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		<title>Nicole Nivelle - Victor Gelu</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Nivelle (Nicole)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On ne remerciera jamais assez Nicole Nivelle pour l'extraordinaire travail de d&#233;pouillement, de classement et d'analyse fait &#224; propos du c&#233;l&#232;bre chansonnier proven&#231;al de Marseille Victor Gelu.
&lt;br class='autobr' /&gt;
J'en donne un exemple ci-dessous. Vous en trouverez bien d'autres sur internet. &lt;br class='autobr' /&gt;
VICTOR GELU : OTIUM ET NEGOTIUM A MARSEILLE AU XIX&#232;me SIECLE. Nicole Nivelle, Congr&#232;s Association internationale d'&#233;tudes occitanes, 1987.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Oc. Auteurs, &#233;rudits&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot679" rel="tag"&gt;Nivelle (Nicole)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On ne remerciera jamais assez Nicole Nivelle pour l'extraordinaire travail de d&#233;pouillement, de classement et d'analyse fait &#224; propos du c&#233;l&#232;bre chansonnier proven&#231;al de Marseille Victor Gelu.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'en donne un exemple ci-dessous. Vous en trouverez bien d'autres sur internet. &lt;br class='autobr' /&gt;
VICTOR GELU : OTIUM ET NEGOTIUM A MARSEILLE AU XIX&#232;me SIECLE. Nicole Nivelle, Congr&#232;s Association internationale d'&#233;tudes occitanes, 1987.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Introduction &#224; Glaudi Barsotti, Cronicas,...</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Occitanisme</dc:subject>
		<dc:subject>Barsotti</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Introduction &#224; Glaudi Barsotti, Cronicas, Bulletin S.E.H.T.D, n&#176;8, 1990 &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis 1961, Claude Barsotti pr&#233;sente chaque semaine dans le grand quotidien de Marseille La Marseillaise sa &#8220;Cronica&#8221; d'actualit&#233;. Chronique de c&#339;ur et de raison qui donne &#224; la langue d'oc toute sa dimension de langue d'intervention. Chronique qui sensibilise au fait occitan les lecteurs d'un journal d'opinion diffus&#233; en Provence et en Languedoc, chronique obstin&#233;e qui fait r&#233;fl&#233;chir, r&#233;agir, discuter. Et qui, dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Oc. Auteurs, &#233;rudits&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot63" rel="tag"&gt;Occitanisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot228" rel="tag"&gt;Barsotti&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Introduction &#224; &lt;i&gt;Glaudi Barsotti, Cronicas&lt;/i&gt;, Bulletin S.E.H.T.D, n&#176;8, 1990&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/local/cache-vignettes/L150xH215/barsotti-9db03.jpg?1791763491' width='150' height='215' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1961, Claude Barsotti pr&#233;sente chaque semaine dans le grand quotidien de Marseille &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; sa &#8220;Cronica&#8221; d'actualit&#233;. Chronique de c&#339;ur et de raison qui donne &#224; la langue d'oc toute sa dimension de langue d'intervention. Chronique qui sensibilise au fait occitan les lecteurs d'un journal d'opinion diffus&#233; en Provence et en Languedoc, chronique obstin&#233;e qui fait r&#233;fl&#233;chir, r&#233;agir, discuter. Et qui, dans sa r&#233;gularit&#233; comme dans ses registres et ses bois, pose pratiquement les questions de la langue, de ses niveaux et de sa graphie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La S.E.H T.D. ayant pour but de remettre en circulation publique des textes en langue d'oc d'intervention (sociale, politique, religieuse, etc), anciens ou r&#233;cents, il nous est apparu int&#233;ressant de rassembler quelques pages d'hier, qui font regarder demain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lecteur trouvera dans Cronicas une cinquantaine d'articles partis depuis 1982, dans lesquels Claude Barsotti prenait et prend date. Nous donnons le texte original en langue d'oc, suivi d'un lexique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Barsotti est n&#233; &#224; Marseille le 27 janvier 1934 : sa m&#232;re est d'une famille proyen&#231;ale. Son p&#232;re fils d'un immigr&#233; italien (de Pontedera, Toscane) install&#233; &#224; Marseille en 1899.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s des &#233;tudes techniques, Cl.Barsotti est officier radio&#233;lectricien de la marine marchande, m&#233;tier qui lui permet de beaucoup voyager, puis il entre dans l'administration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il commence &#224; &#233;crire en occitan en 1959, ann&#233;e o&#249; il entre en relations avec Georges Reboul qui anime le Calen de Marselha. Il participe au mouvement occitan &#224; partir de 1960. Le 7 mai 1961, il commence sa collaboration au journal La Marseillaise, dans lequel il tient chronique occitane r&#233;guli&#232;re, sous le pseudonyme de Joan Montanha. Un recueil de ces premi&#232;res chroniques, A flour e mesuro, crounicos d'un journalisto, est publi&#233; en 1963, pr&#233;fac&#233; par Georges Reboul. Comme le montre le titre, Cl.Barsotti n'a pas encore fait choix de la graphie classique qu 'il adopte en 1962. La chronique est publi&#233;e chaque semaine jusqu'en 1970. Apr&#232;s deux ans d'interruption, elle reprend en 1973 sous le titre Occit&#224;nia. Elle n'a pratiquement jamais cess&#233; depuis, hormis tr&#232;s quelques rares semaines d'absence. Au total, ce sont quelques 1300 chroniques qui ont &#233;t&#233; publi&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cl.Barsotti est par ailleurs animateur et collaborateur de nombreuses publications occitanistes. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages importants comme &lt;i&gt;Antologia deis escrivans sociaus proven&#231;aus (1875-1914&lt;/i&gt;, Pichons Classics Occitans, C.E.O.Montpellier, 1975 ; &lt;i&gt;Le Music-hall marseillais de 1815 &#224; 1914&lt;/i&gt;, Mesclum, Arles, 1994. Avec Guiu Mutin et Ives Poggio, il est co-auteur de &lt;i&gt;Parlam proven&#231;au, m&#233;thode d'apprentissage de l'occitan proven&#231;al&lt;/i&gt;, C.R.D.P Marseille, 1974. CI.Barsotti est &#233;galement romancier.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1981, il entre dans l'audiovisuel, notamment &#224; Radio-France Provence : en 1986 il doit y cesser ses &#233;missions pour avoir avec d'autres producteurs occitans refus&#233; la politique r&#233;ductrice et n&#233;faste de la direction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 1981, il est producteur d'&#233;missions de t&#233;l&#233;vision &#224; FR 3 M&#233;diterran&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;cembre 1985, CI.Barsotti re&#231;oit la responsabilit&#233; de la page Mesclum, publi&#233;e chaque jeudi dans &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;, page qui pr&#233;sente l'actualit&#233; occitane sous ses aspects les plus vari&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le choix des textes a &#233;t&#233; on s'en doute difficile. Nous avons donc choisi, compte-tenu de la modestie de nos possibilit&#233;s &#233;ditoriales, de nous en tenir &#224; ceux des ann&#233;es 1980. Le lecteur poura ainsi suivre, group&#233;s autour de quelques th&#232;mes forts, les principaux axes d'intervention. D'abord quelques textes consacr&#233;s &#224; l'histoire occitane, patrimoine vivant qui &#233;claire notre pr&#233;sent. Puis des textes de r&#233;flexion sur la dignit&#233; &#224; retrouver, le rapport &#224; la France et &#224; la langue fran&#231;aise. Enfin un regard occitaniste jet&#233; sur le monde, &#224; travers une r&#233;flexion th&#233;orique appuy&#233;e sur l'actualit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons cependant tenu &#224; commencer par un des tous premiers textes de Cl.Barsotti, publi&#233; en mai 1961. Texte qui n'est pas, &#224; la diff&#233;rence des autres, en l'&#233;tat original. L'auteur l'a repris en graphie classique, mais les mots et les phrases de cette ann&#233;e 1961 sont les m&#234;mes et r&#233;veilleront bien des souvenirs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les textes ici pr&#233;sent&#233;s ne peuvent donner qu'une faible id&#233;e de la mati&#232;re propos&#233;e depuis trente ans par CI.Barsotti, dont l'historien dira plus tard combien il a contribu&#233; &#224; faire se rencontrer et mutuellement fructifier engagement politique et engagement occitaniste, dans ce Languedoc oriental et cette Provence qui ont si souvent &#233;t&#233;, depuis deux si&#232;cles, &#224; la pointe des combats pour la d&#233;mocratie politique et sociale, comme &#224; la pointe de la d&#233;fense d'une langue et d'une culture occitanes injustement &#233;cras&#233;es par l'&#201;tat-nation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ren&#233; MERLE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fonction sociale du th&#233;&#226;tre fran&#231;ais et du th&#233;&#226;tre dialectal (langue d'Oc et francoproven&#231;al) dans le Sud-Est de la fin de l'Ancien R&#233;gime &#224; 1840</title>
		<link>https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article669</link>
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		<dc:date>2025-10-23T09:33:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Francoproven&#231;al</dc:subject>
		<dc:subject>Langue d'Oc</dc:subject>
		<dc:subject>Th&#233;&#226;tre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Provence Historique, 160, mai-juin 1990 &lt;br class='autobr' /&gt; Du premier au second Empire, les enqu&#234;tes sur les patois en attestent, le grand Sud-Est demeure zone d'&#233;paisseur dialectale populaire, occitane (parlers alpins, languedociens, proven&#231;aux) ou francoproven&#231;ale (parlers du Dauphin&#233; septentrional, du Lyonnais, etc). Sur le long terme des 17e et 18e si&#232;cles, les villes sont naturellement les lieux &#224; partir desquels rayonne la francisation, objectif majeur pour les Acad&#233;mies de Lyon, Marseille, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Oc. Auteurs, &#233;rudits&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Francoproven&#231;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot5" rel="tag"&gt;Langue d'Oc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot632" rel="tag"&gt;Th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Provence Historique&lt;/i&gt;, 160, mai-juin 1990&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du premier au second Empire, les enqu&#234;tes sur les patois en attestent, le grand Sud-Est demeure zone d'&#233;paisseur dialectale populaire, occitane (parlers alpins, languedociens, proven&#231;aux) ou francoproven&#231;ale (parlers du Dauphin&#233; septentrional, du Lyonnais, etc).&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le long terme des 17e et 18e si&#232;cles, les villes sont naturellement les lieux &#224; partir desquels rayonne la francisation, objectif majeur pour les Acad&#233;mies de Lyon, Marseille, Montpellier, N&#238;mes, qui naissent &#224; la charni&#232;re des deux si&#232;cles. Mais ces institutions touchent surtout les &#233;lites traditionnelles. Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'enseignement n'est pas g&#233;n&#233;ralis&#233;, la fonction du th&#233;&#226;tre, t&#233;moin et agent de la francisation, est importante, dans son aspect symbolique d'investissement culturel et dans l'acculturation pratique du spectateur. Dans les ann&#233;es 1750-1780, Aix, Grenoble, Montpellier, Toulon, Vienne se dotent de lieux de th&#233;&#226;tre permanents et rejoignent ainsi Avignon, Lyon, Marseille (1), N&#238;mes. La vall&#233;e du Rh&#244;ne est le chemin des troupes fran&#231;aises. Significativement, la salle de th&#233;&#226;tre na&#238;t le plus souvent avant les feuilles que l'on commence &#224; publier une, deux ou trois fois par semaine dans certaines de ces villes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le th&#233;&#226;tre fran&#231;ais m&#234;le parole, chant, danse, dans un plaisir de la modernit&#233; et un prestige socioculturel dont, au-del&#224; des &#233;lites, n&#233;gociants et m&#234;me artisans veulent participer. &#192; la fin de l'Ancien R&#233;gime, et au-del&#224;, les repr&#233;sentations gratuites qu'offrent les municipalit&#233;s &#224; l'occasion d'un grand &#233;v&#233;nement initient les couches populaires, si peu int&#233;gr&#233;es au Bon Ton et &#224; la langue des &#233;lites.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi &#224; Toulon, &#224; l'occasion du sacre de Louis XVI, &#8220;les administrateurs de la Communaut&#233; firent donner gratuitement pour le peuple une repr&#233;sentation de la partie de chasse de Henry quatre, et du Tonnelier, o&#249; assist&#232;rent plus de dix huit cent artisans ou journaliers avec leurs femmes, tous ces spectateurs t&#233;moign&#232;rent la plus grande satisfaction d'un spectacle aussi nouveau pour eux, et nonobstant la foule, il y r&#233;gna la plus grande tranquillit&#233;, et ils sortirent en ne cessant de crier Vive le Roy&#8221;(2).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 28 mars 1791 &#224; Marseille, le Th&#233;&#226;tre National, ex -Th&#233;&#226;tre des Vari&#233;t&#233;s, donne &#224; l'occasion de l'heureuse convalescence du roi une repr&#233;sentation gratuite de La F&#233;d&#233;ration marseillaise, Henry IV et les Mannequins : &#8220;Il est inutile de dire que l'affluence y fut prodigieuse : les Dames de la Halle s'y firent distinguer. On a affect&#233; de r&#233;pandre &#224; cette occasion, que le peuple, pour qui &#233;toit cette repr&#233;sentation, &amp; qui en composoit les Spectateurs, avoit enfonc&#233; les Portes, &amp; commis pour plus de 1200 liv. de d&#233;g&#226;ts dans la Salle. C'est une fausset&#233;, d&#233;mentie par le Directeur de ce Spectacle. On a dans&#233; dans ce parterre au son du tambourin avant la Com&#233;die, les loges particuli&#232;rement ont &#233;t&#233; respect&#233;es ; tout a &#233;t&#233; tranquille, &amp; jamais peut-&#234;tre des personnes peu faites &#224; ce genre d'amusement, n'ont &#233;cout&#233; des Pi&#232;ces avec autant de recueillement&#8221;(3).&lt;br class='autobr' /&gt;
Grandement ouverte au peuple des villes avec la R&#233;volution, la fr&#233;quentation du th&#233;&#226;tre devient g&#233;n&#233;rale sous la Restauration. Les localit&#233;s ne disposant en g&#233;n&#233;ral que d'une salle, les publics s'y organisent strat&#233;giquement en diff&#233;rence sociologique &#233;vidente, autour d'un m&#234;me r&#233;pertoire. S'il existe deux ou plusieurs salles, la hi&#233;rarchie sociale se refl&#232;te alors dans leur sp&#233;cialisation : ainsi &#224; Marseille &#224; partir de 1790 le Grand Th&#233;&#226;tre accueille un r&#233;pertoire haut de gamme, le Th&#233;&#226;tre des Vari&#233;t&#233;s plut&#244;t un r&#233;pertoire de divertissement. Le public des Vari&#233;t&#233;s est &#233;videmment plus populaire, encore que les &#233;lites ne d&#233;daignent pas de s'y m&#234;ler. Un lieu commun de l'imaginaire marseillais, apr&#232;s 1815, est le rejet m&#234;l&#233; de fascination que provoque l'attitude des Nervis dans la salle du Gymnase (ex-Vari&#233;t&#233;s).&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet engouement g&#233;n&#233;ral et pr&#233;coce pour le th&#233;&#226;tre fran&#231;ais gagne-t-il plus tardivement la campagne ? Un autre lieu commun de l'imaginaire marseillais est l'ahurissement admiratif du paysan dialectophone devant la sc&#232;ne fran&#231;aise. En 1836, le peseur-jur&#233; Chailan, auteur dramatique fran&#231;ais (il a donn&#233; en 1827 un Jules C&#233;sar !) lit &#224; la soci&#233;t&#233; des Belles Lettres de Marseille ses Amours de V&#233;nus, bient&#244;t publi&#233;s et jou&#233;s. Le succ&#232;s sera durable de ce monologue dialectal, o&#249; un paysan du terroir conte sa d&#233;couverte de la sc&#232;ne marseillaise. En fait, les troupes ambulantes battant la campagne, y font conna&#238;tre le r&#233;pertoire fran&#231;ais. Le savant arch&#233;ologue Millin, visitant les d&#233;partements m&#233;ridionaux, rencontre ainsi &#224; Aups une pauvre troupe digne de Scarron (4).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le th&#233;&#226;tre fran&#231;ais, au d&#233;part r&#233;serv&#233; aux &#233;lites, p&#233;n&#232;tre la soci&#233;t&#233; civile par le m&#234;me mim&#233;tisme qui fait se familiariser le peuple avec le fran&#231;ais des &#034;Moussus&#034;. Il entra&#238;ne vers la langue d&#233;sormais nationale ceux qui n'ont re&#231;u d'enseignement (quand ils l'ont re&#231;u !) que des fr&#232;res ignorantins, ou des r&#233;gents de village. Cet engouement n'est pas que consommation passive. Il rel&#232;ve, dans le plaisir individuel et collectif, d'une pratique d'autant plus vivante que le lieu est priv&#233; de salle permanente. &#192; la fin de l'Ancien r&#233;gime, &#224; l'imitation des repr&#233;sentations donn&#233;es par ma&#238;tres et &#233;l&#232;ves dans les coll&#232;ges, qui font de l'&#233;criture et du jeu th&#233;&#226;tral un &#233;l&#233;ment d'&#233;ducation et de convivialit&#233;, les &#233;lites, la bourgeoisie, pratiquent le th&#233;&#226;tre de soci&#233;t&#233;. Par le th&#233;&#226;tre, J&#233;suites et Oratoriens donnaient des le&#231;ons de langage &#224; des &#233;l&#232;ves dont l'idiome &#233;tait encore natal (5). Cette acculturation est si peu re&#231;ue en frustration que le th&#233;&#226;tre de l'intimit&#233; familiale ou amicale, loin de revenir &#224; l'idiome, prolonge en plaisir cette contrainte langagi&#232;re de l'&#233;cole.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi en 1785, pour la f&#234;te du Pr&#233;sident d'Hugues, parlementaire grenoblois, marquis de la Garde-Adh&#233;mar, sa famille &#233;crit, joue, et fait imprimer au ch&#226;teau un divertissement, le Plaisir au Village (6).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi les bourgeoises soci&#233;t&#233;s d'amis de Marseille, sous l'Empire et la Restauration, occupent pour une part leurs loisirs &#224; la Bastide en jouant la com&#233;die.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le p&#232;re Gelu, boulanger marseillais, n&#233; en 1768, est dialectophone naturel mais grand amateur de th&#233;&#226;tre fran&#231;ais : &#8220;comme mon p&#232;re, j'avais un faible prononc&#233; pour l'accent du nord&#8221; &#233;crira son fils, futur po&#232;te proven&#231;al (7), dont la libido adolescente, par actrices interpos&#233;es, se fixe sur les &#8220;franciotes&#8221;(8). En 1820, pour faire plaisir au p&#232;re Gelu tr&#232;s malade, ses voisins lui offrent une f&#234;te. L'&#233;pouse d'un &#034; chaplaire &#034;, (fendeur de bois) lui r&#233;cite du Racine en plaisir supr&#234;me. &#8220;Elle nous d&#233;clamait le songe d'Athalie avec des gestes hazard&#233;s (sic) et des intonations singuli&#232;res qui sentaient beaucoup plus les le&#231;ons de la Tata (9) /.../ et le banc de la vieille poissonnerie que le Clo&#238;tre des Grandes Maries&#8221;(10).&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la R&#233;volution et de l'Empire, ce ph&#233;nom&#232;ne, d&#233;j&#224; perceptible avant 1789, conna&#238;t une &#233;vidente d&#233;mocratisation. La pratique du th&#233;&#226;tre dans les soci&#233;t&#233;s d'amateurs devient un fait majeur sous la Restauration. &#192; Marseille, celles que fr&#233;quente &#224; partir de 1820 le jeune Victor Gelu r&#233;unissent des commis, des employ&#233;s, mais aussi des artisans, des ouvriers des &#8220;m&#233;tiers prot&#233;g&#233;s&#8221; : portefaix, etc. On y reprend le r&#233;pertoire fran&#231;ais, on s'essaie m&#234;me &#224; l'&#233;criture, comme le p&#232;re Daumier, modeste artisan. Victor Gelu (11), Cauvi&#232;re (12), bons t&#233;moins, relatent de savoureuses anecdotes sur le jaillissement impr&#233;vu de l'idiome natal, traversant la tirade fran&#231;aise mal domin&#233;e. En 1840, un amateur toulonnais met plaisamment en sc&#232;ne les discussions proven&#231;ales d'un groupe qui r&#233;p&#232;te une pi&#232;ce fran&#231;aise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi la jeunesse m&#233;ridionale s'int&#232;gre &#224; la culture dominante. Quand V.Gelu quitte Marseille pour Lyon, o&#249; il vit quelques ann&#233;es apr&#232;s 1830, il retrouve sans d&#233;paysement les m&#234;mes soci&#233;t&#233;s d'amis, le m&#234;me r&#233;pertoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le public m&#233;ridional respecte le r&#233;pertoire classique, adore le drame moderne, le m&#233;lodrame, et se d&#233;lasse &#224; la com&#233;die de m&#339;urs. Il se passionne. Marseille, grand lieu th&#233;&#226;tral, aura sa bataille d'Antony en 1832. Son public est terrible, tumultueux, injuste. Mais sa cons&#233;cration est majeure. Lyon, autre grand foyer th&#233;&#226;tral, est un relais vers la notori&#233;t&#233; parisienne pour les Marseillais : Bonnet Bonneville, quittant le th&#233;&#226;tre marseillais des Vari&#233;t&#233;s, y jouera sous le Directoire, avant de gagner Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce public, form&#233; par sa pratique dans les soci&#233;t&#233;s d'amateurs, plus que le r&#233;pertoire privil&#233;gie l'acteur qui met au service du fran&#231;ais des qualit&#233;s ethniques de fougue, de brutalit&#233;, et d'&#233;motion. Le jeu m&#233;ridional, Gelu y insiste, est aux antipodes du romantisme larmoyant. Gelu, com&#233;dien amateur, puis semi-professionnel, se voudra acteur fran&#231;ais dans ce registre plus que po&#232;te proven&#231;al.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais sur sc&#232;ne, en anticipation de ce que sera plus tard la r&#233;alit&#233; linguistique, tout le monde parle fran&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui ne signifie pas que ce th&#233;&#226;tre ne se pimente pas de diff&#233;rence linguistique. Un exemple parmi d'autres : on proven&#231;alise en 1790 &#224; Marseille la Com&#233;die de Desforges Le Sourd et l'Auberge pleine, &#8220;On y trouve deux r&#244;les en langue proven&#231;ale, l'un de servante que Mle Clarice joue bien ; l'autre d'h&#244;tesse, que Mde Perceval prononce en Languedocienne avec une modulation qui en rend les sons doux et agr&#233;ables&#8221;(13). On ne saurait pour autant parler de th&#233;&#226;tre bilingue : ce th&#233;&#226;tre fran&#231;ais joue de l'idiome comme aujourd'hui un film peut int&#233;grer une pointe d'accent.&lt;br class='autobr' /&gt;
