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L’enquête sur la publication en langue d’Oc et en francoprovençal (fin XVIII°, XIX° siècles) : motivations, approches méthodologiques.

jeudi 2 avril 2020, par René MERLE

Colloque international de sociolinguistique historique du domaine gallo-roman :
Enjeux et méthodologies d’un champ disciplinaire émergeant, 8-9 juin 2007, Université de Neuchâtel, Suisse

Votre invitation m’a permis en quelque sorte de cristalliser, je ne dirai pas mon testament de chercheur, puisque l’entreprise continue , mais une revisite de cette recherche, en ce moment de la vie où, le temps du départ en retraite (1996) largement dépassé, l’on peut se retourner et tenter de faire le point.
Je serais heureux que ce bilan de la recherche d’un historien, son origine, ses motivations, sa méthodologie, la grille des défrichements ultérieurs que cette recherche a suscitée, puisse intéresser les sociolinguistes que vous êtes, même, et peut-être surtout, s’ils n’y retrouvent pas toujours la conceptualisation et les cadres opérants qui leur sont familiers.

Cette recherche est en fait née d’une frustration.
On m’aurait étonné si l’on m’avait dit, à la fin des années 1960, que, dans ma double formation, le certifié de lettres et l’agrégé d’histoire que j’étais allait s’investir, sur le long terme des quarante années à venir, dans l’histoire des pratiques linguistiques dans la France du Sud-Est et en Suisse romande, en leur consacrant de très nombreux articles, plusieurs ouvrages et une thèse. C’est dire que cet engagement, auquel rien ne me préparait, est née de la circonstance et de l’inattendu.
On ne dira jamais assez combien la secousse des événements de 1968, en France, a stimulé, voire renouvelé, par l’irruption d’une poésie et d’une chanson « engagées » l’intérêt pour les cultures dites régionales, et particulièrement pour la culture occitane, en liant ce qui apparaissait souvent comme un passéisme quelque peu poussiéreux, la défense de la langue d’Oc, à un engagement contestataire et juvénile pleinement moderne, (on ne disait pas encore post-moderne).
Contestation qui, au-delà de la revendication hautement formulée de « réparation historique », voulait souvent faire de la « Langue du peuple », une « arme du peuple » dans une quête d’identité et de dignité à la fois contestataire et nationalitaire (MARTEL 2003).
Interpellé par cette nouvelle donne, le jeune trentenaire que j’étais, jusqu’alors monolingue français dans le champ de l’hexagone et plutôt indifférent aux entreprises félibréennes [1], n’a pas eu de peine à apprendre, ou plutôt à retrouver la langue d’Oc (en l’occurrence sa variété provençale maritime, différente à plusieurs égards du provençal rhodanien sacralisé par le Mistralisme), langue de mes grands parents et des anciens de mon environnement, langue dont les sons étaient inscrits dans les vibrations de mes cordes vocales, et dont le lexique demeurait partiellement présent dans mon français quotidien, ce « francitan » qui faisait alors l’objet de nombreuses études et portait bien des espérances de récupération de la langue d’Oc.
Espérances aujourd’hui démenties par la régression de l’accent méridional et la quasi-disparition du lexique d’origine occitane dans la plupart des régions urbanisées et touchées par les brassages de population.
Mais, comme sous peine d’être Lettre morte, une langue ne vit vraiment que dans la bouche de ceux qui la parlent, la démarche de retrouver la langue d’Oc par la lecture, par la fréquentation d’un cours public et la pratique d’ouvrages didactiques, m’est aussitôt apparue inséparable du contact avec les (ultimes ?) locuteurs naturels de cette langue. Locuteurs chez lesquels je ne trouvais pas seulement une source d’information linguistique, mais qui m’apparaissaient riches de toute une expérience humaine dont, en tant qu’historien, en tant que citoyen, j’étais demandeur.
Ces retrouvailles avec l’oralité populaire en provençal m’ont d’abord conduit, en dehors d’abord de tout cadre universitaire, à des enquêtes et des collectages de témoignages, essentiellement avec des personnes nées à la fin du XIX° siècle et au début du XX°, enquête bientôt élargie à une grande partie de l’ensemble linguistique occitan.
Un bilan de cette collecte, centrée sur l’engagement social, politique et culturel de ces témoins dans l’histoire contemporaine française depuis le début du siècle, fut publié de façon militante en 1977 (MERLE 1977). L’ouvrage fut, à ma grande surprise, un véritable succès de librairie, qui m’amena à répondre à des invitations d’intervention dans un grand nombre de localités du Sud.
Mais il m’attira aussi un certain nombre de critiques émanant d’intervenants depuis longtemps actifs dans le champ de la culture d’Oc, intervenants dont je découvrais l’œuvre et l’importance par la même occasion.
Ces critiques se focalisaient autour de deux thèmes majeurs, par ailleurs antinomiques.
Pour d’aucuns, en privilégiant le témoignage oral, la parole, « l’ethnotexte » [2] je négligeais le vecteur essentiel de la culture d’Oc : la Lettre dignifiante et salvatrice. Une entreprise de défense de la langue d’Oc ne saurait être que défense et promotion de la littérature d’Oc, passée et présente.
Reproche d’autant plus vif que nombre de mes intervenants liaient, à juste titre me semble-t-il, le déclin de la langue et de la culture d’Oc au laminage du socle sociologique traditionnel de la langue d’Oc : la paysannerie et le petit peuple des foyers industriels traditionnels. Ce faisant, implicitement ou explicitement, ils posaient le constat de déclin linguistique dans une protestation et soutenaient un avenir possible de la langue par des revendications d’ordre économique ou social : « Volem viure al païs », (« Nous voulons vivre au pays »). Au contraire, pour ces critiques, la culture d’Oc ne se légitimait que de la langue et pour la langue, indépendamment du nombre de ses locuteurs, de la langue maintenue dans la perpétuation des éternelles valeurs troubadouresques.
D’autres enfin me reprochaient d’avoir privilégié le témoignage d’acteurs fortement engagés dans la vie politique et sociale française, acteurs dont l’expression était occitane mais l’horizon était pleinement national – français. En inscrivant cette parole recueillie dans le champ d’engagements uniquement « hexagonaux », je tenais à distance, quand je ne la combattais pas, la dimension présumée « nationalitaire » de l’entreprise occitaniste du présent. Ce faisant, je témoignais bien de l’existence de ce qui fut la langue du peuple, mais je trahissais la caractéristique principale de la Renaissance occitane des années post-68, celle du réveil d’un Peuple qui prenait conscience de son existence.
J’étais d’autant plus sensible à ces critiques qu’elles n’émanaient pas de dialectologues, dont certains (une minorité sans doute), indifférents de fait au destin du parler qu’ils étudient, épinglent les mots tombant dans l’oubli comme des papillons sur leurs bouchons. Ces critiques émanaient de personnes dont l’axe de vie avait été, profondément, affectivement, et le plus souvent sans profils de carrière, la défense et l’illustration de cette langue d’Oc.

