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		<title>George Sand et le patois de Grenoble</title>
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		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Francoproven&#231;al</dc:subject>
		<dc:subject>Grenoble</dc:subject>
		<dc:subject>Blanc dit la Goutte</dc:subject>
		<dc:subject>Sand</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1864, George Sans pr&#233;fa&#231;ait ainsi Po&#233;sies en patois du Dauphin&#233;. Grenoblo malh&#233;rou, par Blanc dit la Goutte. Grenoble, Raboult et Dardelet : &#034; Notre &#233;poque voit peu &#224; peu dispara&#238;tre de beaucoup de localit&#233;s les derniers vestiges arch&#233;ologiques. Le pittoresque n'a pas de plus grands ennemis que les ouvriers ma&#231;ons. On assainit les villes, on fait circuler l'air et la lumi&#232;re, la sant&#233; par cons&#233;quent, dans rues &#233;troites et sombres du moyen &#226;ge, et on fait bien. La prosp&#233;rit&#233; publique y (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;Francoproven&#231;al, Grenoble&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Francoproven&#231;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot100" rel="tag"&gt;Grenoble&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot487" rel="tag"&gt;Blanc dit la Goutte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot647" rel="tag"&gt;Sand&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_331 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/local/cache-vignettes/L213xH285/sand_grenoble-1799c.jpg?1792796321' width='213' height='285' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1864, George Sans pr&#233;fa&#231;ait ainsi &lt;i&gt;Po&#233;sies en patois du Dauphin&#233;. Grenoblo malh&#233;rou, par Blanc dit la Goutte&lt;/i&gt;. Grenoble, Raboult et Dardelet :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; Notre &#233;poque voit peu &#224; peu dispara&#238;tre de beaucoup de localit&#233;s les derniers vestiges arch&#233;ologiques. Le pittoresque n'a pas de plus grands ennemis que les ouvriers ma&#231;ons. On assainit les villes, on fait circuler l'air et la lumi&#232;re, la sant&#233; par cons&#233;quent, dans rues &#233;troites et sombres du moyen &#226;ge, et on fait bien. La prosp&#233;rit&#233; publique y gagne, mais l'art y perd.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un monument curieux, un souvenir historique se rencontrent sous le marteau du d&#233;molisseur : le d&#233;molisseur ne peut s'arr&#234;ter dans son &#339;uvre providentielle. Il faut que le souvenir et le monument disparaissent. Pleurez, po&#232;tes, pleurez artistes ; mais que vos regrets ne soient point st&#233;riles. Aid&#233;s de la science et pouss&#233;s par l'enthousiasme, qu'ils sauvent et fassent revivre les saintes choses du pass&#233;. Gr&#226;ce au ciel , le temps n'est plus o&#249; ce qui &#233;tait d&#233;truit &#233;tait an&#233;anti pour jamais. A Paris et dans plus d'une ville de France , la peinture et la po&#233;sie sont venues restituer &#224; l'histoire les conqu&#234;tes des anciennes civilisations, pr&#234;tes &#224; dispara&#238;tre sous la pioche de la civilisation nouvelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Honneur donc, gratitude et sympathie &#224; ces nobles et g&#233;n&#233;reux esprits qui ne se bornent pas &#224; ch&#233;rir les souvenirs pr&#233;cieux de leur pays natal, mais qui con&#231;oivent le dessein de les populariser et de les conserver &#224; jamais. Nous devons tous nous associer &#224; l'&#339;uvre pieuse de ces patriotiques &#233;diteurs de nos richesses nationales, et employer tous nos efforts &#224; la faire r&#233;ussir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Grenoble est certainement une des plus curieuses villes de notre France ; elle offre une foule de monuments int&#233;ressants au point de vue artiste et pittoresque. Un peintre du pays, M. D. Rahoult, second&#233; par un habile graveur, M. E. Dardelet, a entrepris d'exhumer et de conserver l'antique aspect de la cit&#233; dauphinoise. Pendant vingt ans de travaux pers&#233;v&#233;rants, il a r&#233;uni environ 200 dessins , destin&#233;s &#224; compl&#233;ter l'album de l'Is&#232;re ; car il ne s'est pas born&#233; &#224; l'&#233;tude savante et &#224; la reproduction des monuments : il a profond&#233;ment compris les monuments naturels, les sites &#233;tranges, les accidents grandioses dont le Dauphin&#233; est si riche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fallait un texte &#224; ces excellents et charmants dessins. Les &#233;diteurs-artistes ont eu l'heureuse id&#233;e de choisir un na&#239;f et gracieux po&#232;me, &#233;crit au si&#232;cle dernier en patois du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Grossi&#233; ! me diri-vo, faudrit parla fran&#231;ois ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Y ne me revint pas si ben que lo patois&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; Blanc, dit la Goutte, auteur de ce po&#232;me original, &#233;tait un simple &#233;picier de la place Claveyson, &#224; Grenoble. Epiciers tant raill&#233;s par les romantiques d'il y a trente ans, vous ne saviez donc pas que vous aviez au Parnasse un aimable patron &#224; invoquer ? Martyr enjou&#233; et r&#233;sign&#233; au milieu des douleurs atroces d'une goutte continuelle, il conservait, comme Scarron, le sel de l'esprit gaulois ; mais, plus chaste et plus sensible que l'auteur du roman comique, il a chant&#233; surtout les d&#233;sastres de son pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;N'attendant de celey ni profit ni renom,&lt;br class='autobr' /&gt;
