castelnau, l’Action française (1898 - nationaliste, monarchiste, antisémite) de Maurras et Léon Daudet, et ses activistes Camelots du Roi.
Ainsi naissent la Ligue républicaine nationale (1924) de Millerand, et les violentes Jeunesses patriotes (1924), anticommunistes, avec support patronal.
D’autres recrutent dans le vaste monde des Anciens Combattants (l’Union nationale des Combattants). Les Croix de Feu (1927), qui, comme leur nom l’indique veulent rassembler les anciens combattants, professent une union nationale patriotique, corporatiste, "sociale"...

Après leur dissolution en 1936, ils seront la matrice du premier parti de masse de la droite dure, le PSF (Parti Social Français) organisé militairement mais respectabilisé et prenant place dans la légalité de la vie politique. Il est évident que certains aujourd’hui rêvent de prendre leur succession.
Au début des années Trente, la déferlante des Ligues relancée par la crise et les scandales fut-elle une entreprise fasciste ? Si l’idéologie pouvait être plus celle du conservatisme exacerbé que celle du fascisme, il n’en reste pas moins que dans l’opinion de gauche et d’extrême gauche, il s’agissait bien là de fascisme.
Et c’est contre ce fascisme que naîtra le Front populaire, à partir de l’assaut des Ligues contre le Palais Bourbon, en février 1934. (Ci-dessous, cortège des Croix de feu le 6 février.)

Tant du côté socialiste que du côté communiste, l’union amorcée contre le fascisme en 1934 se concrétisera en 1935.

Tenus à distance par la victoire du Front populaire, fascistes et ligueurs prendront leur revanche à partir de "la divine surprise" pétainiste de 1940.

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