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		<title>Glaudi Barsotti</title>
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		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Barsotti</dc:subject>
		<dc:subject>Assante</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;https://pierre-assante.over-blog.com/2026/02/per-l-obra-de-glaudi-barsotti.html&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;Langue d'Oc, &#233;tudes : auteurs, destin de la langue, &#233;v&#233;nements historiques, foyers d'&#233;criture, graphies et questions de langue, religion, usage politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot228" rel="tag"&gt;Barsotti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot850" rel="tag"&gt;Assante&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://pierre-assante.over-blog.com/2026/02/per-l-obra-de-glaudi-barsotti.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://pierre-assante.over-blog.com/2026/02/per-l-obra-de-glaudi-barsotti.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les pauvres dans la publication en proven&#231;al, XVIIIe et XIXe si&#232;cles</title>
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		<dc:date>2025-10-23T13:58:22Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Gelu</dc:subject>
		<dc:subject>Barsotti</dc:subject>
		<dc:subject>Pauvres</dc:subject>

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&lt;p&gt;Bulletin du Comit&#233; d'Histoire de la S&#233;curit&#233; Sociale de la r&#233;gion Provence-Alpes-C&#244;te d'Azur : Regards et Paroles sur la pauvret&#233; en Provence sous l'Ancien R&#233;gime et au XIXe si&#232;cle, num&#233;ro sp&#233;cial 13-14 / 2005, paru avril 2006. &lt;br class='autobr' /&gt; Quelle place pour les pauvres dans la publication en proven&#231;al, sur le long terme qui va du XVIIIe si&#232;cle finissant aux grandes mutations socio-&#233;conomiques de la seconde moiti&#233; du XIXe si&#232;cle ? Long terme qui peut surprendre. En effet, dans la conscience (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique18" rel="directory"&gt;Oc. &#201;v&#233;nements historiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Gelu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot228" rel="tag"&gt;Barsotti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot390" rel="tag"&gt;Pauvres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bulletin du Comit&#233; d'Histoire de la S&#233;curit&#233; Sociale de la r&#233;gion Provence-Alpes-C&#244;te d'Azur : Regards et Paroles sur la pauvret&#233; en Provence sous l'Ancien R&#233;gime et au XIXe si&#232;cle&lt;/i&gt;, num&#233;ro sp&#233;cial 13-14 / 2005, paru avril 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelle place pour les pauvres dans la publication en proven&#231;al, sur le long terme qui va du XVIIIe si&#232;cle finissant aux grandes mutations socio-&#233;conomiques de la seconde moiti&#233; du XIXe si&#232;cle ? Long terme qui peut surprendre. En effet, dans la conscience contemporaine (j'en excepte les sp&#233;cialistes de la langue d'Oc), l'&#233;criture en proven&#231;al est assimil&#233;e &#224; la &#8220;renaissance&#8221; litt&#233;raire initi&#233;e &#224; partir de 1854 par le F&#233;librige et Fr&#233;d&#233;ric Mistral. La publication ant&#233;rieure est tr&#232;s mal connue, voire ignor&#233;e. Un long travail de recherche nous a permis d'en approfondir la connaissance (1) et de r&#233;aliser combien peut-&#234;tre plus significativement que dans l'entreprise litt&#233;raire ult&#233;rieure, elle concerne notre sujet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant de l'aborder, il convient sans doute de poser quelques rep&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;finition du proven&#231;al, parfois passionnelle, voire conflictuelle, varie suivant les niveaux d'information et de sensibilisation. Nous appelons ici proven&#231;al le rameau de la langue d'Oc parl&#233;, dans ses vari&#233;t&#233;s dialectales, dans la plus grande partie de la r&#233;gion P.A.C.A, la Dr&#244;me du Sud, les franges du Languedoc oriental (les contacts avec les parlers d'Oc voisins, ni&#231;ois, vivaro-alpin des Alpes du Sud, languedocien, n'&#233;tant pas des &#8220;fronti&#232;res&#8221; franches). Pass&#233; le temps des ind&#233;pendances m&#233;di&#233;vales et d'une scripta classique plus ou moins commune, le proven&#231;al exclu de l'officialit&#233; a &#233;t&#233; orthographi&#233; selon des normes diverses, inspir&#233;es de la norme fran&#231;aise, jusqu'&#224; ce que la &#8220;renaissance&#8221; des XIXe et XXe si&#232;cles affirme un double choix associatif : graphie mistralienne, graphie classique dite occitane. Il va de soi qu'en bonne m&#233;thode historique, nos citations respectent la graphie des documents originaux. Libre &#224; chacun de les transcrire dans la graphie contemporaine de son choix, mistralienne ou occitane (classique).&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne peut enfin aborder le traitement de la pauvret&#233; dans l'&#233;crit proven&#231;al des XVIIIe et XIXe si&#232;cles, sans consid&#233;rer la situation plus que marginale de cet &#233;crit, &#233;cras&#233; par une situation de diglossie (fran&#231;ais &#8220;langue haute&#8221;, proven&#231;al &#8220;langue basse&#8221;). Situation qui limite la publication en proven&#231;al &#224; des registres de d&#233;valorisation ou de compensation, sans jamais vraiment acc&#233;der &#224; une normalit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Naturellement, cette rapide &#233;tude est fond&#233;e sur la fr&#233;quentation des textes. Mais les quelques fragments proven&#231;aux donn&#233;s en exemples ne peuvent que renvoyer &#224; ce corpus, dont seule une anthologie pourrait t&#233;moigner de la richesse et de la diversit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;De l'Ancien R&#233;gime &#224; la R&#233;volution...&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au XVIIIe si&#232;cle, alors que le proven&#231;al est la langue famili&#232;re de tous, y compris des &#8220;&#233;lites&#8221;, c'est la ma&#238;trise du fran&#231;ais qui s&#233;pare le peuple des &#8220;Moussus&#8221; (&#8220;les Messieurs, les Importants&#8221;). Massivement analphab&#232;tes, les humbles n'ont pas acc&#232;s au fran&#231;ais, et donc ignorent l'&#233;criture (2). C'est dire qu'aucun &#233;crit ne saurait directement &#233;maner des pauvres, si par &#8220;pauvres&#8221; nous entendons non seulement les exclus, les mis&#233;rables en marge des solidarit&#233;s villageoises ou urbaines, mais aussi l'immense peuple des &#8220;travailleurs&#8221; qui n'ont que leurs bras pour survivre. Ces &#8220;classes dangereuses&#8221;, des villes et surtout des campagnes, fourniront bient&#244;t aux grandes esp&#233;rances politiques et sociales, (comme parfois &#224; la pire r&#233;action), le gros des troupes. Que pourrait dire des pauvres l'&#233;criture de cette langue qui se glisse &#224; peine dans les interstices de la culture reconnue ? Dira-t-elle plus juste, plus vrai, que la publication fran&#231;aise ? On peut a priori r&#233;pondre non, tant la publication en proven&#231;al, d&#233;j&#224; rarissime, est confin&#233;e dans des registres tr&#232;s sp&#233;cialis&#233;s : hommages aux Grands qui visitent le Comt&#233;, textes plaisants de divertissement, compensatoires du &#8220;Bon Ton&#8221; de la culture fran&#231;aise. Que viendrait faire l&#224; l'&#233;vocation de la pauvret&#233;, sinon d&#233;ranger ? Elle existe cependant, si on se donne la peine de la chercher. O&#249; peut-on la rencontrer ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout naturellement d'abord, dans les publications religieuses. Le tr&#232;s important corpus de cantiques bilingues, qui forme l'essentiel des publications en proven&#231;al, propose des &#233;vocations tr&#232;s fortes des menaces permanentes qui p&#232;sent sur les humbles : maladies, violences, famines, basculement dans la pauvret&#233; et l'exclusion.... Mais il n'est &#233;videmment pas question de subvertir un ordre social donn&#233; comme immuable. La compassion devant la mis&#232;re et le malheur, et la tr&#232;s active charit&#233; qui l'accompagne sont ins&#233;parables de la r&#233;signation demand&#233;e aux pauvres, en attente d'un au-del&#224; compensatoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
La publication de ces textes religieux constitue une v&#233;ritable interface entre une officialit&#233; culturelle toute fran&#231;aise et un quotidien que le peuple vit dans &#8220;l'idiome natal&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autre interface, bien moins connue faute de traces abondantes : le th&#233;&#226;tre bilingue ou enti&#232;rement en proven&#231;al.&lt;br class='autobr' /&gt;
La parole commune proven&#231;ale est si peu adapt&#233;e aux formes litt&#233;raires du temps, toutes fran&#231;aises, qu'il serait vain de rechercher dans ce th&#233;&#226;tre d'expression proven&#231;ale des registres dramatiques ou tragiques, par d&#233;finition r&#233;serv&#233;s &#224; la dominance fran&#231;aise. Le &#8220;vrai&#8221; th&#233;&#226;tre, tout fran&#231;ais, est un puissant outil d'acculturation des couches populaires dans la dimension du prestige culturel et du plaisir socialis&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces conditions, tout au plus l'idiome natal peut-il appara&#238;tre sur les grandes sc&#232;nes permanentes en contrepoint du &#8220;bon ton&#8221; fran&#231;ais, pour accompagner de registres &#8220;populaires&#8221; plaisants les nouveaut&#233;s fran&#231;aises : il serait vain d'y rechercher un vrai reflet de la vie du peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il en va autrement d'un autre th&#233;&#226;tre de divertissement, celui des tourn&#233;es populaires, enracin&#233;es dans le terroir, dont le texte est si rarement pass&#233; &#224; l'impression. Apparent retour de l'archa&#239;sme, la r&#233;impression de ces pi&#232;ces dans la p&#233;riode pr&#233;-r&#233;volutionnaire est aussi annonce des temps nouveaux. On peut en juger par une com&#233;die enti&#232;rement en proven&#231;al, Lou Mariagi de Margarido, que les bibliographies datent de 1781, mais dont nous avons pu retrouver un exemplaire bien ant&#233;rieur. Elle met en spectacle le redoutable antagonisme social traversant le proche terroir marseillais, celui du &#8220;paysan&#8221; (au sens proven&#231;al de non-propri&#233;taire) et de son &#8220;Moussu&#8221;. Monde de l'&#226;pret&#233; sans la moindre morale, o&#249; chacun essaie de tirer de l'autre le maximum. Inqui&#233;tante proven&#231;alit&#233; de cette paysannerie pauvre, sans ind&#233;pendance &#233;conomique, dont la haine de classe se satisfait pour le moment d'exp&#233;dients individuels. Qu'en adviendra-t-il lorsqu'elle sera agit&#233;e d'esp&#233;rances et de mouvements collectifs ? Aussi bien la plainte du paysan, toujours m&#233;content et quelque peu fripon, re&#231;ue au premier degr&#233; dans le registre de la plaisanterie, peut prendre un autre sens si on la rapporte &#224; la lame de fond qui va soulever la paysannerie pauvre proven&#231;ale et la lancer dans les assauts d&#233;cisifs de 1789-1792, non seulement contre les nobles mais aussi contre les &#8220;Gros&#8221;. D'autant que l'individualisme cynique du paysan s'inscrit dans la r&#233;surgence des antiques th&#232;mes &#8220;mill&#233;naristes&#8221; et &#8220;communistes&#8221; : nostalgie d'un temps o&#249; les biens &#233;taient en commun et o&#249; r&#233;gnait l'&#233;galit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Paupo-Eissado soliloque : &#034;&lt;i&gt;Ai ausi dire qu'au viei tems, / En coumun eroun tous lei bens ; / Qu'ensuite, si fet un partagi / Doou tarradou et dei villagi./ Eis paisans, qu'eroun de gournaus,/ Noun li douneroun g&#233;s d'houstaus./ Soun partagi fouguet la terro ; / Aquoto assoupisset la guerro./ Mai leis Moussus, que soun tous fins,/ Nous pesqueroun din lou jambin ; / Arraperoun houstaus, bastidos,/ Et lei fr&#233;mos lei pu poulidos ; / Meteroun la man su l'argen, / Et n'autres nous restet ren. / Au mai anan, au mai sian paur&#233;s ; / Foou que fouyen, fen lei reclaur&#233;s, / Et puis quan la recolto ven, / Nous arribo lou pu souven, / Qu'aven ni bla, ni vin, ni paillo, / Enca, nous tratoun de canaillo : / Disoun que sian tous de bregans. / Que soun &#224; plaigne, leis paisans ! / N'autr&#233;s sian pas gens d'escritori. / Se noun ero lou rooubatori, / (Diguet un jour moun signi-gran,) / Lou paisan crebari&#233; de fan. / Aquello r&#233;soun &#233;s seguro, / Es foundado su la naturo ; / Leis bens devoun estr&#233; en coumun. / Foou mangea la part de degun. / Leis moussus si soun fa Escudello, / Et n'autres sian &#224; la gamello&lt;/i&gt;.