La persistance de l'idiome dans les villes du Sud (14) n'est pas source de r&#233;sistance &#224; la p&#233;n&#233;tration du th&#233;&#226;tre fran&#231;ais. Au contraire. Par ce th&#233;&#226;tre, la soci&#233;t&#233; est irrigu&#233;e d'un fran&#231;ais d'autant plus prestigieux qu'il n'est pas encore la langue commune.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici deux exemples assez &#233;tonnants de la dominance du fran&#231;ais. En 1841, le courtier Desanat, d&#233;fenseur de l'idiome natal, cr&#233;e &#224; Marseille Lou Bouil-Abaisso, premier journal enti&#232;rement versifi&#233; en langue d'oc, jusqu'aux indications d'abonnement. L'importante chronique th&#233;&#226;trale ne rend compte, en proven&#231;al, que de pi&#232;ces fran&#231;aises. En 1839, Pierre Bellot, auteur proven&#231;al connu, publie un long feuilleton versifi&#233; dans Le S&#233;maphore, grand journal de Marseille : c'est en proven&#231;al qu'il donne son sentiment sur les deux th&#233;&#226;tres de la cit&#233;, et leur r&#233;pertoire fran&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour autant, si le r&#233;pertoire est tr&#232;s majoritairement fran&#231;ais, la place de l'idiome natal n'y est pas n&#233;gligeable. L'inventaire du texte dialectal imprim&#233; en atteste(15). Certes, cet inventaire n'est pas enti&#232;rement signifiant : tout ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit n'a pas &#233;t&#233; jou&#233;, tout ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit n'a pas &#233;t&#233; imprim&#233;, tout ce qui a &#233;t&#233; jou&#233; n'a pas &#233;t&#233; imprim&#233;. Mais l'impression atteste d'un d&#233;sir important de reconnaissance sociale. L'&#233;tude des sources demeur&#233;es manuscrites d&#233;passerait de loin le cadre de cette rapide synth&#232;se.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce r&#233;pertoire imprim&#233; utilisant l'idiome natal pr&#233;sente un certain nombre d'aspects paradoxaux .&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier paradoxe tient &#224; la localisation : ces pi&#232;ces sont rares dans la zone francoproven&#231;ale. Le th&#233;&#226;tre de Lyon abandonne un usage du dialecte attest&#233; jusqu'au milieu du 18e si&#232;cle. Demeure le morceau r&#233;cit&#233; ou chant&#233; en soci&#233;t&#233;, qui propose &#224; l'amusement condescendant du notable la mise en sc&#232;ne du peuple : ainsi, &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime, des pi&#232;ces patoises de R&#233;v&#233;rony, directeur des conditions des soies. Du Directoire &#224; la Monarchie de Juillet, les pi&#232;ces amusantes de l'huissier Louis Etienne Blanc, en &#8220;langage canut&#8221;, distraient les r&#233;unions bourgeoises. Par ailleurs, en 1808, une com&#233;die est imprim&#233;e &#224; Grenoble. Mais cette traduction du c&#233;l&#232;bre Grouli&#233; Bel Esprit proven&#231;al fut-elle repr&#233;sent&#233;e ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre, le Sud propose un r&#233;pertoire dialectal abondant , et qui acc&#232;de vraiment &#224; la sc&#232;ne. La francisation plus rapide des r&#233;gions francoproven&#231;ales, o&#249; le renaissantisme (16) est pratiquement inexistant, et la persistance de l'idiome au sud, appuy&#233;e d'un pr&#233;-renaissantisme multiforme, suffisent-elles &#224; expliquer cette distorsion ? Sans doute pas : l'idiome est vivant dans le Bas-Languedoc oriental et le Dauphin&#233; de langue d'oc, qui fournissent une part non n&#233;gligeable du corpus dialectal pr&#233;-renaissantiste (po&#233;sies essentiellement). L'&#233;criture th&#233;&#226;trale de petits notables, d'&#233;ccl&#233;siastiques, est attest&#233;e en manuscrits dans les Alpes (Hautes-Alpes, Is&#232;re) mais nous ne savons pas si cette connivence famili&#232;re est pass&#233;e &#224; la repr&#233;sentation. Il est dificile de mettre cette lacune sur le seul compte de l'absence de structures et de la raret&#233; des imprimeries : &#224; Gap, le catalogue th&#233;&#226;tral local (fran&#231;ais) de l'imprimeur Allier est fort important &#224; partir de la R&#233;volution. Le th&#233;&#226;tre de Montpellier accueille avec succ&#232;s une pi&#232;ce bilingue de qualit&#233; en 1808, mais ce succ&#232;s n'entra&#238;ne pas l'impression. La reconnaissance du th&#233;&#226;tre dialectal dans la publication appara&#238;t &#224; cet &#233;gard une sp&#233;cificit&#233; proven&#231;ale, qui pose question. Il faut sans doute moins y voir l'expression d'un temp&#233;rament ethnique que la cons&#233;quence de donn&#233;es historiques (la tradition d'&#233;criture proven&#231;ale est forte) et de donn&#233;es socioculturelles : Marseille la grande ville, porteuse de patrimoine et de modernit&#233;, donc de conflits, est un lieu majeur d'&#233;laboration plus que toute autre ville du Sud ; la cit&#233; est lieu majeur d'impression aussi, mais elle est doubl&#233;e en ce domaine par l'activit&#233; traditionnelle d'Avignon, o&#249; la publication proven&#231;ale populaire est un cr&#233;neau sans prestige culturel, mais assez lucratif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Second paradoxe : nombre de ces pi&#232;ces proven&#231;ales ont &#233;t&#233; jou&#233;es, dans des lieux &#8220;normaux&#8221;, et souvent avec succ&#232;s. Elles ont eu un vrai public. Elles portent donc sur le statut de la langue minor&#233;e un t&#233;moignage moins subjectif que celui du texte &#8220;litt&#233;raire&#8221; renaissantiste, qui n'implique que le rapport individuel lecteur-auteur, quand ce n'est pas la publication &#224; compte d'auteur, sans lecteur. Mais ces pi&#232;ces ne participent pas du renaissantisme, m&#234;me si celui-ci a pu les prendre en compte ult&#233;rieurement. A une &#233;poque o&#249; chacun, peu ou prou, parle ou comprend encore l'idiome natal, on publie sans traduction, et &#233;videmment on joue sans traduction. Mais la finalit&#233; est moins une d&#233;fense de la langue qu'une interrogation sur soi. Les pouss&#233;es de cr&#233;ation th&#233;&#226;trale en dialecte semblent correspondre, dans la repr&#233;sentation plus ou moins fantasm&#233;e que la soci&#233;t&#233; civile s'y donne d'elle m&#234;me, &#224; des sauts qualitatifs dans l'acculturation fran&#231;aise. Comment la soci&#233;t&#233;, qui se reconna&#238;t-elle dans une culture import&#233;e, rend-elle compte de sa diff&#233;rence, voire de son &#233;tranget&#233; linguistique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La mise en sc&#232;ne th&#233;&#226;trale de la diglossie (17) avait grandement &#233;volu&#233; au 18e si&#232;cle. Les strates les plus anciennes proposent encore un th&#233;&#226;tre monolingue, o&#249; la langue d'oc est celle de tous. Ce type de th&#233;&#226;tre semble avoir &#233;t&#233; assez rapidement abandonn&#233;, en ville &#224; tout le moins, au profit d'un th&#233;&#226;tre bilingue. Mais des indices nous montrent la vitalit&#233; souterraine de cet antique repr&#233;sentation monolingue de la soci&#233;t&#233; proven&#231;ale. Nous la retrouvons dans les archa&#239;ques &#034;Myst&#232;res&#034; demeur&#233;s manuscrits, que la confr&#233;rie de Saint Pierre de Luxembourg continue &#224; mettre en sc&#232;ne &#224; Avignon, dans les jeux traditionnels de Carnaval, dans les dialogues populaires railleurs ou r&#233;sign&#233;s, perp&#233;tu&#233;s jusqu'aux d&#233;buts de la Restauration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, symboliquement ou en reflet r&#233;aliste, la soci&#233;t&#233; ne peut plus se reconna&#238;tre dans ce monolinguisme. Tout le senti du si&#232;cle vise &#224; une mise en repr&#233;sentation id&#233;ale du partage des langues : fran&#231;ais pour les &#233;lites, langue d'oc pour le peuple. Les pi&#232;ces de fin d'ann&#233;e jou&#233;es dans les coll&#232;ges, celles du pr&#234;tre marseillais Thobert par exemple, connues de tous, sont b&#226;ties sur cette dualit&#233; et sont un fondement de l'imaginaire bourgeois proven&#231;al. Elles exorcisent la pratique maintenue, et pour longtemps encore, d'un idiome, profond&#233;ment francis&#233;, dans l'intimit&#233; de la bourgeoisie m&#233;ridionale. Par d&#233;finition, ces entreprises demeurent manuscrites : elles ne sauraient relever de la reconnaissance culturelle qu'implique l'impression.&lt;br class='autobr' /&gt;
La publication est donc exceptionnelle : ainsi dans une curieuse publication avignonnaise de 1771, le filtre mystifi&#233; de la repr&#233;sentation religieuse anticipe le d&#233;passement de la diglossie : pour saluer la Nativit&#233;, seuls les exclus que sont les p&#226;tres parlent proven&#231;al. Toutes les autres couches sociales, y compris les plus modestes, parlent fran&#231;ais. Il ne s'agit gu&#232;re, &#224; l'&#233;vidence, d'une repr&#233;sentation r&#233;aliste de la soci&#233;t&#233; rurale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pensons que pour qu'il y ait publication de pi&#232;ces de ce genre, il faut qu'elles interviennent, &#224; leur fa&#231;on, dans un d&#233;bat sur le statut de l'idiome. Ainsi l'apparition du Fortun&#233; Marseillois co&#239;ncide avec la pouss&#233;e proven&#231;aliste de 1735 &#224; Marseille, contemporaine d'une premi&#232;re phase de modernisation, et de francisation. Alors que les entreprises crois&#233;es des &#233;rudits d&#233;couvrant le texte troubadouresque, du pr&#233;dicateur Pourri&#232;res, des po&#232;tes Artaud et Gros, redonnent &#224; la langue d'oc une dignit&#233; litt&#233;raire, la pi&#232;ce d'Audibert renvoie l'idiome &#224; sa modeste place, dans la sp&#233;cialisation sociologique. Le fran&#231;ais pour les ma&#238;tres et les n&#233;gociants (pr&#233;sent&#233;s donc comme d&#233;j&#224; francis&#233;s), le proven&#231;al &#233;ternel pour les paysans. L'entreprise est rassurante bipartition linguistique (que chacun reste &#224; sa place, donc dans sa langue) mais aussi n&#233;gation implicite des ambitions proven&#231;alistes. D&#233;sormais, le th&#233;&#226;tre semble ignorer la langue d'oc. Les ambitions proclam&#233;es par l'avocat arl&#233;sien Coye d'un th&#233;&#226;tre monolingue dans les registres fran&#231;ais ne semblent gu&#232;re avoir d'&#233;cho. Tout au plus la sc&#232;ne marseillaise peut &#224; l'occasion mettre en repr&#233;sentation un temp&#233;rament ethnique : tout le monde alors, l'espace d'un refrain, se retrouve dans l'all&#233;gresse et l'&#233;nergie proven&#231;ale. Ce qui n'enl&#232;ve rien par ailleurs &#224; la m&#233;prisante distance sociologique que les &#233;lites, &#224; l'occasion, peuvent manifester &#224; l'&#233;gard de la langue abandonn&#233;e au peuple. Marseille est bien loin de Versailles, o&#249; Mondonville, ma&#238;tre de musique du Roi, fait donner en 1755 sa pastorale languedocienne, Daphnis et Alcimadure. La reconnaissance en dignit&#233; se fait, comme par surprise, en d&#233;faussement g&#233;ographique. La r&#233;ponse marseillaise est comme la premi&#232;re manifestation d'un retour du refoul&#233; : le mot saisit le vif avec la publication de Routtier, en 1757. Les roides octosyllabes archa&#239;ques du Mariagi de Margarido, pi&#232;ce monolingue, t&#233;moignent d'un retour &#224; des formes consacr&#233;es, mais r&#233;volues, en opposition aux formes nouvelles, et d&#233;rangeantes, de l'expression th&#233;&#226;trale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le silence de la publication dialectale est rompu &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime, o&#249; le corpus de la publication th&#233;&#226;trale, dans sa pr&#233;sentation chronologique, montre une &#233;vidente pouss&#233;e marseillaise entre 1775 et 1785. Elle semble r&#233;pondre &#224; une nouvelle pouss&#233;e de la francisation. Le canevas consacr&#233; du partage sociologique des langues est singuli&#232;rement gauchi. Le Chevalier de Mayer, par ailleurs d&#233;fenseur des Troubadours, ridiculise l'hybris du fils de paysan &#224; qui le s&#233;jour parisien a tourn&#233; la t&#234;te. Jean se fait appeler Dejean et ne veut plus parler fran&#231;ais. Sommer ainsi le peuple de rester dans sa langue est aussi d'une certaine fa&#231;on d&#233;douaner Marseille bourgeois, qui bascule dans la francisation : que le peuple conserve une langue, reflet d'un temp&#233;rament ethnique, dans lequel tous peuvent se reconna&#238;tre. Ainsi, sans remords, les &#233;lites peuvent passer au fran&#231;ais. Bonnet Bonneville, r&#233;gisseur du th&#233;&#226;tre de Marseille, proven&#231;alise alors le personnage de Jean-Pierre, jeune matelot : son proven&#231;al spontan&#233; et color&#233; se prolonge de fran&#231;ais encore mal domin&#233;, signe d'une acculturation populaire d&#233;j&#224;, et encouragement &#224; son succ&#232;s. Cependant que le n&#233;gociant Blanc-Gilly, dans la Bienfaisance de Louis XVI, pose dans une harmonieuse compl&#233;mentarit&#233; le Marseille moderne et fran&#231;ais des n&#233;gociants, le Marseille archa&#239;que et proven&#231;al des gens de mer. L'idiome &#233;quilibre de naturel et de simplicit&#233; la n&#233;cessaire acquisition du fran&#231;ais. Quelle diff&#233;rence avec les prosa&#239;ques com&#233;dies bilingues du commmisionnaire Cailhol.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les pi&#232;ces des ann&#233;es 1780-1815 , sauf une (Lou Grouli&#233; Bel Esprit), jouent sur ce d&#233;s&#233;quilibre linguistique. Ce th&#233;&#226;tre ne vise pas tant &#224; l'action, &#224; l'intrigue, qu'&#224; la mise en sc&#232;ne de tensions &#224; la fois banales et extraordinairement difficiles &#224; concevoir et &#224; surmonter pour la soci&#233;t&#233; m&#233;ridionale. Compl&#233;ment mineur, mais indispensable du th&#233;&#226;tre fran&#231;ais, il a vraiment &#224; cet &#233;gard un r&#244;le cathartique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Insistons sur le fait que ce reflet du conflit linguistique n'a rien d'objectif et de m&#233;canique. Nous avons pu mettre en &#233;vidence le double traitement qu'un m&#234;me auteur, le menuisier Pelabon, machiniste au th&#233;&#226;tre de Toulon, fait subir &#224; la langue &#224; quelques mois de distance : proclam&#233;e langue de tous en d&#233;cembre 1789, la langue d'oc devient l'idiome porteur d'arri&#233;ration des seuls paysans les plus isol&#233;s, et les plus radicaux, en mai 1790 (18).&lt;br class='autobr' /&gt;
Insistons &#233;galement sur la fonction de d&#233;faussement de ce th&#233;&#226;tre dialectal : en donnant en 1789-1790 Lou Grouli&#233; Bel Esprit, une pi&#232;ce toute en proven&#231;al, qui ignore donc tensions linguistiques et tensions sociales, Pelabon propose aux Proven&#231;aux une &#233;vasion. Les raisons du succ&#232;s de ce th&#233;&#226;tre apolitique, pendant les ann&#233;es troubl&#233;es qui suivent, explique aussi peut-&#234;tre l'interdiction de ce m&#234;me th&#233;&#226;tre proven&#231;al &#224; Marseille rebaptis&#233;e &#034;Sans Nom&#034; en 1794. Les Montagnards lui reprochent autant cette indiff&#233;rene patriotique, cette &#8220;immoralit&#233;&#8221; que l'atteinte &#224; l'unit&#233; de langage des Fran&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il convient aussi d'&#234;tre attentif &#224; la pouss&#233;e de r&#233;&#233;ditions qui suit Thermidor : le th&#233;&#226;tre proven&#231;al, dans sa remont&#233;e de strates d&#233;j&#224; anciennes, se pose en lieu de retrouvailles rassurantes dans un monde instable, o&#249; l'on recommence &#224; peine &#224; respirer. S'excluait-il pour autant de la modernit&#233; ? Nous avons pu retrouver deux exemplaires d'une curieuse pi&#232;ce dont on ne connaissait que le titre. Les Marins du Midi, com&#233;die fortement inspir&#233;e de Pelabon, est au service du renouveau jacobin de 1798 : elle est d&#233;di&#233;e &#224; Barras, sans doute par le jeune Terrasson dont la modernit&#233; litt&#233;raire est par ailleurs &#233;vidente. Sous l'Empire, et aux d&#233;buts de la Restauration, le musicien marseillais Carvin utilise plaisamment dans ses pi&#232;ces dialectales le basculement d&#233;cisif de la diglossie en faveur du fran&#231;ais. Cependant que, signe des temps, les pi&#232;ces de Thobert, qui mettent en sc&#232;ne un partage des langues d&#233;sormais d&#233;pass&#233;, tombent dans le domaine public de l'impression. Le jeune public populaire, accultur&#233; au fran&#231;ais par le brassage des clubs et des arm&#233;es, peut rire &#224; son tour du paysan dialectophone, comme aujourd'hui les &#233;migr&#233;s de la seconde g&#233;n&#233;ration s'amusent des vieux berb&#233;rophones. Les publications de Thobert suscitent alors bien des imitateurs dans ce registre assez d&#233;solant. Ainsi l'ouvrier de l'arsenal de Toulon Pelabon, petit-fils de l'auteur du Grouli&#233;, fait ses premi&#232;res armes proven&#231;ales dans la com&#233;die pastiche de Thobert, avant de passer &#224; la po&#233;sie fran&#231;aise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre pouss&#233;e de cr&#233;ation et de publication appara&#238;t &#224; la fin de la Restauration et aux d&#233;buts de la monarchie de Juillet. Cette seconde pouss&#233;e est le fait d'hommes n&#233;s pendant la secousse de la R&#233;volution et de l'Empire, qui a renforc&#233; la conscience nationale fran&#231;aise des M&#233;ridionaux, et fait grandement avancer la francisation. Participant pleinement de la culture dominante, ils mettent en sc&#232;ne la diglossie dans la claire conscience de l'in&#233;luctable victoire du fran&#231;ais, mais aussi la mauvaise conscience du reniement, qu'ils exorcisent par la d&#233;nonciation du &#8220;parisien&#8221;, le fils ingrat qui ne reconna&#238;t plus ni l'idiome, ni son p&#232;re. Avec eux s'ach&#232;ve un premier type d'entreprise th&#233;atrale. Dans un dernier galop de carnacal, en 1840, Bellot ent&#233;rine le passage au fran&#231;ais de la jeunesse populaire. Dor&#233;navant, apr&#232;s 1840, la naissance d'une presse dialectale rassembleuse, d'une conscience renaissantiste collective, modifie et oriente la situation ant&#233;rieure. D'ailleurs, et sans doute ce n'est pas un hasard, &#224; ce moment-l&#224; commence le d&#233;clin de la cr&#233;ation th&#233;&#226;trale effectivement socialis&#233;e, qui c&#232;de la place &#224; des entreprises renaissantistes, ou se cantonnera dans des registres tels que son public, qui &#233;tait jusqu'&#224; pr&#233;sent tout le public, sera socialement tr&#232;s cibl&#233;. Significativement, les &#233;ditions de Pelabon, jusqu'en 1840 extr&#234;mement fr&#233;quentes, disparaissent pratiquement ensuite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce th&#233;&#226;tre dialectal &#233;tait tenu dans un statut mineur par des conditions subjectives, et des conditions objectives. On manque d'acteurs professionnels capables de bien jouer en dialecte. Paradoxe d'un th&#233;&#226;tre officiel qui fait jouer, parfois contre toute vraisemblance, des r&#244;les en proven&#231;al par des &#8220;franciots&#8221; de bonne volont&#233;, et d'un th&#233;&#226;tre d'amateurs o&#249; toute une jeunesse dialectophone &#233;corche le fran&#231;ais. On manque d'auteurs : les professionnels de la culture ne se soucient gu&#232;re du th&#233;&#226;tre dialectal. On ne saurait trop insister sur l'ignorance dans laquelle sont demeur&#233;es, jusqu'&#224; pr&#233;sent, les biographies, voire les identit&#233;s de la plupart de ces auteurs de th&#233;&#226;tre bilingue. Des &#233;tudes r&#233;centes commencent &#224; supprimer ces blancs (19) de connaissance, qui t&#233;moignent du statut d'indiff&#233;rence ou de mystification dans lequel a &#233;t&#233; tenu ce th&#233;&#226;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces interm&#233;diaires culturels, dont nous commen&#231;ons &#224; mieux cerner le milieu, les motivations, les conditions de cr&#233;ation, ont d&#251;, lorsqu'ils sont pass&#233;s &#224; la publication et &#224; la repr&#233;sentation sur des sc&#232;nes consacr&#233;es, franchir l'obstacle de la reconnaissance : ainsi, &#224; Marseille, pendant longtemps, le Grand-Th&#233;&#226;tre est pratiquement ferm&#233; aux pi&#232;ces proven&#231;ales, et les Vari&#233;t&#233;s les accueillent. Le Grand-Th&#233;&#226;tre s'ouvrira &#224; partir de la Restauration &#224; des auteurs consacr&#233;s comme Carvin et Bellot, mais dans le seul cadre des f&#234;tes de Carnaval. La transgression culturelle est ainsi assum&#233;e et justifi&#233;e. Quand il n'y a qu'une salle, ou dans le cadre des tourn&#233;es ambulantes, il est ais&#233; de constater que le r&#233;pertoire proven&#231;al appara&#238;t en compl&#233;ment familier, amusant, du drame ou de la trag&#233;die fran&#231;aise. Aucun auteur proven&#231;al d'ailleurs n'aurait l'outrecuidance de tenter une aventure dialectale dans ces registres auxquels l'idiome appara&#238;t impropre. N'est-il pas significatif que la seule &#8220;trag&#233;die&#8221; imprim&#233;e en proven&#231;al soit le fait d'un rabbin, et ne concerne que ces exclus que sont les juifs comtadins ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux tentatives, fort diff&#233;rentes, par lesquelles le th&#233;&#226;tre proven&#231;al a pu obtenir une certaine reconnaissance proc&#232;dent de la compensation diglossique fondamentale, et int&#233;rioris&#233;e : l'idiome port&#233; en sc&#232;ne ne peut qu'&#234;tre mise en sc&#232;ne de la parole populaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette repr&#233;sentation est utilis&#233;e par le traditionnel th&#233;&#226;tre d'hommage c&#233;r&#233;moniel, ou d'enthousiasme patriotique, relanc&#233; &#224; Marseille par Collot d'Herbois en 1777 (20), et dont nous pouvons constater les succ&#232;s importants &#224; Marseille lors des victoires fran&#231;aises de 1781-1783. Il conna&#238;t une petite flamb&#233;e aux d&#233;buts de la R&#233;volution, &#224; Avignon, Marseille, N&#238;mes, Toulon. Mais le nouveau statut du &#8220;peuple&#8221; rend apr&#232;s 1792 l'entreprise plus difficile, voire impossible. Elle pointe &#224; Marseille sous le Directoire, mais un sp&#233;cialiste du genre, Bonnet Bonneville, &#233;choue en 1801. Sous la Restauration, la r&#233;&#233;dition d'une pi&#232;ce de 1783, ou les initiatives du notable arl&#233;sien De Truchet, ne relancent pas le genre. Si les lib&#233;raux de Toulon appuient en 1832 une tentative dans ce registre, au titre fracassant, La Patrio avant tout, meme avant la Mestresso, ils ne trouveront pas non plus d'imitateurs. Le th&#233;&#226;tre de Toulon vivra dans une veine r&#233;aliste mais non politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autre part, le th&#233;&#226;tre dialectal cherche une autre forme de reconnaissance dans la mise en sc&#232;ne de la parole populaire : de Lyon &#224; Marseille, dans la moyenne et petite bourgeoisie, les soci&#233;t&#233;s d'amis s'amusaient de l'imitation de cette parole. Si le genre ne d&#233;passe pas le monologue convivial &#224; Lyon, il d&#233;bouche &#224; Marseille tant sur la chanson &#224; la Gelu que sur le monologue de th&#233;&#226;tre, le morceau &#224; faire, qui triomphe &#224; partir des ann&#233;es 1840. Les sc&#232;nes marseillaises accueillent alors, au milieu des repr&#233;sentations fran&#231;aises, ces &#034; declamaires &#034; et ces diseurs qui seront la p&#233;pini&#232;re du music-hall social marseillais &#224; venir (21). Chailan meurt en 1840 alors que triomphe sa com&#233;die Lou Paysan et lou Pastissier. La ville, accultur&#233;e mais complice, rit des siens dans le miroir qu'on lui propose. Mise en sc&#232;ne distanci&#233;e de la parole et de la r&#233;alit&#233; populaire du proche terroir, cette entreprise est r&#233;cup&#233;r&#233;e en identit&#233; rassurante par la Pastorale marseillaise, ouvri&#232;re et chr&#233;tienne, qui passera &#224; la publication un peu plus tard. Pour l'ann&#233;e, le fran&#231;ais et la modernit&#233; du chacun pour soi, mais que les f&#234;tes calendales redonnent au groupe, dans le recours &#224; l'idiome, le sens de la convivialit&#233; et l'espoir de la salvation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais si le r&#233;pertoire des cr&#232;ches et des pastorales va ainsi tomber dans le domaine public, le th&#233;&#226;tre dialectal doucement s'&#233;teint apr&#232;s 1840. Il avait rempli sa fonction. Le th&#233;&#226;tre dialectal &#233;tait en effet dor&#233;navant plac&#233; devant une double impossibilit&#233; : L'&#233;volution de la situation linguistique n'est pas propice &#224; la perp&#233;tuation du th&#233;&#226;tre bilingue cathartique. Certes, il y a encore de beaux jours pour la mise en sc&#232;ne de situations locales (22), mais pour l'essentiel les choix sont faits et les probl&#232;mes r&#233;gl&#233;s. Cette &#233;volution offre encore moins de chance &#224; la remise en circulation compensatrice du fonds archa&#239;que.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'impossibilit&#233; devient &#233;vidente d'un th&#233;&#226;tre proven&#231;al monolingue en repr&#233;sentation de r&#233;alit&#233; linguistique, car le fran&#231;ais a p&#233;n&#233;tr&#233; partout. D'o&#249; la fin du cycle du Grouli&#233;, malgr&#233; une r&#233;animation en 1855, que Gelu juge s&#233;v&#232;rement. La p&#233;joration sociale acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'idiome rend impossible &#233;galement l'apparition d'un th&#233;&#226;tre en langue d'oc d&#233;gag&#233; de la mise en sc&#232;ne d'une soci&#233;t&#233; diglossique, mais visant &#224; la normalit&#233; en dignit&#233;. &#192; la diff&#233;rence d'autres renaissantismes europ&#233;ens, le renaissantisme d'oc ne propose pas alors un th&#233;&#226;tre historique, social, r&#233;aliste ou lyrique, en prise sur une aspiration nationalitaire. M&#234;me si l'entreprise litt&#233;raire allait conna&#238;tre, par le d&#233;tour de la reconnaissance parisienne, une gloire r&#233;elle, le divorce entre les aspirations renaissantistes et la r&#233;alit&#233; de la soci&#233;t&#233; civile se r&#233;v&#233;lait d&#233;j&#224; cruellement dans le statut et le destin du th&#233;&#226;tre bilingue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ren&#233; MERLE&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