Tout en respectant la seconde catégorie de critiques, je ne pouvais prendre en compte leur argumentation, tant la réalité m’apparaissait en distorsion avec leur projet nationalitaire d’un Peuple d’Oc. Autant ce que je savais, ce que j’étudiais, de l’histoire de nos régions provençales et languedociennes depuis la Grande Révolution me montrait des spécificités évidentes de mentalités et de comportements, autant ces spécificités s’inscrivaient pleinement dans l’histoire nationale française. Les Méridionaux n’avaient jamais été habités d’une conscience identitaire les poussant à la séparation d’avec la France. Et il ne me semblait pas en aller différemment au présent.
Par contre, le reproche d’être indifférent à la création littéraire, d’ignorer la réalité passée et présente des Lettres d’Oc, me touchait d’autant plus que j’étais moi-même, à mes heures, poète et prosateur en langue d’Oc.
Il m’a semblé alors que je devais investiguer sérieusement ce qui avait pu être publié en langue d’Oc, et tout particulièrement dans la région où j’habitais et où j’enseignais, la Provence.
En fait déjà, même si mon ouvrage de 1977 se fondait essentiellement, on l’a vu, de retrouvailles d’oralité, ma pratique vivante de la langue (enquête linguistique, contacts personnels, et bientôt entreprise théâtrale (MERLE 1976)) ne pouvaient que se compléter d’une rencontre avec l’écrit en langue d’Oc. D’autant que, dans ce climat de « revival » occitan, j’avais accepté d’assumer des cours de provençal dans l’enseignement public (lycée : préparation au baccalauréat), et de donner des cours publics pour adultes dans le cadre d’activités associatives. Si la prise de parole dominait dans le cours public, et si toute liberté m’y était évidemment donnée pour une éventuelle approche des textes, le texte littéraire en langue d’Oc tenait une place importante dans l’enseignement scolaire, au programme fixé par l’Administration.
Or en Provence, où je vivais et travaillais, les associations de Maintenance de la langue, monde, oh combien jusqu’alors inconnu pour moi, avaient le monopole de l’enseignement. Ces associations de Maintenance, jalousement détentrices de la mémoire de l’écrit provençal, et de sa vie au présent. étaient alors pour l’essentiel unies dans le culte d’une gloire littéraire mistralienne sur laquelle se fondait leur légitimation de la Langue. Le programme proposé par elles à l’Administration rectorale, et avalisé par celle-ci, n’admettait que l’étude de quelques textes sacrés de l’école mistralienne. Elles s’estimaient donc à même de décréter quels auteurs avaient droit à l’enseignement, à l’exclusion de tous autres.
Sans mettre le moins du monde en cause l’intérêt de ces textes, je savais bien qu’ils étaient loin de représenter la totalité de la création d’Oc. Une création que ces associations, quand elles voulaient bien y prêter attention, présentaient sans trop s’y arrêter de façon téléologique. Leur vision de la création d’Oc revisitait le passé : après l’effacement de la culture troubadouresque (consacré à partir du XIVe siècle), à dater du XVIe siècle, toute l’écriture d’Oc, annonçait et préparait la « Renaissance » mistralienne. Ainsi, la somme des textes publiés avant les débuts du Félibrige (1854), quand elle n’était pas ignorée, était le plus souvent organisée comme une marche devant aboutir au point oméga salvateur, au seuil qualitatif de la Renaissance mistralienne. Et dire « Renaissance » impliquait évidemment et exclusivement de « Renaissance » littéraire.
Cette vision téléologique ne pouvait guère convenir à l’historien.
Qui plus est, alors que la graphie de la langue d’Oc n’avait jamais été fixée par aucun pouvoir officiel, ces associations considéraient que leurs choix graphiques étaient les seuls valables, et interdisaient d’enseignement d’autres choix, passés ou contemporains.
Ce double ostracisme dans le choix des auteurs et celui de la graphie, ostracisme relayé par les autorités rectorales, aboutit rapidement à la fin de ma participation à l’enseignement officiel du provençal en lycée.
C’est de cette double déception, au plan de la déontologie historique et au plan pédagogique, qu’est née ma décision d’engager une recherche sur la totalité de l’écrit provençal, écrit que, à l’instar des susdites associations, j’imaginais a priori comme uniquement « littéraire ».

