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Écrire en provençal ou écrire sur la Provence (en français) ? Paul Arène

mercredi 24 juin 2020, par René MERLE

La question ne date pas d’hier, et elle a le plus souvent été tranchée par le second volet de l’alternative. Si l’on veut toucher un vaste public, en Provence et surtout au-delà, il faut écrire en français. C’est ce qu’on fait Pagnol, Giono, et depuis tant d’épigones plus ou moins heureux.
J’évoquais il y a peu Paul Arène :
Paul Arène et Mistral. Anti centralisme...
Son cas est un peu particulier parce que, à la différence des auteurs français que je viens d’évoquer, si sa gloire littéraire est en grande partie venue de ses évocations de la Provence, il lui est arrivé aussi d’écrire en provençal, tout particulièrement dans ces années 1870-1871 où le jeune écrivain (né en 1843) fréquente les félibres avignonnais et tombe amoureux (sans succès) de la fille de l’un d’eux. Mais cette belle poésie en provençal n’aura guère de suite, et la carrière ultérieure d’Arène sera celle d’un écrivain en langue française, bien implanté dans la capitale.

Je verse au dossier quelques extraits de l’article que le jeune félibre Jules Véran (né en 1868) consacra à Paul Arène, au lendemain de ses funérailles, dans le journal de Mistral l’Aiòli (17 janvier 1897).
Résumons : Arène n’a pas beaucoup écrit en provençal [1], mais sa gloire littéraire française vient de ce qu’il a manié la langue française avec l’âme d’un provençal. Par là même, non seulement il a magnifié la Provence, mais il a rendu à la langue française sa vertu première de clarté et d’expressivité que les modes venues des brumes du Nord et de l’Est lui ont fait perdre, tout comme l’a abatardie l’invasion de la population française par des étrangers indésirables…
On ne s’étonnera pas de retrouver dans l’entre-deux guerres et pendant la guerre un Jules Véran, journaliste dans la très réactionnaire journal L’Éclair, de Montpellier, par ailleurs historien du félibrige et chantre d’un régionalisme clairement marqué par le mistralisme maurrassien [2].




Notes

[1On peut lire ses poésies en provençal dans Ciel d’Oc : Paul Arène.

[2Son ouvrage Le Régionalisme et le redressement français, Toulouse, Privat, 1943, lui vaudra les félicitations de Maurras dans l’Action française et celles de la très pétainiste La Croix

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