(1) Cf. Robert Ambard, La Com&#233;die en Provence au XVIIIe si&#232;cle, Facult&#233; des Lettres d'Aix en Pr., 1956.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) A.C.Toulon, BB 30, f&#176; 559&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Journal de Provence, 7 avril 1791.&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) A.L.Millin, Voyage dans les D&#233;partemens du Midi , Paris, Imp.Imp&#233;riale, 1808.&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Cf.Jean Stefanini, Un Proven&#231;aliste Marseillais , l'abb&#233; F&#233;raud, Facult&#233; des Lettres d'Aix en Pr., 1969.&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) B.M.Grenoble, V 15235&lt;br class='autobr' /&gt;
(7) Victor Gelu, Notes biographiques, A.C.Marseille, ms, p.181.&lt;br class='autobr' /&gt;
(8) V.Gelu, op.cit., p.285.&lt;br class='autobr' /&gt;
(9) L'institutrice des classes enfantines.&lt;br class='autobr' /&gt;
(10) V.Gelu, op.cit., p.138.&lt;br class='autobr' /&gt;
(11) V.Gelu, op.cit.&lt;br class='autobr' /&gt;
(12) J.Cauvi&#232;re, Le Caduc&#233;e, Souvenirs marseillais, Marseille, Marius Olive, 1878-1886.&lt;br class='autobr' /&gt;
(13) Journal de Provence, 30 d&#233;cembre 1790.&lt;br class='autobr' /&gt;
(14) Sur les pratiques langagi&#232;res &#224; Lyon, Cf. R.Merle,in R.Merle, F.Rude, Breyou et so disciplo, G.Roquille 1834, S.E.H.T.D, 1989. Sur celles de l'ensemble des foyers du Sud-Est, Cf. R.Merle, Une mort qui n'en finit pas, l'&#233;criture de l'idiome natal, N&#238;mes, MARPOC, 1990.&lt;br class='autobr' /&gt;
(15) Cf. texte de l'inventaire donn&#233; en annexe. On pourra &#233;galement se reporter &#224; notre th&#232;se, Ren&#233; Merle, L'&#233;criture du proven&#231;al, 1775-1840, B&#233;ziers, C.I.D.O, 1990.&lt;br class='autobr' /&gt;
(16) Nous appelons Renaissantisme la prise en compte d'un d&#233;clin d'usage de la langue, dans sa d&#233;valorisation sociale, politique culturelle, et partant la mise en &#339;uvre pratique d'une entreprise de salvation, au premier chef par la dignification litt&#233;raire.&lt;br class='autobr' /&gt;
(17) On se reportera en la mati&#232;re &#224; la th&#232;se de Philippe Gardy, L'&#233;criture occitane aux XVIe , XVIIe et XVIIIe si&#232;cles , Origine et d&#233;veloppement d'un th&#233;&#226;tre occitan &#224; Aix-en-Provence (1580-1730), L'oeuvre de Jean de Cabanes, B&#233;ziers, C.I.D.O, 1886.&lt;br class='autobr' /&gt;
(18) Cf.Ren&#233; Merle, Antoine Tramoni, Michel Vovelle, Toulon, 1789-1790 , E.Pelabon, S.E.H.T.D., 1989.&lt;br class='autobr' /&gt;
(19 La biographie de Carvin a ainsi &#233;t&#233; &#233;clair&#233;e par R&#233;gis Bertrand, &#8220;Fran&#231;ois Carvin&#8221;, Menestral, 1983, 31. Celle de Pelabon par R.Merle, in Toulon 1789-1790 , op. cit.&lt;br class='autobr' /&gt;
(20) Contrairement &#224; la pr&#233;sentation qui en est faite ordinairement, Cf. par exemple Cl.Mauron, Textes politiques en Langue proven&#231;ale, Saint-R&#233;my, 1986, la pi&#232;ce de Collot d'Herbois, Le Nouveau Nostradamus, n'alterne pas r&#244;les proven&#231;aux et fran&#231;ais. Collot, qui n'est pas m&#233;ridional, demande seulement &#224; l'acteur jouant le r&#244;le du capitaine de parler proven&#231;al, mais le texe imprim&#233; est fran&#231;ais. C'est pourquoi nous ne faisons pas figurer la pi&#232;ce dans l'inventaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
(21) Cf.Claude Barsotti, Le Music-Hall marseillais, Arles, mesclum, 1884.&lt;br class='autobr' /&gt;
(22) Cf. par exemple les publications toulonnaises de La Sinse, apr&#232;s 1870.&lt;br class='autobr' /&gt;
Inventaire - Th&#233;&#226;tre dialectal ou bilingue : textes imprim&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous serions heureux de recevoir toute indication nous permettant de compl&#233;ter cette premi&#232;re liste, &#233;videmment non exhaustive.&lt;br class='autobr' /&gt;
1701&lt;br class='autobr' /&gt;
(D.Sage ?), Lou Proucez de Caramentran, (Carmentran) coumedio nouvello et galanto, Paris, 1701. trois &#233;ditions sans date du l8e, Avignon, une &#224; V&#233;nasque, chez Crufeux, rue malpropre, &#224; l'enseigne du D&#233;go&#251;tant.&lt;br class='autobr' /&gt;
1709&lt;br class='autobr' /&gt;
La Mis&#232;re du temps ou le Tems mis&#233;rable, com&#233;die, Marseille, 1709.&lt;br class='autobr' /&gt;
1736&lt;br class='autobr' /&gt;
Audibert, Le Fortun&#233; Marseillois, Amsterdam, Weistein et Smith, 1736. (repr&#233;sent&#233;e en 1735).&lt;br class='autobr' /&gt;
1743&lt;br class='autobr' /&gt;
Coye, Lou Novy para, Cracouvio, 1743.&lt;br class='autobr' /&gt;
1744&lt;br class='autobr' /&gt;
Nouveau Vaudeville patois chant&#233; &#224; la Com&#233;die fran&#231;oise, &#224; l'ocasion de la convalescence du Roi, Lyon, 1744.&lt;br class='autobr' /&gt;
1747&lt;br class='autobr' /&gt;
Lou Proucez de Caramentran (Carmentran), Au Bourg, Cassignol.&lt;br class='autobr' /&gt;
1755&lt;br class='autobr' /&gt;
Daphnis et Alcimadure, pastorale languedocienne, Paris, Vve Delorme, 1755. Deux &#233;ditions.&lt;br class='autobr' /&gt;
1757&lt;br class='autobr' /&gt;
La F&#234;te du Jour,Divertissement &#224; l'occasion du portrait du Roy Louis XV donn&#233; &#224; la Ville de Marseille, et ex&#233;cut&#233; par les Com&#233;diens le 30 d&#233;cembre 1756. Marseille.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Routtier) Lou mariagi de Margarido, (Marseille), 1757.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tronc de Codolet, Palam&#232;de, Lei Fourbaries dau siecle, ou lou Troumpo qu poou, coumedio en tres actes, A Coulougno, Aquo de Jaque Marteou, M. DCC. LVII.&lt;br class='autobr' /&gt;
1760&lt;br class='autobr' /&gt;
De Gravelle, La Marseilloise, com&#233;die m&#234;l&#233;e d'ariettes et de vaudevilles, Avignon, 1760.&lt;br class='autobr' /&gt;
1771&lt;br class='autobr' /&gt;
La Naissance du Fils de Dieu, Tr&#233;g&#233;die en cinq actes. Avignon, 1771.&lt;br class='autobr' /&gt;
1774&lt;br class='autobr' /&gt;
Astruc Mardoch&#233;e, La Reine Esther, trag&#233;die, La Haye, 1774.&lt;br class='autobr' /&gt;
1775&lt;br class='autobr' /&gt;
Audibert, Le Fortun&#233; Marseillois, com&#233;die en un acte, Mise au Th&#233;&#226;tre par Mr.Audibert, Ordinaire de l'Acad&#233;mie de Musique, &#224; Marseille. Marseille, Mossy, 1775.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mayer, Lou R&#233;tour doou Mart&#233;gaou, Paroudio bouffouno en tr&#233;s actes, Mesclado d'ari&#233;tos su d'ers ancians. R&#233;pr&#233;sentado, per lei Coum&#233;diens de Marsillo, lou 5 Abriou 1775, Marseille, Mossy, 1775.&lt;br class='autobr' /&gt;
1781&lt;br class='autobr' /&gt;
Bonnet Bonneville, Ce que esperavian pas, ou Jean Pierre vengu de Brest. Interm&#232;de Proven&#231;al Termin&#233; par le Train de Saint Gini&#233;s. Par le Sieur B.Bonneville, de Marseille. Marseille, Favet, 1781.Deux &#233;ditions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bonnet Bonneville, Ce qu'on attendoit, ou l'Heureux Evenement, hommage patriotique &#224; l'occasion de l'heureux Accouchement de la Reine &amp; de la Naissance de Mgr. le Dauphin ; en forme de Divertissement, repr&#233;sent&#233; sur le Th&#233;&#226;tre de la Ville de Marseille, pour la premi&#232;re fois, le 9 Novembre 1781, &amp; redonn&#233; deux autres fois ensuite, &#224; la demande du public ; par M.B.Bonneville, de Marseille, Marseille, Mossy, 1781.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Routtier), Lou Mariagi de Margarido, Coumedio en un Acte. Per Defun Mossu R ... Nouvello editien. Si vende A Marsillo, Aquo de Jean Mossy, Imprimeur doou Rei, de la Marino, &amp; Libra&#239;re aou Parc, 1781.&lt;br class='autobr' /&gt;
1782&lt;br class='autobr' /&gt;
Bonnet Bonneville, Jean Pierre venu de Mahon, ou le Train du Pharo, Divertissement Fran&#231;ais et Proven&#231;al, Donn&#233; sur le Th&#233;&#226;tre de Marseille par les Com&#233;diens de S.A.Mgr le Prince de Marsan, Gouverneur de la Provence &amp;c., &#224; l'occasion de la Prise du Fort St.Philippe par les Espagnols &amp; les Fran&#231;ais, sous le Commandement de son Excellence Monseigneur le Duc de Crillon, Lieutenant G&#233;n&#233;ral des Arm&#233;es de sa Majest&#233; Catholique. Par M.Bonnet-Bonneville de Marseille. Marseille, Favet, 1782.&lt;br class='autobr' /&gt;
1783&lt;br class='autobr' /&gt;
(Blanc Gilly), La Bienfaisance de Louis XVI, vo Leis Festos de la Pax, Drame lyrique en deux actes et en vers, M&#234;l&#233; de Fran&#231;ais &amp; de Proven&#231;al, Compos&#233; &#224; l'occasion de la Paix Glorieuse de 1783, D&#233;di&#233; &#224; Messieurs les Maire, Echevins et Assesseur de la Ville de Marseille, Avec des Notes &#224; la fin pour l'intelligence des Mots Proven&#231;aux les plus difficiles &amp; pour quelques passages de la Pi&#232;ce, Par un Marseillais. Marseille, Favet, 1783.&lt;br class='autobr' /&gt;
1785&lt;br class='autobr' /&gt;
(Cailhol, Jacques), Le March&#233; de Marseille, vo lei doues Coumaires, Com&#233;die en deux actes et en vers, A Marseille, de l'Imprimerie de Jean Mossy, 1785.&lt;br class='autobr' /&gt;
1788&lt;br class='autobr' /&gt;
Bonnet Bonneville, Les Voeux satisfaits ou lou Roumavagi, Hommage patriotique en vers Fran&#231;ais &amp; Proven&#231;aux, &#224; l'occasion du r&#233;tablissement du Parlement de Provence, termin&#233; par un Divertissement repr&#233;sent&#233; sur le Th&#233;&#226;tre d'Aix, le lundi 20 Octobre 1788, par M.Bonneville, de Marseille. Aix, Mouret, 1788.&lt;br class='autobr' /&gt;
Description d'une F&#234;te Patriotique donn&#233;e &#224; Nismes le 29 novembre 1788 par le Tiers-Etat de cette ville. N&#238;mes, 1788.&lt;br class='autobr' /&gt;
1789&lt;br class='autobr' /&gt;
(Bonnet Bonneville), Jean-Pierr&#233; Manda en D&#233;putatien de Marsillo A Zay, 1789. Fragment de Jean-Pierr&#233; Vengu de Marsillo, Divertissement impromptu, Ex&#233;cut&#233; sur le Th&#233;&#226;tre d'Aix, le Dimanche 2eme d'Ao&#251;t 1789, &#224; l'occasion de la R&#233;union des Villes d'Aix &amp; Marseille.&lt;br class='autobr' /&gt;
1790&lt;br class='autobr' /&gt;
Bonnet-Bonneville, L'A-Propos Patriotique, Impromptu all&#233;gorique en vers Fran&#231;ais &amp; Proven&#231;aux, Repr&#233;sent&#233; sur le Th&#233;&#226;tre des Vari&#233;t&#233;s de Marseille, &#224; la fin d'Urb&#233;lise &amp; Laval, Com&#233;die F&#233;&#233;rie, au b&#233;n&#233;fice des Ouvriers des Forts, par le Sieur Bonnet-Bonneville. Marseille, Favet, 1790.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bonnet-Bonneville, Les F&#234;tes de la Libert&#233; ou la F&#233;d&#233;ration Nationale de Marseille, Hommage all&#233;gorique &amp; patriotique, divis&#233; en un Prologue, un Interm&#232;de, une F&#234;te publique, en Vers &amp; en Prose, orn&#233; de ses Divertissemens de Chants &amp; de Danses, avec un grand Spectacle &amp; D&#233;corations analogues au sujet. Repr&#233;sent&#233; sur le Th&#233;&#226;tre des Vari&#233;t&#233;s le 14 juillet 1790. Par le sieur Bonnet, Citoyen Actif de Marseille, ci-devant Bonneville. Marseille, Mossy, 1790.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bonnet Bonneville, Ce que Speravian pas, ou Jean-Pierre Vengu de Brest, Interm&#232;de Proven&#231;al, Termin&#233; par le train de Saint-Gini&#233;s. Par le S.B.Bonneville, de Marseille, 1790 (C'est la reprise de l'&#233;dition de 1781, avec un titre l&#233;g&#232;rement modifi&#233;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Etienne,La R&#233;union Patriotique ou Minerve &#224; Toulon. Toulon, Mallard,1790.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, vo Suzete et Tribor, Com&#233;die en deux actes, &amp; en vers Proven&#231;aux, m&#234;l&#233;e de chants. Avignon, Bonnet. 1790.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vallier, Brulot, Le Tribut du coeur ou les f&#234;tes citoyennes, com&#233;die-ballet, en un acte, en vers Proven&#231;aux &amp; Fran&#231;ais ; m&#234;l&#233;e de vaudevilles &amp; de musique, par Messieurs Vallier &amp; Brulot, Avignon, Bonnet, 1790.&lt;br class='autobr' /&gt;
1792&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Avignon, Bonnet,1792.&lt;br class='autobr' /&gt;
1793&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit,.Avignon, Bonnet, 1793.&lt;br class='autobr' /&gt;
1795&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Avignon, A.Berenguier. An III.&lt;br class='autobr' /&gt;
1797&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Avignon, Berenguier, an V.&lt;br class='autobr' /&gt;
1798&lt;br class='autobr' /&gt;
(Routtier), Lou Mariagi de Margarido, coumedio en un acte, per defun Moussu R..., nouvello editien. Si vende &#224; Avignoun, Aquo d'Alphonse Berenguier, Imprimur libraire, place d'aou Change, an VI.&lt;br class='autobr' /&gt;
( Terrasson Duvernon), Les Marins du Midi, Gap, Allier, (1798).&lt;br class='autobr' /&gt;
1799&lt;br class='autobr' /&gt;
(Cailhol), Le March&#233; de Marseille, vo lei doues Coumaires, Com&#233;die en deux Actes et en Vers, Avignon, B&#233;renguier,an VII, (deux &#233;ditions).&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Avignon, Berenguier, an VII.&lt;br class='autobr' /&gt;
1801&lt;br class='autobr' /&gt;
Bonnet Bonneville, Le Triomphe de la paix, ou les F&#234;tes de Marseille, Ouvrage national en trois parties, compos&#233;es d'un Triomphe, d'un Hommage, et d'un Divertissement, en vers fran&#231;ais et proven&#231;aux ; orn&#233; de chants, de danses, et d'un pompeux spectacle. Par B.Bonnet-Bonneville, Citoyen de Marseille. Paris, Migneret, an X, 1801.&lt;br class='autobr' /&gt;
1802&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Avignon, Berenguier, an X.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Avignon, Bonnet, an X.&lt;br class='autobr' /&gt;
1804&lt;br class='autobr' /&gt;
(Cailhol), Moussu Jus, Com&#233;die en un acte et en vers, repr&#233;sent&#233;e sur le Th&#233;&#226;tre des petits com&#233;diens en d&#233;cembre 1784, revue et corrig&#233;e par l'Auteur, Marseille, Mossy, an XII, 1804.&lt;br class='autobr' /&gt;
1805&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Avignon, Berenguier, an XIII.&lt;br class='autobr' /&gt;
1808&lt;br class='autobr' /&gt;
(Menilgrand), Bleze lou savati, (Grenoble, Allier, 1808).&lt;br class='autobr' /&gt;
1809&lt;br class='autobr' /&gt;
(Carvin), Mest&#233; Barna, Marchand d&#233; Vin ei Grand Carm&#233;s, vo Soou fas pas maou, Com&#233;die en un acte et en vers proven&#231;aux, Par M.C..., de Marseille. Marseille, 1809.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Marseille, Mossy, 1809.&lt;br class='autobr' /&gt;
1810&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Toulon, Curet, 1810.&lt;br class='autobr' /&gt;
1813&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Avignon, s.n.1813&lt;br class='autobr' /&gt;
(Thobert), Mest&#233; Mauchuan ou le Jugement de l'&#226;ne, Marseille, 1813.&lt;br class='autobr' /&gt;
1814&lt;br class='autobr' /&gt;
(Blanc Gilly), La Bienfaisance de Louis XVI, vo leis Festos de la pax, Drame lyrique en deux actes et en vers, par un Marseillais. Marseille, Guion, 1814.(R&#233;&#233;dition du texte de 1783).&lt;br class='autobr' /&gt;
(Thobert), La Naissance de J&#233;sus-Christ, pastorale sacr&#233;e pour la Congr&#233;gation des filles de Notre-Dame du Mont, (Marseille), 1814.&lt;br class='autobr' /&gt;
1816&lt;br class='autobr' /&gt;
(Carvin), Jean d&#233; Cassis oou Mart&#233;gu&#233;, Imitation burlesque de Jean de Paris, m&#234;l&#233;e de Contes, Saillies et bons mots, attribu&#233;s aux anciens habitans du Martigues, En un Acte et en Vers proven&#231;aux, repr&#233;sent&#233;e pour la premi&#232;re fois sur le Grand Th&#233;&#226;tre de Marseille, en mars 1816, par C..... Ain&#233;, de Marseille, Auteur de Mest&#233; Barna, doou R&#233;tour deis Bourbouns, etc etc. Marseille, Masvert, Ricard, 1816.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel-Esprit, Avignon, Berenguier, 1816.&lt;br class='autobr' /&gt;
1817&lt;br class='autobr' /&gt;
(Thobert), Pastorale pour le temps de l'&#233;piphanie mise en chants fran&#231;ais et proven&#231;aux, sur des airs connus, en deux interm&#232;des, Marseille, 1817.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tronc de Codolet, Lei Fourbairies (sic) dau Siecl&#233;, (1757) extraits, in Annales Encyclop&#233;diques, 1817.&lt;br class='autobr' /&gt;
1818&lt;br class='autobr' /&gt;
(Thobert), Pastorale sacr&#233;e, &#224; l'usage des S&#233;minaires du Sacr&#233;-Coeur, Marseille, Terrasson, 1818.&lt;br class='autobr' /&gt;
1819&lt;br class='autobr' /&gt;
(Routtier), Lou mariagi de Margarido, Coumedio en un acte, Per defun Moussu R..., Nouvello editien, Avignon, Berenguier, 1819.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Thobert), Pastorale ou Cantiques spirituels &#224; l'usage des petits s&#233;minaires d'Aix, Aix, Chevalier, 1819.&lt;br class='autobr' /&gt;
1821&lt;br class='autobr' /&gt;
(Cailhol), Le March&#233; de Marseille vo lei doues Coumaires, com&#233;die en deux actes et en vers, Avignon, Raymond, 1821.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Avignon, Raymond.1821&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;tour d'Henri, granadi&#233; din la L&#233;gioun d'oou Gard, ou lou Mariagi de Margarido, vaud&#233;villo franc&#233;s &#233; patois, m&#232;la d&#233; for&#231;o deivertiss&#233;m&#233;n ; analoguo a la neissen&#231;o d'oou Ducque d&#233; Bourdeou, P&#233;r Mest&#235; Martin, d'oou Plan d&#233; Bachalas. A Nim&#235;, d&#233; l'imprimari&#233; d&#233; Gaude, Grand'Carrieiro, 1821.&lt;br class='autobr' /&gt;
1822&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Avignon, Raymond, 1822.&lt;br class='autobr' /&gt;
1823&lt;br class='autobr' /&gt;
(Cailhol), Moussu Jus, Com&#233;die en un acte et en vers, Repr&#233;sent&#233;e sur le Th&#233;&#226;tre des Petits Com&#233;diens, en D&#233;cembre 1784.Revue et corrig&#233;e par l'Auteur, Avignon, Raymond, 1823.&lt;br class='autobr' /&gt;
1824&lt;br class='autobr' /&gt;
Carvin, Mest&#233; Barna, Marchand d&#233; vin &#233;is grands Carm&#233;s,vo Soou, fas pas maou, Com&#233;die en un Acte et en Vers Proven&#231;aux. Par M.Carvin, de Marseille. Seconde &#233;dition, revue et corrig&#233;e par l'auteur. Marseille, A.Ricard, 1824.&lt;br class='autobr' /&gt;
De Truchet, La Pastressou vo leis Escooufestr&#232;s, coum&#233;diou en un act&#232; et en vers prouven&#231;aous d'oou dialect&#232; d'Arl&#232;s, Paris, Moreau, 1824.&lt;br class='autobr' /&gt;
1825&lt;br class='autobr' /&gt;
De Truchet, La Rusou innocentou, Vaudevillou prouven&#231;aou, repr&#233;senta dins leis festous faches en Arl&#232;, &#224; l'oucasioun d'oou courounament de Charl&#232; X, Au b&#233;n&#233;fice des Hospices. Paris, Goetschy, 1825.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Thobert), Cristoou et Fresquiero, ou la queue de l'&#226;ne arrach&#233;e, com&#233;die en un acte et en vers proven&#231;aux, Marseille, Terrasson, 1825.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Thobert), Mestre Mauchuan ou le jugement de l'&#226;ne, par un Amateur, Marseille, Terasson, 1825.&lt;br class='autobr' /&gt;
1826&lt;br class='autobr' /&gt;
(Thobert), Cristoou et Fresqui&#232;re, ou la queue de l'&#226;ne arrach&#233;e, Com&#233;die en un acte et en vers, Marseille, Rouchon, 1826.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Marseille, Terasson, 1826.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Avignon, Raymond, 1826.&lt;br class='autobr' /&gt;
1827&lt;br class='autobr' /&gt;
Carvin, Lou Barbi&#233; Rasefin, vo Tartellettos Pat&#233;s-Chauds, Com&#233;die en deux Actes, en Vers Fran&#231;ais et Proven&#231;aux, par M.Carvin A&#238;n&#233;, de Marseille, Auteur de Meste Barna, de Jean de Casis, etc. Marseille, Marius Olive, 1827. deux &#233;ditions.&lt;br class='autobr' /&gt;
1829&lt;br class='autobr' /&gt;
(Blanc Fran&#231;ois), Lou Triouph&#233; de la Maniclo, Coumedion en un act&#233; et en vers prouven&#231;aous, suivido de la c&#233;r&#233;mouni&#233; de la r&#233;ceptien d'un cordouni&#233;, Par F.B...., Marseille, Baudillon, 1829.&lt;br class='autobr' /&gt;
Carvin), Jean d&#233; Cassis oou Mart&#233;gu&#233;, Imitation burlesque de Jean de Paris, m&#234;l&#233;e de Contes, Saillies et bons mots, atribu&#233;s aux anciens habitans du Martigues, en un acte et en vers proven&#231;aux. Repr&#233;sent&#233;e pour la premi&#232;re fois, sur le Grand Th&#233;&#226;tre de Marseille, en mars 1816. Par C...Ain&#233;, de Marseille.Seconde &#233;dition. Marseille, Chez Tse Estellon, Papetier, Place Royale. Impr. de Baudillon, 1829.&lt;br class='autobr' /&gt;
1830&lt;br class='autobr' /&gt;
Carvin, Mise Galineto et lou R&#233;v&#233;nant, vo lou Mariagi de Rasefin, Com&#233;die en un Acte en vers fran&#231;ais et proven&#231;aux, faisant suite au Barbier Rasefin, Par M.Carvin ain&#233;, de Marseille, Avignon, Chaillot, 1830.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Marseille, Estellon, 1830.&lt;br class='autobr' /&gt;
1831&lt;br class='autobr' /&gt;
(Thobert), Cristoou et Fresquiero, Marseille, Rouchon, 1830.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Thobert), Pastorale sacr&#233;e, Marseille, 1831.&lt;br class='autobr' /&gt;
1832&lt;br class='autobr' /&gt;
Bellot, Moussu Canulo vo lou Fiou ingra, Com&#233;die en trois Actes et en vers Proven&#231;aux et Fran&#231;ais, Marseille, Achard, 1832.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Cailhol), Leis doues Coumayres d'oou Marca de Marsillo. Com&#233;die en un acte et en vers, Arrang&#233;e en Vaudeville par le fils de l'auteur. Marseille, Vve Requier, Terrasson, 1832.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gourrier, La Patrio avant tout, m&#234;me avant la Mestresso, vo la grando questien de la Guerro et la Pax, Coumedio en doux Actes et en vers, Toulon, Baume, 1832. (deux &#233;ditions).&lt;br class='autobr' /&gt;
Lou Triouph&#233; d&#233; Nonotou, ou Mest&#233; Pierr&#233; Battu, Vodevillo en dos Actous, R&#233;pr&#233;senta, &#224; la suite d'un charivari, &#224; A&#239;gou-mortou, lou 22 mars 1832, Per un ami d&#233; Mest&#233; Pierre. N&#238;mes, Durand-Belle.&lt;br class='autobr' /&gt;
1833&lt;br class='autobr' /&gt;
Mathieu, Benoni, Patroun Praire, vo lou Pescadou Tourounen, Com&#233;die en deux actes et en vers proven&#231;aux, M&#234;l&#233;e de Couplets, Toulon, Duplessis Ollivault, 1833.&lt;br class='autobr' /&gt;
1834&lt;br class='autobr' /&gt;
Carvin, Au Prix fixe, vo Scarpin Courdouni&#233; deis Damos, Com&#233;die en deux actes, m&#234;l&#233;e de couplets, en vers fran&#231;ais et proven&#231;aux, par Carvin ain&#233; de Marseille, Mille et Senes, 1834.&lt;br class='autobr' /&gt;
1835&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Louis, Tranchet et Crestino ou lou Charivarin, com&#233;die en un acte et en vers proven&#231;aux, m&#234;l&#233;e de chants, Toulon, Baume, 1835.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Louis, Magaou et Canoro vo lou prouc&#232;s doou pouar, com&#233;die en deux actes et en vers proven&#231;aux, Toulon, Baume, 1835.&lt;br class='autobr' /&gt;