Jusqu’alors, comme pour nombre de jeunes Méridionaux de ma génération, je n’avais approché les lettres d’Oc que par une connaissance assez superficielle des Troubadours et de l’œuvre mistralienne, et par une première et très intéressante approche de la création contemporaine préfacée par Aragon (LAFONT 1962).
Dans ces premières années 1970, la parution d’œuvres majeures, et notamment celles de Robert Lafont, permettait dorénavant un accès commode à des pans entiers de la littérature d’Oc (LAFONT 1970) que le programme officiel ignorait. J’en faisais ample pâture.
Mais, en ce qui concernait plus particulièrement les écrits provençaux du XIXe siècle, je ne disposais comme recherche approfondie d’ensemble que de la très intéressante, mais déjà bien ancienne thèse d’Émile Ripert (RIPERT 1918). Les interventions fécondes de Claude Barsotti (BARSOTTI 1975), puis de Philippe Gardy (GARDY 1978), m’indiquaient bientôt quelle mine restait à explorer.
Mon champ d’essai a alors été l’inventaire et la mise en perspective historique de cet inventaire du texte en provençal dans une zone réduite, celle de la région toulonnaise où je demeure. Zone qui a priori, au vu des rares anthologies officielles de la maintenance, semblait être celle d’un blanc d’écriture dans la période que j’avais choisi d’étudier, de la pré-Révolution à la Seconde République. Mais l’intérêt, passé et présent, de quelques érudits locaux, notamment de l’A.V.E.P, m’indiquait déjà que ce blanc était tout relatif .
En fait, très rapidement, ce que j’avais pu penser être un blanc d’écriture se révélait comme une sorte de réduction, voire d’occultation d’écriture par l’officialité de la Maintenance.
Cette première plongée archivistique fut une vraie découverte : découverte, au-delà de quelques noms déjà connus, d’un univers foisonnant de publications, littéraires ou non littéraires, qu’il importait, sans se borner à une description purement linguistique, de situer dans leur contexte, de remettre en perspective historique. Elle me confirmait dans le sentiment que l’hagiographie mistralienne avait amené beaucoup de bons esprits à négliger, voire ignorer, quantité de textes attestant d’un usage non littéraire de la langue, textes d’intervention politique, sociale, religieuse, etc, qui certes n’étaient le plus souvent pas des chefs d’œuvre de littérature, mais portaient témoignage, et témoignage précieux, sur notre histoire nationale, et sur celle du bilinguisme.
Je m’appliquais donc à présenter l’essentiel de cette recherche en appliquant des principes simples : présenter (en français) les textes dans leur contexte biographique et historique, donner de larges extraits en respectant la graphie des auteurs (qui ne pouvait être, et pour cause, la graphie félibréenne fixée après 1854), ne pas traduire mais aider à la compréhension du texte par des notes et un lexique.
La publication suivit quelques années plus tard (MERLE 1986d) .
Mais déjà la richesse du matériel découvert et inventorié dans l’aire toulonnaise m’avait incité à élargir cette recherche sur l’ensemble de la zone des parlers provençaux.