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction litt&#233;rale : &#8220;J'ai entendu dire que dans les temps anciens / tous les biens &#233;taient en commun ; / qu'ensuite il se fit un partage / du terroir et des villages. / Aux paysans, qui &#233;taient des na&#239;fs / on ne donna pas de Maisons / leur lot fut la terre. / Ceci calma la guerre. / Mais les Messieurs qui sont si fins / nous p&#234;ch&#232;rent dans la nasse. / Ils s'empar&#232;rent des maisons, des bastides et des plus jolies femmes / et &#224; nous il ne resta rien. / Au plus nous allons, au plus nous sommes pauvres. / Il faut que nous piochons, que nous binions / et puis quand la r&#233;colte vient / il nous arrive le plus souvent / de ne n'avoir (recevoir) ni bl&#233; ni vin ni paille. / Et de plus ils nous traitent de canailles, / ils disent que nous sommes tous des brigands. /Qu'ils sont &#224; plaindre les paysans ! / Nous autres nous ne sommes pas des gens de plume. / S'il n'y avait pas le larcin / (dit un jour mon grand p&#232;re) / le paysan cr&#232;verait de faim. / Ce propos est certain (juste), / il est fond&#233; sur la nature. / Les biens doivent &#234;tre en commun. / Il ne faut manger la part de personne. / Les Messieurs se sont fait (donn&#233;s) &#233;cuelle (belle portion) / et nous, nous sommes &#224; la gamelle.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le propos serait &#233;videmment explosif si le caract&#232;re m&#234;me de la pi&#232;ce ne le d&#233;samor&#231;ait. Ainsi le sobriquet du paysan, &#8220;Paupo-Eissado&#8221; (&#034; celui qui manie la houe avec les plus grandes pr&#233;cautions, le fain&#233;ant &#034;), comme celui du ma&#238;tre, &#8220;Coou-segur&#8221;(&#034; &#224; coup s&#251;r &#034;), indiquent qu'il ne faut pas prendre cet affrontement au premier degr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre, c'est bien au premier degr&#233;, et dans la dimension de l'affrontement de classe, que la m&#234;me probl&#233;matique se retrouve dans certains textes anonymes de colportage, publi&#233;s en feuilles volantes. Ainsi, nous avons pu retrouver une feuille volante sans date ni lieu d'impression, contenant deux textes, &lt;i&gt;Discour su lou Paysan qu&#233; vieou que de la journadou&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;Parlen d'ou Paysan qu&#233; travayou din soun chanp&lt;/i&gt; (3). Comme l'indique le titre, le &#8220;paysan&#8221;, au sens proven&#231;al de l'&#233;poque, est le travailleur, celui qui ne vit que de sa journ&#233;e ou d'une maigre petite propri&#233;t&#233;, &#224; la diff&#233;rence du &#8220;m&#233;nager&#8221;, heureux de son sort, d&#233;tenteur de la sagesse et des vertus patriarcales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est exclu ici de recevoir dans l'ironie distanci&#233;e (comme au th&#233;&#226;tre) ces cris de r&#233;volte du pauvre paysan. La duret&#233; de la condition populaire est mise en sc&#232;ne sans recherche d'un &#8220;pittoresque&#8221; d&#233;dramatisant, cher au lettr&#233; : le destinataire de ces vers frustes et directs semble ne pouvoir &#234;tre, vraiment, que le paysan lui-m&#234;me. L'exigence de reconnaissance, en dignit&#233;, comme la revendication brutale de l'&#233;galit&#233; n&#233;cessaire, n'&#233;chappe &#224; la haine de classe que dans l'&#233;vacuation vers la r&#233;signation religieuse. L'&#233;galit&#233; revendiqu&#233;e ne viendra que dans la mort... Mais il n'y a pas loin du mill&#233;narisme &#224; l'&#233;meute.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Riche la passa belle, Mai un jour finira : Richesses et misere, Chasqu'un la laissera ; Car lou paoure espere D'estre a l'egalita : Quand saren din la terre, Saren egalisa.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction litt&#233;rale : Le riche la passe belle (a une belle vie) / mais un jour cela finira. / Richesses et mis&#232;re chacun les laissera. / Car le pauvre esp&#232;re parvenir &#224; l'&#233;galit&#233; / Quand nous serons dans la terre, nous serons &#233;galis&#233;s...&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est donc pas &#233;tonnant qu'en Provence, dans la phase initiale de la R&#233;volution, qui d&#232;s mars 1789 anticipe les &#233;v&#233;nements nationaux, r&#233;apparaissent au grand jour ces th&#232;mes de la d&#233;sesp&#233;rance paysanne. Ils nourrissent de rage certaines strophes proven&#231;ales d'Astier de Saint-R&#233;my et de Remuzat d'Aubagne, largement diffus&#233;es. Mais aux yeux des &#233;lites bourgeoises r&#233;volutionnaires qui s'emparent d&#232;s avril 1789 des pleins pouvoirs municipaux, le paysan des &#8220;classes dangereuses&#8221; qui a fourni le gros des troupes anti-f&#233;odales, ne saurait devenir le repr&#233;sentant de tout le Tiers-&#201;tat. Ces publications n'ont pas de suite. Il en ira de m&#234;me dans la seconde grande secousse populaire de 1792-1793, o&#249; la conscience sans-culotte est irrigu&#233;e de l'antique revendication des pauvres, mais refuse de l'opposer aux autres couches sociales composant l'ex-Tiers-&#201;tat. T&#233;moignent de cette tension plus ou moins bien contr&#244;l&#233;e les &#233;crits jacobins en proven&#231;al et particuli&#232;rement l'entreprise missionnaire du &lt;i&gt;Manuel du Laboureur&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;De la Restauration &#224; la Seconde R&#233;publique&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la chute de l'Empire, cette m&#234;me tension entre r&#233;volte des pauvres et adh&#233;sion &#224; un courant &#8220;interclassiste&#8221; peut traverser le royalisme populaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, dans la floraison des chansons de 1814, o&#249; le proven&#231;al, mieux que le fran&#231;ais, semble dire l'enthousiasme populaire (on salue autant le retour des Bourbons que celui de la paix, dans l'espoir d'une suppression des Droits r&#233;unis) -, la chanson Royal Sibo apporte une note singuli&#232;re : &#233;galitarisme convivial des r&#233;fractaires du Luberon (&#8220;noste pichote r&#233;publico&#8221;) &#8220;notre petite r&#233;publique&#8221;), d&#233;fi litt&#233;ralement sans-culotte &#224; l'opinion bourgeoise, (&#8220;S&#233; disi&#233; qu'eyan de canayo, / Percequ&#233; n'avian gin d&#233; brayo...&#8221;) &#8220;on disait que nous &#233;tions des canailles / Parce que nous n'avions pas de culottes&#8221; [comme les Messieurs]), grossi&#232;ret&#233; provocatrice rituelle des mouvements paysans, (&#8220;Pissen oou quieou d'oou Coumissari...&#8221;) (&#8220;Nous pissons au cul du Commissaire&#8221;), d&#233;fi &#224; l'autorit&#233; de Napol&#233;on mais au-del&#224; &#224; toute autorit&#233; oppressive, Royal Sibo condense en quatre strophes les contradictions d'un l&#233;gitimisme populaire, qui porte en germe la mutation &#224; venir vers le Rouge (4).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce surgissement de la culture populaire n'est pas pris en compte par les lettr&#233;s. Au contraire. &#192; partir du retour des Bourbons, en 1814-1815, alors que s'amorce le d&#233;clin sociologique de l'idiome natal, des amateurs cultiv&#233;s initient un usage &#8220;litt&#233;raire&#8221; qui refuse le statut p&#233;jor&#233; de l'&#233;criture du proven&#231;al : loin de refl&#233;ter la parole et la culture populaires, ce courant privil&#233;gie l'imitation des registres classiques ou romantiques de la po&#233;sie fran&#231;aise. On se doute que les th&#232;mes de la pauvret&#233; et de la mis&#232;re ne seront pas initialement pour ces auteurs des th&#232;mes majeurs de cette &#8220;pr&#233;-renaissance&#8221;. Ils vont le devenir avec l'apparition sous la Monarchie de Juillet (1830-184) d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'&#233;crivants, artisans et ouvriers, qui ont eu acc&#232;s au fran&#231;ais gr&#226;ce aux progr&#232;s de l'instruction. Port&#233;s tout d'abord vers la po&#233;sie fran&#231;aise, qu'ils lisent avec passion, ces auteurs vont aussi, de plus en plus r&#233;solument, utiliser leur parler naturel, le parler du peuple, un peuple dont ils d&#233;noncent la mis&#232;re, mais auquel ils pr&#234;chent le plus souvent la r&#233;signation dans l'esp&#233;rance religieuse. Il n'est pas question ici de dresser un catalogue de cette abondante production. Signalons par exemple le tailleur Alphonse Maillet (1810), tailleur, puis ma&#238;tre d'&#233;tudes &#224; l'Ecole Normale d'Aix, tu&#233; par la tuberculose (5). &#192; Marseille s'affirme au milieu des ann&#233;es 1840 l'Ath&#233;n&#233;e ouvrier, o&#249; le fran&#231;ais prime d'abord, mais o&#249; le proven&#231;al fera bient&#244;t son entr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec ces &#8220;po&#232;tes-ouvriers&#8221; sont popularis&#233;s les th&#232;mes de la mis&#232;re urbaine : la d&#233;tresse de la fille-m&#232;re, la lutte pour la vie du prol&#233;taire en charge de famille, les affres du froid, de la faim et de la maladie dans les taudis, la menace de l'usurier, etc. Mais cette litt&#233;rature, qui veut instruire et moraliser le peuple, se garde de le soulever contre l'ordre existant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre, dans le Comt&#233; de Nice voisin, l'ouvrier tanneur Guisol, non seulement d&#233;nonce la mis&#232;re ouvri&#232;re dans la langue du peuple, mais porte accusation contre le monstrueux &#233;go&#239;sme de la bourgeoisie ni&#231;oise.&lt;br class='autobr' /&gt;
