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Du paradoxe des revendications des manifestants en faveur de la langue d’Oc. 2015
jeudi 23 octobre 2025, par
Ce blog en témoigne abondamment, je ne suis pas insensible au passé, au présent, et surtout à l’avenir de la langue d’oc, particulièrement dans sa composante provençale.
Pour autant, les réflexions qui suivent peuvent peut-être intéresser au-delà des aficionados qui consultent « Archivoc », dans la mesure où elles touchent à la vérité de la réalité régionale provençale, et de la vérité nationale.
Le 24 octobre 2015 ont eu lieu deux manifestations de revendication linguistique, l’une, annuelle et rituelle dans une grande ville du Sud, à Montpellier cette fois, organisés par l’Institut d’études occitanes et les Calendretas, en faveur de la « langue occitane » une dans la diversité de ses formes dialectales ; l’autre en Arles, organisée par un collectif provençaliste (mais sans le Félibrige !) en faveur de la « langue provençale », radicalement démarquée de l’appellation « occitane ».
La manifestation de Montpellier était totalement consacrée à la langue. La manifestation d’Arles, au contraire, proposait un véritable manifeste régionaliste, pour ne pas dire "national", en faveur d’une Provence quelque peu assimilée à sa seule composante rhodanienne ("bouvino", gardians, costume arlésien, riziculture).
Si l’envie vous en prend, vous pouvez détailler les revendications de la première et détailler les revendications de la seconde en consultant Internet.
Ces textes sont sans doute à certains égards ésotériques pour les non initiés aux subtilités occitanistes et provençalistes.
Je reviendrai peut-être sur ces revendications, dans ce qui les unit et dans ce qui les sépare, mais je voudrais déjà pointer deux écartèlements fondamentaux :
Écartèlement entre le constat d’une présumée sympathie de l’opinion à l’égard de la langue qui fut jadis celle de tous, et la situation catastrophique dans laquelle agonise aujourd’hui cette langue…
Ecartèlement entre l’hostilité larvée ou proclamée à l’égard de l’État français, (centralisé, « jacobin », héritier de l’Abbé Grégoire chasseur des « patois », et j’en passe), et un appel désespéré à cet État pour qu’il sauve ce qu’il aurait mis à mort (signature de la charte européenne des langues minoritaires, garantie de l’enseignement public de la langue et de son cursus, présence dans les médias officiels, etc. etc.).
On peut adhérer à ce type de revendications, ou on peut douter de leur efficacité. Je n’en discuterai pas ici.
À noter que la revendication provençaliste, telle qu’elle s’est exprimée en Arles, paraît en bonne voie au plan régional, puisque participaient ostensiblement à la manifestation les têtes de liste aux élections régionales (je donne par ordre alphabétique) du Front National, des Républicains et des Socialistes... Affaire à suivre...