1837&lt;br class='autobr' /&gt;
(Chailan), Leis Amours de Vanus vo lou Paysan oou th&#233;atr&#233;, Marseille, Sen&#233;s, 1837.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Louis, Vitor et Madaloun, Com&#233;die-vaudeville en un acte et en vers proven&#231;aux, Toulon, Baume, 1837.&lt;br class='autobr' /&gt;
1838&lt;br class='autobr' /&gt;
Chailan, Leis Amours de Vanus vo lou Paysan oou th&#233;atr&#233;, par Fortun&#233; Chailan, Marseille, Sen&#233;s, 1838.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Etienne, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Marseille, Terrasson, 1838.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Thobert), Cristoou et Fresqui&#232;ro, ou la queue de l'&#226;ne arrach&#233;e, Marseille, Terrasson, 1838.&lt;br class='autobr' /&gt;
1839&lt;br class='autobr' /&gt;
(Chailan), Lei Bugadi&#233;ros, sc&#232;no populari en vers prouven&#231;aoux, per Tounin Lachiquo, a Marsio, Dutertre, Libra&#239;re, sur lou Port, Vve Camoin, Libra&#239;re, pla&#231;o Royale, 1839.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gastinel, Lou Cordi&#233; maou counten, com&#233;die en deux actes et en vers proven&#231;aux, m&#234;l&#233;e de vaudevilles, d&#233;di&#233;e aux Toulonnais, par Joseph Gastinel. Toulon, Duplessi Ollivault, 1839.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel Esprit, Avignon, 1839.&lt;br class='autobr' /&gt;
1840&lt;br class='autobr' /&gt;
Bellot, Les deux Magots, ou le bal de Carnaval, folie en un acte, par MM Pierre Bellot et Vizentini, Marseille, Gilette, 1840.&lt;br class='autobr' /&gt;
L es Boh&#233;miens, Vaudeville burlesque, en un acte et en vers proven&#231;aux, Marseille, Nicolas, 1840.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lou Prouc&#232;s de Caramentran, Avignon, 1840.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pelabon, Lou Grouli&#233; Bel esprit, Avignon, Chaillot, 1840.&lt;br class='autobr' /&gt;
Verniet, Lou Th&#233;&#226;tr&#233; d&#233; B&#233;zagno, vo l'Assemblado deis Amatours, com&#233;die en deux actes en vers fran&#231;ais et proven&#231;aux, par Mr Aldebert Verniet, souffleur au th&#233;&#226;tre de Toulon, Toulon, 1840.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#233;lites n&#238;moises devant le probl&#232;me linguistique (fran&#231;ais et langue d'oc) de la pr&#233;-R&#233;volution aux d&#233;buts de la Monarchie de Juillet</title>
		<link>https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article511</link>
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		<dc:date>2025-10-23T09:33:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>de Sauvages</dc:subject>
		<dc:subject>Aubanel</dc:subject>
		<dc:subject>Fabre d'Olivet</dc:subject>
		<dc:subject>Montpellier</dc:subject>
		<dc:subject>N&#238;mes</dc:subject>
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		<dc:subject>Bonnet</dc:subject>
		<dc:subject>Tr&#233;lis</dc:subject>
		<dc:subject>Encontre</dc:subject>
		<dc:subject>Seguier</dc:subject>
		<dc:subject>Pierquin de Gembloux</dc:subject>
		<dc:subject>Roustan</dc:subject>
		<dc:subject>Couret</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Conf&#233;rence donn&#233;e &#224; la Soci&#233;t&#233; d'histoire moderne et contemporaine de N&#238;mes et du Gard, le 19 octobre 1991. &lt;br class='autobr' /&gt; Merci pour votre invitation. Elle me permet d'aborder un sujet qui sans &#234;tre inconnu, loin de l&#224;, peut encore interroger : les &#8220;&#233;lites&#8221; n&#238;moises devant le probl&#232;me linguistique, c'est &#224; dire devant le bilinguisme fran&#231;ais-occitan. Et ce, des ann&#233;es 1750-1760 jusqu'aux d&#233;buts de la tr&#232;s bourgeoise Monarchie de Juillet, en passant par la grande secousse r&#233;volutionnaire, la remise en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Oc. Auteurs, &#233;rudits&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;de Sauvages&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot44" rel="tag"&gt;Aubanel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Fabre d'Olivet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot253" rel="tag"&gt;Montpellier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot275" rel="tag"&gt;N&#238;mes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot276" rel="tag"&gt;Vincens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot297" rel="tag"&gt;Bonnet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot476" rel="tag"&gt;Tr&#233;lis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot561" rel="tag"&gt;Encontre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot565" rel="tag"&gt;Seguier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot566" rel="tag"&gt;Pierquin de Gembloux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot567" rel="tag"&gt;Roustan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot568" rel="tag"&gt;Couret&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Conf&#233;rence donn&#233;e &#224; la Soci&#233;t&#233; d'histoire moderne et contemporaine de N&#238;mes et du Gard, le 19 octobre 1991.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Merci pour votre invitation. Elle me permet d'aborder un sujet qui sans &#234;tre inconnu, loin de l&#224;, peut encore interroger : les &#8220;&#233;lites&#8221; n&#238;moises devant le probl&#232;me linguistique, c'est &#224; dire devant le bilinguisme fran&#231;ais-occitan. Et ce, des ann&#233;es 1750-1760 jusqu'aux d&#233;buts de la tr&#232;s bourgeoise Monarchie de Juillet, en passant par la grande secousse r&#233;volutionnaire, la remise en ordre imp&#233;riale, les tumultes du retour des Bourbons. Soit quelque quatre-vingts ann&#233;es, le passage de trois ou quatre g&#233;n&#233;rations d'adultes, la vie d'un homme. Quatre-vingts ann&#233;es pendant lesquelles la repr&#233;sentation de N&#238;mes dans l'imaginaire national a souvent jou&#233; dans la dramatisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'attendez pas de mon propos des r&#233;v&#233;lations, mais peut-&#234;tre une mise en relation d'attitudes que le cloisonnement des &#233;tudes a parfois eu tendance &#224; traiter de fa&#231;on s&#233;par&#233;e. La pluridisciplinarit&#233; est n&#233;cessaire. En t&#233;moigne l'heureuse rencontre d'un des historiens de la cit&#233;, Raymond Huard, et de Claire Torreilles, qui poursuit une fructueuse recherche sur la litt&#233;rature occitane de votre r&#233;gion, autour de votre compatriote Encontre, acteur et victime de l'histoire, auteur occitan puis fran&#231;ais, dans les ann&#233;es 1840.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le domaine que nous abordons, l'itin&#233;raire de chacun des intervenants cit&#233;s m&#233;rite approfondissement. J'esp&#232;re donc que mon propos, n&#233;cessairement incomplet, vous y incitera. Cette recherche n'est pas qu&#234;te patrimoniale &#233;rudite, abandonn&#233;e &#224; quelques sp&#233;cialistes. Je suis de ceux qui pensent qu'une culture occitane vivante et lucide ne peut faire l'&#233;conomie de la connaissance de ses origines.&lt;br class='autobr' /&gt;
La p&#233;riode que nous consid&#233;rons est une charni&#232;re importante dans l'&#233;volution du probl&#232;me linguistique m&#233;ridional.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour pr&#233;senter les choses de fa&#231;on bien sch&#233;matique, c'est la p&#233;riode o&#249; se r&#233;alise le grand fantasme linguistique des classes sup&#233;rieures du Midi : depuis la fin du Moyen-&#194;ge en effet, sur une longue plage de temps o&#249; le fran&#231;ais, langue du pouvoir et de la culture, supplante le latin et occupe tout le champ de l'&#233;criture, le fantasme de ces classes sup&#233;rieures est d'avoir atteint la francitude accomplie. Et ce gr&#226;ce &#224; la pratique de l'&#233;crit. On n'&#233;crit que fran&#231;ais. L'occitan ne s'&#233;crit pas, sauf exceptions rarissimes. Cependant, on a beau proclamer que d&#233;sormais l'occitan est langue abandonn&#233;e au peuple, sa pr&#233;gnance demeure dans l'oralit&#233;. La francisation des &#233;lites, r&#233;alis&#233;e d&#232;s le 16e si&#232;cle en ce qui concerne la ma&#238;trise de la langue &#233;crite, semble loin d'&#234;tre r&#233;alis&#233;e en ce qui concerne la parole. Au 17e si&#232;cle, et loin encore dans le 18e si&#232;cle, la situation la plus g&#233;n&#233;rale est pour ces &#8220;&#233;lites&#8221; une oralit&#233; fran&#231;aise sous-tendue, impr&#233;gn&#233;e par l'idiome natal qui demeure la langue de la quotidiennet&#233;, de la spontan&#233;it&#233;, &#8220;langue du d&#233;shabill&#233;&#8221; comme disent &#224; la fin du 18e si&#232;cle de bons observateurs : le Montpelli&#233;rain De Belleval, l'Al&#233;sien Boissier de Sauvages.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant 1789, les &#8220;&#233;lites&#8221; n'&#339;uvrent gu&#232;re pour la francisation des classes inf&#233;rieures : que le peuple reste &#224; sa place, donc dans sa langue p&#233;jor&#233;e. Et naturellement, du c&#244;t&#233; du peuple, la tentation est grande alors d'aller vers la langue des &#034;Moussus&#034;, par imitation, par d&#233;sir d'int&#233;gration et d'ascension sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, &#224; partir de la mutation r&#233;volutionnaire, cette situation conna&#238;t deux changements d&#233;cisifs :&lt;br class='autobr' /&gt; Plus ou moins langue de tous jusqu'alors, (m&#234;me si les &#233;lites feignaient de ne plus la conna&#238;tre), la langue d'oc devient de fait dans l'oralit&#233; la langue du seul peuple. Les &#233;lites ne la parlent plus. Cette r&#233;duction d'usage r&#233;alise effectivement le statut fantasm&#233; d'avant 1789 d'une soci&#233;t&#233; diglossique de classe : la &#034;Bonne Soci&#233;t&#233;&#034; parle fran&#231;ais, le peuple parle occitan. Les &#233;lites se d&#233;gagent vraiment de leur situation de bilinguisme. Ceux des lettr&#233;s qui gardent fid&#233;lit&#233; &#224; l'idiome natal le feront d&#233;sormais par choix et par plaisir, non par pesanteur familiale ou r&#233;gionale.&lt;br class='autobr' /&gt; Mais, second changement d&#233;cisif, d&#233;sormais les rapports de domination sociale commencent &#224; passer aussi par une entreprise d'acculturation au fran&#231;ais des classes inf&#233;rieures, classes dangereuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est que plus tard, pass&#233; 1840, quand un consensus social pratiquement unanime aura ainsi scell&#233; le sort de l'occitan parl&#233;, que na&#238;tra l'entreprise de salvation de la langue d'oc par la r&#233;habilitation litt&#233;raire. Pr&#233;-F&#233;librige des ann&#233;es 1840, qui s'organise entre Montpellier et Marseille. F&#233;librige mistralien &#224; partir de 1854, centr&#233; sur le proche pays rhodanien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Varois, et en aucune fa&#231;on N&#238;mois de souche (je vous dois ces pr&#233;cisions en ces temps o&#249; la filiation chromosomique semble retrouver quelque importance), &#8220;&#233;tranger&#8221; donc, au sens m&#233;ridional, en quoi ai-je quelque comp&#233;tence pour traiter de cette question ? Mon travail d'historien et de sociolinguiste sur l'&#233;criture de l'idiome natal dans le grand Sud-Est fran&#231;ais m'am&#232;ne tout naturellement &#224; traiter de N&#238;mes, d'autant que ce travail s'est prolong&#233; par des &#233;tudes sur la Suisse romande et particuli&#232;rement les cit&#233;s protestantes de Gen&#232;ve, de Lausanne, que tant d'&#233;changes, vous le savez, ont reli&#233; &#224; N&#238;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'essor &#233;conomique et culturel des ann&#233;es 1750-1780, dans les ann&#233;es tumultueuses de la R&#233;volution et des d&#233;buts de la Restauration, dans les p&#233;riodes de stabilisation de l'Empire ou de la monarchie de Juillet, comment les &#8220;&#233;lites&#8221; de N&#238;mes ont elles ignor&#233;, ni&#233;, ou pris en compte, voire utilis&#233; les donn&#233;es de ce bilinguisme in&#233;gal fran&#231;ais - occitan ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment les clivages sociaux, politiques, religieux, si caract&#233;ristiques de la cit&#233;, ont-ils utilis&#233;, directement ou pas, cette situation diglossique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quels types d'intervention rencontre-t-on avant les tentatives litt&#233;raires du pr&#233;-F&#233;librige des ann&#233;es 1840, puis du F&#233;librige, qui font entrer le statut du &#8220;patois&#8221; dans une autre p&#233;riode ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne suffirait-il pas de placer les interventions n&#238;moises, en exemples plus ou moins pertinents, dans la grille g&#233;n&#233;rale de lecture de la culture d'oc ? C'est un peu jusqu'&#224; pr&#233;sent la d&#233;marche des histoires de la litt&#233;rature d'oc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, si en ce domaine N&#238;mes offre naturellement bien des ressemblances avec les villes du Sud-Est occitan, elle pr&#233;sente aussi des diff&#233;rences suffisamment importantes pour m&#233;riter l'attention. Certes il n'existe pas de rapport &#034;m&#233;caniste&#034; entre les sp&#233;cificit&#233;s socioculturelles et religieuses de la cit&#233; et ses sp&#233;cificit&#233;s linguistiques. Cependant des liens existent, ils sont encore plus nets si on &#233;tudie la totalit&#233; des usages linguistiques, et pas seulement les productions &#8220;litt&#233;raires&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Avant 1750&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons le dualisme linguistique initial de la cit&#233;, au 16e si&#232;cle, &#224; l'aube des temps modernes.&lt;br class='autobr' /&gt; Une cit&#233; riche de son terroir, dont la religion catholique honore les fruits, une cit&#233; peupl&#233;e partiellement de ruraux, une cit&#233; gorg&#233;e donc de s&#232;ve dialectale, au ras des gestes imm&#233;moriaux du travail et de la f&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt; Une cit&#233; o&#249; la p&#233;n&#233;tration du protestantisme qui va de pair avec l'affirmation de l'institution scolaire, donc du fran&#231;ais, et gagne, depuis les &#233;lites dominantes, juridiques et bougeoises, une partie de la population urbaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont ces &#233;lites qui demandent, &#224; l'occasion des Etats G&#233;n&#233;raux de 1561, que l'on adopte &#8220;une liturgie en langue &#224; tous intelligible&#8221;. On n'est pas ici en B&#233;arn o&#249; l'occitan est langue du pouvoir et de la nouvelle religion. L'&#233;lite protestante n&#238;moise participe d'un respect complet de la langue du pouvoir politique fran&#231;ais et de la culture moderne. Et ce &#233;galement dans ses ambitions missionnaires en direction du Midi occitanophone. Les &#8220;Provinces Unies du Midi&#8221; seront parfaitement fran&#231;aises de ce point de vue. Le &#8220;peuple&#8221; n&#238;mois r&#233;form&#233; respecte doublement cette dominance du fran&#231;ais : au respect sociologique devant le fran&#231;ais des &#233;lites, qu'il partage avec le peuple de Marseille, Avignon, etc, s'ajoute le respect du choix religieux. Pour autant, ce &#8220;peuple&#8221;, on s'en doute, n'abandonne pas son occitanophonie quotidienne, qui lui fournit mati&#232;re &#224; interpellations voire injures : dans les luttes municipales du d&#233;but 17e, la masse huguenote des artisans, plus radicale que les &#233;lites mod&#233;r&#233;es, qualifie ces notables municipaux d'escambarlats (qui ont un pied dans chaque camp).&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut penser que cette supr&#233;matie du fran&#231;ais, supr&#233;matie de prestige sociologique confirm&#233;e d'adh&#233;sion religieuse, est &#224; la racine du blocage n&#238;mois en mati&#232;re d'&#233;criture occitane. Les autres cit&#233;s m&#233;ridionales connaissent la m&#234;me dichotomie linguistique, la m&#234;me francitude des &#233;lites, la m&#234;me occitanophonie populaire. Mais cette francitude des &#233;lites, rang&#233;es d&#233;finitivement du &#8220;bon c&#244;t&#233;&#8221;, fran&#231;ais, de la barri&#232;re linguistique, les autorise &#224; l'occasion &#224; appr&#233;cier le naturel et la na&#239;vet&#233; de &#034;l'idiome natal&#034;, et pourquoi pas de l'&#233;crire. Ainsi &#224; Marseille, Aix, Avignon, Montpellier... Rien de tel &#224; N&#238;mes semble-t-il. Pourquoi troubler d'occurences patoisantes une libert&#233; religieuse p&#233;trie de francitude, d'autant que la nouvelle bourgeoisie de la soie est pleinement satisfaite de la politique &#233;conomique fran&#231;aise. C'est bien le protectionnisme de Colbert qui ruinera l'&#233;trang&#232;re concurrente voisine, Avignon.&lt;br class='autobr' /&gt;
La R&#233;vocation va casser les &#233;lites intellectuelles qui assuraient le consensus id&#233;ologique n&#238;mois. Une des parades sera, en cette dure fin du 17e, la cr&#233;ation de l'Acad&#233;mie de N&#238;mes, affili&#233;e &#224; l'Acad&#233;mie fran&#231;aise. Sa fonction &#233;tait clairement proclam&#233;e. &#8220;R&#233;pandre et perfectionner l'usage de la langue fran&#231;aise dans la province, &#233;tudier les antiquit&#233;s qui y abondent&#8221;. Exaltation de la francitude, nostalgie de l'unit&#233; perdue et de la gloire pass&#233;es. En fait, on le sait, cette assembl&#233;e quelque peu somnolente ent&#233;rinera le sens m&#234;me de l'&#233;volution des donn&#233;es socio-culturelles de la cit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Les ann&#233;es 1750 &#8211; 1780&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La longue plage pr&#233;-r&#233;volutionnaire va quelque peu modifier cette situation.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Acad&#233;mie rena&#238;t en 1752, dans un climat de fiert&#233; citadine. L'exaltation du pass&#233; glorieux (pensons &#224; l'histoire que donne alors le conseiller M&#233;nard) soutient le d&#233;veloppement &#233;conomique et urbanistique. La ville qui d&#233;borde de ses remparts, red&#233;couvre ses vestiges, pr&#233;pare la restauration des Ar&#232;nes, etc, se soucie naturellement moins du Moyen-&#194;ge que de l'Antiquit&#233;, en d&#233;pit de la gloire retrouv&#233;e des Troubadours. Quand il se manifeste, l'int&#233;r&#234;t pour les Troubadours est un alibi (je me permets sur ce point de vous renvoyer &#224; ma th&#232;se).&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout au plus essaie-t-on de rehausser la fiert&#233; citadine en faisant de la r&#233;gion n&#238;moise le centre de la vraie langue d'oc de jadis. Vincens,Tr&#233;lis, participeront de cette vision id&#233;ologique assez commune : N&#238;mes, centre mythique de l'Occitanie m&#233;di&#233;vale troubadouresque.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Acad&#233;mie t&#233;moigne du poids accru des n&#233;gociants, qui impr&#232;gnent la conception classique de la culture d'un int&#233;r&#234;t nouveau pour les activit&#233;s industrielles de l'homme cr&#233;ateur : Vincens donne ainsi son Ode &#224; l'industrie. Par l&#224;, au plan de la cr&#233;ation, N&#238;mes se distancie des abondantes &lt;i&gt;G&#233;orgiques&lt;/i&gt; et autres &lt;i&gt;Bucoliques&lt;/i&gt; propos&#233;es par les lettr&#233;s m&#233;ridionaux. L'&#233;criture d'oc, comme l'&#233;criture francoproven&#231;ale de Suisse, s'engouffre alors dans cette trou&#233;e virgilienne : du Rouergat Peyrot au Suisse (fribourgeois) Python, tous deux catholiques et ruraux. L'occitan appara&#238;t ainsi comme ad&#233;quat &#224; l'exaltation des travaux agricoles o&#249; l'homme est soumis &#224; la nature, le fran&#231;ais comme porteur plus encore d'humanisme cr&#233;ateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1756 para&#238;t &#224; N&#238;mes le &lt;i&gt;Dictionnaire languedocien-fran&#231;ois&lt;/i&gt; de l'abb&#233; de Sauvages : ce dictionnaire d'un parler d'oc est donc une premi&#232;re. On n'a pas cela, ou pas vraiment cela, ailleurs. En Provence, il faut en fait attendre 1785.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet ouvrage vaut &#224; la fois pour la description qu'il donne du parler r&#233;gional ou provincial, par son traitement en langue plus qu'en patois, et pour la perception et la valorisation de l'ensemble d'oc, qui d&#233;passe largement le Languedoc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais paradoxalement, N&#238;mes, le lieu de la parution du dictionnaire est aussi le lieu de la distance prise avec cette entreprise novatrice. &#192; la limite, Sauvages aura plus de reconnaissance officielle &#224; l'acad&#233;mie de Montpellier. Les &#233;lites n&#238;moises semblent se d&#233;fausser de l'entreprise de Sauvages : le travail de Sauvages est celui d'un solitaire, excentr&#233; par rapport &#224; l'acad&#233;mie, et Sauvages l'Al&#233;sien, fier de ses racines c&#233;venoles, appara&#238;t plus comme un voyageur, un M&#233;ridional de Paris, que comme un &#8220;vrai&#8221; N&#238;mois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant la fonction proclam&#233;e de ce dictionnaire ne pouvait pourtant a priori que convenir &#224; ces &#233;lites n&#238;moises &#339;uvrant pour la francisation. Le sous-titre de l'ouvrage en t&#233;moigne : &#8220;Contenant un recueil des principales fautes que commettent, dans la diction &amp; dans la prononciation fran&#231;aise, les Habitans des provinces m&#233;ridionales, connues autrefois sous la d&#233;nomination g&#233;n&#233;rale de la Langue-d'Oc&#8221;. Il s'agissait d'amener les gens &#224; mieux parler fran&#231;ais, &#224; mieux choisir leurs mots, &#224; mieux les prononcer, &#224; ne pas laisser leur fran&#231;ais se contaminer par le d&#233;calque du patois quotidien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sauvages a-t-il vex&#233; en montrant que ces corrections du langage sont encore tout &#224; fait n&#233;cessaire pour les gens de la bonne soci&#233;t&#233; n&#238;moise, qui se piquent d'une francitude absolue d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;e ? Et n'a-t-il pas choqu&#233; en refusant de d&#233;valoriser cette langue qu'il faut pourtant abandonner, il en convient ? N'a-t-il pas g&#234;n&#233; en faisant &#339;uvre patriotique &#8220;occitane&#8221;, en exaltant dans sa pr&#233;face le patriotisme linguistique m&#233;ridional, alors que pour les &#8220;&#233;lites&#8221; n&#238;moises ce &#8220;patois&#8221; n'est pas digne d'int&#233;r&#234;t ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Significativement, ces &#8220;&#233;lites&#8221; ne manifesteront vraiment d'int&#233;r&#234;t pour le dictionnaire qu'en retomb&#233;e des critiques nationales de l'ouvrage, critiques positives, particuli&#232;rement apr&#232;s la seconde &#233;dition de 1785.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette seconde &#233;dition montre bien d'ailleurs que de 1756 &#224; 1785 les progr&#232;s de la francisation ont &#233;t&#233; nets dans la bonne soci&#233;t&#233;. Si, plus nettement encore qu'en 1756, le dictionnaire affirme l'existence et l'int&#233;r&#234;t d'une langue d'oc commune &#224; toutes les r&#233;gions m&#233;ridionales, le public que vise Sauvages dans son entreprise de correction du langage en 1785 est plus r&#233;duit, beaucoup plus cibl&#233; qu'en 1756 : il ne d&#233;signe plus l'ensemble des &#233;lites urbaines, mais plut&#244;t les C&#233;venols ais&#233;s, et la partie cultiv&#233;e du peuple c&#233;venol. Les &#8220;&#233;lites&#8221; n&#238;moises peuvent alors se sentir d&#233;gag&#233;es de la critique du &#034;mauvais parler&#034; et la tol&#233;rer dans la mesure o&#249; elle ne s'adresse qu'aux &#8220;sauvages&#8221; de la C&#233;venne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un exemple significatif de la distance prise par les &#233;lites acad&#233;miques avec Sauvages : les papiers Seguier, Seguier auquel vous avez r&#233;cemment consacr&#233; un important colloque. Voil&#224; un &#233;rudit de premier plan, un eccl&#233;siastique, qui collecte, entre autres, des informations sur la langue d'oc. Mais la source &#8220;Sauvages&#8221; appara&#238;t seulement comme celle de la montagne, de la C&#233;venne, avec, en arri&#232;re plan de l'imaginaire civilis&#233; urbain, le pays profond, protestant ; et quasi-&#233;tranger.