Passant mou tristou-z-an j'instruirai mou nevon&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, Blanc la Goutte &#233;tait, lui aussi, un historien et un arch&#233;ologue en m&#234;me temps qu'un po&#232;te. Son &#339;uvre intitul&#233;e : Grenoblo malh&#233;rou, est le r&#233;cit de la d&#233;sastreuse inondation de 1733, avec toutes les infortunes et souffrances publiques et priv&#233;es qui en furent la cons&#233;quence. M. Rahoult n'a eu qu'&#224; suivre les sc&#232;nes &#233;nergiquement trac&#233;es par cette main f&#233;brile et souffrante&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;A pena din le man poei-je teni mon livro ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai plus que lou z-yenx et quatro deigts de libro&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
pour classer de la fa&#231;on la plus heureuse et la plus vari&#233;e les tr&#232;s-remarquables dessins qu'il avait amass&#233;s. Le po&#232;me est charmant, l'&#233;dition est superbe, le sujet plein d'int&#233;r&#234;t et de curiosit&#233;. Les gravures sont d'un travail admirable et les compositions du peintre sont d'un ma&#238;tre. Il y en a une qu'on pourrait appeler un v&#233;ritable chef-d'&#339;uvre ; c'est celle qui sert d'illustration aux vers suivants :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Le fenet , le fillet , lou z-efan se d&#233;solont ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lou z-home consterna faiblament lou consolon&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce bel Ouvrage s'adresse aux gens de go&#251;t de tous les pays, et quiconque sait le fran&#231;ais peut comprendre le limpide et gracieux dialecte de Blanc la Goutte. Une telle publication est une gloire pour le Dauphin&#233;, non seulement en ce qu'elle lui restitue son pass&#233; arch&#233;ologique (tout en lui conservant les restes encore debout de ses vieilles richesses), mais en ce qu'elle ressuscite un de ses morts illustres, ignor&#233; pourtant au del&#224; de ses horizons, et digne d'&#234;tre entendu et go&#251;t&#233; de toute la France. Le talent si s&#251;r, si &#233;lev&#233;, si consciencieux et si ferme de MM. Rahoult et Dardelet est aussi un titre et une richesse pour le Dauphin&#233;. Nous pensons bien que le Dauphin&#233; le sait et qu'il en est fier. Faisons-lui donc notre compliment et demandons au ciel de nous donner, dans chaque province de France, des artistes de cette valeur, d&#233;vou&#233;s corps et &#226;me &#224; l'illustration de nos souvenirs historiques et &#224; l'&#233;tude de nos types et de nos sites.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous trouvons dans un tr&#232;s int&#233;ressant recueil, publi&#233; aussi &#224; Grenoble par M. Pilot, en 1859, les d&#233;tails suivants sur Blanc la Goutte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Blanc &#233;tait n&#233; en 1662, puisque l'on constate qu'il est mort en 1742, &#226;g&#233; de quatre-vingts ans. Il fut mari&#233; &#224; mademoiselle Dimanche P&#233;lissier en 1689, et eut d'elle quatre filles et deux fils. Les quatre filles furent toutes mari&#233;es &#224; des marchands. Les deux fils du po&#232;te moururent avant lui, dans les ann&#233;es 1733 et 1740, ann&#233;es n&#233;fastes marqu&#233;es par les terribles inondations qu'il a si bien chant&#233;es. Sa femme &#233;tait morte en 1737. &#171; Ce po&#232;te patois, dit la notice, qui a eu pour devanciers, dans son genre, Laurent de Brian&#231;on et Millet, composa diff&#233;rentes pi&#232;ces de vers qui toutes n'ont pas &#233;t&#233; publi&#233;es. Deux principalement l'ont popularis&#233; dans notre ville : &lt;i&gt;Grenoblo malh&#233;rou&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;le Jacquety de le Quatro Comare&lt;/i&gt;. Il y a moins d'un demi-si&#232;cle que des personnes bien &#233;lev&#233;es et pour qui la langue patoise &#233;tait facile, se plaisaient &#224; faire journellement des citations de Blanc la Goutte. &#187; Ces ouvrages ont &#233;t&#233; &#233;dit&#233;s &#224; Grenoble une douzaine de fois. Ils sont donc encore grandement appr&#233;ci&#233;s dans le pays, et ils vont devoir &#224; la superbe &#233;dition illustr&#233;e de MM. Rahoult et Dardelet une popularit&#233; plus &#233;tendue. Tout le midi de la France voudra faire connaissance avec le po&#232;te dont l'idiome se rapproche de tous ceux des pays de Langue d'oc. Tous les amateurs de beaux dessins et de belles gravures prendront l&#224; occasion de d&#233;chiffrer sans effort un des plus faciles de ces idiomes , et de go&#251;ter un des plus gracieux rimeurs de cette litt&#233;rature m&#233;ridionale, si riche et si int&#233;ressante.