En contrepoint des tentatives moralisantes des &#8220;po&#232;tes-ouvriers&#8221; proven&#231;aux s'inscrit la fulgurance r&#233;aliste des chansons du Marseillais Victor Gelu, dont la premi&#232;re publication date de 1840. N&#233; en 1806 dans le vieux quartier populaire des Carmes, ce fils de boulanger ais&#233; recevra une &#8220;bonne &#233;ducation&#8221;, mais la mort pr&#233;matur&#233;e du p&#232;re le renvoie au fournil. Boulanger rat&#233;, com&#233;dien errant, besogneux gratte-papier dans les &#233;tudes d'avou&#233; de Lyon, puis de Marseille, o&#249; il revient en 1835, il inscrit ses contradictions, ses ambitions d&#233;&#231;ues, ses amiti&#233;s, dans le Marseille de la Restauration et de la Monarchie de Juillet. Un Marseille en plein essor, commer&#231;ant, industriel, en &#233;norme croissance d&#233;mographique, o&#249; Gelu pr&#234;te sa voix aux d&#233;class&#233;s, aux laiss&#233;s pour compte, dans un amour d&#233;sesp&#233;r&#233; de la langue maternelle. Rien &#224; voir avec la mise en spectacle des &#8220;nervis&#8221; et autres Chichois, l'exotisme int&#233;rieur qui assure le succ&#232;s de Benedit par exemple. Chez Gelu, la parole du sous-prol&#233;taire, dont l'horizon est celui de la frustration permanente et de la jouissance imm&#233;diate, toujours esp&#233;r&#233;e, peut d&#233;boucher sur une vraie r&#233;volte. Ainsi de cette chanson qui &#233;voque &#224; chaud l'insurrection populaire marseillaise manqu&#233;e de 1841. Nous en donnons ici les deux premiers couplets, accompagn&#233;s par la traduction propos&#233;e par Gelu :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Lou Tramblamen&lt;br class='autobr' /&gt;
Fouero ! lou san qu&#233; noun resto a lou bouei ! Fouero ! sansu, qu'av&#232; la gorgeo pleno ! Fouero ! bouchi&#233; , gras d&#233; nouesto coudeno ! Fouero ! &#224; soun tour lou bestiaou pren lou fouei !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mourou , ti dounoun trento soou, Quan vas debarqua d&#233; matiero, Lei mestre d&#233; ta sabouniero Qu&#233; t'an d&#233; louei lei plen peiroou. Enca ti duves creire erous S&#233; ti rougnoun pa la jornado ! Lei tra&#239;te, em&#233; soun teta dous, Ti l'empugnoun senso poumado, Senso poumado !..&lt;br class='autobr' /&gt;
Fouero ! lou san qu&#233; noun resto a lou bouei ! Fouero ! sansu, qu'av&#232; la gorgeo pleno ! Fouero ! bouchi&#233;, gras d&#233; nouesto coudeno ! Fouero ! &#224; soun tour lou bestiaou pren lou fouei !&lt;br class='autobr' /&gt;
M'es d&#233; latin, ieou soun babou : Moun engien d&#233; longuo li clavo ; E souven pensi : qu'unei cavo ! Jamai ajusta lei douei bou !... Aqueou trafi poou plu dura : Foou qu&#233; sange, vo qu&#233; tou pete ! Lou tron d&#233; Dieou lei va cura ; Garo ! qu&#233; Mourou si li mete ; Vouei, si li mete !...&lt;br class='autobr' /&gt;
Fouero ! lou san qu&#233; noun resto a lou bouei ! Fouero ! sansu qu'av&#232; la gorgeo pleno ! Fouero ! bouchi&#233;, gras d&#233; nouesto coudeno ! Fouero ! &#224; soun tour lou bestiaou pren lou fouei !&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Arri&#232;re ! le sang qui nous reste bouillonne ! Arri&#232;re ! sangsues, qui avez la gorge pleine ! Arri&#232;re ! bouchers gras de notre couenne ! Arri&#232;re ! &#224; son tour le b&#233;tail prend le fouet !&lt;br class='autobr' /&gt;
More, ils te donnent trente sous, Quand tu vas d&#233;barquer de la mati&#232;re (soude), Les ma&#238;tres de ta savonni&#232;re Qui t'ont des louis leurs pleins chaudrons. Encore tu dois te croire heureux S'ils ne te rognent pas sur ta journ&#233;e ! Les tra&#238;tres, avec leur t&#234;ter doux (ton mielleux), Te le poussent sans pommade, Sans pommade !&lt;br class='autobr' /&gt;
Arri&#232;re...&lt;br class='autobr' /&gt;
Il m'est du latin, moi, &#224; leur verbiage : Mon esprit constamment y perd la cl&#233; ; Et souvent je pense : quelle chose ! Jamais ne rajuster les deux bouts !... Ce trafic ne peut plus durer : Il faut qu'il change, ou que tout se brise ! Le feu du ciel les va d&#233;vorer ; Gare ! que More s'y mette ; Oui, il s'y met !&lt;br class='autobr' /&gt;
Arri&#232;re...&lt;br class='autobr' /&gt;
Gelu n'a jamais &#233;t&#233; un politique, au sens imm&#233;diat du mot, encore moins un r&#233;volutionnaire. Son propos, fond&#233; sur une grande confiance dans son aptitude &#224; manier un outil inou&#239;, mais moribond, le dialecte marseillais, n'est pas celui d'un militant. Simplement le cri d'un homme qui n'a pas pu trouver sa place dans cette soci&#233;t&#233;, et qui, sans trop savoir laquelle, r&#234;ve parfois d'autres rapports humains. Et qui, faute d'issue v&#233;ritable, r&#233;investit cette charge d'insatisfaction et d'amertume dans une immense nostalgie de l'enfance, et du pass&#233;. A fortiori dans la langue de ce pass&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'&#339;uvre de Gelu ne fut pas dans les ann&#233;es 1840 succ&#232;s de librairie, ses chansons furent popularis&#233;es par les guinguettes et leur marque dans l'imaginaire populaire du temps est &#233;vidente. Mais bien &#233;videmment elles ne pouvaient que rencontrer la m&#233;fiance ou l'hostilit&#233; des milieux bien-pensants, enclins &#224; soutenir des repr&#233;sentations du pauvre moins d&#233;rangeantes. Ainsi, &#224; partir de Marseille, les ann&#233;es 1840 voient le passage des traditionnelles cr&#232;ches parlantes aux pastorales, qui, on le sait, se d&#233;roulent du lendemain de No&#235;l &#224; la fin du mois de janvier. &#192; travers l'adoration du Nouveau N&#233;, Joseph et Marie symbolisent les pauvres, tous les pauvres, en proie &#224; l'&#233;go&#239;sme et &#224; la duret&#233; ordinaires, mais bient&#244;t sauv&#233;s par la connivence complice de toute la communaut&#233; villageoise. C'est dans le milieu du mutualisme chr&#233;tien que na&#238;t cette pastorale, initi&#233;e en 1844 par le miroitier Antoine Maurel, &#224; la demande de l'abb&#233; Julien. En contrepoint de la rassurante unanimit&#233; villageoise, la pastorale pose la figure inqui&#233;tante du &#8220;Boumian&#8221;, du boh&#233;mien, qui personnifie radicalement l'exclusion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les br&#232;ves et tumultueuses ann&#233;es de la Seconde R&#233;publique (1848-1851) ne modifient pas vraiment cette donne d'&#233;criture et de repr&#233;sentation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'apprentissage de la vie politique qu'entra&#238;ne l'apparition du suffrage universel masculin, l'&#233;criture proven&#231;ale prend sa place, quand les &#8220;Rouges&#8221; popularisent l'espoir d'une r&#233;publique vraiment d&#233;mocratique et sociale qui assurerait &#224; tous, et donc a priori aux plus d&#233;munis, le droit &#224; une vie d&#233;cente. En r&#233;ponse, le tr&#232;s l&#233;gitimiste Joseph Roumanille (Saint R&#233;my, 1818), correcteur d'imprimerie &#224; Avignon, ne se prive pas, comme son ami Maquan, de d&#233;noncer les &#8220;Salsissaires&#8221; (&#8220;Mangeurs de saucisses&#8221;), communistes partageux, ces mauvais pauvres qui menacent de leurs app&#233;tits grossiers l'ordre &#233;tabli.&lt;br class='autobr' /&gt;
En contrepoint de ces d&#233;bats, on peut lire en 1848 dans une publication eccl&#233;siastique &#8220;officielle&#8221; le stup&#233;fiant propos en proven&#231;al de la Vierge, apparue &#224; La Salette deux ans auparavant : si les pauvres sont pauvres, c'est qu'ils sont m&#233;cr&#233;ants, et s'ils ne se repentent pas, des maux encore plus grands les menacent. Aspiration r&#233;volutionnaire contre r&#233;signation &#224; l'Ordre moral. On sait comment le coup d'&#201;tat du prince-pr&#233;sident va clore le d&#233;bat, malgr&#233; la puissante insurrection r&#233;publicaine qui fait se lever nos d&#233;partements proven&#231;aux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du Second Empire aux d&#233;buts de la IIIe R&#233;publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Empire autoritaire est le temps du grand basculement des Lettres proven&#231;ales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les militants de la d&#233;mocratie socialiste, emprisonn&#233;s, d&#233;port&#233;s ou exil&#233;s, sont r&#233;duits au silence, et parmi eux bien des &#233;crivants en proven&#231;al, modestes ou reconnus, qui avaient mis leur plume au service de la cause du peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
Beaucoup de ceux qui demeurent sont pouss&#233;s par un encadrement bien pensant (o&#249; Roumanille est tr&#232;s actif), vers une mise en sc&#232;ne compassionnelle de la mis&#232;re. On peut en juger par la place du proven&#231;al dans les publications de l'Ath&#233;n&#233;e ouvrier de Marseille : une pi&#232;ce en proven&#231;al en 1846, 14 en 1852.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans et par cet abandon forc&#233; du champ politique et social que va se cristalliser l'entreprise litt&#233;raire &#8220;renaissantiste&#8221;. L'&#233;v&#233;nement majeur en la mati&#232;re est sans doute la tenue du second congr&#232;s des po&#232;tes proven&#231;aux (Aix, 1853). L'&#233;vocation de la mis&#232;re populaire en est pratiquement absente, mais c'est pourtant elle qui triomphe avec la pi&#232;ce de l'ouvrier ma&#231;on de La Grand Combe Mathieu Lacroix (1819) (6). Le po&#232;me, popularis&#233; en 1855 avec le soutien de la tr&#232;s l&#233;gitimiste Gazette du Midi, relate la mort d'un mineur tu&#233; par le grisou et le d&#233;sespoir de son &#233;pouse. Aucune r&#233;volte dans ces vers &#233;mouvants qui se concluent par un appel &#224; l'esp&#233;rance chr&#233;tienne (7)...&lt;br class='autobr' /&gt;