Ainsi est née au début des années 1980 une entreprise d’investigation dans la zone culturelle provençale et ses franges, entreprise dont il n’est pas question dans le cadre de cette intervention de développer amplement les résultats, mais seulement de présenter rapidement les principes méthodologiques qui ont pu la guider,
Il convenait d’abord de poser à mon travail des limites chronologiques.
J’ai choisi d’entreprendre un double travail d’inventaire et de réflexion sur la publication en langue d’Oc, en amont et en aval de la naissance du Félibrige. Choix qui me permettait de mesurer la modification de la donne introduite par la mise en place d’un mouvement renaissantiste organisé dans l’intervention publique en langue d’Oc dans les registres sociaux, politiques, religieux, etc.
En amont, ce travail s’ouvrait avec les prémices de la grande secousse révolutionnaire, matrice de la francisation. En aval, il s’arrêtait à cette fin du XIX° siècle, qui, avec la scolarisation obligatoire, et bientôt le brassage de la guerre, fut la seconde et définitive matrice de la francisation et marqua le déclin irrémédiable de l’usage social de la langue d’Oc.
En inventoriant la somme de ce qui avait pu être publié, dans la totalité des registres d’écriture et d’intervention (« littéraires », politiques, religieuses, satiriques, etc...), mon propos était de reconquérir la vérité de l’écrit en occitan en dehors de toute fascination associative. À travers le prisme de l’écrit, il convenait de situer la vie de la langue dans son contexte social de diglossie, de préciser les stratégies d’utilisation de ces publications dans une mise en perspective historique dégagée de toute hagiographie. Il convenait surtout de s’interroger, au-delà du public réduit, voire confidentiel, des publications littéraires « renaissantistes », sur les retombées que pouvaient avoir eu sur un public plus vaste les autres types d’intervention (feuilles volantes ou brochures monolingues, billets encartés dans la presse française, etc).
Si cette proposition de travail n’a pas trouvé d’échos auprès des secteurs concernés des facultés d’Aix en Provence et de Nice, j’ai trouvé immédiatement accueil et appui auprès des chercheurs de l’école sociolinguistique en domaine occitan de l’Université de Montpellier, et particulièrement auprès de Philippe Gardy. Appui fructueux qui me mettait en contact avec d’autres chercheurs travaillant dans la même direction, et tout particulièrement Philippe Martel. La revue de sociolinguistique Lengas, publiée par l’Université sous la direction de Philippe Gardy, allait immédiatement publier les premiers résultats de ma recherche (MERLE 1985a) (MERLE 1985b).