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur de la notice que nous avons consult&#233;e se plaint avec raison du d&#233;dain de Champollion qui, dans son ouvrage sur les patois ou idiomes vulgaires de la France et en particulier sur ceux de l'Is&#232;re, s'est born&#233; &#224; nommer Blanc la Goutte [cf. sur ce blog Enqu&#234;te de 1807]. M. Pilot le venge de ce d&#233;dain en donnant une nouvelle &#233;dition du Jacquely de le Quatro Comare qui est une satire charmante et que tous les Grenoblois doivent d&#233;sirer de voir illustrer par MM. Rahoult et Dardelet &#224; la suite de Grenoblo malh&#233;rou ; car M. Rahoult n'est pas seulement paysagiste : il groupe avec go&#251;t des figures excellentes, et, sous son crayon, les plaisantes matrones Pissisen, Jappeta, Faliben et Franqueta, d&#233;bris arch&#233;ologiques de la race humaine non moins int&#233;ressants que les vieilles tours et les antiques rochers de l'Is&#232;re, reprendraient vie ainsi que la belle Fleuria, la cousine Beneyta, l'&#233;pouseur Patagoulliat et les petits ferluquets, contou de novelles, enfin tout ce petit monde de province du si&#232;cle dernier, grouillant de couleur sous la plume rieuse et l&#233;g&#232;re de Blanc la Goutte. Il y a du Balzac dans ce bonhomme. Esp&#233;rons que le succ&#232;s de Grenoblo malh&#233;rouengagera MM. Rahoult et Dardelet &#224; compl&#233;ter la publication de ce modeste et agr&#233;able chroniqueur des douleurs et des gaiet&#233;s dauphinoises.&lt;br class='autobr' /&gt;
George Sand.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; propos de Grenoblo malh&#233;rou (1733)... (Blanc la Goutte)</title>
		<link>https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article726</link>
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		<dc:date>2025-10-23T14:42:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Francoproven&#231;al</dc:subject>
		<dc:subject>Grenoble</dc:subject>
		<dc:subject>Blanc dit la Goutte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Suite &#224; la pr&#233;face de George Sand publi&#233;e sur ce site [1], je signale aux lecteurs la pr&#233;sentation de Blanc la Goutte et de son &#339;uvre sur le remarquable site de la Biblioth&#232;que Dauphinoise : &lt;br class='autobr' /&gt;
Biblioth&#232;que
&lt;br class='autobr' /&gt;
Biblioth&#232;que
&lt;br class='autobr' /&gt;
Ci-dessous, quelques lignes de l'introduction de Blanc la Goutte :&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;Francoproven&#231;al, Grenoble&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Francoproven&#231;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot100" rel="tag"&gt;Grenoble&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot487" rel="tag"&gt;Blanc dit la Goutte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_334 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/local/cache-vignettes/L128xH171/grenoblo-8b43d.jpg?1791722808' width='128' height='171' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la pr&#233;face de George Sand publi&#233;e sur ce site&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. : George Sand et le patois de Grenoble.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, je signale aux lecteurs la pr&#233;sentation de Blanc la Goutte et de son &#339;uvre sur le remarquable site de la Biblioth&#232;que Dauphinoise : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.bibliotheque-dauphinoise.com/blanc-la-goutte.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.bibliotheque-dauphinoise.com/grenoblo_malherou_courreng.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ci-dessous, quelques lignes de l'introduction de Blanc la Goutte :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_335 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/local/cache-vignettes/L500xH343/blanc_la_goutto-bec96.png?1792796321' width='500' height='343' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. : &lt;a href='https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article723' class=&#034;spip_in&#034;&gt;George Sand et le patois de Grenoble&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Francoproven&#231;al - Foyer grenoblois</title>
		<link>https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article394</link>
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		<dc:date>2025-10-23T14:42:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Francoproven&#231;al</dc:subject>
		<dc:subject>Grenoble</dc:subject>
		<dc:subject>Champollion Figeac</dc:subject>
		<dc:subject>Millet</dc:subject>
		<dc:subject>Blanc dit la Goutte</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;nilgrand</dc:subject>
