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De Cataldo, "les Traitres"

mercredi 18 septembre 2019, par René Merle

La face noire de l’Unité italienne

En 2010, alors que l’Italie célébrait le 150 anniversaire de sa naissance en tant qu’État unifié, Giancarlo De Cataldo, magistrat et auteur reconnu de romans noirs, publiait un ouvrage qui secoua quelque peu la péninsule, I Traditori. Démystifiant la légende dorée de l’unification italienne, I Traditori en pointe les deux clés (le cynisme du pouvoir turinois et le volontarisme mazzinien) dont, dans sa partition (insoluble ?) Nord-Sud, l’Italie malade d’aujourd’hui porte encore les stigmates. Ce grand roman a été publié en 2012 chez Métailié.
Mon libraire [1], un vrai libraire qui lit et qui conseille, me l’a donc conseillé, et je viens d’en dévorer les 510 pages, avec d’autant plus de plaisir que le traducteur en est l’excellent Serge Quadruppani.
Je me garderai de déflorer ici l’extraordinaire entrecroisement de personnages (fictionnels ou historiques), dans une technique d’écriture puisé aux sources les plus nobles du roman populaire et du feuilleton. Je dirai seulement que de ce kaléidoscope de destins, noués aux quatre coins de la péninsule et de l’Europe, de ce travelling charnel sur les trente années décisives (1840-1870) du Risorgimento, naît une interrogation lancinante sur la distance entre l’idéal et la réalité, le militant et "le peuple", le bien agir et la noirceur fondamentale de l’être humain, interrogation sur la part noire et la part blanche qui sont en chacun de nous, et que résoud, peut-être, à sa façon, l’inoubliable personnage de la Striga, la rousse sorcière muette.

Notes

[1Les Toulonnais connaissent bien sûr la librairie Le Carré des Mots, place à l’Huile (derrière la Mairie et le port).

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