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		<title>Une vision ethnotypale des habitants des Maures :</title>
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		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Maures</dc:subject>
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&lt;p&gt;Pierre Foncin, Les Maures et l'Est&#233;rel, Paris, Armand-Colin, 1910 &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Les habitants des Maures et de l'Est&#233;rel sont en g&#233;n&#233;ral de taille moyenne ; ils ont la t&#234;te ronde et grosse, la bouche petite, les yeux noirs, les sourcils &#233;pais, le teint basan&#233;. Ils sont volontiers indolents au travail, mais ardents au plaisir et au jeu. D&#232;s qu'ils sortent de leur r&#233;serve naturelle vis-&#224;-vis de l'&#233;tranger, ils se montrent curieux et parleurs. Leur sensibilit&#233; est m&#233;diocre. Ils sont &#233;conomes, avis&#233;s, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://renemerle.com/remembranca/IMG/jpg/maures.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/local/cache-vignettes/L500xH334/maures-9e39c.jpg?1792798821' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les habitants des Maures et de l'Est&#233;rel sont en g&#233;n&#233;ral de taille moyenne ; ils ont la t&#234;te ronde et grosse, la bouche petite, les yeux noirs, les sourcils &#233;pais, le teint basan&#233;. Ils sont volontiers indolents au travail, mais ardents au plaisir et au jeu. D&#232;s qu'ils sortent de leur r&#233;serve naturelle vis-&#224;-vis de l'&#233;tranger, ils se montrent curieux et parleurs. Leur sensibilit&#233; est m&#233;diocre. Ils sont &#233;conomes, avis&#233;s, inventifs. Ils ont une extr&#234;me r&#233;pugnance pour toute domesticit&#233;. Ils sont tr&#232;s attach&#233;s &#224; leur pays, &#233;migrent peu et consid&#232;rent d'instinct l'agriculture comme le plus noble m&#233;tier. Mais ils prisent aussi beaucoup l'exercice de l'autorit&#233; : ils se font volontiers soldats, marins ou douaniers, entrent dans la gendarmerie ou la police, briguent des emplois dans les administrations publiques telles que les Postes, et dans les Chemins de fer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Leur sobri&#233;t&#233; habituelle est grande. Ce sont des marcheurs agiles et d'infatigables chasseurs. Les femmes ont la taille bien prise ; elles sont alertes, de fi&#232;re allure, m&#233;diocrement laborieuses. Les mariages sont relativement nombreux, mais peu f&#233;conds. Les enfants sont tr&#232;s souvent ch&#233;tifs en bas &#226;ge et leur mortalit&#233; est consid&#233;rable. Le type arabe ou plut&#244;t africain se rencontre fr&#233;quemment dans les bourgs anciens tels que La Garde-Freinet, Grimaud, Gassin.&lt;br class='autobr' /&gt;
On mange tr&#232;s peu de viande, beaucoup de poisson. On boit du vin largement, on ne consomme que trop d'absinthe, on fume des quantit&#233;s de cigarettes. On aime la soci&#233;t&#233;, la veill&#233;e en commun, le comm&#233;rage sur les portes, la fl&#226;nerie sur les places, la r&#233;union au caf&#233;, le cercle. On adore le jeu : soit les cartes, soit les boules. On est rest&#233; fataliste : on se r&#233;signe ais&#233;ment aux pires maux : &#171; Cela devait arriver &#187; est une expression courante. On est superstitieux : les rem&#232;des les plus extravagants sont en honneur et les sorciers ou masques sont toujours vaguement redout&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
On est attach&#233; aux vieilles coutumes, bien qu'elles s'effacent peu &#224; peu. L'expulsion des Sarrasins, la lutte contre les corsaires ont laiss&#233; des souvenirs ineffa&#231;ables et il n'y a pas longtemps que, dans tous les villages, on c&#233;l&#233;brait, par des c&#233;r&#233;monies all&#233;goriques, la gloire de quelque combat heureux contre les Infid&#232;les. Cette c&#233;r&#233;monie s'appelait la Bravade. Elle n'a subsist&#233; qu'en partie &#224; Fr&#233;jus, et, dans tout son &#233;clat, qu'&#224; Saint-Tropez. L&#224;, une confr&#233;rie des &#171; Gardes-Saint &#187; et des &#171; mousquetaires &#187;, pr&#233;sid&#233;e par un &#171; capitaine de ville &#187;, maintient la tradition. Les 16, 17, 18 mai, la ville est en liesse, une foule d'&#233;trangers y accourent, de toutes parts retentissent les d&#233;charges des tromblons. Nulle part en France on ne br&#251;le tant de poudre en si peu de temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les f&#234;tes locales, on va en p&#232;lerinage, on fait des processions, mais surtout on danse. Il y a aussi des concours de chansons. La po&#233;sie a pu &#234;tre en honneur jadis, au temps des troubadours, dans la soci&#233;t&#233; chevaleresque qui &#233;tait fort particuli&#232;re : elle ne vit gu&#232;re dans l'&#226;me indig&#232;ne. La nature, sans doute, est trop belle : la r&#233;alit&#233; d&#233;passe le r&#234;ve. Les luttes politiques, ou plut&#244;t les querelles entre corps, les rivalit&#233;s de client&#232;le pr&#233;occupent fort les citadins et, &#224; un degr&#233; moindre, les villageois. Un grain de scepticisme railleur se m&#234;le aux passions de tous. Le sentiment religieux est peu d&#233;velopp&#233;. La religion dominante est celle des int&#233;r&#234;ts positifs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Foncin (1841-1916), g&#233;ographe, ap&#244;tre de son enseignement, historien, fondateur de l'Alliance fran&#231;aise, fut une personnalit&#233; majeure de la politique scolaire des d&#233;buts de la Troisi&#232;me R&#233;publique. Fix&#233; &#224; Cavalaire, sur la c&#244;te des Maures, il y fit &#233;difier &#171; lou casteou dou souleu &#187;, entour&#233; d'un super jardin botanique m&#233;diterran&#233;en (appartenant aujourd'hui au Conservatoire National du Littoral).&lt;br class='autobr' /&gt;
On appr&#233;ciera (?) ces observations bas&#233;es tant sur un v&#233;cu que sur des fantasmes ethnotypaux...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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