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Visions de l’idiome natal, 1807 (3)
jeudi 23 octobre 2025, par
Visions de « l’idiome natal » à travers l’enquête impériale sur les patois (1807-1812) – Langue d’oc, catalan, francoprovençal (France, Italie, Suisse), Trabucaire, 2010 (3)
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3 - La demande ministérielle
Que demande exactement le Ministre aux préfets ?
Il faut croire que la présentation initiale de 1807, telle que la présentait Champollion [1], n’a pas été suffisante, puisque, patiemment, jusqu’en 1812, le Ministre (par Coquebert père et fils interposés) ne cesse d’expliquer ses intentions.
Dès 1807 par exemple, il demande au préfet de l’Ain [2] de donner la traduction de la parabole dans les parlers du département afin d’enrichir « une collection qui puisse faciliter la comparaison des différens dialectes de la langue française en présentant successivement le même récit dans chacun de ces idiomes ».
Il écrit le 22 février 1808 à Delon, secrétaire général de la Préfecture des Pyrénées-Orientales [3] :
« Je désirerai qu’à votre retour à Perpignan (Delon est en congé chez lui, en Lozère) vous puissiez me procurer une traduction littérale en langue catalane du Roussillon de la Parabole de l’Enfant Prodigue telle qu’elle se trouve dans l’Évangile selon St.Luc chapitre 15. Je suis dans l’intention de recueillir des renseignemens détaillés sur les divers patois qui se parlent sur l’étendue de l’Empire et pour pouvoir apprécier avec exactitude leurs rapports et leurs différences, j’ai conçu l’idée de faire traduire dans chacun d’entre eux ce chapitre de l’Évangile qui est d’autant plus propre à servir d’exemple qu’il ne renferme que des termes usuels et familiers à tout le monde.
Le rapprochement de ces versions dont j’ai déjà réuni un grand nombre fera connaître en quoi les divers dialectes de la langue française se ressemblent et en quoi ils diffèrent.
Je ne doute pas que vous ne vous empressiez volontiers de contribuer à completter (sic) ce travail comparatif qui est déjà fort avancé et dont le résultat ne peut manquer d’être d’un grand intérêt pour l’histoire des idiomes dérivés du latin ».
Et en 1812 encore, il écrit au retardataire préfet de l’Hérault [4] :
« M. le Baron, Je vous remercie de l’offre que vous me faites par votre lettre du 25 février dernier de me transmettre une traduction de la parabole de l’enfant prodigue dans le langage vulgaire de votre département, et je ne puis que vous engager à m’adresser incessamment cette pièce. Il serait même utile que vous m’en transmissiez plusieurs versions faites dans différens cantons de votre département.
Au cas où vous auriez connaissance de quelques autres morceaux intéressans écrits dans cet idiome, je ne pourrais que vous savoir gré de m’en procurer pareillement une copie.
Je vous engage aussi à joindre à ces pièces, quelques notes sur les principaux caractères distinctifs du langage vulgaire de cette partie de l’Empire, sur son origine et sur sa prononciation. Je compte encore à cet égard sur le zèle et la bonne volonté dont vous m’avez déjà donné beaucoup de preuves ».
En 1812 toujours, il explique de façon très détaillée au très retardataire préfet des Basses Alpes [5] :
« Monsieur le Préfet, Des motifs que je vais vous expliquer, me portent à vous demander divers renseignemens sur les dialectes qui sont en usage dans votre département, et les mêmes vues me font désirer que vous me transmettiez quelques exemples de ces dialectes, si, comme je le suppose, il en existe qui offrent des différences marquées, tant entre eux qu’avec la langue mère dont ils sont dérivés.
Une traduction littérale de la Parabole de l’Enfant Prodigue dans l’Évangile selon Saint Luc ch. 15, conviendrait d’autant mieux au but de mes recherches que présentant les idées les plus simples et les plus familières, ce sujet est aussi plus susceptible que tout autre, de revêtir les formes d’un langage populaire et conséquemment borné dans ses expressions.
Vous remplirez donc mes intentions d’une manière plus précise en chargeant quelques personnes instruites du soin de cette traduction, et en m’adressant une copie transcrite entre deux colonnes dont l’une présenterait la version latine tirée de la vulgate et l’autre la traduction française du même passage. Il serait même utile de présenter plusieurs traductions de cette parabole, prises dans différens cantons du département, afin de faciliter le rapprochement des dialectes qui sont d’un usage vulgaire.