Cette recherche a été soutenue, dès le début, par plusieurs axes méthodologiques :
 Il convenait d’abord de situer la recherche dans une aire fonctionnelle au plan relationnel, géographique, économique, géopolitique, et donc ne pas s’enfermer a priori dans une aire dialectale strictement provençale. Le cadre choisi a été celui du Sud-Est français, dans la dialectique et la complémentarité socio-économiques ancestrales de la Basse Provence et des hautes terres de Provence et Dauphiné, et dans l’échange tout aussi ancestral, structuré par l’axe rhodanien, entre Languedoc oriental et Provence. C’est dire que dans mon inventaire principal, je devais travailler sur des textes que les linguistes définissent comme provençaux, vivaro-alpins, languedociens, (voire francoprovençaux sur les marges nord de cette zone).
 Il convenait également de ne dégager aucune conclusion avant d’avoir réalisé l’inventaire le plus complet possible de tout ce qui avait été publié dans la période considérée, pièces de tous ordres (non seulement littéraires répétons-le, mais encore politiques, religieuses, satiriques...), pièces dont les inventaires déjà consultables laissaient pressentir l’importance numérique.
L’inventaire s’appuyait en effet en ce qui concerne les textes en langue d’Oc sur quelques solides biographies érudites totalisantes qui, à l’exception de celle proposée en 1877 par Robert Reboul (REBOUL 1877), privilégiaient le domaine littéraire.
Il restait à prolonger ces inventaires par l’investigation de sources jusqu’alors peu ou pas explorées : l’immense source du dépôt légal, celles encore des références proposées par le bureau de la censure, les fichiers des bibliothèques municipales, ceux des dépôts d’archives départementales et nationales, et le continent de la presse en français, si souvent accueillante au billet en « patois ». Démarche qui s’apparente à celle du collectionneur comme à celle de l’enquêteur (et il n’est sans doute pas indifférent à l’affaire que je sois par ailleurs auteur de romans policiers).
Sans prétendre à l’exhaustivité, le résultat de l’inventaire a montré combien la réalité de la publication dialectale dépassait, et de loin, ce que l’on pouvait alors imaginer. Il témoignait aussi de l’organisation de cette écriture en foyers de publication, liés aux possibilités locales d’impression et à l’existence d’une presse dans le meilleur des cas départementales. Et ce constat posait la question des degrés de communication entre ces foyers, de leur rapport à une conscience culturelle d’Oc qui les englobait (on écrit dans sa ville, et souvent pour sa ville, mais on se sait provençal ou languedocien, et bien souvent on se réclame de l’existence d’une langue commune à tout le Midi).
Il convenait aussi, dans une démarche comparative, de ne jamais séparer cette publication dialectale de ce qui pouvait se publier en français au même moment, de mesurer les phénomènes de mimétisme, d’osmose, ou de prises de distance, d’autant que la totalité des intervenants dialectaux maîtrisaient parfaitement le français et avaient souvent tâté de l’intervention publique dans cette langue. Une comparaison particulièrement fructueuse sera celle de la création théâtrale en français et de la création théâtrale en langue d’Oc (MERLE 1990c).
Enfin il convenait de comparer constamment les résultats obtenus en domaine d’Oc avec la réalité de la publication en domaine francoprovençal, réalité connue ou réalité elle aussi encore grandement à défricher. En ce qui concerne le francoprovençal, je disposais de bibliographies locales et régionales (dauphinoises, foréziennes, lyonnaises en particulier), et de l’indispensable somme proposée par le Glossaire des patois de la Suisse Romande.
Un premier bilan de cette comparaison de la publication en zone de parlers occitans et en zone de parlers francoprovençaux a fourni la matière à un ouvrage publié en 1990, investigant et comparant l’ensemble des foyers d’écriture, occitans et francoprovençaux (MERLE 1990d).
Il ne s’agissait pas bien sûr, rassurez-vous, d’une quelconque annexion des parlers francoprovençaux à l’ensemble occitan, mais d’envisager ce qui avait pu advenir au plan de la publication dans des foyers d’écriture francoprovençale clairement locaux ou régionaux, sans véritable conscience « nationalitaire » d’ensemble, en rapport à la zone à forte conscience « nationalitaire » de Provence et de Languedoc. Je ne rencontrais évidemment pas en zone francoprovençale une motivation « nationalitaire » à l’occitane (souvenir plus ou moins magnifié d’un passé de grande culture, sentiment porté par l’érudition et par l’empirisme des rencontres d’une intercompréhension entre parlers d’Oc, et donc d’un ensemble « national » d’Oc. La chronologie des poussées d’écriture francoprovençales, leur thématiques, étaient-elles en cohérence ou en distorsion avec ce que je pouvais constater en zone d’Oc ?
Et ceci m’apparaissait d’autant plus intéressant que ces zones françaises de parlers francoprovençaux (principalement grande région lyonnaise, région grenobloise, Forez) d’une part se situaient dans le prolongement direct de l’axe rhodanien que je viens d’évoquer, et d’autres part vivaient les mêmes péripéties politiques, dépendaient du même pouvoir central, le premier point fort de cette démarche comparative étant évidemment la période de la Révolution (MERLE 1988) (MERLE 1989a) (MERLE 1990a).
Tout à fait passionnante également fut la comparaison de la publication dialectale des auteurs populaires, un peu vite baptisés « poètes ouvriers » au tournant des années 1840, dans la zone marseillaise (MERLE 1987a) et dans la zone lyonnaise (MERLE 1989b), où j’ai eu le plaisir d’exhumer l’œuvre importante mais bien oubliée de Roquille, dénonciateur de la répression de l’insurrection des Canuts et chantre de la première grève des mineurs de Rive de Gier (MERLE 1989c).
Autre intérêt de cette étude comparative avec les textes de la zone des parlers francoprovençaux : elle permettait la comparaison entre la nature de l’écriture dialectale (occitane et francoprovençale) dans l’état français, et dans des états francophones voisins : République de Genève, Confédération helvétique, partie savoyarde du Royaume sarde. La publication dans ces zones de parlers francoprovençaux a fait l’objet d’interventions en Suisse (Conférences, RTSR) (MERLE 1992a) et donné matière à un ouvrage de restitution et de mise en perspective historique des textes dialectaux de Suisse Romande en amont et en aval de la période révolutionnaire (MERLE 1991).
Cette démarche comparative entre foyers occitans et francoprovençaux a été également très stimulante dans l’étude des regards portés sur « l’idiome natal » par l’inventaire officiel des patois mené sous l’Empire, long travail initié précocement qui a donné récemment lieu à plusieurs articles (MERLE 1986b) (MERLE 2006a) et se concrétisera par une publication prochaine (MERLE 2008).