		<dc:subject>Barnave</dc:subject>
		<dc:subject>Une mort qui n'en finit pas</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ren&#233; Merle, Une Mort qui n'en finit pas ? L'&#233;criture de l'idiome natal de la fin de l'Ancien R&#233;gime &#224; la naissance du F&#233;librige, (Sud-Est fran&#231;ais de langue d'Oc, zone francoproven&#231;ale de France et de Suisse), MARPOC, 1990 &lt;br class='autobr' /&gt; Lors de l'enqu&#234;te Gr&#233;goire, en 1790, le vide d'&#233;criture dialectale des r&#233;gions nord occitanes ou francoproven&#231;ales proches fait appara&#238;tre le foyer grenoblois en r&#233;f&#233;rence patrimoniale abstraite. Son correspondant lyonnais lui &#233;crit : &#034;J'ai entendu parler de quelques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;Francoproven&#231;al, Grenoble&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Francoproven&#231;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot100" rel="tag"&gt;Grenoble&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot416" rel="tag"&gt;Champollion Figeac&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot486" rel="tag"&gt;Millet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot487" rel="tag"&gt;Blanc dit la Goutte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot488" rel="tag"&gt;M&#233;nilgrand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot489" rel="tag"&gt;Barnave&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot609" rel="tag"&gt;Une mort qui n'en finit pas&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ren&#233; Merle, Une Mort qui n'en finit pas ? L'&#233;criture de l'idiome natal de la fin de l'Ancien R&#233;gime &#224; la naissance du F&#233;librige, (Sud-Est fran&#231;ais de langue d'Oc, zone francoproven&#231;ale de France et de Suisse), MARPOC, 1990&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors de l'enqu&#234;te Gr&#233;goire, en 1790, le vide d'&#233;criture dialectale des r&#233;gions nord occitanes ou francoproven&#231;ales proches fait appara&#238;tre le foyer grenoblois en r&#233;f&#233;rence patrimoniale abstraite. Son correspondant lyonnais lui &#233;crit : &#034;J'ai entendu parler de quelques ouvrages dans le langage patois de Grenoble, et entre autres, d'un po&#232;me intitul&#233; la Liauda, en fran&#231;ais la Claudine, que j'ai beaucoup entendu vanter, mais que je ne connais pas&#034;, et le renvoie &#224; Barnave (l). On sera plus &#233;tonn&#233; de lire le patriote chanoine de Die, Colaud de la Salcette : &#034;On n'a point ou peu d'ouvrages patois, et qui sont sans valeur, except&#233; dans le d&#233;partement de l'Is&#232;re, o&#249; il existe, &#224; Grenoble surtout, quelques ouvrages patois assez bons&#034; (2). Indiff&#233;rent &#224; la diff&#233;rence des parlers d'oc et francoproven&#231;aux que son origine brian&#231;onnaise lui permettait pourtant de situer, Colaud ent&#233;rine la dominance administrative et culturelle de Grenoble en zone nord occitane dauphinoise.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'appartenance linguistique du parler grenoblois, difficile &#224; situer alors, importe &#224; vrai dire peu. La ville, lieu de la francisation, a &#233;t&#233; foy&#232;re d'&#233;criture et de publication dialectale, dont l'avenir semble barr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1809, relisant les po&#232;tes grenoblois du l8e si&#232;cle, le biblioth&#233;caire Champollion-Figeac s'&#233;tonne : &#034;&#224; deux ou trois mots pr&#232;s, tels que ceux de cruzieu, lampe, lloupa, boue, brayes, culottes, tout est fran&#231;ais ou latin, et tout si conforme &#224; l'esprit et aux tournures de la langue fran&#231;aise, qu'en la traduisant mot pour mot et dans le m&#234;me ordre, on aurait presque cette m&#234;me lettre en vers fran&#231;ais, sans que le sens ni la rime fussent d&#233;fectueux, tant le patois de la ville de Grenoble &#233;tait conforme au fran&#231;ais vers le milieu du si&#232;cle dernier, et depuis il s'en est rapproch&#233; chaque jour davantage&#034; (3). Mais on peut prononcer au m&#234;me moment sur la production occitane de pareils jugements, qui confondent l'&#233;tat de la langue et le niveau de langue choisi par les auteurs. L'interrogation doit plut&#244;t porter sur la vitalit&#233; intrins&#232;que de ce foyer de cr&#233;ation, sur son rapport au patrimoine et ses perspectives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les premi&#232;res ann&#233;es du l9e si&#232;cle sont pour Grenoble un temps de r&#233;appropriation patrimoniale dialectale : correspond-elle &#224; une compensation identitaire dans une ville acquise aux temps nouveaux ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Or ce patrimoine, dont on restitue en quelques ann&#233;es de Consulat et d'Empire la quasi-totalit&#233;, est compos&#233;e de deux strates distinctes, celle du l7e si&#232;cle &#034;baroque&#034;, celle des ann&#233;es 1730-1740.&lt;br class='autobr' /&gt;