Cette pièce est destinée, Monsieur, à figurer dans la collection générale des dialectes français dont j’ai déjà recueilli une partie notable et qui doit servir d’élément à un travail statistique auquel j’attache beaucoup d’intérêt.
Ce travail ayant principalement pour objet la comparaison et la délimitation des dialectes respectivement limitrophes, toutes les observations propres à m’éclairer sur les deux points, et surtout celles qui ont un rapport plus étroit avec les localités, ne peuvent que me donner un nouveau prix aux travaux qu’elles accompagnent.
Tels sont, par exemple, les éclaircissemens relatifs à la circonscription des contrées où chaque dialecte est en usage, l’analogie ou la différence qui se font remarquer entre ce langage et l’idiome voisin, l’indication des monumens d’archéologie susceptibles de répandre quelque jour sur cette matière, même dans ce qui concerne la philologie, les remarques sur la prononciation particulière de certains mots et de certaines lettres, l’énumération des articulations techniques et des principales racines exclusivement propres au dialecte dont on s’occupe et l’opinion des savans du pays sur leur origine, enfin des observations générales sur les modifications des mots, les particularités de la syntaxe et les formes affectées aux idiotismes, s’il s’agit d’un langage régulier et soumis à des règles écrites.
Vous pourriez, s’il y a lieu, joindre avec fruit à ces observations quelques ouvrages imprimés ou manuscrits, tel (sic) qu’une grammaire, un lexique, quelque pièce dialoguée, et notamment des chansons ou autres morceaux de poésie ancienne, transmis par une longue tradition et consacrés, parmi le peuple, comme le type de son langage et du genre d’esprit qui le caractérise.
L’expérience a démontré que les langues, ainsi que les mœurs et les habitudes des peuples, se maintiennent plus longtemps sans altération dans les pays de montagne, que dans les villes et les campagnes ouvertes, d’où il résulte que les traces de l’origine des peuples sont toujours plus sensibles et plus faciles à reconnaître dans telle partie que dans telle autre.
Il serait donc utile de faire une distinction entre le dialecte usité dans les montagnes, et celui qui n’est en usage que dans les pays de plaine et à l’intérieur des villes, si cependant la différence est assez marquée pour donner lieu à deux traductions séparées.
Cette observation est également applicable aux parties semblables d’un même département qui, situées sur des points relativement opposés, présenteraient une diversité notable dans leurs dialectes.
Tels sont, Monsieur, les motifs et les observations que j’avais à vous présenter sur l’objet de ma demande, mon intention n’est point de vous engager personnellement dans des recherches longues et fastidieuses ni de vous soumettre à entrer minutieusement dans tous les détails qui viennent de vous être retracés. Cette tâche, comme je vous l’ai fait observer, peut être remplie avec succès, par quelques personnes instruites, et notamment par des ecclésiastiques qui se feront, sans doute, un plaisir de contribuer de leurs lumières, à la confection d’un travail dont ils ne peuvent manquer d’apprécier l’utilité. Dans ce cas donc, où vous ne pourriez répondre à mes vues que d’une manière incomplette (sic), je vous invite à me transmettre, de préférence, la partie des renseignemens dont il s’agit, qui appartiennent plus directement à la Statistique. Ce que vos soins et vos recherches vous permettront d’y ajouter en remarques philologiques, sera pour moi la preuve d’un zèle dont j’éprouverai toujours du plaisir à vous témoigner ma satisfaction ».
Après une nouvelle demande du ministre, le préfet des Basses-Alpes écrit à ses sous-préfets [6] :
« Monsieur, Son Excellence le Ministre de l’Intérieur en m’accusant la réception des différentes traductions de la parabole de l’enfant prodigue dans les divers langages vulgaires de ce département, me témoigne le désir d’obtenir, par forme de supplément, quelques notions sur les particularités qui distinguent les patois en usage dans les Basses-Alpes et leurs traits de similitude ou dissemblance que présente leur comparaison avec l’idiome de la Basse Provence, celui du Comtat, le dauphinois, le piémontais et le niçard.