La première partie de cette recherche, consacrée à la période précédant la naissance du Félibrige, période dès le début dont je mesurais l’importance (MERLE 1986a), devait aboutir à la soutenance (1987) et à la publication (1990) d’une thèse consacrée à l’inventaire commenté du texte provençal entre 1775 et 1840 (MERLE 1990b) : Ce premier inventaire commençait en amont de la grande Révolution, autour d’une poussée de publication marquant les années 1770 et s’arrêtait (provisoirement) au début des années 1840, marquées par le début du premier « revival » collectif de publication occitane, autour de l’hebdomadaire marseillais Lou Bouillabaisso, la publication du grand dictionnaire d’Honnorat, les révélations de Gelu et de Benedit, etc. (MERLE 1986c).
Il convenait pour cette période de bien distinguer ce qui procédait uniquement du divertissement, voire de la tentation littéraire, et ce qui procédait, y compris dans des registres apparemment jusqu’alors voués au divertissement (chansons, pièces à déclamer, etc.) de la communication efficace en matière politique, religieuse, etc., en direction d’une population encore majoritairement analphabète, dans laquelle la compréhension du français était encore fort limitée, et donc a fortiori la pratique orale du français : situation mouvante qui voit le français gagner sans cesse, de génération en génération, sans pour autant que « l’idiome natal » cesse d’être majoritairement parlé au quotidien.
En ce qui concerne l’écrit de divertissement, dans la période précédant ou suivant immédiatement la Révolution, l’écrit dialectal ne pouvait émaner que de lettrés, sensibles aux vertus expressives de « l’idiome natal » face au français du Bon Ton qu’ils pratiquaient par ailleurs excellemment. C’est dire que cet écrit dialectal de divertissement ne pouvait toucher directement, parmi ceux qui ont eu accès à l’alphabétisation (en français), que ceux qui savent apprécier la saveur de l’idiome. Au-delà de ces registres connus d’écriture, dont il a été relativement facile d’inventorier les occurrences, il a été aussi possible de retrouver, par le travail d’archives, des strates beaucoup plus frustes et populaires de chansons et de modestes productions théâtrales.
Après 1830, sous la Monarchie de Juillet, il convenait de pointer une inflexion notable de cette « saveur » linguistique.
L’épaisseur dialectale populaire demeure, mais avec l’acculturation (notamment le développement de la scolarité à partir des premières années 1830), progressent grandement la compréhension et la lecture du français, voire sa pratique orale quotidienne. L’alphabétisation (en français) autorise ainsi le passage à l’écriture dialectale d’intervenants issus de milieux petits-bourgeois et de milieux populaires, et leur permet une rencontre avec un public, populaire lui aussi.
Le texte en langue d’Oc ressemble alors de plus en plus à du français traduit ; signe, paradoxalement, qu’il est de plus en plus le fait d’ « écrivants » d’origine modeste, qui avec les progrès de l’alphabétisation se sont révélés auteurs, dans l’admiration et l’imitation du modèle français.