La production dialectale grenobloise du l7e si&#232;cle est celle des &#034;meilleurs esprits&#034; de la ville (4). Millet, contemporain de Goudoulin, avait en son temps &#233;t&#233; salu&#233; comme celui qui remet en honneur la &#034;muse grenobloise&#034;. Lui-m&#234;me &#233;crivait au Pr&#233;sident du Parlement des bergers de sa pastorale (5) : &#034;Ils se promettent, sous votre autorit&#233;, inspir&#233;s de la Muse Grenobloise, de repr&#233;senter toutes les gentillesses de ce temps&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pouss&#233;e d'&#233;criture des ann&#233;es 1730-1740 avait &#233;t&#233; le fait de modestes intervenants, Blanc dit la Goutte le boutiquier, Reinier le ma&#238;tre d'&#233;cole : ils ne se risquent, dans l'anonymat souvent, que dans la chronique de l'&#233;v&#233;nement local (visite d'un prince, inondation ...), comme si ces d&#233;rangements autorisaient leur plume sans ambitions. Les registres consacr&#233;s sont ceux de la chanson, du traditionnel dialogue de comm&#232;res, auquel s'ajoute l'&#233;p&#238;tre famili&#232;re, en alexandrins &#224; la fran&#231;aise. &#201;criture de grande francitude certes, mais qui se r&#233;clame du naturel et de la pr&#233;gnance du patois. Le dialecte ne porte pas une revendication linguistique, mais simplement la d&#233;lectation commune des amateurs :&lt;br class='autobr' /&gt; Grossi&#233;, me diri-vous, faudrit parla Fran&#231;ois.&lt;br class='autobr' /&gt; -Y ne me revint pas si bien que lo Patois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Blanc dit la Goutte qui signe ces vers laisse d'ailleurs le souvenir d'un &#234;tre heureux de vivre, dont le choix linguistique participe d'un &#233;quilibre heureux avec sa ville, avec les siens. &#034;Ce Blanc la Goutte, mort depuis plusieurs ann&#233;es, a laiss&#233; parmi ceux qui l'ont connu une r&#233;putation que ses saillies, ses bons mots, son humeur joviale et sa gaiet&#233; constante au milieu de ses infirmit&#233;s lui conserveront long-temps encore&#034; (6). Reinier par contre met la parole commune au service d'un moralisme pesant, et d'un Dieu sourcilleux : le Ciel a puni par l'inondation ceux qui ne respectaient pas ses volont&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Convivialit&#233; heureuse ou fruste religiosit&#233;, l'&#233;criture dialectale se situe en marge des Lumi&#232;res. En t&#233;moignent aussi les chansons moqueuses, comme celle qui ridiculise le parvenu Barnave, (p&#232;re du grand Barnave), descendu de sa montagne dr&#244;moise, ou, dans un autre registre, les No&#235;ls.&lt;br class='autobr' /&gt;
Significativement, la publication famili&#232;re des ann&#233;es 1730-1740, qui contraste singuli&#232;rement avec le patrimoine du l7e si&#232;cle, s'accompagne d'une r&#233;&#233;dition de celui-ci. Le mort saisit le vif, et ici aussi chaque pulsation d'&#233;criture r&#233;anime les strates ant&#233;rieures. Mais l'exhumation de l'ambitieuse et nationale &#233;criture d'antan, en dignit&#233;, fait d'autant mieux ressortir le manque d'ambition assum&#233;e de l'&#233;criture pr&#233;sente, et par l&#224; rassure : il n'est plus question aujourd'hui de vouloir concurrencer le fran&#231;ais, mais sachons que nos a&#239;eux l'ont fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette pouss&#233;e d'&#233;criture dialectale des ann&#233;es 1730-1740, contemporaine de celle que conna&#238;t Marseille, marque-t-elle une nouvelle phase de la francisation de la parole et des esprits ? Il est d'autant plus possible de le penser qu'elle semble, et pour longtemps, comme en sursaut de compensation, &#234;tre la derni&#232;re p&#233;riode de cr&#233;ation. Blanc la Goutte devient pour Grenoble, comme Gros &#224; Marseille, le mod&#232;le inimitable de l'&#233;criture &#034;patoise&#034;, r&#233;f&#233;rence patrimoniale absolue et ultime. Et, comme &#224; Marseille, le d&#233;sinvestissement d'&#233;criture s'accompagnera d'entreprises lexicales qui n'auront pas la force ici d'aller jusqu'&#224; la publication du dictionnaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les sources manquent pour appr&#233;cier le cheminement de ces textes, avant la grande restitution d'apr&#232;s 1800. Mais des indices attestent de leur influence. &#192; la fin de l'ancien r&#233;gime, on compile les no&#235;ls dialectaux. Les probl&#232;mes qui agitent l'&#233;glise grenobloise donnent mati&#232;re &#224; un dialogue de comm&#232;res, par Menilgrand, que nous ne connaissons par une &#233;dition de 1808 : mais ce pamphlet a une pagination &#224; part, qui peut laisser penser &#224; la r&#233;cup&#233;ration d'une &#233;dition ant&#233;rieure. C'est par un dialogue de comm&#232;res qu'est salu&#233; en 1788 le premier recul du pouvoir : le texte, sans traduction, est r&#233;pandu par toute la France, en repr&#233;sentation embl&#233;matique de l'union du Tiers autour des parlementaires. Le Tiers &#233;clair&#233;, dont la campagne d'argumentation &#233;tait toute fran&#231;aise, ne d&#233;daignait donc pas cette reprise symbolique de parole populaire, inscrite dans une connivence locale &#233;vidente.&lt;br class='autobr' /&gt;