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, un simple d&#233;tail nous montre que l'entreprise de Sauvages demeure autant n&#238;moise et &#034;gardoise&#034; (si je peux employer cet adjectif avant m&#234;me la cr&#233;ation du d&#233;partement) : sa graphie tr&#232;s particuli&#232;re, qui n'est pas directement phon&#233;tique, va devenir comme la graphie officielle de cette zone de contact linguistique entre languedocien et proven&#231;al, elle ne sera jamais celle de Montpellier, mais elle va des C&#233;vennes au Rh&#244;ne de fa&#231;on majoritaire jusqu'&#224; l'apparition de la graphie mistralienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette prise de distance avec le dictionnaire dans une ville qui se veut toute fran&#231;aise de langue n'interdit pas un int&#233;r&#234;t pour la langue d'oc chez de grands &#233;rudits, comme Tr&#233;lis, y compris chez des notables protestants de premier plan, comme Boissy d'Anglas et Rabaut, si pr&#233;sents dans le bouillonnement politique de la fin des ann&#233;es 1780. On sait que Court, certes Lausannois, avait gard&#233; ses attaches c&#233;venoles (ses souscripteurs en t&#233;moignent), et s'&#233;tait int&#233;ress&#233; au parler de la C&#233;venne justement ins&#233;r&#233; dans l'ensemble des parlers d'oc. Ainsi, contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue, des notables protestants de premier rang s'int&#233;ressent &#224; la langue d'oc. Mais leur r&#233;flexion et leur enqu&#234;te portent seulement sur la d&#233;finition de l'espace de cette langue, l'inventaire de ses sp&#233;cificit&#233;s lexicales et grammaticales. Il n'est pas question de l'&#233;crire. L'exemple de Court est &#233;clairant. Gen&#232;ve a &#233;t&#233; la m&#233;tropole de la jeune &#233;glise r&#233;form&#233;e n&#238;moise au 16e. Or Gen&#232;ve ind&#233;pendante et dialectophone fait le choix du seul fran&#231;ais. Ainsi, Court peut en m&#234;me temps s'aider des enqu&#234;tes de pasteurs du pays de Vaud sur l'idiome natal, et int&#233;rioriser totalement leur blocage devant une &#233;ventuelle &#233;criture de cet idiome. L'int&#233;r&#234;t de ces &#233;rudits r&#233;form&#233;s pour la langue populaire rejoint donc le blocage diglossique de Sauvages : on investigue ces parlers, on scrute leurs origines, on confronte leur simplicit&#233; native au fran&#231;ais du Bon ton, on exalte &#224; l'occasion les grands anc&#234;tres qui en ont fait usage prestigieux, mais on n'imagine aucunement une &#233;criture &#8220;litt&#233;raire&#8221; au pr&#233;sent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pourquoi pas une publication de d&#233;lassement, voire de d&#233;faussement, comme en connaissent tant de villes m&#233;ridionales ? Pourquoi pas des publications plus &#8220;populaires&#8221; ? Sans doute parce que le d&#233;sir &#8220;d'aller au peuple&#8221; n'existe pas. Double distance des &#233;lites avec ce peuple. Distance socio-culturelle qui s'inscrit dans la dualit&#233; linguistique : la &lt;i&gt;Topographie de la ville de Nismes&lt;/i&gt; que Vincens r&#233;dige &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime (mais qu'il ne pourra faire imprimer qu'en 1802) la souligne fortement. Distance religieuse encore : en cette seconde partie du XVIIIe si&#232;cle, la masse des &#8220;artisans&#8221; a consid&#233;rablement augment&#233;, mais ces &#8220;artisans&#8221;, de plus en plus d&#233;qualifi&#233;s, sont aussi pour beaucoup des nouveaux-venus. La vall&#233;e du Rh&#244;ne catholique fournit un contingent non n&#233;gligeable. Le foss&#233; sociologique avec les &#233;lites bourgeoises, grandement r&#233;form&#233;es, se double d'un foss&#233; id&#233;ologique et culturel. L'occitan de cette masse populaire prend alors un caract&#232;re d'&#233;tranget&#233; inqui&#233;tante. Plus que jamais la langue du peuple est d&#233;ni&#233;e. Cette inqui&#233;tante &#233;tranget&#233; est encore renforc&#233;e par le rapport au &#8220;peuple&#8221; de la r&#233;gion. Les n&#233;gociants, sp&#233;cialis&#233;s dans les produits &#224; bon march&#233; pour l'exportation, &#233;tendent leur zone d'activit&#233; sur l'arri&#232;re-pays, des C&#233;vennes &#224; la Vaunage. Pour l'imaginaire bourgeois s'installe, dans l'&#233;tranget&#233; socio-g&#233;ographique, un nouveau rapport de dominance avec une zone profond&#233;ment occitanophone.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne s'&#233;tonnera donc pas de la quasi absence d'auteurs en langue d'oc dans les recensions n&#238;moises du temps des Lumi&#232;res. Dans ses Soir&#233;es proven&#231;ales B&#233;renger ne cite que Roman. On &#233;voque aussi le recueil du libraire Gaude.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, comme toute ville importante de l'&#233;poque, N&#238;mes a son acad&#233;mie, ses notables, ses lettr&#233;s, ses n&#233;gociants, ses financiers, etc. Mais elle n'apporte pas au probl&#232;me du bilinguisme tout &#224; fait la m&#234;me r&#233;ponse que ses voisines m&#233;ridionales. Dans le traitement de l'idiome natal, on ne rencontre rien de la saveur marseillaise, dans le rapport au peuple rien de la mondanit&#233; montpelli&#233;raine, dans la mise en circulation publique, rien de la facilit&#233; avignonnaise. Le probl&#232;me est r&#233;solu par le silence public sur l'idiome, et dans l'idiome...&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;La p&#233;riode r&#233;volutionnaire&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution interrompt le remodelage urbanistique, et dans une atmosph&#232;re de crise &#233;conomique va exasp&#233;rer les rivalit&#233;s latentes entre r&#233;sidents et immigr&#233;s, citadins et paysans, bourgeois et prol&#233;taires, vieux notables et nouveaux riches, catholiques et protestants, et remettre en question le fragile &#233;quilibre social. Dans cette crise aux multiples entr&#233;es, quel statut et utilisation de la langue ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une ville o&#249; les faubourgs perdent leur statut inf&#226;mant, les n&#233;gociants viennent coiffer la vieille soci&#233;t&#233; des notables. D&#232;s la pr&#233;-R&#233;volution, ils utilisent la rue comme terrain d'exhibition, paradent dans les grandes manifestations de la vie collective.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant que le pasteur Rabaut Saint-Etienne, dont on conna&#238;t l'action d&#233;cisive pour l'&#233;dit de Tol&#233;rance de 1787, est auteur du cahier du Tiers qui exprime les aspirations de la bourgeoisie r&#233;form&#233;e et commer&#231;ante de N&#238;mes : libert&#233; de penser, libert&#233; du commerce.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel r&#244;le peut avoir dans tout ce bouillonnement la langue du peuple ? Elle ne semble gu&#232;re pouvoir participer de cette aspiration &#224; la libert&#233;. La bourgeoisie du textile a besoin d'un march&#233; national et international. Sa vision n'est pas r&#233;gionale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, paradoxalement, N&#238;mes est une des rares villes m&#233;ridionales o&#249;, d&#232;s la pr&#233;-r&#233;volution, on utilise la langue d'oc dans des textes imprim&#233;s. Dans le premier, dont il ne reste que des traces, &#8220;l'Estoumac&#8221; informe le Tiers-&#201;tat. Le second texte, &lt;i&gt;La F&#234;te patriotique&lt;/i&gt;, largement diffus&#233; en France, propose une mise en sc&#232;ne de la diff&#233;rence sociale &#224; travers la diff&#233;rence linguistique, et utilise l'engouement populaire pour la f&#234;te, occasion de spectacles gratuits au th&#233;&#226;tre, de parade, pour populariser les id&#233;es du Tiers &#233;clair&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais apr&#232;s cette phase pr&#233;-r&#233;volutionnaire o&#249; il s'agit d'amener le peuple &#224; soutenir les notables progressistes, le texte en langue d'oc semble dispara&#238;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du c&#244;t&#233; du Tiers, en 1789-1790, on ne constate pas &#224; N&#238;mes une entreprise de conscientisation &#233;crite en oc en direction des paysans et du petit peuple, comme par exemple &#224; Montpellier ou &#224; Aix. Ce qui ne signifie pas qu'elle n'ait pas exist&#233; dans l'oralit&#233; des clubs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et du c&#244;t&#233; des &#8220;aristocrates&#8221;, on ne trouve pas de trace d'utilisation &#233;crite de l'idiome natal en direction de ces &#8220;c&#233;bets&#8221;, ces ouvriers agricoles catholiques (avec leur famille un quart de la population) qui seront leurs troupes de choc. Eux sont occitanophones &#224; l'&#233;vidence, mais aussi illettr&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au printemps 1792, l'insurrection rurale anti-f&#233;odale embrase la r&#233;gion, avec comme &#233;picentre Sommi&#232;res. Les ch&#226;teaux flambent. Et la bourgeoisie n&#238;moise comprend que derri&#232;re la violence anti-f&#233;odale, les int&#233;r&#234;ts de tous les poss&#233;dants sont menac&#233;s. C'est une des racines de ce F&#233;d&#233;ralisme m&#233;ridional dans lequel bien des &#233;rudits n&#238;mois, dont Tr&#233;lis, seront impliqu&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Curieusement, et symboliquement, c'est dans cet &#233;pisode de l'incendie des ch&#226;teaux de la r&#233;gion que le premier chantre de l'Occitanie, Fabre d'Olivet, situera bient&#244;t sa r&#233;v&#233;lation d'un pseudo-Ossian occitanique : un manuscrit &#233;chapp&#233; aux flammes...&lt;br class='autobr' /&gt;
On n'aurait su mieux dire que cette langue qu'il voulait voir &#224; nouveau revivre en dignit&#233; litt&#233;raire ne pouvait trouver l&#233;gitimation que dans un pass&#233; r&#233;volu &#224; tout jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'exasp&#233;ration du processes r&#233;volutionnaire, &#224; la diff&#233;rence encore de nombreuses villes m&#233;ridionales, les cadres montagnards, recrut&#233;s dans ceux que Vincens qualifie de vivant &#8220;dans l'&#233;tat d'heureuse m&#233;diocrit&#233;&#8221;, n'auront pas recours &#224; l'occitan &#233;crit pour toucher le peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;La remise en ordre imp&#233;riale&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est seulement &#224; la fin de la d&#233;cennie r&#233;volutionnaire que cette &#233;criture r&#233;appara&#238;tra (timidement), revendiqu&#233;e en bien commun des habitants de la cit&#233; d&#233;chir&#233;e, et en r&#233;conciliation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s le silence de la p&#233;riode r&#233;volutionnaire, d&#232;s 1802, deux ouvrages mettent situent bien la place de l'occitan devant le fran&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'une part, on publie en 1802 La Topographie de Nismes que Vincens s'appr&#234;tait &#224; publier en 1790. Il y &#233;voque la langue d'oc, l'idiome de N&#238;mes, dans ses r&#233;alit&#233;s sociologiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autre part, en 1802 toujours, un petit opuscule versifi&#233; tout en occitan est publi&#233; &#224; N&#238;mes : &lt;i&gt;Odes d'Anacr&#233;on, traduites en vers languedociens par le citoyen Aubanel l'a&#238;n&#233;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les classes dangereuses, porteuses de l'idiome natal, sont &#233;videmment toujours l&#224;. Mais l'Ordre nouveau les tient &#224; distance et en respect. Les &#233;lites mod&#233;r&#233;es, catholiques et protestantes, peuvent communier dans le respect du Premier Consul, bient&#244;t Empereur. Alors l'occitan peut reprendre sa place, modeste, dans un unanimisme citadin proclam&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le discr&#233;dit g&#233;n&#233;ral du r&#233;gime, puis le retour &#224; l'ordre, Aubanel a m&#251;ri son intervention po&#233;tique en occitan. Ce n'est pas un marginal : il est &#233;lu juge de paix lors de l'institution de la fonction. On sait que la plupart de ces juges &#233;taient recrut&#233;s parmi des hommes de loi assez &#226;g&#233;s (Aubanel, ancien officier, puis avocat, est n&#233; en 1758). Il fallait jouir de revenus car le salaire &#233;tait peu &#233;lev&#233;. Par ailleurs Aubanel est un &#8220;antiquaire&#8221; connu et il participe de la passion n&#238;moise pour le pass&#233; glorieux de la cit&#233;, et de sa mise en valeur contemporaine (Ar&#232;nes, etc). Bref, un bon repr&#233;sentant d'une partie de ces &#233;lites qui ont accapar&#233; la direction de la cit&#233; depuis des d&#233;cennies. Il participe &#224; la cr&#233;ation de l'acad&#233;mie (mais il n'est plus juge en 1809)&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette double publication est-elle originale ? Par rapport &#224; l'absence d'&#233;crit en occitan dans les villes proven&#231;ales d'alors, oui. Par rapport &#224; Montpellier, non. &#192; Montpellier aussi sont publi&#233;s un recueil po&#233;tique, et et une r&#233;flexion sur la langue dans un ouvrage consacr&#233; &#224; la cit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ressemblances sont &#233;videntes. Sur le plan de la r&#233;flexion, l'&#233;rudit montpelli&#233;rain De Belleval comme l'&#233;rudit n&#238;mois Vincens situent la langue dans sa grandeur pass&#233;e et sa d&#233;ch&#233;ance sociologique. Sur le plan de la cr&#233;ation, le Montpelli&#233;rain Tandon et le N&#238;mois Aubanel situent la langue dans des registres litt&#233;raires modestes qu'elle ne saurait d&#233;passer sous peine de se ridiculiser. Encore qu'en ce domaine Aubanel soit bien plus audacieux que Tandon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les diff&#233;rences sont doubles :&lt;br class='autobr' /&gt; Au plan de la r&#233;flexion, Vincens porte un constat de d&#233;ch&#233;ance absolue de la langue d'oc, qui ferme toute possibilit&#233; de cr&#233;ation litt&#233;raire.&lt;br class='autobr' /&gt; Au plan de la cr&#233;ation, la publication de N&#238;mes est unique, sans post&#233;rit&#233;, alors que celle de Montpellier est l'avant-garde, sinon l'initiatrice, de tout un foisonnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Echec n&#238;mois ? Pas du tout, d'une certaine fa&#231;on, si l'on consid&#232;re qu'Aubanel r&#233;&#233;dite son ouvrage en 1811. C'est la preuve d'un succ&#232;s, d'une audience. Il est d'ailleurs encourag&#233; par des notables respect&#233;s comme Rabaut, Boissy. Mais il ne m&#232;nera pas &#224; bout son projet ambitieux de grammaire languedocienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il reste qu'il y a une &#8220;&#233;cole de Montpellier&#8221; et pas d'&#233;cole de N&#238;mes. Mais cette seule publication n&#238;moise aura un poids consid&#233;rable et marquera profond&#233;ment le pr&#233;-f&#233;librige, puis le f&#233;librige. C'est en effet dans la pr&#233;face d'Aubanel que bien des auteurs, H.Morel d'Avignon le premier, puiseront leur conception de la langue. D'autre part, cette pr&#233;face fournit mati&#232;re &#224; une r&#233;forme graphique r&#233;ductrice &#224; laquelle les Montpelli&#233;rains seront hostiles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vincens et Aubanel se r&#233;pondent donc en 1802 sur le statut et le g&#233;nie de la langue. Comme &#224; Montpellier De Belleval et Tandon. Belleval ouvre sur une possibilit&#233; de cr&#233;ation dans un statut po&#233;tique tol&#233;r&#233; &#224; la langue, Vincens la ferme totalement. Aubanel ne peut donc par rapport &#224; Vincens qu'assumer une transgression. Le statut de langue du peuple est fortement mis en avant par Aubanel, mais il est retourn&#233; : le peuple a conserv&#233; malgr&#233; lui l'esprit de la langue, son g&#233;nie m&#234;me, qu'il importe d'utiliser dans l'&#233;criture d'oc, tout en &#233;vacuant alors la r&#233;alit&#233; populaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est int&#233;ressant de constater combien, d&#232;s l'apparition de ces tentatives po&#233;tiques &#224; N&#238;mes et &#224; Montpellier, la distance est marqu&#233;e entre les deux cit&#233;s. Dans les deux cas, on vante la vertu de son dialecte pour assoir un statut g&#233;n&#233;ral de la langue d'oc. &#192; Montpellier, on se veut repr&#233;sentatif de l'authentique langue d'oc. &#192; N&#238;mes, on se f&#233;licite au contraire de la contamination linguistique par le fran&#231;ais du parler local. Elle permet de marquer la diff&#233;rence culturelle avec le parler de Montpellier, jug&#233; trop occitan, donc quelque peu arri&#233;r&#233;, et la diff&#233;rence socio-culturelle avec les parlers rhodaniens et cevenols, marqu&#233;s de p&#233;joration : ces deux zones fournissent &#224; la cit&#233; des contingents majeurs de salari&#233;s. Le &#8220;vrai&#8221; parler de N&#238;mes,telle que le porte cette entreprise po&#233;tique, n'est donc pas celui de toute la cit&#233;. Il n'est pas instrument de communication entre le cr&#233;ateur et l'ensemble des occitanophones, mais en quelque sorte jeu entre ce cr&#233;ateur et l'esprit de la langue, qui flotte au dessus du chaos de l'histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques ann&#233;es plus tard, en 1807, sous l'&#339;il du jeune Guizot, l'acad&#233;mie de N&#238;mes (ressuscit&#233;e d&#232;s 1802 sous le nom d'acad&#233;mie du Gard) accueille une int&#233;ressante r&#233;flexion de son secr&#233;taire perp&#233;tuel, Tr&#233;lis, sur le statut de la langue d'oc et la cr&#233;ation dans cette langue. Cette intervention est une originalit&#233; n&#238;moise. On ne constate rien de tel en Provence. &#192; Montpellier, la Soci&#233;t&#233; libre des sciences et belles-lettres, d&#232;s sa cr&#233;ation, s'est ferm&#233;e au patois, bien qu'elle compte dans ses rangs quelques po&#232;tes occitans. Aussi bien, la publication du texte de Tr&#233;lis, en 1808, marquera les consciences m&#233;ridionales bien au del&#224; de N&#238;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant &#224; premi&#232;re vue, l'acad&#233;mie de N&#238;mes n'a rien d'original. Elle participe, comme dans tous les d&#233;partements, de la prise en main des &#233;lites par le nouveau r&#233;gime, sous l'impulsion du pr&#233;fet.&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, l'initiative tient &#224; la rencontre d'un homme et d'une initiative du ministre de l'int&#233;rieur. Jean-Julien Trelis de la Bedosse, &#8220;antiquaire&#8221;, po&#232;te, conservateur de la biblioth&#232;que, a depuis longtemps manifest&#233; un int&#233;r&#234;t personnel pour ce sujet. Il s'est mis &#224; l'&#339;uvre d&#232;s la demande d'enqu&#234;te nationale sur les patois.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Montpellier, la demande officielle ne change rien aux pratiques acad&#233;miques : tout au plus d&#233;bride-t-elle la r&#233;flexion et la plume d'un isol&#233;, Martin, modeste participant de la vie &#233;conomique et culturelle locale, et sa d&#233;marche, aussi int&#233;ressante soit-elle, n'aboutit pas &#224; publication.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le d&#233;sint&#233;r&#234;t pour la langue manifest&#233; ici par l'acad&#233;mie est compens&#233; par une importante pratique publique de la langue d'oc, dans la publication, la presse, au th&#233;&#226;tre, qui officialise, dans certains registres, un certain bilinguisme de bon ton dans les milieux bourgeois et cultiv&#233;s. Cette pratique publique, ce foisonnement sont grandement absents de N&#238;mes. &#192; ceux qui verraient l&#224; le seul poids du protestantisme n&#238;mois, bloqu&#233; sur sa francitude, rappelons que nombre de cr&#233;ateurs occitans de Montpellier sont aussi protestants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre &#224; N&#238;mes, le d&#233;sint&#233;r&#234;t des &#233;lites envers la langue d'Oc (encore plus grand qu'&#224; Montpellier), et la tr&#232;s faible pr&#233;sence de cette langue dans la soci&#233;t&#233; civile cultiv&#233;e, s'accompagnent d'une publication concernant cette langue, sous le patronage d'une incitation officielle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que le &#8220;sur-moi&#8221; des &#233;lites n&#238;moises a eu besoin d'une autorisation officielle pour traiter de la langue d'oc, le &#8220;sur-moi&#8221; des &#233;lites de Montpellier fonctionne tout autrement : l&#233;gitimit&#233; proclam&#233;e du fran&#231;ais et langue d'oc ma&#238;tresse officielle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les retomb&#233;es de cette r&#233;flexion de l'Acad&#233;mie n&#238;moise semblent se limiter &#224; la r&#233;&#233;dition d'Aubanel, et quelques chansons publi&#233;es &#224; Avignon. Pourquoi pas plus ? Pourquoi ne conna&#238;t-on pas ici le foisonnement socialis&#233; de la cr&#233;ation occitane de Montpellier ? Faut-il penser que l'utilisation de la langue du peuple est plus facile &#224; Montpellier, ville o&#249; les tensions sociales sont faibles, qu'&#224; N&#238;mes, cit&#233; toujours grosse, mlgr&#233; la reprise en main imp&#233;riale, d'un conflit social entre poss&#233;dants et classes laborieuses, conflit qui impr&#232;gnera les &#233;v&#233;nements sanglants de 1814-1815 ? Une cit&#233; o&#249;, quels que soient les saluts &#224; la langue d'Oc, langue de culture ancestrale, cette langue au fond demerue connot&#233;e de popularit&#233;, d'inculture, et de danger social.&lt;br class='autobr' /&gt;
Faut-il imaginer aussi une diff&#233;rence au niveau des mentalit&#233;s : bien que dans les deux villes on proclame que, par son g&#233;nie, la langue d'oc soit plus propre que le fran&#231;ais &#224; la traduction d'Anacr&#233;on, l'anacr&#233;ontisme d'un Aubanel n'est gu&#232;re revendiqu&#233; comme &#8220;sel de la vie&#8221; par les &#233;lites n&#238;moises rigoristes, alors que celles de Montpellier semblent s'y d&#233;lecter.&lt;br class='autobr' /&gt;
