La Seyne sur Mer

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Vai cercar Molinari

lundi 4 mai 2020, par René MERLE

En amont des débuts de mon intérêt pour l’occitanisme, soit avant les premières années 1970, il y avait bien sûr ces pépites de provençal semées dans notre francitan de jeunesse, qui me témoignaient de l’existence antérieure d’une langue que je ne connaissais pas. Ainsi de cette expression qui revenait si souvent quand on se trouvait devant une situation embarrassante, dont on ne savait trop comme se sortir : "Vaï cercar Molinari".

Voici ce que j’en écrivis bien plus tard :
"Que d’explications avons-nous entendues, toutes plus problématiques les unes que les autres, sur l’origine de cette expression qui était encore si fréquente sur le littoral il y a peu, qui donna son titre à une fameuse soirée théâtrale, ouvrière et populaire (à La Seyne), et dont on me demande encore, non pas le sens, que chacun comprend ("si tu n’y arrives pas, va chercher la bonne personne"), mais la clé : qui est donc ce fameux Molinari ?

J’avais donné une réponse dans mon ouvrage publié en 1986, Inventaire du texte provençal de la région toulonnaise, à l’occasion d’un détour par la lecture de la presse marseillaise des années 1820. Cette explication, que beaucoup partagent, me paraît la bonne et je la maintiens.
On lit en effet dans Le Messager de Marseille du 15 septembre 1826 :
“ L’Echo du Soir annonce qu’un monsieur de Rocheplatte doit venir à Marseille pour donner un coup d’épaule à la frégate égyptienne : cette frégate dans sa position n’a pas besoin d’un ingénieur. La personne qui lui donnera réellement le coup d’épaule pour la mettre à la mer, est le sieur Molinary, ancien maître d’équipage, domicilié à la Ciotat, très expert dans l’art de relever les bâtiments naufragés, et dont chacun sur toute la côte sait apprécier le talent ; aussi y a-t-on recours. ”

Et par pitié, chers néo-Provençaux, ou jeunes ayant adopté l’accent standard de la télé, prononcez "MoliNAri", et non pas "MolinaRI". Mais bon, je sais que la cause est perdue...

En tout cas, les débutants en provençal dans nos cours publics peuvent trouver là matière à bien différencier cercar et quèrre. Le premier quand on cherche quelque chose ou quelqu’un sans savoir où elle/il est ; le second pour aller quérir quelque chose ou quelqu’un dont on connaît la localisation.

En l’occurrence, vaï cercar, car on ne savait pas exactement où était l’indispensable Molinari, et il valait mieux se débrouiller tout de suite par soi-même"…

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