La production de la p&#233;riode r&#233;volutionnaire, relativement abondante, (mais vite occult&#233;e)(7), montre combien sont pr&#233;gnants ces mod&#232;les patrimoniaux. Du c&#244;t&#233; r&#233;volutionnaire, l'idiome appara&#238;t en d&#233;l&#233;gation de parole paysanne et surtout en dialogue de comm&#232;res, lors des probl&#232;mes li&#233;s &#224; la F&#233;d&#233;ration de 1790. Dans l'&#233;lan sans-culotte de 1792, surgit la parole exalt&#233;e des femmes de Pommiers, sans doute sous la plume d'un cur&#233; patriote. D&#232;s Thermidor, l'idiome est associ&#233; au fran&#231;ais dans la publication contre-r&#233;volutionnaire. Le dialecte est, par sa repr&#233;sentation du bon sens &#034;naturel&#034;, par son prosa&#239;sme convivial, par son unanimisme suppos&#233;, refus du &#034;politique&#034;, c'est-&#224;-dire refus de la R&#233;volution. Sans doute faut-il attribuer &#224; M&#233;nilgrand, propri&#233;taire &#224; Voreppe dialogue de comm&#232;res anti-montagnard ou chanson de haine contre les &#034;terroristes&#034; locaux... Il a lui-m&#234;me plus tard revendiqu&#233; la chanson contre-r&#233;volutionnaire du Borliou, brod&#233;e sur un sch&#233;ma patrimonial. Nous connaissons &#233;galement, par leur &#233;dition de 1808, deux de ses dialogues &#034;paysans&#034;, ridiculisant les sans-culottes ignorants qui se m&#234;lent de diriger la cit&#233;, et un long morceau en prose, dat&#233; de 1795, sur les questions religieuses. Ces pi&#232;ces ont-elles &#233;t&#233; publi&#233;es en leur temps ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1797 para&#238;t la Biblioth&#232;que du Dauphin&#233; , reprenant les travaux anciens d'Allard, et pr&#233;sent&#233;e par l'&#233;rudit Chalvet : elle aurait du &#234;tre publi&#233;e en 1790 ; le retour &#224; l'ordre bourgeois est donc aussi celui de la c&#233;l&#233;bration patrimoniale de l'ancienne province. Millet a droit &#224; un salut discret : &#034;Millet (Jean), de Grenoble, a laiss&#233; dans le patois de sa patrie, trois com&#233;dies, la Liauda, Margoton, &amp; la bourgeoisie de Grenoblo. Elles ne sont pas sans m&#233;rite, ainsi que quelques autres productions dans le m&#234;me style qui restent de Millet&#034;. Blanc la Goutte n'est pas &#233;voqu&#233;. Or, &#224; ce m&#234;me moment, les libraires de Grenoble proposent, dans des fascicules h&#226;tivement rassembl&#233;s, et les pi&#232;ces du 18e si&#232;cle, et celles de Millet. Mais cette fois, les deux strates sont mises en quelque sorte &#224; plat, Millet est m&#234;me imprim&#233; par un colporteur, &#224; l'&#233;gal de Blanc la Goutte. C'est bien le signe que dor&#233;navant les &#339;uvres en dignit&#233; du l7e si&#232;cle comme celles de la marge de cr&#233;ation du l8e si&#232;cle sont consid&#233;r&#233;es comme ext&#233;rieur &#224; la culture des lettr&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
On comprend mieux le contexte de la tr&#232;s compl&#232;te restitution patrimoniale, premi&#232;re du genre et largement diffus&#233;e en France, que donne en 1809 le biblioth&#233;caire Champollion-Figeac (8). Suscit&#233;e par l'enqu&#234;te officielle sur les patois, soutenue par l'int&#233;r&#234;t de l'&#233;rudit, elle pr&#233;sente &#224; la fois l'&#233;vidence d'un bien commun et la r&#233;v&#233;lation d'un tr&#233;sor ignor&#233;. Continent inconnu et familier &#224; la fois. Les textes dialectaux &#034;du d&#233;partement de l'Is&#232;re &#233;taient pour ainsi dire ignor&#233;s ; &#224; peine connaissait-on, dans ce d&#233;partement m&#234;me, quelques-unes des pi&#232;ces imprim&#233;es que les deux derniers si&#232;cles avaient produites. J'avais r&#233;uni quelques mat&#233;riaux sur cet objet, lorsque S.Ex. le Ministre de l'Int&#233;rieur, par sa lettre du l3 novembre 1807, demanda &#224; M.le Pr&#233;fet du d&#233;partement de l'Is&#232;re des renseignemens sur les patois usit&#233;s dans cette partie de l'Empire, et des &#233;chantillons en vers ou en prose o&#249; ces patois fussent employ&#233;s&#034; (9).&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien diff&#233;rent des quelques r&#233;&#233;ditions qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; dans les ann&#233;es du Directoire et du Consulat, l'ouvrage de Champollion-Figeac donne le plus beau corpus de textes dialectaux r&#233;uni alors, et le donne &#224; toute la France, autant en r&#233;flexion sur l'&#233;criture dialectale qu'en d&#233;couverte du document. Ni la Provence, ni le Languedoc ne fournissent de pareilles sommes, justement parce qu'elles sont, virtuellement ou potentiellement, terres d'&#233;criture perp&#233;tu&#233;e de l'idiome. Ici, le regard de Champollion-Figeac est ext&#233;rieur &#224; la r&#233;alit&#233; grenobloise et dauphinoise. Les parlers de l'Is&#232;re, au m&#234;me titre que tous les patois, lui apparaissent ne relever que du traitement historique. La vis&#233;e renaissantiste est absente de l'exhumation du corpus.