Plus complexe était la question de la communication efficace en dialecte.
En amont et en aval immédiat de la grande Révolution, l’oralité dialectale, répétons-le, est encore générale. La différenciation se fait entre ceux qui, tout en parlant la langue d’Oc, ont accès au français et ceux qui sont cantonnés dans le monolinguisme dialectal. Dans ces conditions, la communication efficace descendante est grandement attestée dans l’oralité par le rôle des intermédiaires linguistiques, prêtres, notaires, régents, etc. qui traduisent en dialecte au bon peuple un français qu’il comprendrait mal, ou pas. Mais la question se posait des stratégies de communication efficace dans la publication dialectale : était-il possible d’en repérer ? Dans quelle mesure ces textes se différenciaient-ils de l’ordinaire intercession orale des petits notables ?
Il convenait déjà de mettre en avant les entreprises de communication efficace menées par l’Église, en parcourant le vaste champ de la publication religieuse en langue d’Oc (essentiellement cantiques et catéchismes), publication dont les bibliographies attestent du flux continu sur tout le XVIIIe siècle comme dans la période post-révolutionnaire (MERLE 1993) (MERLE 1995). J’ai également consacré une étude poussée de la publication religieuse autour de l’événement inattendu, mais vite pris en compte, de l’événement de La Salette, où la Dame aurait parlé « patois » aux deux jeunes bergers dauphinois (MERLE 1992b).
Mais il était particulièrement nécessaire et intéressant de s’interroger sur l’utilisation du dialecte dans les paroxysmes des crises politiques, en complément de l’usage dominant du français, langue de l’officialité et de la politique : crise majeure de la Révolution française (1789-1799), crise de la chute de l’Empire et du retour des Bourbons, crise de 1830 et de l’instauration de la Monarchie de Juillet. Là encore, l’inventaire a permis des découvertes plus que bienvenues.
En ce qui concerne la période révolutionnaire (1789-1799), on peut faire clairement la différence entre les textes de communication réellement efficace nés de l’urgence (ainsi cette affiche officielle appelant en provençal les Provençaux au calme au printemps 1789, que nous avons eu le plaisir d’exhumer) et les textes de célébration de la victoire populaire où, au-delà de la nécessaire communication efficace, l’usage du parler populaire pose le Peuple en dignité (ainsi de cette Verita desplegado, que nous avons eu également le grand plaisir d’exhumer (REMUZAT 1988) et qui depuis a fait l’objet d’un court métrage diffusé par FR3).
Ce travail sur le texte révolutionnaire a été d’autant plus stimulant qu’il s’inscrivait dans une démarche commune à nombre de chercheurs sérieux, démarche qui devait aboutir à la publication d’un fort ouvrage collectif (MERLE 1989a).
Il était d’autant plus nécessaire que, poussés par la circonstance, nombre d’associatifs qui ne s’étaient jusqu’alors jamais soucié de ces textes non littéraires, se sont précipités pour les reproduire de façon quasi photocopiée, dans l’ignorance du contexte et parfois dans le malentendu historique : ainsi de la traduction en provençal de la constitution de 1791, présentée comme une importante décision officielle.

Au regard de la francisation sans cesse en progrès, la pierre de touche de la réalité ou du fantasme d’une communication politique efficace par l’écrit dialectal a été la période de la Seconde République. En effet, en instaurant le suffrage universel (masculin), la République mettait les divers courants politiques devant la nécessité de convaincre la masse populaire. Il a été passionnant d’étudier les diverses stratégies alors mises en place en ce qui concerne la publication politique dans « l’idiome natal » (MERLE 1999), stratégies brutalement balayées par le coup d’État de décembre 1851.

Ce travail sur l’écriture dialectale sur le long terme de la période 1770 – 1840 a été inséparable du regard que, à travers cette écriture, les Méridionaux peuvent porter sur eux-mêmes en reflet le plus souvent du regard porté sur eux par l’imaginaire français (MERLE 1987b) .