L'appel au rassemblement de tous les po&#232;tes de langue d'Oc, lanc&#233; par le congr&#232;s d'Aix, n'aura pas de suite. Emmen&#233; par Roumanille, un groupe d'auteurs rhodaniens pr&#233;f&#232;re faire bande &#224; part et fonde le F&#233;librige en 1854. Leur premi&#232;re publication est un almanach qui se veut d&#233;bonnaire unanimiste, et s'adresse en priorit&#233; aux populations rurales (8).&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des plus jeunes F&#233;libres, Fr&#233;d&#233;ric Mistral, se propose aussi des ambitions plus litt&#233;raires. Dans son grand &#339;uvre, Mir&#232;io, qu'il met t&#244;t en chantier, et qu'il publiera avec le succ&#232;s que l'on sait en 1859, la diff&#233;rence de classe appara&#238;t au creux du drame amoureux : Mireille est fille de &#8220;m&#233;nager&#8221; ais&#233;, mais c'est du fils d'un pauvre vannier qu'elle s'&#233;prend, jusqu'&#224; en mourir...&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que le F&#233;librige acquiert rapidement une sorte d'officialit&#233;, d'autres entreprises se d&#233;veloppent en marge, voire en opposition. Dans les Basses-Alpes, c'est l'entreprise du m&#233;decin de Manosque, Damase Arbaud, violemment attaqu&#233; par les F&#233;libres. Leur opposition n'est pas politique : comme Roumanille, Arbaud, notable conservateur et tout acquis au coup d'&#201;tat, est partisan de l'Ordre. Elle porte seulement sur l'orthographe du proven&#231;al ! Arbaud recueille et publie un remarquable corpus de chansons ancestrales en proven&#231;al (9). Y passe l'image d'une pauvret&#233; venue du fond des temps, forc&#233;ment plus li&#233;e &#224; une imagerie patrimoniale qu'&#224; la r&#233;alit&#233; contemporaine. D'ailleurs Arbaud, certes m&#233;decin des pauvres, est terriblement dur pour les pauvres de son temps quand ils aspirent collectivement &#224; un sort meilleur... Par contre, &#224; Marseille, une &#233;tonnante et foisonnante floraison de d&#233;clamations, historiettes, chansons, etc., donn&#233;es sur la sc&#232;ne, publi&#233;es sur feuilles volantes, occupe les registres de l'actualit&#233; (10). La fonction premi&#232;re de ces &#8220;troubaires&#8221; est le divertissement, mais, en marge des conventions officielles, leur r&#233;alisme urbain refl&#232;te souvent la vie difficile et la protestation du petit peuple. Les pauvres, les filles-m&#232;res, les orphelins, les humbles broy&#233;s par &#8220;le progr&#232;s&#8221; y sont veng&#233;s dans l'usage direct du parler populaire. Ainsi dans les pi&#232;ces de Jules Lejourdan (1819) et de Joseph Gal (11).&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout aussi importante, mais pratiquement occult&#233;, est enfin l'entreprise majeure de Gelu sous l'Empire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gelu a d&#233;test&#233; l'Empire. Et l'Empire le lui rend bien. En faisant r&#233;&#233;diter ses chansons, augment&#233;es de textes nouveaux et traduites, en 1856, Gelu escomptait de cette publication tant la gloire que la solution &#224; de redoutables Probl&#232;mes financiers. Mais, malgr&#233; le soutien actif du tr&#232;s bourgeois Ath&#233;n&#233;e de Marseille, qui l'avait totalement ignor&#233; en 1840, la publication est un semi-&#233;chec. Pis, elle lui attire les foudres de la censure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi ne pourra-t-il pas publier son &#339;uvre magistrale en prose, o&#249;, abandonnant la mise en sc&#232;ne de la parole populaire marseillaise, il revient &#224; une parole plus &#8220;normale&#8221;, celle des paysans du proche terroir. Le texte est d'autant plus remarquable que la prose, jusqu'alors pratiquement absente des publications proven&#231;ales, fait &#224; peine une timide apparition dans l'Armana du F&#233;librige naissant. Si les th&#232;mes pass&#233;istes et arcadiens courent autant dans Nouv&#232; Gran&#233; que dans bien des textes f&#233;libr&#233;ens d'alors, pour lesquels Gelu n'a que m&#233;pris, la d&#233;nonciation des m&#233;canismes de la soci&#233;t&#233; capitaliste naissante, terriblement dure aux petits, g&#233;n&#233;ratrice des pires d&#233;ch&#233;ances y explose avec une force in&#233;gal&#233;e alors. Le revers du &#8220;Progr&#232;s&#8221; est la g&#233;n&#233;ralisation de l'individualisme, indiff&#233;rent aux progr&#232;s galopants de la pauvret&#233; urbaine. Ce texte magnifique hausse Gelu au premier rang des auteurs r&#233;alistes. Le carcan de l'Empire n'en permettra pas la publication.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le regard de Gelu sur la condition des mis&#233;rables est d'un r&#233;alisme effrayant. Ainsi de son r&#233;cit de voyage &#224; Paris :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;&lt;i&gt;Alor mi sieou mes en campagno, &#233; ai acoumen&#231;a ma roundo per lei viei quarti&#233;... Mai qu'es qu&#233; t'ai vi, beou bouen Dieou ! Qu&#233; d'esp&#239;a din toutei lei cantoun d&#233; sei Baatouni !... Qu&#233; d&#233; coucho-vesti ! Qu&#233; d&#233; facho bl&#232;mo ! Qu&#233; d&#233; cadabr&#233; nequeri !...Coumo leis enfan d&#233; sei paour&#233; soun escraboussi ! L'a pas dangi&#233; d&#233; li rescountra d&#233; bouff&#232;ti per orto !... Lou mouyen ! Vivoun nus &#233; crus ! Ni sabato, ni cami&#233; ! Quitoun jamai sei guen&#239;o empeouvou&#239;do ; &#233; si lavoun lei man ni la facho qu&#233; quan ploou &#224; ragi !... Enca foou qu&#233; toumboun alor !... Ti couchoun pui noou vo d&#232;s, paire, maire, enfan &#233; f&#239;o tout mela, din lou cantoun d'un viei garatas senso vitro ei luquerno, su d'un mouloun d'estrasso &#233; d&#233; groulo pourrido ; &#233; faouto d&#233; cuberto, s'esquichoun coumo d'ancho&#239;o per si para doou fr&#233; !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction par Victor Gelu : &#8220;Alors je me suis mis en campagne et j'ai commenc&#233; ma ronde par les vieux quartiers... Mais qu'est-ce que j'y ai vu, beau bon Dieu !... Que de d&#233;guenill&#233;s dans tous les recoins de leur &#8220;ghetto&#8221; immondes !... Que de couche-v&#234;tus ! Que de faces bl&#234;mes ! Que de corps ext&#233;nu&#233;s !... Comme les enfants de ces pauvres sont rachitiques !... Il n'y a pas danger de rencontrer l&#224; des poupards dans les rues !... le moyen ! Ils vivent nus et crus ! Ni savates, ni chemise ! Ils ne quittent jamais leurs haillons pouilleux ; et ils ne se lavent les mains ni la figure que lorsqu'il pleut &#224; seaux !... Encore pour cela faut-il qu'ils tombent alors ! Ils vous coucheront puis neuf ou dix, p&#232;re, m&#232;re, gar&#231;ons et filles, tous m&#234;l&#233;s dans le coin d'un vieux galetas, sans vitres aux lucarnes, sur un monceau de drilles et de savates pourries ; et faute de couverture, ils se pressent comme des anchois pour se garantir du froid !...&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais Gelu ne voit pas de solution &#224; cette mis&#232;re, sinon la recherche effr&#233;n&#233;e de l'argent dans la passion du jeu, et la mort lib&#233;ratrice :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;&lt;i&gt;Lou garagai (1865) [...] Dins toun chambroun cura per la mis&#232;ro, As vi basti lou judas d&#233; l'espouar ; Ti resto enca l'entre-dous d'en gal&#232;ro E l'uei-d&#233;-buou qu'a visto su la mouar ! Se tenies men &#224; ta tristo carcasso, Ti dirieou proun qu&#233; tout ome d&#233; san, En si senten per miecho ouro &#224; ta pla&#231;o, Si fari&#233; leou soouta lou cabestran&lt;/i&gt;.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction par Victor Gelu : Dans ton bouge d&#233;vast&#233; par la mis&#232;re, Tu as vu murer le judas de l'espoir ; Il te reste encore le couloir des gal&#232;res Et l'&#339;il-de-b&#339;uf qui a vue sur la mort ! Si tu tenais moins &#224; ta triste carcasse, Je te dirais bien que tout homme de c&#339;ur, En se sentant pour demi-heure &#224; ta place, Se ferait promptement sauter la cervelle ! &#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec le retour de la R&#233;publique, et pass&#233;es les premi&#232;res ann&#233;es de main mise conservatrice, la publication en proven&#231;al, tout comme la publication en fran&#231;ais va pouvoir s'&#233;panouir librement. Y trouvera-t-on un reflet de la mis&#232;re populaire, voire des accents de d&#233;nonciation sociale ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que Mistral poursuit son &#339;uvre magistrale, p&#233;trie de la nostalgie d'une Provence r&#233;volue, et id&#233;alis&#233;e, la litt&#233;rature f&#233;libr&#233;enne se tient le plus souvent dans les registres de la po&#233;sie du terroir ou du divertissement bonhomme. Cependant deux F&#233;libres de poids, au d&#233;but des ann&#233;es 1890, ancreront cette &#233;criture dans la r&#233;alit&#233; populaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le notaire et juge de paix F&#233;lix Gras (1844), &#171; capouli&#233; &#187; (1891-1901) aux convictions r&#233;publicaines proclam&#233;es, fait entrer le petit peuple de sa campagne vauclusienne dans l'Histoire, avec son grand roman en proven&#231;al &lt;i&gt;Li Rouge d&#243;u Miejour&lt;/i&gt;, qui conte l'engagement des Sans Culottes de Malemort (Vaucluse) sous la grande R&#233;volution. Il en avait d&#233;j&#224; donn&#233; un chapitre en 1982 dans l'&lt;i&gt;Armana&lt;/i&gt; des F&#233;libres, sous le titre de &#8220;&lt;i&gt;Li paure g&#232;nt&lt;/i&gt;&#8221;, et il avait d&#233;j&#224; marqu&#233; son amour pour ces humbles dans &lt;i&gt;Li Carbouni&#233;&lt;/i&gt;, en 1876. Ces pauvres mis en sc&#232;ne sont, petits propri&#233;taires et &#8220;paysans&#8221; confondus, le socle de la soci&#233;t&#233; rurale traditionnelle, ceux-l&#224; m&#234;me que le radicalisme, dont Gras participe, gagne alors d&#233;finitivement &#224; la R&#233;publique. Dans le m&#234;me temps, un authentique paysan, Baptiste Bonnet, de Bellegarde (Gard), d&#233;sormais fix&#233; &#224; Paris, donne avec &lt;i&gt;Vido d'enfant et Varlet de mas&lt;/i&gt; un reflet r&#233;aliste et &#233;mouvant de la condition des paysans pauvres, qu'Alphonse Daudet fera conna&#238;tre aux lecteurs fran&#231;ais (12).&lt;br class='autobr' /&gt;
Il en va autrement avec un autre F&#233;libre, Val&#232;re Bernard, qui sera lui aussi capouli&#233; (13). L'&#233;criture f&#233;libr&#233;enne d'alors abordait peu la prose, sinon la bonhomme prose &#8220;d'armana&#8221;, et s'en tenait essentiellement &#224; une versification &#233;loign&#233;e des influences les plus novatrices de la po&#233;sie fran&#231;aise du temps. Tr&#232;s original donc est donc Val&#232;re Bernard, peintre, sculpteur, graveur, qui s'inscrit, en proven&#231;al, dans les courants po&#233;tiques de la modernit&#233; fran&#231;aise. Plus novateur encore, en 1894, ce Marseillais de trente-quatre ans publiait dans Le Bavard un roman en prose proven&#231;ale, &lt;i&gt;Bagat&#243;uni&lt;/i&gt;, description d'un r&#233;alisme &#226;pre et d'un lyrisme magnifique de leur population du vieux quartier de Marseille. Il ne s'agit pas ici du peuple ouvrier d'une cit&#233; en plein d&#233;veloppement urbain et industriel, mais du lumpenprol&#233;tariat des d&#233;class&#233;s, des mendiants, des filles de joie. Ainsi le proven&#231;al de Marseille, dans sa puissante expressivit&#233;, servait sans concession ni illusions sur l'&#233;tat o&#249; en est r&#233;duite l'humanit&#233; dans la mis&#232;re, la cause des plus pauvres, avec une force qui d&#233;passe le naturalisme de Zola. C'est ensuite en po&#233;sie avec La Pauriho (1899), que V.Bernard reprend ce th&#232;me, non sans que Mistral pr&#233;facier s'&#233;tonne de cette d&#233;sesp&#233;rance. D&#233;sesp&#233;rance que Val&#232;re Bernard fuit en 1910 avec un autre roman teint&#233; d'anarchisme, Lei Boumian, dans lequel un peintre quitte la ville corruptrice pour mener sur les routes de Provence la vie nomade des pauvres &#224; jamais exclus, mais dignes pour toujours : les Gitans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il va de soi que la superbe prose de Val&#232;re Bernard, si elle a touch&#233; nombre de lettr&#233;s amateurs de proven&#231;al, n'a pas pu vraiment atteindre le grand public.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'en va pas de m&#234;me des journaux proven&#231;aux de divertissement, des feuilles volantes reproduisant les chansons et d&#233;clamations du music-hall, o&#249; s'expriment les derniers &#8220;troubaires&#8221;. Certes, les temps sont &#224; la victoire du fran&#231;ais, mais l'idiome natal a encore de beaux restes, et c'est par lui que s'exprime une tr&#232;s vivante et diversifi&#233;e protestation socialo-libertaire : d&#233;nonciation de la mis&#232;re et de l'exploitation, esp&#233;rance passionn&#233;e de la Sociale, dont Claude Barsotti est l'historien incontournable (14).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ren&#233; Merle&lt;br class='autobr' /&gt;