Son Excellence désire aussi avoir des développemens étendus qui expliquent en détail la différence de la prononciation et des expressions d’un arrondissement à un autre, et pour être à portée de prendre une juste appréciation de ces différences, elle demande un petit vocabulaire comparatif des mots les plus usités dans les circonstances ordinaires de la vie, écrit des différentes manières dont ils se prononcent dans chaque arrondissement.
Elle désire enfin que je fasse tracer sur une carte du département les limites et la ligne de séparation entre le langage vulgaire du Nord et celui du Midi de ce département, supposé toutefois que leur distinction soit assez sensible pour pouvoir être indiquée de cette manière.
Pour remplir les vues du ministre, j’ai fait dresser un petit vocabulaire des mots les plus usuels. Je vous l’envoie pour que vous veuillez bien donner à côté de chaque mot sa traduction dans l’idiome qu’on parle dans votre arrondissement.
Vous aurez soin de me donner tous les détails propres à faire connaître les différences qui existent entre le langage des cantons, et l’origine de certaines expressions qui portent des caractères frappans.
Je me ferai un plaisir de faire apprécier par le Ministre le résultat de vos recherches à cet égard ».
On le voit, le Ministre souhaite des réponses strictement et très précisément descriptives : « Que parle-t-on ? ». La demande introduit la diachronie dans la synchronie, en supposant que les différences dialectales inscrites dans la géographie, et donc cartographiables, sont aussi significatives de l’histoire de l’idiome.
Elle s’inscrit enfin dans une démarche comparative constamment rappelée, ainsi dans ses remerciements adressés au préfet du Puy-de-Dôme, Ramond, le 5 juillet 1808 [7] :
« Monsieur le Préfet, j’ai reçu les éclaircissemens que vous avez eu l’attention de me transmettre sur l’idiome vulgaire de votre département aussi bien que les diverses pièces écrites en auvergnat qui s’y trouvaient jointes. Je m’empresse de vous faire mes remerciemens de ces notions qui serviront utilement à completter (sic) les recherches comparatives déjà très avancées, sur les divers langages usités dans l’étendue de l’Empire ».
Il est vrai que dans le Puy-de-Dôme, les consignes ministérielles avaient été appliquées plus que scrupuleusement. Ainsi, le sous-préfet de l’arrondissement de Riom avait envoyé aux maires des chefs-lieux de canton le questionnaire suivant [8] :
« En quelle étendue de pays on parle cet idiome et quelles différences il éprouve dans les cantons voisins ?
Comment on l’écrit avec l’alphabet français ?
Quelle est la prononciation de chaque lettre et notamment de l’x ? Quel est son effet à la fin des mots ? Et quel est celui du p en certains noms de lieux où on ne le fait pas sentir en français ?
Quel est le son des diphtongues et des consonnes doubles ? »
Quel que soit l’intérêt des commentaires, la partie à proprement parler statistique de l’enquête est la traduction de la parabole, qui apparaît aux Coquebert père et fils être l’instrument comparatif irremplaçable. Instrument qui pourtant ne convainc pas toujours. Le sous-préfet de Villefranche (Aveyron) écrit à son préfet [9] :
« Mais le morceau donné à traduire est trop court pour pouvoir présenter ces nuances. Les idées qu’il fournit sont très bien choisies ; mais il ne présente pas un assez grand nombre d’expressions. Il n’y a peut-être pas soixante mots différens. Comment, pris au hazard (sic), pourraient-ils suffire pour donner même un aperçu de ce que l’on cherche ? »
Et le préfet du Puy de Dôme [10] n’hésite pas à écrire au ministre :
« Quant à la Parabole de l’enfant prodigue, elle est loin de comprendre la majorité des mots que le laboureur et le berger peuvent avoir conservé du langage technique de leurs pères, et elle en contient plusieurs dont l’idée ne peut être renduë en patois que par une traduction littérale du français ».
À ces objections linguistiques peuvent s’ajouter des réserves quant à la distorsion entre la noblesse du thème proposé et le prosaïsme de l’outil de la traduction.