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Personne sans doute ne contestera la n&#233;cessit&#233; de conna&#238;tre les diverses langues vulgaires des provinces de la France et d'en constater l'&#233;tat actuel. Le moment est peut-&#234;tre arriv&#233; qui compl&#232;tera leur alt&#233;ration et marquera leur d&#233;cadence. L'impulsion que la r&#233;volution a donn&#233;e &#224; tous les esprits, les d&#233;placements qui se sont op&#233;r&#233;s sur tous les points de la France, les m&#233;langes des habitans des diff&#233;rentes provinces r&#233;sultant des circonstances, la n&#233;cessit&#233; pour tous de conna&#238;tre et de parler la langue fran&#231;aise, la multiplicit&#233; des relations qu'entretient le besoin ou l'ambition, tout semble concourir pour enlever &#224; ces idiomes leurs caract&#232;res originels, leur esprit et leur physionomie. Si un jour cette m&#233;tamorphose s'op&#232;re, il ne restera rien alors de ces antiques chartes des peuples, de ces monumens que r&#233;clament les premi&#232;res pages de notre histoire&#034; (10). &lt;br class='autobr' /&gt;
L'impossibilit&#233; d'une renaissance de l'&#233;criture grenobloise permet &#224; Champollion de situer sans danger la cr&#233;ation du l7e si&#232;cle dans sa dimension d'&#233;criture en dignit&#233;. Millin, d&#233;gag&#233; de la litt&#233;rature de colportage, est remis dans son cadre dor&#233;, et Blanc la Goutte sur la place populeuse de la cit&#233;. Dans le Magasin Encyclop&#233;dique de Millin, l'avocat grenoblois Bourgeat assure l'appui des milieux cultiv&#233;s de la ville &#224; cette restitution patrimoniale d'un type nouveau. Il pose la premi&#232;re &#233;criture dauphinoise dans le m&#234;me statut de reconnaissance que les prestigieuses entreprises de Bourgogne, de Provence et de Languedoc.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;On a des ouvrages dans les divers idiomes vulgaires de la France. M.Millin nous a fait conno&#238;tre plusieurs po&#232;tes proven&#231;aux ainsi que des fragmens de leurs &#233;crits ; les No&#235;ls Bourguignons de la Monnoye ont de la r&#233;putation ; mais c'est surtout le patois languedocien qui est le plus riche en jolis ouvrages ; qui ne conno&#238;t pas les po&#233;sies de Goudelin, et surtout la charmante romance que Florian a ins&#233;r&#233;e dans les notes de son Estelle ? Il faut l'avouer, la litt&#233;rature du Dauphin&#233; est bien loin d'avoir le m&#234;me &#233;clat, mais cependant elle n'est pas d&#233;nu&#233;e de m&#233;rite. Jean Millet et Blanc la Goutte, quoique fort &#233;loign&#233;s de la r&#233;putation de Goudelin et de la Monnoie, ne sont cependant pas indignes d'attention. [...] Le style de Millet a souvent de la chaleur et de la force, il abonde en expressions pittoresques et &#233;nergiques ; souvent aussi il a cette harmonie, cette gr&#226;ce, ce ton de na&#239;vet&#233; qui nous charment dans les ouvrages du languedocien Goudelin ; mais aussi on y trouve des id&#233;es gigantesques et incoh&#233;rentes ; l'affectation, l'abus des figures et l'emphase sont des d&#233;fauts qu'on y remarque le plus ordinairement ; de plates bouffonneries, des plaisanteries triviales, quelquefois grossi&#232;res, d&#233;parent ses meilleurs morceaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Blanc la Goutte n'a pas travaill&#233; pour le th&#233;&#226;tre comme Millet ; des &#233;p&#238;tres et autres ouvrages de ce genre, tels sont ses titres &#224; la renomm&#233;e ; si son style n'a pas les beaut&#233;s de celui du chantre de Janin, il n'en a pas non plus les d&#233;fauts : constamment m&#233;diocre, il ne s'&#233;l&#232;ve jamais, et sa po&#233;sie n'est souvent que de la prose rim&#233;e. On y remarque cependant une facilit&#233; d'expression et une vari&#233;t&#233; de d&#233;tails qui rach&#232;tent les d&#233;fauts&#034; (11).&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, cette &#233;criture renvoy&#233;e au pass&#233; vient d'affirmer son existence par une publication curieuse : Menilgrand, qui s'&#233;tait d&#233;j&#224; manifest&#233; sous la R&#233;volution, &#233;dite ou r&#233;&#233;dite ses pi&#232;ces anciennes, dont plusieurs sont violemment contre-r&#233;volutionnaires, augment&#233;es de textes adulateurs &#224; l'&#233;gard de l'Empire, et d'une curieuse imitation du Grouli&#233; Bel Esprit, qui t&#233;moigne de l'influence du th&#233;&#226;tre proven&#231;al (l2). Champollion le renvoie &#224; son n&#233;ant : son recueil &#034;se compose de pi&#232;ces en vers et en prose qui manquent en g&#233;n&#233;ral leur but, et qui ne laissent supposer &#224; leur auteur ni esprit, ni veine po&#233;tique, ni connaissance des r&#232;gles de la grammaire et de la po&#233;sie, rien enfin de ce qui constitue un talent naturel et cultiv&#233;. Quelques pi&#232;ces ont eu le m&#233;rite de l'&#224;-propos, mais dans un temps d&#233;j&#224; loin de nous, et c'est un malheur de plus pour l'auteur&#034; (12).