1 - Ren&#233; Merle, &lt;i&gt;L'&#233;criture du proven&#231;al de 1775 &#224; 1840, inventaire du texte occitan, publi&#233; ou manuscrit, dans la zone culturelle proven&#231;ale et ses franges&lt;/i&gt;, B&#233;ziers, C.I.D.O. 1990, 1030 p. Texte int&#233;gral et corrig&#233; de la th&#232;se soutenue en 1987.&lt;br class='autobr' /&gt;
2 - Sur l'ensemble de ces questions, cf. Ren&#233; Merle, &lt;i&gt;Une mort qui n'en finit pas, l'&#233;criture de l'idiome natal, des Lumi&#232;res &#224; la naissance du F&#233;librige, (Sud-Est fran&#231;ais et Italie de langue d'Oc, zone francoproven&#231;ale de France et de Suisse)&lt;/i&gt;. N&#238;mes, M.A.R.P.O.C, 1990, 216 p.&lt;br class='autobr' /&gt;
3 - Les bibliographies ignorent la seconde, et datent la premi&#232;re de 1793. L'&#233;dition de la p&#233;riode r&#233;volutionnaire est en fait une r&#233;&#233;dition.&lt;br class='autobr' /&gt;
4 - Ren&#233; Merle, &#8220;Royal Sibo&#8221;, &lt;i&gt;Provence historique&lt;/i&gt;, 149, 1987, p.447-449.&lt;br class='autobr' /&gt;
5 - Po&#233;sies fran&#231;aises et proven&#231;ales d&#233;di&#233;es aux ouvriers, par Alphonse Maillet, de la Tour d'Aigues, Aix, Noyer, 1848.&lt;br class='autobr' /&gt;
6 - Cf. &lt;i&gt;Roumavagi deis Troubaires, recueil des po&#233;sies lues ou envoy&#233;es au Congr&#232;s des po&#235;tes proven&#231;aux tenus &#224; Aix le 21 ao&#251;t 1853, publi&#233; par J.B.Gaut&lt;/i&gt;, Aix, 1854.&lt;br class='autobr' /&gt;
7 - Mathieu Lacroix, &lt;i&gt;Paouro Martine, avec notice de C .Bousquet,&lt;/i&gt; Alais, 1855.&lt;br class='autobr' /&gt;
8 &#8211; &lt;i&gt;Armana Prouven&#231;au p&#232;r lou b&#232;l an de Di&#232;u 1855, adouba e publica de la man di Felibre, joio, soulas e passo-tems de tout lou pople do&#249; Miejour&lt;/i&gt;, En Avignoun, Aubanel&lt;br class='autobr' /&gt;
9 - Damase Arbaud, &lt;i&gt;De la Po&#233;sie populaire en Provence, Marseille, 1862. Chants populaires de la Provence, recueillis et annot&#233;s par Damase Arbaud&lt;/i&gt;, Aix, 1862-1864. 2 vol.&lt;br class='autobr' /&gt;
10 - Cette production a &#233;t&#233; remarquablement &#233;tudi&#233;e par Claude Barsotti, notamment dans &lt;i&gt;Le music-hall marseillais de 1815 &#224; 1950&lt;/i&gt;, Arles, Mesclum, 1984.&lt;br class='autobr' /&gt;
11 - Signalons particuli&#232;rement de Joseph Gal, &lt;i&gt;Lou desespoir de Mise Blesquin, vo la demoulitien deis vielhs quartiers&lt;/i&gt;, Marseille, Arnaud, 1862&lt;br class='autobr' /&gt;
12 - Baptiste BONNET, &#8220;Le valet de ferme. Un paysan du midi&#8220;, Paris, 1898. Le c&#233;l&#232;bre auteur de l'Allier &#201;mile Guillaumin s'en r&#233;clamera (La Vie d'un simple).&lt;br class='autobr' /&gt;
13 - Un contact indispensable : Comit&#233; Val&#232;re Bernard, B.P. 269 - F 13263 MARSEILLE CEDEX 07&lt;br class='autobr' /&gt;
14 - Cf. en particulier Claude Barsotti, &lt;i&gt;Antologia deis escrivans sociaus proven&#231;aus : Troces causits&lt;/i&gt;, Montpellier, Centre d'Etudes occitanes, 1975,78 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Introduction &#224; Glaudi Barsotti, Cronicas,...</title>
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		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Occitanisme</dc:subject>
		<dc:subject>Barsotti</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Introduction &#224; Glaudi Barsotti, Cronicas, Bulletin S.E.H.T.D, n&#176;8, 1990 &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis 1961, Claude Barsotti pr&#233;sente chaque semaine dans le grand quotidien de Marseille La Marseillaise sa &#8220;Cronica&#8221; d'actualit&#233;. Chronique de c&#339;ur et de raison qui donne &#224; la langue d'oc toute sa dimension de langue d'intervention. Chronique qui sensibilise au fait occitan les lecteurs d'un journal d'opinion diffus&#233; en Provence et en Languedoc, chronique obstin&#233;e qui fait r&#233;fl&#233;chir, r&#233;agir, discuter. Et qui, dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Oc. Auteurs, &#233;rudits&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot63" rel="tag"&gt;Occitanisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot228" rel="tag"&gt;Barsotti&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Introduction &#224; &lt;i&gt;Glaudi Barsotti, Cronicas&lt;/i&gt;, Bulletin S.E.H.T.D, n&#176;8, 1990&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/local/cache-vignettes/L150xH215/barsotti-9db03.jpg?1791763491' width='150' height='215' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1961, Claude Barsotti pr&#233;sente chaque semaine dans le grand quotidien de Marseille &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; sa &#8220;Cronica&#8221; d'actualit&#233;. Chronique de c&#339;ur et de raison qui donne &#224; la langue d'oc toute sa dimension de langue d'intervention. Chronique qui sensibilise au fait occitan les lecteurs d'un journal d'opinion diffus&#233; en Provence et en Languedoc, chronique obstin&#233;e qui fait r&#233;fl&#233;chir, r&#233;agir, discuter. Et qui, dans sa r&#233;gularit&#233; comme dans ses registres et ses bois, pose pratiquement les questions de la langue, de ses niveaux et de sa graphie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La S.E.H T.D. ayant pour but de remettre en circulation publique des textes en langue d'oc d'intervention (sociale, politique, religieuse, etc), anciens ou r&#233;cents, il nous est apparu int&#233;ressant de rassembler quelques pages d'hier, qui font regarder demain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lecteur trouvera dans Cronicas une cinquantaine d'articles partis depuis 1982, dans lesquels Claude Barsotti prenait et prend date. Nous donnons le texte original en langue d'oc, suivi d'un lexique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Barsotti est n&#233; &#224; Marseille le 27 janvier 1934 : sa m&#232;re est d'une famille proyen&#231;ale. Son p&#232;re fils d'un immigr&#233; italien (de Pontedera, Toscane) install&#233; &#224; Marseille en 1899.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s des &#233;tudes techniques, Cl.Barsotti est officier radio&#233;lectricien de la marine marchande, m&#233;tier qui lui permet de beaucoup voyager, puis il entre dans l'administration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il commence &#224; &#233;crire en occitan en 1959, ann&#233;e o&#249; il entre en relations avec Georges Reboul qui anime le Calen de Marselha. Il participe au mouvement occitan &#224; partir de 1960. Le 7 mai 1961, il commence sa collaboration au journal La Marseillaise, dans lequel il tient chronique occitane r&#233;guli&#232;re, sous le pseudonyme de Joan Montanha. Un recueil de ces premi&#232;res chroniques, A flour e mesuro, crounicos d'un journalisto, est publi&#233; en 1963, pr&#233;fac&#233; par Georges Reboul. Comme le montre le titre, Cl.Barsotti n'a pas encore fait choix de la graphie classique qu 'il adopte en 1962. La chronique est publi&#233;e chaque semaine jusqu'en 1970. Apr&#232;s deux ans d'interruption, elle reprend en 1973 sous le titre Occit&#224;nia. Elle n'a pratiquement jamais cess&#233; depuis, hormis tr&#232;s quelques rares semaines d'absence. Au total, ce sont quelques 1300 chroniques qui ont &#233;t&#233; publi&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cl.Barsotti est par ailleurs animateur et collaborateur de nombreuses publications occitanistes. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages importants comme &lt;i&gt;Antologia deis escrivans sociaus proven&#231;aus (1875-1914&lt;/i&gt;, Pichons Classics Occitans, C.E.O.Montpellier, 1975 ; &lt;i&gt;Le Music-hall marseillais de 1815 &#224; 1914&lt;/i&gt;, Mesclum, Arles, 1994. Avec Guiu Mutin et Ives Poggio, il est co-auteur de &lt;i&gt;Parlam proven&#231;au, m&#233;thode d'apprentissage de l'occitan proven&#231;al&lt;/i&gt;, C.R.D.P Marseille, 1974. CI.Barsotti est &#233;galement romancier.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1981, il entre dans l'audiovisuel, notamment &#224; Radio-France Provence : en 1986 il doit y cesser ses &#233;missions pour avoir avec d'autres producteurs occitans refus&#233; la politique r&#233;ductrice et n&#233;faste de la direction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 1981, il est producteur d'&#233;missions de t&#233;l&#233;vision &#224; FR 3 M&#233;diterran&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;cembre 1985, CI.Barsotti re&#231;oit la responsabilit&#233; de la page Mesclum, publi&#233;e chaque jeudi dans &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;, page qui pr&#233;sente l'actualit&#233; occitane sous ses aspects les plus vari&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le choix des textes a &#233;t&#233; on s'en doute difficile. Nous avons donc choisi, compte-tenu de la modestie de nos possibilit&#233;s &#233;ditoriales, de nous en tenir &#224; ceux des ann&#233;es 1980. Le lecteur poura ainsi suivre, group&#233;s autour de quelques th&#232;mes forts, les principaux axes d'intervention. D'abord quelques textes consacr&#233;s &#224; l'histoire occitane, patrimoine vivant qui &#233;claire notre pr&#233;sent. Puis des textes de r&#233;flexion sur la dignit&#233; &#224; retrouver, le rapport &#224; la France et &#224; la langue fran&#231;aise. Enfin un regard occitaniste jet&#233; sur le monde, &#224; travers une r&#233;flexion th&#233;orique appuy&#233;e sur l'actualit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons cependant tenu &#224; commencer par un des tous premiers textes de Cl.Barsotti, publi&#233; en mai 1961. Texte qui n'est pas, &#224; la diff&#233;rence des autres, en l'&#233;tat original. L'auteur l'a repris en graphie classique, mais les mots et les phrases de cette ann&#233;e 1961 sont les m&#234;mes et r&#233;veilleront bien des souvenirs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les textes ici pr&#233;sent&#233;s ne peuvent donner qu'une faible id&#233;e de la mati&#232;re propos&#233;e depuis trente ans par CI.Barsotti, dont l'historien dira plus tard combien il a contribu&#233; &#224; faire se rencontrer et mutuellement fructifier engagement politique et engagement occitaniste, dans ce Languedoc oriental et cette Provence qui ont si souvent &#233;t&#233;, depuis deux si&#232;cles, &#224; la pointe des combats pour la d&#233;mocratie politique et sociale, comme &#224; la pointe de la d&#233;fense d'une langue et d'une culture occitanes injustement &#233;cras&#233;es par l'&#201;tat-nation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ren&#233; MERLE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Glaudi Barsotti, Textes occitans de la Comuna de Marselha</title>