En ce qui concerne le rythme des publications, ce travail m’a permis de mettre en évidence la présence renouvelée plusieurs fois d’un cycle ternaire : apathie de la publication dialectale, relance de l’écriture dialectale par l’événement politique (1789, retour des Bourbons en 1814-1815, Révolution de Juillet…), glissement de l’écriture politique à l’écriture de plaisir et de création, échec de cette entreprise et retour à la déréliction.
Ce cycle plusieurs fois renouvelé se rompt vers la fin des années 1830, avec l’explosion des textes dialectaux et le rythme régulier de leurs publications. J’ai déjà souligné la part des laboratoires urbains, notamment celui de la région marseillaise, voire de la région lyonnaise, où s’affirment de fortes individualités populaires qui trouvent un vrai public. Ces éclaireurs n’étaient en rien les annonciateurs d’une « renaissance » d’une langue à laquelle ils ne voyaient pas d’avenir. Avec eux, le débat sur le sens et l’avenir d’une écriture en dignité dans « l’idiome natal » commence à toucher l’opinion, particulièrement par leurs interventions dans la presse en français.
C’est dans la comparaison avec le foyer d’écriture fribourgeoise, et particulièrement dans celle de la Gruyère, qu’il m’a été permis de rencontrer alors précocement la problématique renaissantiste, comme celle qui la combattait : en ce début des années 1840, en quelques mois, dans un débat passionnant, la presse de Fribourg donne un véritable condensé des débats que connaîtra le Sud-Est de la France dans les années 1850-1860 sur la possibilité et l’intérêt d’une écriture du dialecte (MERLE 1991).
Les années 1850-1860 marqueront le début d’une période où s’affirmera dans l’écriture littéraire, notamment avec le Félibrige, la volonté de dignifier en Langue « l’idiome natal », alors que l’oralité bilingue français-dialecte devient très majoritaire dans une population désormais grandement alphabétisée, et donc lectrice de textes français. Mais cette population sera-t-elle aussi lectrice des textes sacrés de la Renaissance, dont le Mirèio de Mistral ouvre la liste en 1859 ? Sera-t-elle seulement au fait de l’entreprise félibréenne ? C’est vers la presse que je me suis tourné pour avoir des éléments de réponse.
À partir de la fin des années 1860 (Empire libéral), puis sous la Seconde République, avec le développement de l’alphabétisation, la liberté de la presse, les modifications techniques et la baisse de son prix, le journal n’est plus un petit luxe réservé aux privilégiés et aux lettrés, mais un élément important de la vie quotidienne. Il convenait de vérifier la place qu’y ont tenue les interventions en dialecte (sans traductions la plupart du temps), d’apprécier dans quelle mesure les normes graphiques et linguistiques de la Renaissance félibréenne y étaient utilisées. Inventaire qui ne pouvait s’appuyer sur aucun dépouillement antérieur et qui, au plan de l’ensemble des départements de langue d’Oc, dépassait évidemment les forces d’un seul chercheur.
Je me suis donc borné, si l’on peut dire, à inventorier de la façon la plus complète possible la presse d’un département témoin, du Second Empire à la veille de la guerre de 1914 : le Var, département à la fois rural et urbanisé, aux forts engagements politiques antagonistes (MERLE 1996). L’étude met en valeur la place majeure des interventions politiques. Il ne s’agit plus alors vraiment de communication efficace, mais de coups de griffes caustiques ou de renforts affectifs à des engagements qui se disent en français. Rares par contre sont les interventions dans « l’idiome natal » en ce qui concerne les luttes sociales (MERLE 2006b), y compris la révolte viticole de 1907 dans laquelle beaucoup d’occitanistes ont pu lire a posteriori un mouvement « nationalitaire » (MERLE 1997b). Cette enquête met aussi en évidence à la fois la réalité reconnue du renaissantisme félibréen, et le peu de rapports qu’il entretient avec ces intervenants dialectales, qui dans leur grande majorité tiennent à distance les normes mistraliennes (MERLE 1997a)

Voici donc, rapidement, et par là schématiquement présentés, les principes méthodologiques qui ont guidé cette recherche.
Si initialement elle a pu être suscitée par l’agacement (le mot est faible) devant le boisseau mis par une partie de la Maintenance sur tout ce qui n’était pas directement « mistralien », cette recherche a été menée dans la conviction que, loin de desservir la cause de la défense de la langue et de la culture d’Oc, elle en était partie prenante.
Avec le recul, je mesure d’ailleurs combien la démarche a contribué à détendre la crispation d’une grande partie des associations de maintenance dont je parlais, et de nouer avec elles des contacts positifs sur la base de la meilleure connaissance, voire de la découverte de ce riche corpus d’écriture.
Il me reste à souhaiter que de jeunes chercheurs continuent le travail entrepris, si les structures universitaires et celles de la recherche leur en donnent la pleine possibilité.

Références bibliographiques

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Notes

[1Né en 1854, le Félibrige, d’abord provençal, puis étendu à l’ensemble de la langue d’Oc, a longtemps été la principale association de maintenance de la langue et de la culture d’Oc.

[2Le professeur Jean-Claude Bouvier et son équipe (Université de Provence) ont alors grandement contribué à la pratique de la collecte d’ethnotextes.

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