De toute fa&#231;on, pratiquement, la francisation se poursuit. Le prestige sociale du fran&#231;ais se manifeste ici peut-&#234;tre plus fortement qu'ailleurs. Ainsi des &#339;uvres de ce premier po&#232;te-ouvrier n&#238;mois, Aubry, que j'ai eu la surprise de rencontrer d&#232;s l'Empire.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;La Restauration&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le retour des Bourbons est l'occasion de retrouvailles entre N&#238;mes et la langue d'Oc. Mais leur r&#232;gne (quatorze ans), sera retour &#224; l'absence presque totale de publication dans la langue, et de r&#233;flexion sur elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les interventions n&#238;moises utilisant l'occitan en 1814 et 1815 rel&#232;vent-t-elles de notre sujet ? Deux sont bien connues : un long dialogue publi&#233; en 1814 &#224; l'ocasion de la visite du fr&#232;re du Roi, un tr&#232;s long texte versifi&#233; de 1815, d&#233;di&#233; aux Miquelets, ces volontaires royaux qui, &#224; l'appel du Duc d'Angoul&#234;me, se sont dress&#233;s contre le retour de Napol&#233;on : en avril 1815, depuis Lyon, les volontaires royaux, les Miquelets tentent de rentrer chez eux malgr&#233; l'hostilit&#233; des r&#233;gions travers&#233;es. Le massacre d'Arpaillargues sera une des principales justifications de la terreur blanche. Les deux textes se pr&#233;sentent, explicitement ou implicitement, comme cr&#233;ations populaires. On ne peut qu'en douter. On peut plut&#244;t les situer dans la d&#233;marche personnelle d'un notable ami du &#8220;patois&#8221;, ou dans la strat&#233;gie plus g&#233;n&#233;rale d'une partie des &#233;lites n&#238;moises, visant au contr&#244;le de l'opinion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte de la premi&#232;re restauration :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la diff&#233;rence des cit&#233;s voisines, Aix en particulier, cet occitan est utilis&#233; ici sans la moindre caution troubadouresque ou renaissantiste, et sans justification sociologique (le peuple qui parle...). L'auteur se pr&#233;sente, mais il est masqu&#233;, et son pseudonyme, &#8220;Le fr&#232;re de l'Estomac&#8221;, renvoie comme en boucle cod&#233;e (et invers&#233;e) &#224; l'intervention patoisante de la pr&#233;-R&#233;olution. Cette pi&#232;ce rassurante dans l'air du temps met en sc&#232;ne la population de la cit&#233; (certains milieux sont mis en valeur, d'autres oubli&#233;s) : la langue du peuple a ici fonction d'unanimisme citadin, de r&#233;conciliation rassurante. Peut-on l'attribuer &#224; Roustan ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte de la seconde Restauration :&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1816, il s'agit de tout autre chose. Certes, Avignon, Aix ont connu &#224; l'occasion du second retour des Bourbons une intervention imprim&#233;e en occitan, intervention que Marseille et Montpellier ignorent pratiquement. Mais si &#224; Aix nous trouvons l'&#339;uvre chansonni&#232;re et haineuse d'un biblioth&#233;caire ultra et renaissantiste proven&#231;al, si nous rencontrons &#224; Avignon, &#224; chaud, au fur et &#224; mesure que se d&#233;veloppent agressions et tueries, une prodigieuse floraison de la chanson de haine, N&#238;mes se singularise en fournissant a posteriori un long texte patois, tr&#232;s long m&#234;me selon les normes de l'&#233;poque, qui est un texe d'argumentation, et se termine par le slogan des ultras de France et de Navarre : &#8220;vive le roi quand m&#234;me&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le silence relatif de Montpellier, Toulon, et m&#234;me Marseille, s'explique ais&#233;ment par le fait que les notables locaux, tout royalistes qu'ils &#233;taient, ne se retrouvaient pas dans la r&#233;action de la terreur blanche, d'autant que le peuple, majoritairement, t&#233;moignait pour le moins de la r&#233;ticence. A Aix, l'intervention n'est que celle d'un &#233;rudit, qui croit pouvoir r&#233;concilier devant l'histoire sa passion proven&#231;aliste et sa passion ultra-royaliste. A N&#238;mes et &#224; Avignon, le peuple et les notables sont cliv&#233;s. La mise en sc&#232;ne de la haine s'explique peut-&#234;tre par cette absence d'homog&#233;n&#233;it&#233; des forces en pr&#233;sence. Il ne s'agit pas de textes d'exultation mais de texte justifiant la vengeance. &#192; Avignon, l'op&#233;ration se fait &#224; chaud, mais apr&#232;s on n'est pas fier. A N&#238;mes, la terreur blanche s'est accompagn&#233;e, les r&#233;cits des t&#233;moins en t&#233;moignent, par bien des couplets anti-protestants ou anti-jacobins. La classe ouvri&#232;re, les &#8220;Taillouns&#8221;, la pl&#232;be du prol&#233;tariat agricole, qui suit Jacques Dupont (dit &#8220;Tr&#232;s Taillouns&#8221;), est occitanophone. Il ne semble pas que des notables aient jug&#233; utile, comme &#224; Avignon, d'imprimer &#224; chaud ces chansons, et encore moins de s'en souvenir apr&#232;s l'&#233;v&#233;nement. Par contre ici on justifie et on th&#233;orise &#224; froid, apr&#232;s ces mois de terreur qui courent de juillet &#224; novembre 1815. Gaussen attribue ce texte des Miquelets &#224; Martin. La longueur du texte, sa dualit&#233; assum&#233;e (texte en patois volontairement tr&#232;s populaire, notes en fran&#231;ais fort cultiv&#233;), l'ampleur de ses perspectives, etc, montrent qu'il s'agit d'une pi&#232;ce de gros calibre dans la propagande ultra. Il para&#238;t peu vraisemblable que la pi&#232;ce soit vraiment d'origine populaire. Son insistance &#224; assimiler r&#233;volutionnaires et protestants s'inscrit-elle dans le complot d'une partie de l'aristocratie catholique pour pousser les protestants &#224; la r&#233;volte, et amener la royaut&#233; &#224; supprimer la tol&#233;rance ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la crise, le patois est pr&#233;sent seulement dans l'intervention &#224; r&#233;p&#233;tition de Martin, et de Roustan (et ses &#8220;tour de vilo&#8221;, intervention dans laquelle il n'est pas interdit de voir le m&#234;me personnage. C'est d'abord une entreprise de th&#233;&#226;tre royaliste, d&#233;centr&#233; sur les villages de la p&#233;riph&#233;rie n&#238;moise. Puis la publication sans cesse augment&#233;e de pi&#232;ces suscit&#233;es par les &#233;v&#233;nements de la cit&#233;. C'est l'intervention, politique, mais pas seulement, d'un original royaliste, qui d&#233;fend les pauvres &#224; sa fa&#231;on. Son public, le public vis&#233; en tout cas, est un public populaire. Son arme, la langue d'Oc, se veut ad&#233;quate &#224; la satire famili&#232;re, &#224; la &#8220;boufounado&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'occitan n'intervient donc, et si peu, que d'un c&#244;t&#233; de la barri&#232;re politique. On n'a ici aucune trace d'influence et a fortiori d'imitation des entreprises lib&#233;rales de Desanat de Tarascon, de Bonnet de Beaucaire, populaires chansonniers d&#233;mocrates, qui, s'ils ne peuvent pas faire imprimer leurs &#339;uvres, ne se font pas faute de les populariser par la parole.&lt;br class='autobr' /&gt;
La cr&#233;ation &#8220;purement litt&#233;raire&#8221; (je mets des guillemets) elle-m&#234;me est tarie. Les milieux cultiv&#233;s protestants qui avaient pu s'y int&#233;resser sont &#233;cras&#233;s. Aubanel se ta&#238;t. Tr&#233;lis a d&#251; s'enfuir, &#224; nouveau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, d&#232;s 1820, une r&#233;&#233;dition du dictionnaire de Sauvages, par d'Hombres Firmas, acad&#233;micien du Gard, a cette fois un &#233;cho national avec une pr&#233;sentation de Raynouard dans &lt;i&gt;Le Journal des Savants&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Les d&#233;buts de la Monarchie de juillet&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#238;mes, ville ouvri&#232;re ? Certes, mais aussi une des rares cit&#233;s o&#249; des ouvriers arborent le drapeau blanc contre le drapeau tricolore redevenu officiel en 1830. Mais ici, plus nettement qu'ailleurs peut-&#234;tre, l'affirmation en dignit&#233; d'une &#8220;po&#233;sie ouvri&#232;re&#8221; se fait dans l'ad&#233;quation aux choix de la culture dominante : c'est le moment o&#249; le po&#232;te-boulanger Reboul (1796-1864) conna&#238;t la gloire, o&#249; Jean Laudera, ouvrier du textile, commence &#224; &#233;crire. L'un est l&#233;gitimiste, l'autre d&#233;mocrate. Mais tous deux ne viendront &#224; une &#233;criture d'oc, sous le patronage de notables comme de Canonges, qu'apr&#232;s l'&#233;chec de la r&#233;volution de 1848, et avec la premi&#232;re mode f&#233;libr&#233;enne, suffisamment &#8220;blanche&#8221; et catholique avec Roumanille pou rassurer les &#233;lites catholiques. Mais en ce d&#233;but des ann&#233;es 1830, c'est l'ivresse de l'affirmation fran&#231;aise, &#224; l'imitation des intellectuels de la la classe dominante, que s'affirment les premiers po&#232;tes ouvriers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand l'&#233;rudit Pierquin de Gembloux entreprend une premi&#232;re enqu&#234;te sur la production occitane, pass&#233;e et pr&#233;sente, il ne trouve comme &#233;cho chez le po&#232;te &#8220;national&#8221; Reboul que quelques lignes de d&#233;fausse sans &#233;quivoque, que j'ai retrouv&#233;es en feuilletant le dossier de la biblioth&#232;que de Montpellier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au plan de la r&#233;flexion comme au plan de la cr&#233;ation, les &#233;lites se d&#233;tournent encore plus de la langue d'Oc que dans les quinze ann&#233;es de la Restauration. Quelques exemples en t&#233;moignent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aubanel meurt compl&#232;tement ignor&#233;, tant par la presse que par l'acad&#233;mie dont il avait cependant &#233;t&#233; membre. Quelques ann&#233;es auparavant, dans sa r&#233;ponse &#224; l'enqu&#234;te Pierquin, il t&#233;moignant am&#232;rement non seulement de l'indiff&#233;rence ambiante &#224; l'&#233;gard de la cr&#233;ation occitane, mais aussi de son propre et d&#233;finitif renoncement. Quelle diff&#233;rence avec Marseille par exemple, o&#249; la soci&#233;t&#233; des Belles Lettres devient dans les ann&#233;es 1830 un foyer actif de cr&#233;ation en proven&#231;al et de diffusion de cette cr&#233;ation, o&#249; les restitutions patrimoniales occitanes sont bien accueillies, comme d'ailleurs &#224; Montpellier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autre exemple : l'absence de la langue d'Oc dans la pol&#233;mique politique, alors que le ph&#233;nom&#232;ne est tr&#232;s fr&#233;quent dans la plupart des r&#233;gions et villes du Sud-Est. L'enracinement populaire du parti l&#233;gitimiste n'am&#232;ne gu&#232;re ses notables &#224; user du patois pour conforter leurs troupes, troupes patoisantes pour lesquelles l'enfant du miracle, Henry V, est &#8220;lou pich&#242;t&#8221;. Sans doute peut-on rep&#233;rer un texte d'argumentation comme cette adresse aux lib&#233;raux de 1832, par Dor&#233;e de Mandieul. Sans doute, les &#8220;Boufounados&#8221; perp&#233;tu&#233;es de Roustan t&#233;moignent de cet int&#233;r&#234;t paternaliste mais effectivement compatissant et charitable pour le peuple ouvrier, elles prennent en compte l'esp&#233;rance sociale qui traverse confus&#233;ment l'engagement l&#233;gitimiste populaire. Mais Roustan, s'il illustre une sp&#233;cificit&#233; des &#233;lites catholiques, semble bien &#234;tre consid&#233;r&#233; par elles comme un original, et non comme un repr&#233;sentant. Dans sa r&#233;ponse &#224; Pierquin, Aubanel le d&#233;crit comme un solitaire bien peu estim&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du c&#244;t&#233; des Lib&#233;raux, la situation semble identique. On comprend mieux le passage au fran&#231;ais d'Encontre, qui avait fait ses premi&#232;res armes en occitan sur un sujet localiste et pittoresque. Pas d'&#233;cho des publications, apr&#232;s 1830, des chansons des lib&#233;raux voisins, Desanat, de Tarascon, et Bonnet, de Beaucaire. Les lib&#233;raux n&#238;mois se d&#233;faussent de l'entreprise du &lt;i&gt;Bouil-Abaisso&lt;/i&gt;, &#224; partir de 1841-1842. Seul Couret, l'instituteur d'Al&#232;s, y &#233;crit en occitan : mais lui se contente de d&#233;crire sa ville, dans sa nouveaut&#233; industrielle pittoresque. Il est un de ceux qui tireront le journal vers l'apolitisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une ville o&#249; ils sont minoritaires, les Lib&#233;raux utilisent sciemment la langue du pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Naturellement, un bon reflet de toutes ces positions, contradictions, etc, peut se retouver dans la presse qui na&#238;t : &lt;i&gt;La Gazette du Bas-Languedoc&#8212;, l&#233;gitimiste, para&#238;t de 1833 &#224; 1852. &lt;i&gt;Le Courrier du Gard&lt;/i&gt;, journal officiel de la bourgeoisie orl&#233;aniste, para&#238;t de 1831 &#224; 1873. Le destin d'une &#233;criture d'oc est ici suspendue &#224; la remise en place des positions de classe. C'est la p&#233;riode o&#249; de plus en plus nettement de nouveaux clivages socio-politiques se substitueront aux anciens : comme on l'a dit, et pour &#234;tre tr&#232;s sch&#233;matique, le peuple avec le peuple, les poss&#233;dants avec les poss&#233;dants. Antoine Bigot, n&#233; en 1825, en sera quelques ann&#233;es plus tard le t&#233;moin. Sa participation &#224; la renaissance d'oc sera par l&#224; m&#234;me profond&#233;ment diff&#233;rente de ce qu'apportent les F&#233;libres proven&#231;aux ou languedociens. Ce n'est pas une langue qu'il d&#233;fend, mais, &#224; travers le patois de l'enfance, par lui, il exalte le travailleur. Pas de d&#233;fense de la langue sans la prise en compte du peuple. Il r&#233;concilie publiquement le protestantisme et l'occitan. Son Huguenaude en t&#233;moigne. Au del&#224; du localisme, la tonalit&#233; des pi&#232;ces de Bigot, souvent graves et engag&#233;es, diff&#233;rent profond&#233;ment de la mise en sc&#232;ne de la l&#233;g&#232;ret&#233; proven&#231;ale. Mais les &#233;lites seront d&#233;faillantes dans l'entreprise. Nous entrons l&#224; dans une toute autre p&#233;riode. Et nous nous arr&#234;terons ici, en esp&#233;rant que cet tour d'horizon vous aura permis de pr&#233;ciser encore mieux un pass&#233; n&#238;mois auquel par le c&#339;ur et la raison vous &#234;tes tant attach&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ren&#233; Merle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Georges Mounin</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Mounin</dc:subject>
		<dc:subject>Tr'&#242;c</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;G. MOUNIN, Sept po&#232;tes et le langage Tr'&#242;c, 22, septembre 1992 &lt;br class='autobr' /&gt; Ling&#252;ista, legeire infatigable, e, au sens n&#242;ble (onte lo m&#232;stre inic&#237;a per que la lectura de cadun avengue), M&#232;stre de Lectura, Georges Mounin recampa dins Sept po&#232;tes et le langage, Tel, Gallimard, 1992 una ti&#232;ra d'estudis estimulantas, duberta per quauquei paginas densas e que pertocan per son implicacion personala. De qu'es l'obj&#232;cte de la po&#235;sia ? E coma lo j&#243;nher ? Dire lo Secret de la d&#242;na po&#235;tica p&#242;t n&#242;ire qu'a la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Oc. Auteurs, &#233;rudits&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot197" rel="tag"&gt;Mounin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot294" rel="tag"&gt;Tr'&#242;c&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;G. MOUNIN, &lt;i&gt;Sept po&#232;tes et le langage&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Tr'&#242;c&lt;/i&gt;, 22, septembre 1992&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ling&#252;ista, legeire infatigable, e, au sens n&#242;ble (onte lo m&#232;stre inic&#237;a per que la lectura de cadun avengue), M&#232;stre de Lectura, Georges Mounin recampa dins Sept po&#232;tes et le langage, Tel, Gallimard, 1992 una ti&#232;ra d'estudis estimulantas, duberta per quauquei paginas densas e que pertocan per son implicacion personala.&lt;br class='autobr' /&gt;
De qu'es l'obj&#232;cte de la po&#235;sia ? E coma lo j&#243;nher ? Dire lo Secret de la d&#242;na po&#235;tica p&#242;t n&#242;ire qu'a la po&#235;sia medi&#242;cra. La teorizacion de Mounin plana pas dins l'abstraccion formala : es dins son anament, son biais de pastar lei t&#232;xtes : Mallarm&#233;, Val&#233;ry, Eluard, Ponge, Char, Hugo, etc ... Sa t&#242;ca : mostrar que, se lo verai de la po&#235;sia, quora trauca la lenga socialisada, es produccion f&#242;r&#231;a irracionala dau viscut individuau (que ne'n v&#242;u exprimir justament l'indicible), aquesta po&#235;sia p&#242;t estre explorada ambe de met&#242;des racionaus. Reconciliar dins una interpretacion unificanta intu&#239;cion e analisas. Lei poetas causits per Mounin dison, cadun son biais, coma una experien&#231;a comuna de la creacion que Mounin nos fa rescontrar.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ambe una santat joi&#243;sa, G.Mounin desgatja la recerca liter&#224;ria francesa dei efi&#232;chs-m&#242;da, dei neologismes vuejes, deis eschizofrenias criticas. Recerca avugle dins son informacion ren que sincronica. Recerca tanben barrada, dins &#8220;une esp&#232;ce de nationalisme culturel&#8221;, ai produccions non-francesas, quora se l'i gita pas &#8220;avec la furia des retardataires&#8221;. A la recerca veritabla, pausa G.Mounin la question granda : quntei son lei pertinen&#231;as de sei informacions ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Un libre que son eime p&#242;t qu'ajudar la n&#242;va recerca liter&#224;ria sus la po&#235;sia occitana a oblidar lo repetum, lei interpretacions ideologicas, lei saluts de circomst&#224;ncia o d'inter&#233;s. Un libre que p&#242;t qu'ajudar cadun a legir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Renat MERLE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Miniussi</title>
		<link>https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article151</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Miniussi</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Articles parus dans Tr'&#242;c - Mensuel - n&#176; 17 - avril 1992, premi&#232;re page, apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de M.Miniussi &lt;br class='autobr' /&gt; &#034; M.Miniussi &#232;ra baile-redactor de la revista OC. Dins aquela pontonnada sensa amiras veritablas, sa joine luciditat, son ironia redotabla, son eleganta solituda avi&#225;n despu&#232;i longtemps asseparat dau &#8220;fonds de commerce provincialo-occitaniste&#8221; (ideologias vuejas, gl&#242;rias espompidas, modernismes faus) l'esper renadiu d'una literatura d'&#242;c. Per eu, lo Rei &#232;ra nus. Quand escobava &#8220;lo creire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Oc. Auteurs, &#233;rudits&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot195" rel="tag"&gt;Miniussi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot196" rel="tag"&gt;Manciet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot294" rel="tag"&gt;Tr'&#242;c&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Articles parus dans Tr'&#242;c - Mensuel - n&#176; 17 - avril 1992, premi&#232;re page, apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de M.Miniussi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_78 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/local/cache-vignettes/L447xH115/troc-6-709a6.png?1791808154' width='447' height='115' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#034; M.Miniussi &#232;ra baile-redactor de la revista &lt;i&gt;OC&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dins aquela pontonnada sensa amiras veritablas, sa joine luciditat, son ironia redotabla, son eleganta solituda avi&#225;n despu&#232;i longtemps asseparat dau &#8220;fonds de commerce provincialo-occitaniste&#8221; (ideologias vuejas, gl&#242;rias espompidas, modernismes faus) l'esper renadiu d'una literatura d'&#242;c.&lt;br class='autobr' /&gt;
Per eu, lo Rei &#232;ra nus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand escobava &#8220;lo creire qu'a Par&#237;s exist&#237;s una volontat diabolica d'aclapar e far desapar&#232;isser la cultura d'&#210;c. Non, conoissem ben Par&#237;s e lei Parisencs : an per n'autres ren que l'indifer&#233;ncia deguda a l'inexist&#233;ncia&#8221;, era per quichar mi&#232;lhs sus la necessitat de la sinceritat de l'&#232;stre, dau trabalh pacient - chale, dolor - sus la lenga retrobada e fargada, de la formacion dau jutjament dins lo resc&#242;ntre ambe lei classics, franc&#233;s mai que mai (&#8220;N&#242;strei letras son sovent lo fach d'escrivans de la mena pas pron rara d'aqu&#233;lei que legisson pas, una dei t&#224;ntei causas que fan l'originalitat d'Occit&#224;nia dins lo monde&#8221;. A b&#232;la prova, don&#232;t, en demai de son &#242;bra critica, una libre que dau juec sensa rason de la vida vidanta bastis n&#242;stra libertat falsament indifer&#233;nta. E son dandysme linde, de s'afeccionar per la lenga, se justificava d'una exig&#233;ncia estetica que destraucava, non pas la morala, mai l'etica.&lt;br class='autobr' /&gt;
Renat Merle&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;C'est vrai qu'&#224; Nice, &#224; la tomb&#233;e du jour, appara&#238;t vers l'est, au dessus de la mer, un assez long moment de bleu &#233;trange. Exaltation ultra-bleue, ironique, du jour. Miniussi me l'a fait d&#233;couvrir, signe, disait-il, de sa mort prochaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est v&#233;ritable que, les soirs d'&#233;t&#233;, lorsque le d&#238;ner s'&#233;ternise, entre le vin de l'Adour et l'after-eight, la chaleur du sous-bois et le tintement d'un gla&#231;on, un &#233;clair de vent, parfois, venait froisser les pages du livre. Ce soir, il a ferm&#233; le livre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les saveurs de notre quattrocento, auquel nous revenions sans cesse, le voisinage de notre cher XVIIe, aupr&#232;s de Raymond Lull ou de la Belaudi&#232;re, Miniussi prenait un jeune visage d'autrefois, reflet de notre civilisation qui abolissait les mis&#232;res des nationalistes occitans. Condamn&#233;s, biff&#233;s par une incorruptible moue h&#233;r&#233;ditaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les apr&#232;s-midi de Biarritz ou de Tarsac gardaient longtemps un parfum de vieille chartreuse verte et de laurier : &#8220;Je hay le vulgaire odieux, par quoy tout seul le vert laurier m'agr&#233;e...&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Manciet&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Florian Vernet e lo polar</title>
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		<dc:date>2025-10-23T09:32:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Vernet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tr'&#242;c, n&#176;15, mars 1992 &lt;br class='autobr' /&gt; Dau temps que lo succ&#232;s de sei Miraus escurs (A Tots) trespassa lo r&#242;dol deis iniciats, Florian Vernet dona de polars en fuelheton setmanal dins Mesclum - La Marseillaise. E Freud dins aqu&#242; ? pu&#232;i My name is degun. Es una primi&#232;ra, que r&#232;gla dins la practica la demanda : en demai de la coniv&#233;ncia (a causit son jornau), si p&#242;t escriure en &#242;c per lei legeires non occitanistas, e mai non occitanof&#242;nas, d'un jornau en franc&#233;s ? Per li faire plaser ? Lei bolegar, lei (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Oc. Auteurs, &#233;rudits&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot235" rel="tag"&gt;Vernet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tr'&#242;c&lt;/i&gt;, n&#176;15, mars 1992&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dau temps que lo succ&#232;s de sei &lt;i&gt;Miraus escurs&lt;/i&gt; (A Tots) trespassa lo r&#242;dol deis iniciats, Florian Vernet dona de polars en fuelheton setmanal dins Mesclum - &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;E Freud dins aqu&#242; ?&lt;/i&gt; pu&#232;i &lt;i&gt;My name is degun&lt;/i&gt;. Es una primi&#232;ra, que r&#232;gla dins la practica la demanda : en demai de la coniv&#233;ncia (a causit son jornau), si p&#242;t escriure en &#242;c per lei legeires non occitanistas, e mai non occitanof&#242;nas, d'un jornau en franc&#233;s ? Per li faire plaser ? Lei bolegar, lei faire s'estrassar, chifrar, li faire badar la seguida ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Anticip&#232;m la t&#232;si alemanda sus la tecnica vernetiana, e met&#232;m que F.V utilisa : la mesa en sc&#232;ne cinematografica, lo monol&#242;g interior, lo familiar urban mitat-urban de Marselha e dau Var, lo fantastic a la cala de la &#034;realitat&#034;, l'umor mortau e &#034;quelque part&#034; Spinoza. B&#232;n, me dir&#232;tz, ren de n&#242;u sota la capa dau sol&#232;u : Mistral porgissi&#224; de literatura ais t&#232;stas e de cascarel&#232;tas au p&#242;ple.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seri&#225; comprendre ren a &#8220;l'allegria&#034; que trespassa aic&#237; l'artificialitat de tota pr&#242;sa occitana (que tot lo monde parla franc&#233;s) : la lenga de F.V es coma lo retorn a l'occitan d'un franc&#233;s parlat, qu'es pas rebat de la realitat ling&#252;istica veritabla, qu'es populara mai pas mirau populiste, que remanda a l'enfan&#231;a mai qu'es pas languison d'un temps m&#242;rt. Coma dire ? Sabi pas tr&#242;p : revirada ideala, impossibla, flor inversa, que marcha pet un c&#242;p. Lenga n&#242;va, absenta-presenta, e viva. Que si p&#242;t pas separar de la vida. Cu ten la lenga ten la clau, non pas d'una oficialisacion a la catalana, mai d'una desalienacion collectiva, que lo er&#242;i solitari dau polar l'anticipa dins lo resc&#242;ntre ambe l'unenca de tot temps per eu destinada.&lt;br class='autobr' /&gt;