		<link>https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article396</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Communes insurrectionnelles</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>Barsotti</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'ai plusieurs fois &#233;voqu&#233; sur ce site les activit&#233;s et publications de Claude Barsotti : Cf. : Barsotti On doit &#233;galement &#224; Claude Barsotti une impressionnante anthologie des Trouba&#239;res : Cf. : Troba&#239;res Il y a deux ans, poursuivant son remarquable travail de d&#233;frichement des textes politiques et sociaux en occitan marseillais, Glaudi Barsotti nous a donn&#233; un nouvel ouvrage : Textes occitans de la Comuna de Marselha, IEO edicions &#8211; IDECO, L'atinoir, 2018 &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentation de l'&#233;diteur : Ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Langue d'Oc, Usage politique 19e si&#232;cle&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;Communes insurrectionnelles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot87" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot228" rel="tag"&gt;Barsotti&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/local/cache-vignettes/L346xH474/barsotti_commune-c08c8.png?1792702806' width='346' height='474' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai plusieurs fois &#233;voqu&#233; sur ce site les activit&#233;s et publications de Claude Barsotti :&lt;br class='autobr' /&gt;
Cf. : &lt;a href='https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot228' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Barsotti&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
On doit &#233;galement &#224; Claude Barsotti une impressionnante anthologie des Trouba&#239;res :&lt;br class='autobr' /&gt;
Cf. : &lt;a href=&#034;http://amesclum.net/Biblio/Memoire%20Pays.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Troba&#239;res&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a deux ans, poursuivant son remarquable travail de d&#233;frichement des textes politiques et sociaux en occitan marseillais, Glaudi Barsotti nous a donn&#233; un nouvel ouvrage : &lt;i&gt;Textes occitans de la Comuna de Marselha&lt;/i&gt;, IEO edicions &#8211; IDECO, L'atinoir, 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation de l'&#233;diteur : Ce livre sur les textes occitans comment&#233;s de la Commune de Marseille de Claude Barsotti est une &#233;tude historique apportant un regard nouveau sur l'histoire m&#233;connue de la Commune de Marseille (1870-1871) &#224; partir d'une analyse de textes in&#233;dits en proven&#231;al maritime, l'occitan de Marseille. Ce travail vient compl&#233;ter la contribution &#224; l'ouvrage collectif &#034;Autour de la Commune de Marseille&#034; paru en 2013 aux &#233;ditions Syllepse/Promemo.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s l'&#233;crasement de la Commune de Paris, les gouvernements de Thiers puis celui dit de ''l'Ordre moral'', poursuivent la r&#233;pression. A Marseille, la ville demeure en &#233;tat de si&#232;ge jusqu'en 1876 et le g&#233;n&#233;ral Espivent ordonne les rafles et les descentes de police et fait arr&#234;ter des personnes qui s'&#233;taient content&#233;es de manifester seulement le 4 septembre 1870 ! C'est la R&#233;publique qui est vis&#233;e. L'Internationale est impitoyablement traqu&#233;e. Mais, apr&#232;s le coup d'&#233;tat de Mac-Mahon le 16 mai 1877 et les &#233;lections des 14 et 28 octobre 1877 qui donnent une majorit&#233; r&#233;publicaine &#224; la Chambre des D&#233;put&#233;s, la R&#233;publique est bien &#233;tablie. La chanson ''Le pain maudit'', d'Aristobule Baux, constitue une illustration des difficult&#233;s endur&#233;es par les familles des communards emprisonn&#233;s ou d&#233;port&#233;s en Alg&#233;rie et en Nouvelle Cal&#233;donie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Br&#232;ve mais intense, la Commune de Marseille, au printemps 1871, a inspir&#233; la cr&#233;ativit&#233; des chansonniers, mieux arm&#233;s que les journalistes, contre la censure. Glaudi Barsotti a r&#233;uni ses textes, et les pr&#233;sente dans leur riche contexte r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrage comprend une &#233;tude de Claude Barsotti avec une pr&#233;face de Pierre Assante et une postface de Bernard Regaudiat en occitan, un cahier iconographique, une traduction fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;face :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est le contexte social de la France quand &#233;clatent les Communes ? Si le travail est douloureux, contraignant, chacun pourtant en est fier, dans son champ, son atelier, sa maison, fier des capacit&#233;s qu'on peut montrer aux autres et &#224; soi- m&#234;me et des moyens de vivre qu'il permet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais voil&#224; que l'industrialisation bouleverse ce monde du travail, de la production qui fournit les biens n&#233;cessaires &#224; la vie et fait la fiert&#233; et une raison de vivre de la plus grande partie de la population. La personnalit&#233; que donne l'activit&#233;, le travail, se voit ni&#233;e. Les transformations, trop rapides pour pouvoir &#234;tre assimil&#233;es, laissent une masse de ruraux et de citadins d&#233;sorient&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, quelques d&#233;cennies plus t&#244;t, un peuple s'est rassembl&#233; pour chasser les aristocrates et leur domination, leur mainmise sur la nourriture, l'organisation de la vie et les mis&#232;res induites. Pour cela, il a fallu construire une solidarit&#233; nationale d&#233;passant la solidarit&#233; villageoise ou du quartier. Il a fallu prendre les armes contre les rois coalis&#233;s qui mena&#231;aient la nouvelle propri&#233;t&#233; de la terre largement diffus&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, brutalement, des paysans qui avaient vot&#233; massivement pour l'Empire repr&#233;sentant &#224; leurs yeux la r&#233;volution, sont chass&#233;s de cette nouvelle petite propri&#233;t&#233; de la terre vers les usines parce que cette terre ne leur donne plus les moyens de vivre. Le march&#233; des produits de la terre devient inaccessible aux plus petits. Les artisans des villes deviennent portion congrue. Dans les fabriques on ne d&#233;cide plus de ce que l'on doit faire comme lorsqu'on g&#233;rait sa ferme, son atelier, m&#234;me si on devait donner une part de son travail &#224; des privil&#233;gi&#233;s. Les femmes et les enfants doivent travailler dans l'industrie. Ils apprennent &#224; le faire pour avoir les ressources &#224; la vie de la famille ou pour elles-m&#234;mes et leurs enfants, car beaucoup de familles se dissolvent dans ces bouleversements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette solidarit&#233; devenue nationale qu'avait forg&#233;e la communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts est bris&#233;e par la d&#233;faite, par l'aventure de la guerre de l'Empereur contre les Prussiens. Ceux qui avaient pris en main les destin&#233;es du pays rassembl&#233; sont r&#233;sign&#233;s, pr&#234;ts &#224; collaborer avec les vainqueurs. M&#234;me les familles paysannes dont un enfant &#233;tait parti &#224; la guerre quelques ann&#233;es plus t&#244;t, car la nation c'&#233;tait cette propri&#233;t&#233; de la terre, car la nation, c'&#233;tait l'enrichissement du petit bourgeois citadin.&lt;br class='autobr' /&gt;
La population sait qu'elle souffre au quotidien. Elle comprend vaguement que les valeurs de solidarit&#233; sont bafou&#233;es, que ces grands bourgeois qui ont succ&#233;d&#233; aux nobles, sont plus int&#233;ress&#233;s &#224; leurs affaires qu'aux principes d&#233;clam&#233;s sur la nation. Dans les couches sociales moyennes des villes en particulier va na&#238;tre une volont&#233; de r&#233;sister &#224; l'envahisseur prussien m&#234;l&#233;e &#224; celle de plus de justice sociale, de vivre mieux, d'&#234;tre mieux consid&#233;r&#233; et de sortir de la mis&#232;re pour les plus pauvres. L'alliance est virtuellement pr&#233;sente et pr&#234;te &#224; se concr&#233;tiser.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marseille est depuis longtemps domin&#233;e par les pouvoirs centralis&#233;s de la monarchie absolue puis d'une r&#233;volution bourgeoise et enfin d'un &#201;tat bourgeois [...]&lt;br class='autobr' /&gt;
Table des mati&#232;res :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PREFACI 3&lt;br class='autobr' /&gt;
PREAMBUL 7&lt;br class='autobr' /&gt;
CAN&#199;ON SUS LEIS ELECTIONS DE 1869 14&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#200;XTES SUS LO PELBISCIT 18&lt;br class='autobr' /&gt;
CAN&#199;ON SUS LA REPUBLICA 28&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#200;XTES SUS LA COMUNA 29&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#200;XTES SUS LA REPRESSION DEI COMUNARDS 39&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#200;XTES SUS LO REMPLA&#199;AMENT DE L'ESTATUT DE SANT TREFUME 47&lt;br class='autobr' /&gt;
LEI&#199;ON DE MORALA 53&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#210;TAS SUS L'OCCITAN MARSELH&#201;S 59&lt;br class='autobr' /&gt;
CONCLUSION 57&lt;br class='autobr' /&gt;
POSTFACI 60&lt;br class='autobr' /&gt;
ILLUSTRACIONS/ILLUSTRATIONS 62&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PR&#201;FACE 74&lt;br class='autobr' /&gt;
TEXTES OCCITANS DE LA COMMUNE DE MARSEILLE 77&lt;br class='autobr' /&gt;
CHANSON SUR LES &#201;LECTIONS DE 1869 85&lt;br class='autobr' /&gt;
TEXTES SUR LE PL&#201;BISCITE 88&lt;br class='autobr' /&gt;
CHANSON SUR LA R&#201;PUBLIQUE 98&lt;br class='autobr' /&gt;
TEXTES SUR LA COMMUNE 99&lt;br class='autobr' /&gt;
TEXTES SUR LA R&#201;PRESSION DES COMMUNARDS 109&lt;br class='autobr' /&gt;
TEXTES SUR LE REMPLACEMENT DE LA STATUE DE SAINT TROPHIE 118&lt;br class='autobr' /&gt;
LE&#199;ON DE MORALE 123&lt;br class='autobr' /&gt;
CONCLUSION 129&lt;br class='autobr' /&gt;
POSTFACE 130&lt;br class='autobr' /&gt;
BIBLIOGRAFIA SOMARIA / BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE 132 &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La Libertat, can&#231;on</title>
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		<dc:date>2025-10-23T08:38:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Maurras</dc:subject>
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		<dc:subject>Libertat</dc:subject>
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		<dc:subject>Lo c&#242;r dau Lampar&#242;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Per comen&#231;ar l'an nov&#232;u... &lt;br class='autobr' /&gt;
