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À propos d’un texte révolutionnaire en provençal (maritime)

mardi 23 septembre 2025, par René MERLE

Je reprends ici un article publié ce jour sur mon site Points de vue & documents : https://renemerle.com

"Il arrive comme cela de petits bonheurs, porteurs aussi de nostalgie et d’amertume.
Ainsi, un érudit chercheur qui a découvert mon site Remembrança [1]m’a par lui envoyé copie d’une chanson en provençal qu’il avait découverte dans des archives privées.
Il s’agit d’une dure raillerie des Émigrés royalistes, d’un salut aux volontaires marseillais qui ont participé à la prise des Tuileries le 10 août 1792, et d’un appel vigoureux à résister au « Roi des Marmottes » qui masse ses troupes aux frontières savoyardes et niçoises.
J’ai doublement reçu ce texte.
D’abord, si besoin en était une fois de plus, il prouvait que, contrairement à une opinion fort répandue, les parlers régionaux n’étaient pas forcément ceux de la Réaction et de l’obscurantisme. Je vous renvoie à ce propos à mon site Remembrança.
Et aussi, au plan linguistique, je l’ai reçu en bouffée indicible de nostalgie. J’avais là sous les yeux, notée quasi phonétiquement, avec ses idiotismes intraduisibles et sa rauque vigueur, la langue que j’avais entendue parler par les anciens nés à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle, la langue dont je m’étais imprégné en entendant ma grand-mère, bref une langue qui fut pleinement vivante avant le grand balayage de la modernité. Et j’ai réalisé, une fois de plus, que toutes les résurrections lettrées actuelle, intellectuelles et volontaristes, qui préfèrent l’écrit à l’oralité, aussi louables qu’elles soient, ne pourront hélas jamais refaire vivre, dans son authenticité, cette langue qui fut celle du peuple sociologique (et je ne dis pas d’un Peuple fantasmé par les nationalistes refoulés).

Il arrive comme cela de petits bonheurs, porteurs aussi de nostalgie et d’amertume.
Ainsi, un érudit chercheur qui a découvert mon site Remembrança [2]m’a par lui envoyé copie d’une chanson en provençal qu’il avait découverte dans des archives privées.
Il s’agit d’une dure raillerie des Émigrés royalistes, d’un salut aux volontaires marseillais qui ont participé à la prise des Tuileries le 10 août 1792, et d’un appel vigoureux à résister au « Roi des Marmottes » qui masse ses troupes aux frontières savoyardes et niçoises.
Je ne donne pas ici le texte en laissant au découvreur le privilège de la publication.
J’ai doublement reçu ce texte.
D’abord, si besoin en était une fois de plus, il prouvait que, contrairement à une opinion fort répandue, les parlers régionaux n’étaient pas forcément ceux de la Réaction et de l’obscurantisme. Je vous renvoie à ce propos à mon site Remembrança.
Et aussi, au plan linguistique, je l’ai reçu en bouffée indicible de nostalgie. J’avais là sous les yeux, notée quasi phonétiquement, avec ses idiotismes intraduisibles et sa rauque vigueur, la langue que j’avais entendue parler par les anciens nés à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle, la langue dont je m’étais imprégné en entendant ma grand-mère, bref une langue qui fut pleinement vivante avant le grand balayage de la modernité. Et j’ai réalisé, une fois de plus, que toutes les résurrections lettrées actuelle, intellectuelles et volontaristes, qui préfèrent l’écrit à l’oralité, aussi louables qu’elles soient, ne pourront hélas jamais refaire vivre, dans son authenticité, cette langue qui fut celle du peuple sociologique (et je ne dis pas d’un Peuple fantasmé par les nationalistes refoulés)."