Renat MERLE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Ren&#233; Merle : Dominique - B&#233;n&#233;zi, ou du bilinguisme toulonnais</title>
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		<dc:date>2025-10-23T09:32:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Toulon</dc:subject>
		<dc:subject>Dominique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bulletin des Amis du Vieux Toulon, 117-1995 &lt;br class='autobr' /&gt; C'est avec plaisir que je r&#233;ponds &#224; la demande amicale de Jacques Papin, pour pr&#233;senter aux Amis du Vieux Toulon un aspect bien mal connu, et parfois tout &#224; fait inconnu, de l'&#339;uvre d'Antoine Dominique, son versant proven&#231;al dispers&#233; dans journaux et revues, et qui n'a jamais connu la publication en v&#233;ritable livre. J'ai &#233;t&#233; amen&#233; &#224; m'int&#233;resser &#224; Antoine Dominique de deux fa&#231;ons. En recherchant l'auteur de L'assassinat de la rue Magnaque (1). (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Oc. Auteurs, &#233;rudits&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Toulon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot624" rel="tag"&gt;Dominique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bulletin des Amis du Vieux Toulon, 117-1995&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est avec plaisir que je r&#233;ponds &#224; la demande amicale de Jacques Papin, pour pr&#233;senter aux Amis du Vieux Toulon un aspect bien mal connu, et parfois tout &#224; fait inconnu, de l'&#339;uvre d'Antoine Dominique, son versant proven&#231;al dispers&#233; dans journaux et revues, et qui n'a jamais connu la publication en v&#233;ritable livre.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai &#233;t&#233; amen&#233; &#224; m'int&#233;resser &#224; Antoine Dominique de deux fa&#231;ons. En recherchant l'auteur de L'assassinat de la rue Magnaque (1). En dressant l'inventaire de l'intervention publique en proven&#231;al du Second Empire &#224; la guerre de 1914 (2). Dans les petites feuilles toulonnaises des ann&#233;es 1870, je rencontre B&#233;n&#233;zi (3), qui signe des sc&#232;nes en proven&#231;al. Comme La Sinse, dont les Toulonnais connaissent les publications depuis quelques ann&#233;es d&#233;j&#224; (4), B&#233;n&#233;zi met en sc&#232;ne dans ses dialogues le petit peuple de Toulon, et particuli&#232;rement celui de Besagne, &#224; l'est du Cours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis je me rends compte, toujours en lisant cette presse de divertissement, que B&#233;n&#233;zi n'est qu'un des pseudonymes d'un polygraphe, qui signe Rodolphe d'Orbel, Gaston de la Bayore, X.de Briey, etc. etc. Et que cet abondant intervenant n'est pas un noble d&#233;chu, mais une figure de la petite &#8220;intelligentsia&#8221; toulonnaise, Antoine Dominique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dominique a plusieurs facettes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je r&#233;alise d'abord qu'il cr&#233;e et dirige, toujours sous ses pseudonymes, nombre de ces petites feuilles de divertissement, litt&#233;raires, th&#233;&#226;trales, satiriques, comme Le Carillon, Le Touche-&#224;-Tout, Toulon Journal, La Gu&#234;pe de Toulon, etc (5). Feuilles plus ou moins &#233;ph&#233;m&#232;res, au tirage modeste. Donc un Dominique intervenant et animateur dans une vie culturelle toulonnaise essentiellement tourn&#233;e vers le th&#233;&#226;tre et les spectacles, et prise en compte par une poign&#233;e de jeunes journalistes amateurs. Tous se connaissent, se fr&#233;quentent, mais aussi parfois se querellent et s'opposent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais Dominique se veut aussi auteur (la plupart du temps sous un de ses pseudonymes). A la fin du Second l'Empire, pendant les premi&#232;res ann&#233;es de la Troisi&#232;me R&#233;publique, il publie ses chroniques, r&#233;cits et romans en feuilleton dans la presse toulonnaise, drac&#233;noise et surtout marseillaise. Il prend sa mati&#232;re dans une histoire locale et r&#233;gionale r&#233;cente (quelque peu revisit&#233;e d'un point de vue conservateur et moralisant) : L'Incendie du Mourillon, Le Mariage aux ba&#239;onnettes, Les M&#233;moires de Gaspard de Besse, Le si&#232;ge de Toulon en 93, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je d&#233;couvre ainsi qu'on lui attribue la paternit&#233; du premier roman policier toulonnais, anonyme, L'Assassinat de la rue Magnaque (6). Sa pr&#233;sence dans la presse marseillaise, fort lue &#224; Toulon et largement r&#233;pandue dans le Sud-Est, lui appara&#238;t certainement comme un marchepied vers une reconnaissance qu'il veut parisienne et nationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est bien le m&#234;me homme qui signe, mais de son nom cette fois, des ouvrages fort s&#233;rieux sur le chol&#233;ra de Toulon, le premier d&#232;s la terrible &#233;pid&#233;mie de 1865, le second apr&#232;s la terrible secousse de 1884.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui &#233;tait donc ce Dominique prot&#233;iforme, qui n'a jamais eu l'honneur d'une biographie ? Suivre son cheminement m'a int&#233;ress&#233; car c'&#233;tait une fa&#231;on de mieux comprendre l'histoire toulonnaise, mais aussi, sur un plan journalistique et litt&#233;raire, de mieux comprendre la fa&#231;on dont des cr&#233;ateurs tout &#224; fait &#233;loign&#233;s des enteprises f&#233;libr&#233;ennes (7) ou des autres courants d'&#233;criture proven&#231;ale pouvaient utiliser leur bilinguisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dominique nait &#224; Grasse en 1836. Il est l'enfant d'un gendarme originaire de Lorraine, qui retournera s'&#233;tablir au pays &#224; la retraite. Le futur &#233;crivain proven&#231;al est donc fils d'un &#8220;&#233;tranger&#8221;, et cela montre la vitalit&#233; du proven&#231;al &#224; l'&#233;poque. Le jeune Dominique est naturellement bilingue, comme un peu tout le monde. Il est embauch&#233; &#224; la mairie de Toulon, en 1856, comme commis de bureau, il deviendra chef du bureau de l'&#233;tat-civil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il est fascin&#233; par le d&#233;sir de reconnaissance litt&#233;raire. C'est ainsi qu'il va publier son premier ouvrage sur le chol&#233;ra (il a alors trente ans), et dans la foul&#233;e des po&#232;mes, des romans. Il se risque aussi au th&#233;&#226;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais dans le m&#234;me temps s'affirme le succ&#232;s de La Sinse, qui donne son Th&#233;&#226;tre de Besagne d'abord en feuilletons puis en fascicules dans les ann&#233;es 1865-1870, en ouvrage enfin en 1874. L'&#233;cho est grand et Dominique comprend qu'il y a l&#224; aussi une possibilit&#233; de reconaissance. Mais il ne peut s'agir que de reconnaissance dans la connivence locale et proven&#231;ale. Pour les autres formes de reconnaissance, seul le fran&#231;ais convient. Et voici donc, Dominique auteur fran&#231;ais, donnant d'abord dans la presse varoise son Panorama toulonnais, ses Causeries toulonnaises (qu'il signe Lally). Le fran&#231;ais s'y m&#234;le progressivement du proven&#231;al pittoresque des expressions famili&#232;res et des conversations de la rue. Puis appara&#238;t le B&#233;n&#233;zi des Sc&#232;nes toulonnaises : le texte cette fois est tout en proven&#231;al. Comme La Sinse, B&#233;n&#233;zi situe ses sc&#232;nes situe avant tout &#224; Besagne. Un Besagne que Dominique conna&#238;t bien. Il travaille &#224; la mairie, demeure au c&#339;ur de Toulon, rue des Boucheries, de l'autre c&#244;t&#233; du Cours, mais la poissonnerie, le march&#233; sont &#224; deux pas, Besagne &#224; deux minutes de marche, et sa seconde femme est la fille de l'accoucheuse du vieux quartier et d'un ma&#238;tre de marine (8).&lt;br class='autobr' /&gt;
Faute de reconnaissance nationale, Dominique a au moins le plaisir d'&#234;tre admis comme &#8220;homme de lettres&#8221; &#224; l'Acad&#233;mie du Var, si&#233;geant &#224; Toulon. En ce d&#233;but 1872, le climat politique est fort tendu. Toulon s'est donn&#233; une municipalit&#233; r&#233;publicaine avanc&#233;e, alors que Dominique soutient la politique conservatrice du gouvernement qui vient d'&#233;craser la Commune. Ce clivage est en filigrane dans la pr&#233;sentation que l'acad&#233;micien r&#233;publicain S&#233;n&#232;s, plus connu sous le pseudonyme de La Sinse, donne de son nouveau confr&#232;re : S&#233;n&#232;s condamne la facilit&#233; sans grands principes du feuilletoniste, et lui oppose implicitement l'action &#233;ducatrice et &#233;mancipatrice qui doit &#234;tre celle du litt&#233;rateur. Mais S&#233;n&#232;s laisse aussi comprendre que cette facilit&#233; mercantile est encore moins supportable lorsqu'elle &#233;mane d'un partisan du tr&#244;ne et de l'autel.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;J'avais encore &#224; la m&#233;moire le souvenir des tristes impressions que m'avaient caus&#233;es les premi&#232;res &#339;uvres de M.Dominique : les M&#233;moires de Gaspard de Besse, les Empoisonneuses de Marseille et autres &#233;crits dont les sujets ne me paraissaient pas de nature &#224; d&#233;velopper l'esprit et le c&#339;ur des lecteurs peu lettr&#233;s auxquels ces ouvrages s'adressaient plus particuli&#232;rement&#8221;. Par contre le dernier ouvrage de Dominique, Lou Nigou (le titre seul est proven&#231;al) lui appara&#238;t propre &#8220;&#224; d&#233;velopper l'esprit et le c&#339;ur&#8221; des lecteurs populaires (il s'agit d'une variation sur le th&#232;me de l'innocent raill&#233;) (9).&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai relev&#233; avec int&#233;r&#234;t la collusion qui unit alors &#224; l'Acad&#233;mie du Var, Dominique et Peise, de Draguignan (10), auteur proven&#231;al connu re&#231;u comme membre associ&#233;. Peise, comme Dominique, est un d&#233;fenseur acharn&#233; de l'Ordre moral, un adversaire mordant des r&#233;publicains. Mais les deux auteurs proven&#231;aux partagent aussi et expriment leur m&#234;me hostilit&#233; au F&#233;librige, auquel ils reprochent ses choix graphiques et linguistiques. On le voit, alors que la droite varoise applaudit sans restriction les pamphlets anti-r&#233;publicains de Roumanille, et que pour beaucoup le F&#233;librige appara&#238;t marqu&#233; de conservatisme politique et social, les adversaires les plus acharn&#233;s du f&#233;librige ne se comptent pas dans le camp r&#233;publicain. Tout au contraire : S&#233;n&#232;s par exemple est f&#233;libre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'hebdomadaire Le Carillon est repris en f&#233;vrier 1872 par le conservateur X. de Briey, pseudonyme de Dominique. Double participation : Dominique y publie Le mariage aux bayonnettes. B&#233;n&#233;zi donne des sc&#232;nes toulonnaises en fran&#231;ais avec titre proven&#231;al, puis des sc&#232;nes enti&#232;rement en proven&#231;al. L'entreprise ne tiendra pas longtemps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dominique, toujours sous le pseudonyme transparent de X.de Briey, lance alors en d&#233;but 1873 l'hebdomadaire Le Touche &#224; Tout (500 exemplaires), qui affiche une sensibilit&#233; de droite. Il publie des Sc&#232;nes populaires proven&#231;ales o&#249; B&#233;n&#233;zi (Dominique) continue &#224; mettre en spectacle le petit peuple de Besagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans ces ann&#233;es que B&#233;n&#233;zi donne l'essentiel de sa production dans ces feuilles toulonnaises et dans les almanachs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les confr&#232;res ne le m&#233;nagent gu&#232;re. Deux exemples :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Dominique. Figure s&#232;che et froide ; regard d'une franchise qui laisse &#224; d&#233;sirer ; petit, maigre, brun ; tel est l'homme. D'une f&#233;condit&#233; sans exemple il a trouv&#233; moyen de composer l'Incendie du Mourillon, cette &#339;uvre rest&#233;e inachev&#233;e, le Mariage aux ba&#239;onnettes et les M&#233;moires de Gaspard de Besse. S'est occup&#233; quelque peu de proven&#231;al, sous le pseudonyme de B&#233;n&#233;zi, mais il a &#233;t&#233;, en cette partie, totalement &#233;clips&#233; par le spirituel La Sinse. A part de petits d&#233;fauts inh&#233;rents &#224; tous les litt&#233;rateurs, Dominique est un &#233;crivain d'un esprit profond et d'une verve intarissable. Signe particulier : Est membre de l'Acad&#233;mie du Var&#8221; (Le Troubadour, 10-5-74).&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour La Gu&#234;pe de Toulon (11-7-75), Dominique, qui s'est fait lui m&#234;me, a &#8220;plus de pseudonymes que d'id&#233;es&#8221; ; ce vaniteux est &#8220;beaucoup trop pr&#233;occup&#233; par des id&#233;es mercantiles&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dominique ne parvient pas &#224; regrouper en vrai livre ses pi&#232;ces proven&#231;ales dispers&#233;es, alors que La Sinse y parvient avec son ouvrage de 1874, qui remporte un franc succ&#232;s. Qui plus est, Dominique et La Sinse n'&#233;taient pas particuli&#232;rement amis, on l'a vu. Rivaux en litt&#233;rature, oppos&#233;s en politique. Dans ces ann&#233;es agit&#233;es de violentes passions politiques, Dominique, conservateur qui flirte avec l'orl&#233;anisme, d&#233;fend la poigne rude de l'Ordre Moral. La Sinse est f&#233;libre, et Dominique continue &#224; critiquer le f&#233;librige qui s'enracine dans le Var. Mais il a nou&#233; des liens &#233;troits avec ceux des f&#233;libres toulonnais qui se marquent le plus &#224; droite. Il d&#233;missionne de son emploi municipal en 1876. La victoire des r&#233;publicains au plan national lui rendait sa situation difficile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il va d&#233;sormais essayer de vivre enti&#232;rement de sa plume : correspondant de journaux, feuilletoniste...&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1884, Dominique lance, sous un anonymat transparent, un nouveau journal, Le Petit Toulonnais, marqu&#233; &#224; droite, qui voulait concurrencer le r&#233;publicain Petit Var. Mais il lance aussi en 1885 La To&#249;t&#233;no, un hebdomadaire satirique enti&#232;rement en proven&#231;al, qui vivra quelques mois en 1885-86, et quelque temps encore en 1890 (mais bilingue cette fois). Entreprise originale, o&#249; la prose domine largement &#224; une &#233;poque o&#249; l'on &#233;crivait surtout des vers proven&#231;aux. Le journal se dit quelque peu ironiquement fait par des f&#233;libres mais il est surtout r&#233;dig&#233; par Dominique qui, rappelons-le, n'est pas f&#233;libre. Dominique signe K.Ramen ses articles politiques et B&#233;n&#233;zi ses sc&#232;nes toulonnaises. Il r&#233;unit des collaborateurs anonymes, dont j'ai pu identifier une grande partie : quelques f&#233;libres, quelques hommes politiques locaux (y compris des r&#233;publicains mod&#233;r&#233;s), tous dress&#233;s contre la municipalit&#233; radicale de Toulon et son maire Dutasta, ainsi que contre les municipalit&#233;s de m&#234;me tendance des environs.&lt;br class='autobr' /&gt;
La violence du ton de La To&#249;t&#233;no fit rire, mais fit aussi mauvaise impression, en un temps pourtant o&#249; la presse &#233;tait d'une brutalit&#233; qui aujourd'hui m&#232;nerait en correctionnelle, et du coup Dominique, pass&#233; 1890, cessa d'&#233;crire en proven&#231;al. Mais il avait montr&#233;, d'une fa&#231;on qui certes ne plaisait pas &#224; tout le monde, que le proven&#231;al pouvait participer en normalit&#233; &#224; la vie publique et politique, que l'on pouvait &#233;crire en proven&#231;al des articles informatifs ou pol&#233;miques, tout comme en fran&#231;ais. Si amis et adversaires avaient agi de m&#234;me, la langue en aurait &#233;t&#233; plus d&#233;fendue et illustr&#233;e que par les lamentations sur la mort du proven&#231;al. Un personnage donc qui me semble porter, en mati&#232;re de bilinguisme, les ambigu&#239;t&#233;s et les contradictions de son temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ren&#233; MERLE&lt;br class='autobr' /&gt;
1- Ren&#233; Merle, &#8220;A propos de &#034;L'assassinat de la rue Magnaque&#034;&#8221;, Cahiers pour la litt&#233;rature populaire, n&#176;15, hiver 1995. Cf. Une aventure polici&#232;re en 1847, L'assassinat de la rue Magnaque, ouvrage anonyme, Alamo, Toulon, 1993.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ren&#233; Merle - &#034;L'assassinat de la rue Magnaque&#034;, identification de l'auteur du roman.&lt;br class='autobr' /&gt;
2 - Le lecteur int&#233;ress&#233; par ce th&#232;me trouvera notre commentaire, accompagn&#233; d'un tr&#232;s important corpus de textes politiques, sociaux, religieux, etc, in R.Merle, Les Varois, la presse varoise et le proven&#231;al, 1859-1914, S.E.H.T.D, La Seyne, 1996.&lt;br class='autobr' /&gt;
3 - B&#233;n&#233;zi, (Benesi, Benesit selon les graphies), pr&#233;nom proven&#231;al &#224; plusieurs lectures. De &#8220;b&#233;ni, bienheureux&#8221;, on peut passer &#224; &#8220;b&#233;at&#8221;, et diverger sur &#8220;bon enfant&#8221; ou sur &#8220;imb&#233;cile&#8221;... On le voit, Dominique s'amuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
4 - &#8220;La Sinse&#8221;, pseudonyme de C&#233;lestin Sen&#233;s, employ&#233; de l'administration de la marine, journaliste et acad&#233;micien toulonnais. Sur les publications proven&#231;ales de cet auteur, qui marquera de fa&#231;on importante le Toulon de la seconde moiti&#233; du XIXe, je me permets de renvoyer &#224; l'&#233;tude que je lui consacre dans l'ouvrage cit&#233;, note 2.&lt;br class='autobr' /&gt;
5 - De fr&#233;quents changements de direction expliquent qu'&#224; certains moments ces journaux sont favorables &#224; Dominique, mais &#224; d'autres moments lui sont fort hostiles.&lt;br class='autobr' /&gt;
6 - Le Troubadour, 24-5-74. Cf. article cit&#233; note 1&lt;br class='autobr' /&gt;
7 - Rappelons que le F&#233;librige est n&#233; en 1854.&lt;br class='autobr' /&gt;
8 - Cf. Fonds Rossi, Biblioth&#232;que des Amis du Vieux Toulon.&lt;br class='autobr' /&gt;
9 - Le Var, 17-12-1871.&lt;br class='autobr' /&gt;
10 - Sur ce personnage extr&#232;mement int&#233;ressant, je renvoie &#224; mon ouvrage cit&#233; note 2, le lecteur y trouvera l'ensemble des textes d'intervention politique de Peise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Raynouard, &#224; Brignoles</title>
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		<dc:subject>Raynouard</dc:subject>

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&lt;p&gt;Conf&#233;rence donn&#233;e &#224; Brignoles le 4 septembre 1996, &#224; l'invitation de la Municipalit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Texte de l'invitation : F.M.J. Raynouard. Homme politique engag&#233; dans les grandes mutations de son temps (R&#233;volution, Empire), auteur de th&#233;&#226;tre &#224; succ&#232;s, acad&#233;micien, pionnier des &#233;tudes romanes et proven&#231;ales, Raynouard est un personnage marquant, mais mal connu, des d&#233;buts du 19e si&#232;cle. Si son action et son &#339;uvre l'ont fix&#233; &#224; Paris, c'est dans son rapport &#224; la Provence et &#224; Brignoles qu'elles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Oc. Auteurs, &#233;rudits&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot55" rel="tag"&gt;Raynouard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Conf&#233;rence donn&#233;e &#224; Brignoles le 4 septembre 1996, &#224; l'invitation de la Municipalit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/local/cache-vignettes/L216xH286/raynouard-87351.png?1792012063' width='216' height='286' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte de l'invitation :&lt;br class='autobr' /&gt;
F.M.J. Raynouard. Homme politique engag&#233; dans les grandes mutations de son temps (R&#233;volution, Empire), auteur de th&#233;&#226;tre &#224; succ&#232;s, acad&#233;micien, pionnier des &#233;tudes romanes et proven&#231;ales, Raynouard est un personnage marquant, mais mal connu, des d&#233;buts du 19e si&#232;cle. Si son action et son &#339;uvre l'ont fix&#233; &#224; Paris, c'est dans son rapport &#224; la Provence et &#224; Brignoles qu'elles prennent tout leur sens. Raynouard de Brignoles, une &#233;vocation vivante et novatrice de ce personnage contradictoire, par Ren&#233; Merle, Professeur agr&#233;g&#233;, docteur &#232;s-Lettres.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Raynouard, de Brignoles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesdames, Messieurs, c'est un grand plaisir et un grand honneur pour un historien, et tout particuli&#232;rement pour un historien des usages linguistiques, de parler de Raynouard en son pays, &#224; Brignoles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne vais pas vous infliger une longue dissertation sur Raynouard et son &#339;uvre, simplement vous dire en quelques mots pourquoi j'ai &#233;t&#233; amen&#233; &#224; m'int&#233;resser &#224; Raynouard, et en quoi sa vie et son &#339;uvre me sont apparues comme susceptibles de nous concerner encore, en cette or&#233;e du vingt et uni&#232;me si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai &#233;t&#233; amen&#233; il y a quelques ann&#233;es &#224; pr&#233;senter une th&#232;se sur l'&#233;criture du proven&#231;al entre 1775 et 1840. Or voyez les dates de naissance et de d&#233;c&#232;s de Raynouard : 1761-1836. Dans ce travail, qui s'effor&#231;ait de mettre en perspective historique le biliguisme de nos anciens, j'ai donc souvent &#233;t&#233; amen&#233; &#224; rencontrer Raynouard, particuli&#232;rement &#224; travers la lecture de correspondances non &#233;dit&#233;es, dispers&#233;es dans les archives proven&#231;ales. Et ainsi j'ai &#233;t&#233; conduit &#224; donner chair &#224; une biographie bien connue, celle propos&#233;e en 1936 par le docteur Jaubert, un Seynois de Brignoles ou un Brignolais de La Seyne, un grand proven&#231;aliste devant l'&#233;ternel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Raynouard que j'ai ainsi rencontr&#233; m'est constamment apparu sous le signe d'une logique paradoxale, d'une contradiction fructueuse et paralysante &#224; la fois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; un homme qui passe une grande partie de sa vie &#224; Paris, mais qui depuis Paris signe toujours &#8220;Raynouard du Var&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; un homme qui si&#232;ge &#224; l'Acad&#233;mie fran&#231;aise, propagatrice du fran&#231;ais et ennemie des patois, mais c'est le m&#234;me homme qui r&#233;v&#232;le la litt&#233;rature proven&#231;ale m&#233;di&#233;vale et qui rend sa dignit&#233; &#224; la langue d'oc !&lt;br class='autobr' /&gt;
Raynouard est entre deux patries, la Provence et la France, entre deux langues, le proven&#231;al et le fran&#231;ais, entre deux aspirations politiques, la d&#233;mocratie locale, le pouvoir centralis&#233;...&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Marie Just Raynouard illustre ainsi, et illustre bien, l'entrecroisement identitaire de tant de notables qui vivent le passage de la Provence au Var. Le Comt&#233; de Provence, jusqu'en 1789 uni &#224; la France comme un principal &#224; un principal. Le Var, eni&#232;me partie d'un &#233;tat-nation fond&#233; sur l'adh&#233;sion citoyenne et l'effacement des vieilles nationalit&#233;s, dont la n&#244;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la formation du notable Raynouard apparaissent ainsi une succession de donn&#233;es, imbriqu&#233;es comme des poup&#233;es gigognes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La donn&#233;e premi&#232;re, c'est l'enracinement dans le petit pays : la famille paternelle &#224; Sainte-Anastasie, Ste Anastasie o&#249; vivent toujours aujourd'hui des parents de Raynouad, l'enracinement c'est la maison bourgeoise du p&#232;re (procureur) place St-Pierre &#224; Brignoles, la propri&#233;t&#233; La Pess&#233;gui&#232;re aux confins de Gar&#233;oult et Rocbaron, la propri&#233;t&#233; de Flassans...&lt;br class='autobr' /&gt;