Le chanoine de Fribourg, Fontaine, écrit dans ses Observations [11] sur l’idiome :
« Une autre observation pour revendiquer l’honneur de notre Patois seroit que son mérite et ses beautés ne sont guère de nature à trouver place dans un sujet grave et sérieux, comme l’est le sujet donné [la Parabole de l’Enfant prodigue] : ce qu’il y a de plus saillant dans le patois, les termes burlesques, gaillards, badins ; et par là sans doute indignes de figurer dans un sujet sacré tel que l’Emblème du Dieu des miséricordes pardonnant au Pécheur repenti. Les sujets à faire sortir ce que le patois contient de plus saillant ne sçauroient donc être que des sujets légers et comiques ; ou tout au plus sérieux dans le genre des occupations, des entretiens et du commerce d’ailleurs des habitants de la campagne (et de quelques villes) entr’eux ».
Le ministre tiendra pour négligeables les doutes avancés sur la qualité de l’outil, dans la mesure où on lui fournit malgré tout des traductions.
Ainsi le préfet de la Haute-Vienne, qui a fourni abondance de traductions, peut se payer le luxe d’écrire dans la Statistique [12] qui suit l’enquête, après la présentation de la parabole :
« Une traduction littérale peut difficilement présenter le véritable génie d’un idiome, et saisir les traits originaux qui lui sont propres. Les couplets suivants donneront une idée complète des tournures et des inversions du patois limousin ; c’est le vœu d’une bergère des environs de Limoges pour le retour de son amant qui est parti comme conscrit, et en même-tems pour la prospérité des armes de S.M l’Empereur Napoléon ; ces couplets sont de M.Foucaud, ci-devant professeur de belles-lettres à l’école centrale du département de la Haute-Vienne » [13].
Par contre, le Ministre se fâche tout rouge si on refuse de lui proposer les traductions souhaitées.
Ainsi à Marseille le malheureux Achard avait estimé avoir mieux à proposer qu’une traduction de la parabole pour exprimer la vérité de l’idiome. Le maire écrit donc au ministre [14] :
« M.Achard, bibliothécaire de la ville, et auteur d’un dictionnaire provençal, à qui je me suis adressé, pour obtenir la traduction suivant en différens dialectes des premiers versets de la parabole de l’Enfant Prodigue proposée par votre Excellence, m’a répondu qu’il n’envoyait point cette version, parce qu’elle ne pouvait présenter les différences de notre idiome provençal. Il a substitué au passage indiqué, une pièce en vers de M.Gros, écrite dans le vrai style provençal. Il y a joint la version française, et ensuite la manière dont on parle aujourd’hui dans les maisons de négocians &ca ».
Et à ce « vrai style provençal », dru et plaisant, Achard ajoute « la grâce naïve, la simplicité, la candeur » de la fameuse chanson du Beau Tircis.
La réaction du ministère est brutale. Peut lui chaut de Gros et de Tircis. L’objet de l’enquête est d’inventorier les parlers, dans leurs plus fines différences, s’il en existe. Or Achard avait imprudemment pointé la spécificité du parler du populaire quartier de Saint-Jean, à propos de la traduction de « chemise », et le Ministre avait par ailleurs été alerté sur la spécificité du parler de ce quartier des pêcheurs. Il répond donc au Maire :
« L’objet de ma demande était principalement de savoir si le peuple de certains quartiers de cette ville n’avait pas, comme on me l’avait observé, un dialecte notablement différent de celui des autres quartiers. Je ne trouve dans la réponse que vous avez pris la peine de m’adresser qu’un seul fait qui se rapporte à cet objet, c’est lorsque vous me citez un mot particulier au quartier des pêcheurs qui […] l’un des plus anciens de Marseille. Je vois que c’est à ce quartier que l’on peut appliquer ce qui m’avait été rapporté. C’est donc sur le dialecte en usage dans ce quartier que je vous prie de me procurer des informations précises et comme ce n’est que sur des ensembles que l’on peut établir une opinion fondée, je vous prie dorénavant de m’envoyer pour pièce de comparaison la traduction que je vous avais précédemment demandée faite 1° dans le dialecte ordinaire du peuple de Marseille, 2° dans le dialecte particulier de ce quartier de St.Jean. Je suis fort obligé à M.Achard de la peine qu’il a bien voulu prendre de vous remettre une pièce de vers en provençal ; mais les traductions dont il s’agit peuvent seules remplir l’objet pour lequel elles sont demandées, attendu que j’en reçois de toutes les parties de la France, ce qui est le seul moyen de bien comparer entre les divers dialectes de l’Empire. La parabole de l’enfant prodigue offre d’ailleurs en général assez d’expressions familières pour représenter à ce qui me semble jusqu’aux moindres nuances des idiomes. Je ne doute pas que vous ne trouviez facilement surtout parmi les ecclésiastiques quelqu’un qui se chargea avec plaisir de cette petite tâche. Cet objet […] n’est rien, mais dans un travail général sur les divers dialectes de la langue française, il est digne de quelque attention ».