&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est difficile de dire si Menilgrand qui, &#224; la diff&#233;rence de Champollion, s'enracine dans la culture marginale de l'idiome (13), affirme v&#233;ritablement une conscience dialectale. Il couvre de parole paysanne l'anonymat de fascicules mal pr&#233;sent&#233;s Cette entreprise modeste n'est-elle que r&#233;action aux profondes mutations que la ville conna&#238;t ? intervention opportuniste d'un vieil isol&#233; ? en tout cas, elle t&#233;moigne d'un enracinement patrimonial &#233;vident dans la reprise de proc&#233;d&#233;s confirm&#233;s, comme d'une ouverture &#224; des horizons plus vastes : Menilgrand reprend des tics de langage des st&#233;phanois Chapelon, et il conna&#238;t le proven&#231;al Pelabon. Ses All&#233;luias de l,l4, saluant le retour des Bourbons, empruntent autant &#224; l'aixois Diouloufet qu'&#224; la tradition patrimoniale du chant festif remani&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'influence de Menilgrand est difficile &#224; d&#233;terminer, mais on peut remarquer qu'en 1819, lors de la tumultueuse &#233;lection de l'abb&#233; Gr&#233;goire,( ex-pourfendeur des patois), dont les lib&#233;raux feront une victoire nationale, la chanson patoise qui, ironie de l'histoire, salue l'&#233;v&#233;nement, est reprise d'un canevas de Menilgrand par ses adversaires politiques. Preuve qu'une certaine conscience dialectale et patrimoniale traverse les amateurs de quelque bord politique qu'ils soient : la chanson est aussi plac&#233;e sous l'&#233;gide du Grenoblo malherou de Blanc la Goutte, et de la traditionnelle parole populaire des femmes. Il s'agit autant de contrer les ultras sur leur terrain de la connivence dialectale que d'exprimer tr&#232;s sinc&#232;rement son exultation politique dans le cadre du patriotisme local.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Empire avait &#233;t&#233;, particuli&#232;rement avec le tr&#232;s complet ouvrage de Champollion-Figeac, p&#233;riode de restitution patrimoniale, compensatrice de la mort assum&#233;e. Plac&#233;e par dans le cadre de l'ancienne province, cette entreprise est avant tout grenobloise. Sous la Restauration comme sous la Monarchie de Juillet, l'insistance avec laquelle cette restitution sera perp&#233;tu&#233;e par les sp&#233;cialistes, biblioth&#233;caires au premier chef, amateurs passionn&#233;s comme les magistrats J.Ollivier et Colomb de Batines ne laisse pas d'interroger. L'apparente disparition de l'idiome s'accompagne d'une fid&#233;lit&#233; patrimoniale &#224; la limite maniaque, qui, relanc&#233;e en 1829 et 1840, conna&#238;t un grand essor dans les ann&#233;es 1850. Elle n'envisage absolument pas une possibilit&#233; d'&#233;criture contemporaine. Le relais occasionnel de la presse officielle locale ne suffit pas &#224; lui donner d'autres prolongements que la passion collectionneuse des amateurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La reproduction de toutes ces pi&#232;ces, outre son m&#233;rite de sp&#233;cialit&#233; litt&#233;raire locale, offrira encore de nombreuses analogies de grammaire et de termes int&#233;ressants de comparaison avec les monumens de la litt&#233;rature romane. Car les patois du midi de la France puisent tous leur origine commune dans la langue romane, ou plut&#244;t en eux vivent encore les vestiges mutil&#233;s de celle-ci.[...] Esp&#233;rons qu'un jour l'amour du pays produira &#224; la lumi&#232;re les d&#233;bris de la litt&#233;rature populaire de nos a&#239;eux. Pour nous, en &#233;mettant ce v&#339;u, nous aurons rempli un devoir de pi&#233;t&#233; filiale, et peut-&#234;tre aussi nos travaux obscurs ne seront-ils pas sans r&#233;sultat pour les &#233;tudes sociologiques&#034; (14).&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que, autour de 1840, la publication occitane m&#233;ridionale conna&#238;t un essor &#233;vident, celle du foyer grenoblois n'est plus que restitution r&#233;p&#233;titive, et certainement plus compl&#232;te qu'au sud. Mais on peut s'interroger sur la persistance de cet int&#233;r&#234;t patrimonial, et sur ses cons&#233;quences &#224; terme : comme Marseille, Grenoble conna&#238;t &#224; partir du Second Empire un renouveau de l'usage public de l'idiome, sur la sc&#232;ne et dans la chanson. Preuve de l'inad&#233;quation fr&#233;quente entre le statut r&#233;el de l'idiome et son utilisation en repr&#233;sentation.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; tous ces &#233;gards, aussi peu productif qu'il ait pu &#234;tre &#224; partir de la Restauration, le foyer grenoblois, foyer de restitution, peut &#233;clairer sur les cheminements complexes de la renaissance, et de la mort assum&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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