Deuxi&#232;me donn&#233;e, la conscience proven&#231;ale. Cette conscience nait des &#233;tudes (le petit s&#233;minaire, les &#233;tudes de droit) que Raynouard suit dans la capitale proven&#231;ale, Aix. Elle se renforce avec ses d&#233;buts d'avocat, entre le Parlement d'Aix et la cit&#233; de Brignoles. Il faut, pour bien la comprendre, mesurer quelle &#233;tait la puissance et l'autonomie relative de ce Parlement, que le Roi de France avait institu&#233; au XVIe si&#232;cle pour contr&#244;ler la Provence, apr&#232;s l'annexion, mais qui s'&#233;tait transform&#233; en organisme de domination des privil&#233;gi&#233;s proven&#231;aux. Comme beaucoup de jeunes gens &#233;duqu&#233;s du Tiers-Etat, Raynouard est hostile au pouvoir des privil&#233;gi&#233;s, mais il est attach&#233; aux grandes libert&#233;s des communes proven&#231;ales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Proven&#231;aliste politique, Raynouard est aussi pr&#233;cocement un proven&#231;aliste culturel. Il est attach&#233; &#224; la gloire pass&#233;e de nos troubadours, qu'il d&#233;fend devant l'acad&#233;mie de Marseille &#224; la veille de la R&#233;volution. Il faut mesurer l&#224; encore la contradiction. La langue des Troubadours, que tout un courant &#233;rudit etudie au XVIIIe si&#232;cle, c'est aussi, c'est encore la langue d'oc de Raynouard et de ses contemporains. Que faire de cette langue que tous parlent encore, bourgeois ou hommes du peuple, quand les bourgeois ont acc&#232;s au fran&#231;ais et le peuple demeure enclos dans sa langue maternelle. Que le peuple reste &#224; sa place, donc dans sa langue ... Comment relier la gloire pass&#233;e desTroubadours et le m&#233;pris g&#233;n&#233;ralis&#233; dans les &#233;lites pour cette langue du peuple que l'on baptise patois ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais &#224; travers la proven&#231;alit&#233; affirm&#233;e du jeune avocat, perce d&#233;j&#224; une troisi&#232;me donn&#233;e. C'est la francisation culturelle et la fascination de Paris. Paris o&#249; &#224; 23 ans Raynouard part pour se faire un nom dans les Lettres. Ce sera l'&#233;chec, et le retour au pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand la grande temp&#234;te r&#233;volutionnaire se l&#232;ve, le jeune avocat est pleinement dans le mouvement. Il salue 1789, il pr&#233;side &#224; Brignoles la Soci&#233;t&#233; des Amis de la Constitution en 1790. Il est &#233;lu suppl&#233;ant &#224; l'assembl&#233;e l&#233;gislative, en 1791. Un bourgeois partisan de la R&#233;volution, mais m&#233;fiant devant la pouss&#233;e populaire. Faut-il rappeler les puissantes &#233;meutes paysannes de notre r&#233;gion, entre 1789 et 1792, &#233;meutes qui s'attaquent aussi bien aux nobles qu'aux riches ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand le mouvement r&#233;volutionnaire se scinde entre mod&#233;r&#233;s et montagnards, puis quand les mod&#233;r&#233;s toulonnais pactisent avec les Anglais et les royalistes, Raynouard h&#233;site. Inculp&#233; (un peu vite) de contacts avec les rebelles toulonnais, il est emprisonn&#233; &#224; Paris en 1794. Il est lib&#233;r&#233; apr&#232;s Thermidor, il demeure &#224; Paris, &#233;crit une trag&#233;die. Echec.&lt;br class='autobr' /&gt;
De retour &#224; Brignoles, administrateur, Raynouard cautionne, comme tant de mod&#233;r&#233;s, la terreur blanche de l'an III.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le retour &#224; l'ordre bourgeois est aussi pour Raynouard retour des ambitions litt&#233;raires fran&#231;aises. Il se fixe &#224; Paris sous le Directoire. Sa trag&#233;die Les Templiers triomphe en 1805, en r&#233;conciliant le classicisme et l'histoire de France.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Empereur fait de Raynouard un acad&#233;micien, et un repr&#233;sentant du Var au corps l&#233;gislatif. Raynouard est de ceux qui voient en l'Empire le prolongement des Lumi&#232;res, de la R&#233;volution bourgeoise et la consolidation de ses conqu&#234;tes. Mais sa ferveur ti&#233;dit devant les guerres incessantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi, le d&#233;put&#233; du Var qui n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; critiquer l'Empire d&#233;clinant, va saluer la Restauration des Bourbons. Mais il n'est en rien partisan d'un retour &#224; l'Ancien R&#233;gime. Il d&#233;fend les viticulteurs, condamne l'imp&#244;t sur les boissons. Il exalte les libert&#233;s de l'ancienne Provence, librement unie &#224; la France &#224; condition de ne pas &#234;tre subaltern&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;&#231;u du refus royal devant ces revendications, il salue le Napol&#233;on des Cent Jours. Sa carri&#232;re politique s'arr&#234;te en 1815, avec la seconde Restauration. Elle t&#233;moigne d'un engagement prudent et d'un opportunisme certain, qui caract&#233;risent tant de notables varois.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1815, la royaut&#233; s'installe pour longtemps. Echaud&#233; par la politique, conscient que le succ&#232;s th&#233;&#226;tral est r&#233;volu, Raynouard commence &#224; publier ses recherches sur la langue romano-proven&#231;ale. Recherches qu'il poursuivait depuis des ann&#233;es. Depuis son installation &#224; Paris en effet, il a eu acc&#232;s &#224; des manuscrits in&#233;dits, il a rencontr&#233; de nombreux &#233;rudits. La capitale, dans laquelle il vit, et o&#249; il mourra, lui offre des possibilit&#233;s de travail qu'il n'aurait pas trouv&#233;es &#224; Brignoles et &#224; Aix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le propos de Raynouard est double. D'une part, il veut montrer que, lors de l'effondrement de l'empire romain, le latin vulgaire a donn&#233; naissance &#224; la langue romane, matrice de toutes les langues n&#233;o-latines, et dont la langue d'oc, qui en nait &#233;galement, est rest&#233;e tr&#232;s proche. Raynouard est ainsi de ceux qui fondent la linguistique comparative et &#233;volutionniste moderne. Mais d'autre part son propos est de remettre en circulation publique les textes m&#233;di&#233;vaux en langue d'oc, ceux des Troubadours au premier chef, et de t&#233;moigner de la grandeur de la civilisation occitane m&#233;di&#233;vale. Paradoxe toujours, c'est ainsi de Paris que vient la r&#233;habilitation de la langue d'oc.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1816 para&#238;t donc son Choix des Po&#233;sies originales des Troubadours. C'est le premier ouvrage d'une s&#233;rie plac&#233;e sous patronage officiel et royal. Raynouard commen&#231;e ainsi &#224; rendre accessible le monumental corpus des textes m&#233;di&#233;vaux en langue d'Oc. Trait&#233; de &#8220;patois&#8221; par les francisateurs, la langue d'oc appara&#238;t avec Raynouard aur&#233;ol&#233;e d'un pass&#233; de culture et de civilisation humaniste. Civilisation d'un Midi restitu&#233; dans sa totalit&#233; linguistique, de Bordeaux &#224; Nice, des Pyr&#233;n&#233;es au nord du Massif central. Civilisation que le lecteur de l'&#233;poque voit qualifi&#233;e de romano-proven&#231;ale par Raynouard, ou, n&#233;ologisme qui sera mal compris en Provence, d'occitane.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contradiction majeure l&#224; encore. Depuis la r&#233;volution, le fran&#231;ais citoyen n'est plus l'apanage des &#233;lites. Le peuple acc&#232;de au fran&#231;ais, langue de la loi et de la promotion sociale. La bourgeoisie diffuse le fran&#231;ais, corrolaire de la constitution d'un &#233;tat centralis&#233; et d'un march&#233; national unifi&#233;. Quelle place dans la France nouvelle pour la langue des troubadours, demeur&#233;e vivante dans la bouche du peuple, mais de plus en plus combattue, p&#233;jor&#233;e...&lt;br class='autobr' /&gt;
Autre contradiction : la lecture des textes m&#233;di&#233;vaux montre que, avant le rattachement &#224; la France, le proven&#231;al avait une graphie sp&#233;cifique bien diff&#233;rente des graphies patoisantes &#224; la fran&#231;aise. Comment &#233;crire le proven&#231;al moderne ? Raynouard &#224; vrai dire ne s'&#233;tait pas pos&#233; le probl&#232;me d'une &#233;criture du proven&#231;al. Mais ses disciples le lui posent. Ainsi font les jeunes varois venus &#233;tudier &#224; Paris, et qui aimaient se regrouper autour de leur protecteur acad&#233;micien. Thouron de Toulon, Reymonenq de La Roquebrussane, etc. Ainsi fait surtout Diouloufet d'Aix, premier po&#232;te proven&#231;al de ces ann&#233;es 1820. Raynouard est ainsi le r&#233;introducteur en Provence d'une partie de la graphie classique dite occitane, une graphie qui dominera dans les milieux cultiv&#233;s proven&#231;aux jusqu'&#224; la naissance du f&#233;librige, et au del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces diff&#233;rents &#233;gards, c'est donc un Varois, un Brignolais, un bon pratiquant du parler local, qui initie la renaissance proven&#231;ale. 40 ans plus tard la gloire de Mistral la d&#233;placera vers les bords du Rh&#244;ne (en complexant les paysans varois qui croiront parler &#8220;le patois&#8221; et pas le &#8220;vrai proven&#231;al&#8221;).&lt;br class='autobr' /&gt;
A noter que cette r&#233;&#233;valuation de la langue proven&#231;ale s'accompagne d'une intervention politique (au sens large) : en 1829, Raynouard donne une Notice sur Brignoles et une Histoire du Droit municipal en France, o&#249; il demande le r&#233;tablissement des libert&#233;s communales ch&#232;res au Proven&#231;aux. Il renforce ainsi un sentiment &#8220;communaliste&#8221; vivace dans le Var, et qui s'affirmera tout au long du si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Raynouard est ainsi doublement aux racines de ce que sera, dans ce qu'elle a de meilleur, de non-pass&#233;iste, la renaissance d'oc contemporaine :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; conscience d'une unit&#233; linguistique des r&#233;gions occitanes, ins&#233;parable d'une unit&#233; de civilisation et de valeurs humanistes.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; conscience du lien entre ce pass&#233; de dignit&#233; et les aspirations modernes au respect de l'individu, au respect des groupes humains structur&#233;s par l'histoire, &#224; ce qui deviendra bient&#244;t la grande aspiration d&#233;mocratique du si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme qui dispara&#238;t en 1836 a donc doublement marqu&#233; la conscience varoise comme la conscience nationale. Profond&#233;ment fran&#231;ais et profond&#233;ment proven&#231;al, profond&#233;ment attach&#233; &#224; l'unit&#233; nationale et profond&#233;ment partisan des libert&#233;s communales, il a v&#233;cu dans un &#233;cart&#232;lement que les conditions de l'&#233;poque ne permettaient pas de solutionner &#233;quitablement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour m'en tenir &#224; sa post&#233;rit&#233; varoise, je m'appuierai sur cette &#233;tude r&#233;cente, que je viens de publier, sur le texte proven&#231;al dans la presse du Var &#224; partir du Second Empire, et jusqu'&#224; la guerre de 14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous ne serez pas &#233;tonn&#233;, pass&#233;e la terrible r&#233;pression de l'insurrection r&#233;publicaine varoise de 1851, de voir combien la revendication communaliste de Raynouard est occult&#233;e chez nous par le Second Empire autoritaire, mais prise en compte par la jeune opposition r&#233;publicaine. Par contre vous ne serez pas &#233;tonn&#233; de voir les premiers f&#233;libres, partisans de l'Empire, le saluer comme un primadier en mati&#232;re linguistique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand &#224; partir de 1870 le Var s'engagera puissamment dans les combats et les conqu&#234;tes r&#233;publicaines, vous ne serez pas &#233;tonn&#233;s de voir les radicaux varois, et tout particuli&#232;rement ceux de la r&#233;gion de Brignoles, pris dans une inextricable contradiction. La r&#233;publique dont ils se r&#233;clament est celle qui doit instruire le peuple, mais en fran&#231;ais. Vous trouverez dans cet ouvrage nombre de textes de chansonniers du pays brignolais, et tout particuli&#232;rement ceux de Richier, qui d&#233;fendent en proven&#231;al populaire la cause de la r&#233;publique, et du fran&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Paradoxe majeur qui renvoie Raynouard &#224; la seule gloire des troubadours, et non &#224; la possibilit&#233; d'un bilinguisme populaire accept&#233;. Les efforts du f&#233;librige varois, dans lequel Brignoles aura une place importante, ne pourront malheureusement pas renverser la vapeur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous savez tous comme moi combien les saluts &#224; Raynouard, r&#233;p&#233;t&#233;s de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration, accompagneront le lent d&#233;clin, l'interminable agonie de notre belle langue populaire, et ce malgr&#233; les efforts tenaces des associations de d&#233;fense de la langue. Un d&#233;clin qui n'est peut-&#234;tre pas vraiment une mort . Langue morte &#034;pas tant morte&#034;...&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il me soit donc permis, en conclusion, de souhaiter que la France accepte enfin de consid&#233;rer sa diversit&#233; linguistique et culturelle non comme une tare qu'il faut extipercomme une richesse, mais comme un atout pr&#233;cieux, comme un gage d'avenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ren&#233; Merle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dominique e &#8220;La T&#243;uteno&#8221;</title>
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		<dc:date>2025-10-23T09:32:30Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Toulon</dc:subject>
		<dc:subject>Dominique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Revue trimestrielle A.V.E.P. n&#176;77, 1996. &lt;br class='autobr' /&gt; Presentacien de R.Gensollen : Av&#232;n parla eici mai d'un c&#242;up de La T&#243;uteno, facido t&#243;utei lei dim&#232;cre, journalet escri en prouven&#231;au de Touloun que pareissi&#233; &#224; la fin d&#243;u si&#232;cle passa. Av&#232;n douna qu&#224;uquei sceno prouven&#231;alo e de nouvello, tout signa d'escais-noum coumo : Benezi, Lally, etc. Nous fa gau encuei de fa lou lume sus soun autour, bounadi lei recerco de Reini&#233; Merle que gramacian p&#232;r la coumunicacien qu'a b&#232;n vougu nous faire. Lou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Oc. Auteurs, &#233;rudits&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Toulon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot624" rel="tag"&gt;Dominique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Revue trimestrielle A.V.E.P. n&#176;77, 1996.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Presentacien de R.Gensollen :&lt;br class='autobr' /&gt;
Av&#232;n parla eici mai d'un c&#242;up de La T&#243;uteno, facido t&#243;utei lei dim&#232;cre, journalet escri en prouven&#231;au de Touloun que pareissi&#233; &#224; la fin d&#243;u si&#232;cle passa. Av&#232;n douna qu&#224;uquei sceno prouven&#231;alo e de nouvello, tout signa d'escais-noum coumo : Benezi, Lally, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous fa gau encuei de fa lou lume sus soun autour, bounadi lei recerco de Reini&#233; Merle que gramacian p&#232;r la coumunicacien qu'a b&#232;n vougu nous faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lou proufessour Reini&#233; Merle es agrega d'ist&#242;ri, a lou Capes de Letro mouderno, es D&#243;utour &#232;s Letro e assoucia d&#243;u C.N.R.S. de Mount-Peli&#233;. Sabi pas se pren lou t&#232;ms de faire la partido ei bocho.&lt;br class='autobr' /&gt;
Es p&#232;r dire qu'es un cercaire de proumiero. Entre autre, a publica recentament d'obro preciouso per nautre : Inventaire du texte proven&#231;al de la r&#233;gion toulonnaise (1986), e L'&#233;criture du proven&#231;al de 1775 &#224; 1840, qu'es sa t&#232;si, 1028 pajo (1990).&lt;br class='autobr' /&gt;
Soun darnier oubrage es en souscricien ; es un est&#249;di tras qu'impourtant : Les Varois, la presse varoise et le proven&#231;al, 1859-1910, toucant tout ce qu'es esta escri en lengo nouastro dins lei journau d&#243;u t&#232;ms, dins uno pountounado que vigu&#233; n&#232;isse la liberta de la presso, sus t&#243;utei lei suj&#232;t : poulitico, soucieta, religien, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R. Merle - Dominique, Antoni, 1836 - 1906&lt;br class='autobr' /&gt;
Si&#233;u en trin d'acaba un enqu&#232;sto sus l'escrituro d&#243;u prouven&#231;au dins lou Var entre lou Segound Emp&#232;ri e la guerro de quatorge. Ac&#242; m'a fa rescountra, e de co&#249;p que l'a mi leis a fa descurbi, de persoun&#224;gi b&#232;n interessant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vouali parla ei leg&#232;ire de l'AVEP, &#224; la lesto, d'un d'aqu&#233;lei, que mi s&#232;mblo pourta leis ambigu&#239;ta e lei countradicien de soun t&#232;ms.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aquel ome, lou rescountr&#232;ri d'abord en legiss&#232;nt la pichoto presso d&#243;u t&#232;ms : li signo Benezi e li douno de sceno pleno de santa poupul&#224;ri, sceno toulounenco, e mai que mai de Besagno, lou quarti&#233; poupul&#224;ri au levant d&#243;u Cous Lafayette, entre lou Cap&#232;u Rouge e lou Cuou de Buou.&lt;br class='autobr' /&gt;
Es un pau lou disciple e lou rivau de La Sinso.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pu&#232;i mi r&#232;ndi comte, toujour en legiss&#232;nt aquelo presso, qu'es pleno d'alusien, de critico e, de co&#249;p que l'a, d'un marridun que fari&#233; p&#242;u encuei, que Benezi es qu'un deis escais-noum d'un escrivan mai qu'aboundous que signo : Rodolphe d'Orbel, Gaston de la Bayorre, X. de Briey, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Es un escrivan franc&#233;s que douno sei rouman en fuietoun dins la presso marsiheso e vareso de la fin d&#243;u Segound Emp&#232;ri e de la debuto de la Tresenco Republico ; pren sa mat&#232;ri dins la realita loucalo e regiounalo : L'Incendie du Mourillon, La Mariage aux ba&#239;onnettes, Les M&#233;moires de Gaspard de Besse, Le Si&#232;ge de Toulon en 1793, e un fube d'&#224;utrei.&lt;br class='autobr' /&gt;
Descu&#233;rbi tamb&#232;n qu'es l'autour d&#243;u proumi&#233; rouman-poulici&#233; toulounen (d'autour anounime) qu'es esta tourna edita l'a pas gaire : L'assassinat de la rue Magnaque.&lt;br class='autobr' /&gt;
M'avisi que gouverno tamb&#232;n aquel ome, e toujour souto aqu&#233;leis escais-noum e b&#232;n d'&#224;utrei, plen de pichoun journau d'espa&#231;amen, liter&#224;ri, teatrau e satirique : Le Carillon, Le Touche-&#224;-Tout (proumiero maniero), Toulon Journal, La Gu&#234;pe de Toulon, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
E vi&#233;u tamb&#232;n que signo, mai aqueste co&#249;p de soun noum, d'&#243;ubr&#224;gi saberu sus leis epidem&#236;o de coulera &#224; Touloun, especialamen aqu&#233;lei, terriblo, de 1865 e 1884.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu &#232;ri dounc aqu&#233;u Dominique proute&#239;forme ? Ges de bibliougraf&#236;o, ges d'est&#249;di : fali&#233; dounc furna dins leis archi&#233;u.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#232;isse &#224; Grasso en 1836. Es l'enfant d'un gendarmo de Lourreno, que tournara au pa&#239;s &#224; la retr&#232;to. Lou futur escrivan prouven&#231;au es dounc sourti dei bra&#239;o d'un &#8220;estrangi&#233;&#8221; e ac&#242; mouastro la vitalita d&#243;u prouven&#231;au &#224; l'&#233;poco.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lou joine Dominique es naturalament bilingue, coumo tout lou mounde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Intro joine &#224; la Coumuno de Touloun, en 1856, coumo coum&#233;s de bur&#232;u e dev&#232;n puei cap d&#243;u bur&#232;u de l'Estat-civi&#233;u. Mai es pivela p&#232;r lou desi de la recounouiss&#232;n&#231;o liter&#224;ri franceso. Fa que publico soun Teatre de Besagno &#224; la fin de l'Emp&#232;ri e &#224; la debuto de la Republico.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lou resson es grand e Dominique coumpren que l'a aquito tanb&#232;n uno poussibilita de recounouiss&#232;n&#231;o. Mai p&#242;u s'agi eici que de recounouiss&#232;n&#231;o loucalo ; la recounouiss&#232;n&#231;o naciounalo passo p&#232;r lou franc&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
E vaqui dounc, &#224; cousta de Dominique, autour franc&#233;s, lou Benezi dei sceno toulounenco, e mai que mai de Besagno.&lt;br class='autobr' /&gt;
Besagno, segur que Dominique lou counouis b&#232;n : r&#232;sto au couar de Touloun, carriero dei Bouchari&#233;, e sa segoundo fremo es la fiho de l'acoucharello d&#243;u quarti&#233; vi&#232;i.&lt;br class='autobr' /&gt;
Benezi a de ressoun dins la presso vareso d&#243;u t&#232;ms, mai pousqu&#233; pas si faire publica p&#232;r de bouan dins un libre, coumo La Sinso. E &#232;ron pas gaire coul&#232;go, t&#243;utei dous ! Rivau en literaturo, pas d'ac&#242;rdi en poulitico.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dins aquelo passo de passien poulitico, La Sinso es republican, Dominique counservatour.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Sinso est felibre, e Dominique a de longo critica lou Felibrige que s'enracinavo dins lou Var, mais es coul&#232;go em&#233; lei felibre toulounen lei mai &#8220;&#224; drecho&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1885 ; Dominique gouverno un journau nouv&#232;u, Le Petit Toulonnais, que vouli&#233; councurren&#231;a lou republican Petit Var, mai lan&#231;o tamb&#232;n La T&#243;uteno, un semani&#233; satirique en prouven&#231;au, que vi&#233;ura qu&#224;uquei mes en 1885-1886, e quauque t&#232;ms encaro en 1890 (mai bilingue, aqueste c&#242;up).&lt;br class='autobr' /&gt;
Es uno entrepresso &#243;uriginalo, qu&#224;si touto en proso, dins un t&#232;ms que s'escrivi&#233; subretout de vers en prouven&#231;au.&lt;br class='autobr' /&gt;
Se dis facho p&#232;r &#8220;d&#233; f&#233;libr&#233;s do&#249; gros grun&#8221;, mai es subretout facho p&#232;r Dominique : signo K.Ramen seis article poulitique, e Benezi sei sceno toulounenco. Recampo de coulabouradou anounime, pousqu&#232;ri n'en identifica la grand part : qu&#224;uquei felibre, qu&#224;uquei ome poulitique, t&#243;utei encagna contro la municipalita radicalo de Touloun e soun c&#242;nsou Dutasta.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vi&#243;ul&#232;nci, lou marridun de La T&#243;uteno fagu&#232;roun rire, mai fagu&#232;roun tamb&#232;n uno marrido empressien e, d&#243;u c&#242;up, Dominique, passa 1890, quit&#233; d'escri&#233;ure en prouven&#231;au.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mai avi&#233; moustra, de soun biais, que b&#232;n entendu agradavo pas en tout lou mounde, que lou prouven&#231;au poudi&#233; participa, en nourmalita, &#224; la vido publico e poulitico, que si poudi&#233; escri&#233;ure en prouven&#231;au d'article enfourmati&#233;u e poulemique, tant coumo en franc&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Agu&#232;sson fa ansin avers&#224;ri e ami que, de segur, la lengo seri&#233; estado mai aparado que p&#232;r lou plagnun sus la mouart d&#243;u prouven&#231;au. Mai ac&#242; es uno autro ist&#242;ri...&lt;br class='autobr' /&gt;
Reini&#233; Merle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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