Tu que si&#225;s arderosa e nusa /&#8232;Tu qu'as sus leis ancas tei ponhs /&#8232;Tu qu'as una votz de cleron /&#8232;Uei s&#242;na s&#242;na s&#242;na a plens parmons&#8232;/ &#210; b&#242;na musa. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toi qui es ardente et nue&#8232;/ Toi qui as les poings sur les hanches&#8232;/ Toi qui as une voix de clairon&#8232;/ Aujourd'hui appelle appelle &#224; plein poumons&#8232;/ &#212; bonne muse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si&#225;s la musa dei paurei gus&#8232;/ Ta cara es negra de fumada&#8232;/ Teis uelhs senton la fusilhada&#8232;/ Si&#225;s una flor de barricada /&#8232;Si&#225;s la Ven&#250;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es la muse des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Langue d'Oc, Usage politique 19e si&#232;cle&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Maurras&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot228" rel="tag"&gt;Barsotti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot406" rel="tag"&gt;Gasquet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot407" rel="tag"&gt;Sartan&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot829" rel="tag"&gt;Th&#233;ron&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot830" rel="tag"&gt;Lo c&#242;r dau Lampar&#242;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Per comen&#231;ar l'an nov&#232;u...&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/VZQRHMf_bPE&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tu que si&#225;s arderosa e nusa /&#8232;Tu qu'as sus leis ancas tei ponhs /&#8232;Tu qu'as una votz de cleron /&#8232;Uei s&#242;na s&#242;na s&#242;na a plens parmons&#8232;/ &#210; b&#242;na musa.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toi qui es ardente et nue&#8232;/ Toi qui as les poings sur les hanches&#8232;/ Toi qui as une voix de clairon&#8232;/ Aujourd'hui appelle appelle &#224; plein poumons&#8232;/ &#212; bonne muse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Si&#225;s la musa dei paurei gus&#8232;/ Ta cara es negra de fumada&#8232;/ Teis uelhs senton la fusilhada&#8232;/ Si&#225;s una flor de barricada /&#8232;Si&#225;s la Ven&#250;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es la muse des pauvres gueux&#8232;/ Ta face est noire de fum&#233;e&#8232;/ Tes yeux sentent la fusillade&#8232;/ Tu es une fleur de barricade&#8232;/ Tu es la V&#233;nus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dei m&#242;rts de fam si&#225;s la mestressa,&#8232;/ D'aquelei qu'an ges de cami&#225; /&#8232;Lei gus que van sensa soliers&#8232;/ Lei sensa pan, lei sensa liech&#8232;/An tei care&#231;as.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des meurt-de-faim tu es la ma&#238;tresse&#8232;/ De ceux qui n'ont pas de chemise&#8232;/ Les gueux qui vont sans souliers&#8232;/ Les sans-pain, les sans-lit&#8232;/ Ont tes caresses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mai leis autrei ti fan rotar,&#8232;/ Lei gr&#242;s cacans 'mb&#233; sei familhas /&#8232;Leis enemics de la paurilha&#8232;/ Car ton nom tu, &#242; santa filha&#8232;/ Es Libertat &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les autres te font roter&#8232;/ Les gros parvenus et leurs familles&#8232;/ Les ennemis des pauvres gens&#8232;/ Car ton nom, toi, &#244; sainte fille&#8232;/ Est Libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#210; Libertat coma si&#225;s bela&#8232;/ Teis uelhs brilhan coma d'ulhau&#231;&#8232;/ E croses, liures de tot mau,&#8232;/ Tei bra&#231; f&#242;rts coma de destraus&#8232;/ Sus tei mam&#232;las.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; Libert&#233; comme tu es belle&#8232;/ Tes yeux brillent comme des &#233;clairs&#8232;/ Et tu croises, libres de tout mal,&#8232;/ Tes bras forts comme des haches /&#8232;Sur tes mamelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mai puei, perf&#233;s di&#233;s de m&#242;ts raucs&#8232;/ Tu pus do&#231;a que leis estelas&#8232;/ E nos treboles &#242; ma bela&#8232;/ Quand baisam clinant lei parp&#232;las&#8232;/ Tei p&#232;s descau&#231;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ensuite tu dis des mots rauques,&#8232;/ Toi plus douce que les &#233;toiles&#8232;/ Et tu nous troubles, &#244; ma belle&#8232;/ Quand nous baisons, fermant les paupi&#232;res,&#8232;/ Tes pieds nus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tu que si&#225;s poderosa e ruda&#8232;/ Tu que luses dins lei raions&#8232;/ Tu qu'as una v&#242;tz de cleron /&#8232;Uei s&#242;na s&#242;na a plens parmons&#8232;/ L'ora es venguda.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toi qui es puissante et rude&#8232;/ Toi qui brilles dans les rayons / Toi qui as une voix de clairon&#8232;/ Aujourd'hui appelle, appelle &#224; pleins poumons&#8232;/ L'heure est venue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'en est-il de l'auteur de ce texte puissant ? Ce Clozel, dont les commentateurs de la chanson disaient ne rien savoir, vient d'&#234;tre identifi&#233; par Philippe Martel. Il s'agit du po&#232;te et critique d'art (ami de C&#233;zanne, aixois comme lui) Joachim Gasquet (1873-1921).&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1892, Gasquet est, comme bien d'autres artistes et publicistes amoureux de la langue d'Oc, sensibilis&#233; aux id&#233;es f&#233;d&#233;ralistes et quelque peu socialistes ou libertaires. Le souvenir de la Commune, quelque vingt ans &#224; peine, est salu&#233; avec respect dans ces milieux, tout comme il vient de l'avoir &#233;t&#233; dans l'entourage du G&#233;n&#233;ral Boulanger&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;poque de confusions id&#233;ologiques, dont Gasquet se d&#233;gage &#224; sa fa&#231;on en faisant chanter sa Libert&#233; par un d&#233;class&#233; marseillais, un p&#226;le voyou : dans son titre, &#171; Can&#231;on de nervi &#187;, passe toute la distance sociologique et la d&#233;lectation esth&#233;tique de la mise en sc&#232;ne, sinc&#232;re sans doute. Comme celui &#224; qui est d&#233;di&#233;e la chanson, Pierre Bertas, (instituteur socialisant r&#233;voqu&#233; pour ses opinions, qui sera peu apr&#232;s adjoint du premier maire socialiste de Marseille), Gasquet, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; dreyfusard, virera vite au nationalisme puis au royalisme, sous l'influence notamment de son ami Maurras, qui n'&#233;tait pas indiff&#233;rent &#224; la protestation sociale d'un Gelu .&lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Barsotti a des ann&#233;es durant publi&#233; dans le quotidien progressiste La Marseillaise une remarquable et novatrice pr&#233;sentation des auteurs populaires de langue d'Oc, les &#171; Troba&#239;res &#187; (trouba&#239;r&#233;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Claude a rep&#233;r&#233; dans &lt;i&gt;La Sartan&lt;/i&gt; (La Po&#234;le) [1891-1905], populaire hebdomadaire marseillais enti&#232;rement en langue d'Oc, ce texte sign&#233; J.Clozel (6 f&#233;vrier 1892) que l'on a lu ci-dessus (restitu&#233; en graphie classique). &lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte a &#233;t&#233; r&#233;cemment mis en musique par Manu Th&#233;ron, et chant&#233; par Lo c&#242;r dau Lampar&#242; (vid&#233;o ci-dessus).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Popre &amp; Cie. Glaudi Barsotti</title>
		<link>https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article287</link>
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		<dc:date>2025-10-23T08:31:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Barsotti</dc:subject>
		<dc:subject>Popre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ren&#233; Merle - &#034;Poupre &amp; Cie&#034;, le point de vue d'un occitaniste : C.Barsotti La Marseillaise - 25 avril 1976, page Mesclum &lt;br class='autobr' /&gt; Una pe&#231;a de tria Lo C&#232;ntre Dramaic Occitan de Prov&#232;n&#231;a, bailejat p&#232;r Andrieu Neyton, v&#232;n de montar una p&#232;&#231;a de Renat Merle, &#8220;Poupre et Compagnie&#8221;. Los personatges : lo Papet, qu'es la refer&#233;ncia als &#242;mes que parlan encora l'occitan de natura ; Mir&#232;lha, la filha, qu'aur&#224; de far una causida, si&#225; l'avenir de sa lenga, de sa cultura, e adonc d'ela, si&#225; lo passatge a un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;&#201;criture personnelle : nouvelles, roman, po&#233;sies, th&#233;&#226;tre, souvenirs&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot228" rel="tag"&gt;Barsotti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot335" rel="tag"&gt;Popre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ren&#233; Merle - &#034;Poupre &amp; Cie&#034;, le point de vue d'un occitaniste : C.Barsotti&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; - 25 avril 1976, page Mesclum&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Una pe&#231;a de tria&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lo C&#232;ntre Dramaic Occitan de Prov&#232;n&#231;a, bailejat p&#232;r Andrieu Neyton, v&#232;n de montar una p&#232;&#231;a de Renat Merle, &#8220;Poupre et Compagnie&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Los personatges : lo Papet, qu'es la refer&#233;ncia als &#242;mes que parlan encora l'occitan de natura ; Mir&#232;lha, la filha, qu'aur&#224; de far una causida, si&#225; l'avenir de sa lenga, de sa cultura, e adonc d'ela, si&#225; lo passatge a un obj&#232;cte de consumacion : las g&#232;nts de Mir&#232;lha que son d'aquesta generacion abastardida que viu encara la cultura occitana, mas a vougut s'integrar dins la cultura borgesa francesa.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aquo's la situacion d'ara dins Occit&#224;nia tota que lo franc&#233;s i fogu&#232;t tot d'un t&#232;mps una arma de la lucha de las classas e d'obertura a la cultura, mas tanb&#232;n de l'alienacion. L'occitan, lenga dominada utilisabla p&#232;r la borgesia r&#232;n que p&#232;r la galejada, &#232;ra p&#232;r de verai, o m&#242;stra lo Papet, autra causa ! La dialectica es mai pres&#232;nta aqu&#237;.&lt;br class='autobr' /&gt;
A pausat los probl&#232;ma Renat Merle qu'a partit de l'estatut minor de n&#242;stra lenga : una lenga, un acc&#232;nt, perqu&#233; far ? que liame i a amb&#233; los probl&#232;mas quotidians ? mab&#233; la mem&#242;ria collectiva d'un p&#242;ple ? amb&#233; l'avenir ? Es pas un c&#242;p d'asard s'es una femna, Mir&#232;lha, que pausa aquestas questions. E dona ges de solucions. Es un biais de for&#231;ar los espectators de resp&#242;ndre. E aqu&#242; nos cambia de las p&#232;&#231;as que te presentan las causas ja mastegadas.&lt;br class='autobr' /&gt;
De notar coma es present l'apolitisme de la borgesia p&#232;r Renat Merle : totes units p&#232;r Prov&#232;n&#231;a (&#242; Lengadoc, &#242; Occit&#224;nia...), s&#232;m totes de fraires, dev&#232;m sauvar nostras costumas... E de se lanhar sus lo passat tant b&#232;l. Mas, p&#232;r un jove tot aqu&#242; es segondari, que &#231;&#242; que c&#242;mpta mai que mai es la c&#232;rca d'un trabalh, de se ganhar la vida. E te m&#242;stra plan tot &#231;&#242; que p&#242;t i aver de reaccionari dins las afichas empegadas sus las muralhas p&#232;r un movement coma &#8220;Parlar&#232;m&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Passa p&#232;r autra part, la lucha. Es la t&#242;ca del C&#232;ntre Dramatic Occitan de desrevelhar las consci&#233;ncias amb aquesta p&#232;&#231;a que part d'una situacion concreta, dins de mitans de trabailhadors, p&#232;r justament permetre a aquestes d'aqu&#237; de se fargar las solucions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Glaudi Barsotti.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#192; la rencontre de Glaudi Barsotti</title>