Et c’est ainsi que le Ministre recevra deux paraboles, l’une en parler de Marseille, l’autre en parler de Saint-Jean, textes dont les différences ne sont absolument pas signifiantes, sinon que celui de Saint-Jean comporte effectivement plus de mots « authentiques ». Le fantasme du repliement sur l’isolat linguistique a ici manifestement, sans trahir complètement la réalité, fabriqué un état de langue.
La traduction de la parabole est donc la pierre de touche de l’enquête. Et le préfet ne peut que la transmettre, (accompagné éventuellement de commentaires). Tout passe donc par le filtre des notables traducteurs : parole populaire restituée, plutôt que communiquée directement à l’enquêteur. Aussi bien, ces traductions, dont les préfets un peu naïfs croient pouvoir garantir l’authenticité populaire, ont pour le lecteur d’aujourd’hui la saveur d’une innocence native, mais fabriquée. D’aucunes perdent toute saveur et originalité « patoise » dans la démarque littérale du texte français, et leurs auteurs s’en excusent presque en arguant de la simplicité du texte à traduire.
Le directeur de l’école secondaire communale de Saint-Flour, écrit au sous-préfet de l’arrondissement [15] :
« Cette traduction ne présente d’abord, ce semble, aucune difficulté, elle peut se faire littéralement à l’aide de quelques inversions et périphrases qu’il faut employer nécessairement dans les périodes dont les membres se construisent avec les participes, soit du présent, soit du passé, qui abondent dans la langue française, et que nous ne connaissons guère dans le patois, quoique les verbes auxiliaires y soient d’un usage fréquent ».
D’autres vont à l’extrême opposé de cette francitude. Philippe Martel le souligne en présentant la traduction de Barcelonnette (Basses Alpes) [16] :
« Il semble bien par ailleurs que le traducteur anonyme de 1812 s’est suffisamment piqué au jeu pour rechercher systématiquement l’expression rare et pittoresque, quitte à violer quelque peu le sens littéral du modèle ».
Les dialectologues et lexicologues auraient en ce domaine ample matière à étude et réflexion.
Mais tel n’est pas, répétons le, le propos de notre étude. Il s’agit de considérer dans quels types de constructions idéologiques s’inscrivent les enquêteurs, quelle vision ont-ils du parler dont ils traitent, et de se demander dans quel ensemble ils l’inscrivent, éventuellement.
[1] Cf. texte Ch.I.
[2] Bibliothèque Nationale, NAF 5910
[3] Bibliothèque Nationale, NAF 5912
[4] Bibliothèque Nationale, NAF 5911
[5] AD Alpes de Haute Provence, 6 M 342
[6] AD Alpes de Haute Provence, 6 M 342
[7] Bibliothèque Nationale, NAF 5912
[8] Archives Nationales, F 17, 1209
[9] Bibliothèque Nationale, NAF 5910
[10] Bibliothèque Nationale, NAF 5912
[11] Bibliothèque cantonale de Fribourg, 535, 3. Elles ont été en partie publiées par P.Aebischer, Etrennes Fribourgeoises, T.LXII, 1929.
[12] Statistique générale de la France : département de la Haute-Vienne : publié par ordre de S.M.l’Empereur et Roi, M.L.Texier-Olivier, préfet, Paris, chez Testu imprimeur de sa Majesté, 1808.
[13] L’adulateur Foucaud publiera l’année suivante Quelques fables choisies de La Fontaine mises en vers patois limousins, par J.Foucaud, Limoges, Bargeas, 1809.
[14] Bibliothèque Nationale, NAF 5910
[15] Bibliothèque Nationale, NAF 5910
[16] P.Martel, R.Merle, La Montagne et l’Idiome natal, S.E.H.T.D, 1989.