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		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Occitanisme</dc:subject>
		<dc:subject>Barsotti</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;buts en occitanisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'ai rencontr&#233; Claude Barsotti au d&#233;but des ann&#233;es 1970, et depuis je n'ai jamais cess&#233; de suivre ses chroniques dans La Marseillaise*, et derni&#232;rement son &#233;criture de fiction, ses souvenirs d'enfant de la Belle de Mai... &lt;br class='autobr' /&gt; Mais je suis s&#251;r que nous nous &#233;tions d&#233;j&#224; rencontr&#233;s, quelque part dans le Marseille des ann&#233;es 1860 ou 1870, o&#249; nous avons fait le plein de rencontres, de cris de col&#232;re et d'esp&#233;rance... Sa langue est vraie, elle est celle du petit peuple urbain de jadis, langue qu'il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique53" rel="directory"&gt;Premiers contacts avec des cr&#233;ateurs occitanistes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot63" rel="tag"&gt;Occitanisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot228" rel="tag"&gt;Barsotti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot798" rel="tag"&gt;D&#233;buts en occitanisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J'ai rencontr&#233; Claude Barsotti au d&#233;but des ann&#233;es 1970, et depuis je n'ai jamais cess&#233; de suivre ses chroniques dans La Marseillaise*, et derni&#232;rement son &#233;criture de fiction, ses souvenirs d'enfant de la Belle de Mai...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_262 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/local/cache-vignettes/L304xH166/barsotti_livre-c8167.jpg?1792456940' width='304' height='166' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais je suis s&#251;r que nous nous &#233;tions d&#233;j&#224; rencontr&#233;s, quelque part dans le Marseille des ann&#233;es 1860 ou 1870, o&#249; nous avons fait le plein de rencontres, de cris de col&#232;re et d'esp&#233;rance...&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa langue est vraie, elle est celle du petit peuple urbain de jadis, langue qu'il a frott&#233;e sans emphase au plus juste de la modernit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
* J'ai eu le plaisir de publier et de pr&#233;facer un choix de ces chroniques : Glaudi Barsotti, Cronicas, S.E.H.T.D, n&#176;8, 1990, 62 p.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; Merle, &#8220;Claude Barsotti, Le Music-Hall Marseillais de 1815 &#224; 1950&#034;. Mesclum &#233;diteurs, Arles, 1984, 148 p.&#8221;, Cahiers Critiques du Patrimoine&#034;, n&#176;3, 1987&lt;br class='autobr' /&gt;
. Avec son dernier ouvrage, Cl. Barsotti, chroniqueur bien connu de La Marseillaise, approfondit le chantier, tout &#224; fait neuf dans la recherche occitane, ouvert par son Antologia deis escrivans sociaus proven&#231;aus, C.E.O. Universit&#233; P.Val&#233;ry, Montpellier, 1975.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'on ne s'y trompe pas : si la couverture, l'Alcazar affichant une op&#233;rette d'Alibert, &#233;voque le Marseille &#8220;francitan&#8221; des ann&#233;es 1930, l'ouvrage, sans nostalgie ni pittoresque faciles, pr&#233;sente l'apparition, le d&#233;veloppement, l'&#233;panouissement &#224; partir du Second Empire, puis le d&#233;clin d'une expression occitane marseillaise, sur la sc&#232;ne et dans les publications. Barsotti, explorant les archives et les journaux, pr&#233;sente en nombre insoup&#231;onn&#233; ces auteurs, chansonniers et chanteurs qui eurent recours au proven&#231;al en direction d'un public essentiellement populaire. La recherche sur la diglossie en milieu urbain trouvera ample mati&#232;re dans cet inventaire patient, et difficile : cette forme de communication laissant par d&#233;finition moins de traces que la communication &#8220;litt&#233;raire&#8221;. Nous avons &#233;t&#233; particuli&#232;rement sensibles &#224; la mati&#232;re rassembl&#233;e sur la p&#233;riode-cl&#233; o&#249; la mont&#233;e du socialisme dans le grand port s'accompagne d'une expression protestatrice en occitan, alors que le F&#233;librige tente de s'organiser, mais sans grand impact sur la plus grande ville du Midi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Regrettons que les contraintes de place aient limit&#233; la place des textes (que Barsotti a choisi de restituer en graphie classique, alors que ses auteurs maintenaient diverses graphies locales refusant les normes f&#233;libr&#233;ennes).&lt;br class='autobr' /&gt;
L'entreprise de Barsotti nous incite, s'il en &#233;tait besoin encore, &#224; mesurer combien la connaissance du pass&#233; peut vivifier notre action actuelle. Souhaitons que la restitution de cet aspect particuli&#232;rement mal connu du &#8220; patrimoine &#8221;, occult&#233; par une vision partielle, mais volontiers totalitaire, de la proven&#231;alit&#233;, ait le succ&#232;s qu'elle m&#233;rite. Restitution qui, pour garder son sens, doit veiller &#224; ne pas transformer les aspects stimulants ainsi r&#233;v&#233;l&#233;s, en Normes. Elles s'av&#233;reraient vite aussi paralysantes que les normes sacr&#233;es du Renaissantisme. De redoutables tentations stylistiques (pour nous en tenir &#224; ce domaine) ont cours en mati&#232;re de registre authentique, c'est-&#224;-dire d'un collage de tics de langage &#8220;populaires&#8221; marseillais : &#224; cet &#233;gard, le roman marseillais, dont J.-P. Tennevin a poursuivi l'entreprise d&#233;j&#224; ancienne, interroge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ren&#233; MERLE.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Occitanisme... le climat varois dans les ann&#233;es 1970</title>
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		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Occitanisme</dc:subject>
		<dc:subject>Neyton</dc:subject>
		<dc:subject>Barsotti</dc:subject>
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		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;buts en occitanisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Initi&#233; au tout d&#233;but des ann&#233;es 1970, dans de grandes interrogations que refl&#232;te mon premier texte de prose en &#242;c, mon engagement pour la culture d'Oc a toujours &#233;t&#233; tourn&#233; vers l'engagement collectif (mais dans le refus des chapelles &#233;troites), vers l'information et la communication avec le plus grand nombre, vers l'enseignement. &lt;br class='autobr' /&gt; Cet engagement &#233;tait profond&#233;ment affectif et personnel : sur ses motivations. Mais il n'avait alors rien localement d'un engagement solitaire. Je rencontrais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot228" rel="tag"&gt;Barsotti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot235" rel="tag"&gt;Vernet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot383" rel="tag"&gt;Var&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot798" rel="tag"&gt;D&#233;buts en occitanisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Initi&#233; au tout d&#233;but des ann&#233;es 1970, dans de grandes interrogations que refl&#232;te mon premier texte de prose en &#242;c, mon engagement pour la culture d'Oc a toujours &#233;t&#233; tourn&#233; vers l'engagement collectif (mais dans le refus des chapelles &#233;troites), vers l'information et la communication avec le plus grand nombre, vers l'enseignement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_69 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/local/cache-vignettes/L150xH222/affiche_nicole-2fafc.jpg?1791829069' width='150' height='222' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cet engagement &#233;tait profond&#233;ment affectif et personnel : sur ses motivations. Mais il n'avait alors rien localement d'un engagement solitaire. Je rencontrais notamment en voisins l'Ollioulais Gaston Beltrame et la Seynoise Nic&#242;la, tous deux enseignants, figures de proue de la Nouvelle Chanson occitane.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'agglom&#233;ration toulonnaise, je suivais le travail du Centre Dramatique Occitan dirig&#233; par Andr&#233; Neyton, avec lequel Gaston Beltrame venait de ranimer le souvenir glorieux de l'insurrection r&#233;publicaine de 1851).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon engagement p&#233;dagogique (cours au lyc&#233;e de La Seyne, cours public &#224; La Seyne) &#233;tait stimul&#233; par mon compagnonnage avec Florian Vernet, alors enseignant &#224; Brignoles, toute proche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec Miquela et Yves Bramerie, de Cuers, A.Neyton, F.Vernet, etc., nous venions de cr&#233;er la section d&#233;partementale de l'Institut d'&#201;tudes Occitanes, dont j'&#233;tais secr&#233;taire. Notre I.E.O se voulait essentiellement structure d'&#233;ducation populaire et d'interventions multiformes. Nous b&#233;n&#233;ficions, en proximit&#233;, de l'aide pr&#233;cieuse du Ciotadin Guy Martin et du Marseillais Claude Barsotti.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le Haut Var, avec Daniel Daumas, chanteur occitan lui aussi, une &#233;quipe de jeunes, enseignants et agriculteurs, lan&#231;aient le journal La Bugada, qui liait la d&#233;fense de la culture d'Oc et celle du &#8220;pa&#239;s&#8221; vid&#233; de sa substance par la touristification, la militarisation, l'exode rural... Je me retrouvais dans une partie de leurs th&#232;mes, sans adh&#233;rer, loin de l&#224;, &#224; la totalit&#233;. Mais la rencontre et le d&#233;bat &#233;taient fructueux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait naturel que la d&#233;couverte de la culture d'Oc suscite le d&#233;sir d'&#233;crire. &#201;criture personnelle (po&#233;sie et prose) encourag&#233;e par la revue Obradors, que venait de lancer Robert Lafont depuis la facult&#233; de lettres de Montpellier. Ecriture tourn&#233;e directement vers le public, avec ma collaboration &#224; l'entreprise du Centre Dramatique Occitan et la cr&#233;ation de Poupre &amp; Cie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le climat politique national de la toute fin des ann&#233;es 1970, l'orientation politique de nombre d'occitanistes vers une conception de la culture que je ne partageais pas (&#8220;front culturel&#8221; base du &#8220;front politique&#8221; autonomiste), font qu'en ce qui me concerne cette p&#233;riode fertiles des ann&#233;es 1970 va s'achever sur un d&#233;sinvestissement militant, en parall&#232;le avec le retrait forc&#233; de l'enseignement public, &#224; cause de l'arbitraire d'une Maintenance se r&#233;clamant du Mistralisme. D&#233;sinvestissement qui va m'engager dans une p&#233;riode de recherche sur l'histoire de la langue et de la culture d'Oc. Je voulais y voir plus clair dans l'histoire du mouvement culturel et de la litt&#233;rature en langue d'Oc. Cette recherche va occuper les premi&#232;res ann&#233;es 1980 et commencera &#224; &#234;tre capitalis&#233;e en publications &#224; partir de 1985.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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