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		<title>Quand Mediapart me parlait de rugby et d'identit&#233;</title>
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		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>



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&lt;p&gt;Quand j'&#233;tais abonn&#233; &#224; M&#233;diapart, j'ai eu un jour la surprise, et disons, pour rester courtois, l'agacement, de lire en premi&#232;re page un article titr&#233; : &#034;Quand le rugby se vautre dans le terroir&#034;. Il s'agissait d'un billet &#224; chaud consacr&#233; aux deux matchs Perpignan-Toulon et Biarritz-Toulouse, jou&#233;s respectivement &#224; Barcelone et Saint-S&#233;bastien, un billet qui se voulait d'ouverture (c'est bien le cas pour qui parle de rugby) face aux fermetures identitaires, et, partant, d'apporter sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;M&#233;ridionaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand j'&#233;tais abonn&#233; &#224; M&#233;diapart, j'ai eu un jour la surprise, et disons, pour rester courtois, l'agacement, de lire en premi&#232;re page un article titr&#233; : &#034;Quand le rugby se vautre dans le terroir&#034;. Il s'agissait d'un billet &#224; chaud consacr&#233; aux deux matchs Perpignan-Toulon et Biarritz-Toulouse, jou&#233;s respectivement &#224; Barcelone et Saint-S&#233;bastien, un billet qui se voulait d'ouverture (c'est bien le cas pour qui parle de rugby) face aux fermetures identitaires, et, partant, d'apporter sa pierre au monument universaliste &#233;rig&#233; par les Belles &#194;mes apr&#232;s la r&#233;cente d&#233;claration de Christian Jacob. On peut en juger par la seule conclusion : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;On comprend les raisons objectives de d&#233;placer les matchs dans des stades qui font d&#233;faut &#224; Perpignan et &#224; Biarritz : Aim&#233;-Giral comme Aguil&#233;ra contiennent moins de 15.000 places. On comprend surtout les ressorts qui sont remu&#233;s pour &#171; allumer le feu &#187; nationaliste chez les supporters. Le r&#233;gionalisme, le particularisme &#224; costume folklorique, le cauchemar identitaire. Celui qui, des Corses aux Flamands, des Alsaciens aux Bretons, des Savoyards aux Basques fut toujours choy&#233; par les nationalismes et les fascistes, ce terroir rance si bien exalt&#233; par Christian Jacob&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une soudaine pouss&#233;e de tension, (ou d'adr&#233;naline ?) m'a pouss&#233; &#224; r&#233;pondre par un bref commentaire, que l'auteur balaya d'une phrase (cf. l'article sur Mediapart).&lt;br class='autobr' /&gt;
Je devais voir un m&#233;decin ce matin-l&#224;. Tension : 9-11. C'est dire que la pouss&#233;e d'&#233;nervement s'&#233;tait r&#233;solue dans une sorte de r&#233;signation. &#192; quoi bon argumenter si, dans un m&#233;dia qui se veut r&#233;gi par la raison, par l'objectivit&#233;, fait irruption la plus irrationnelle des toujours vives crispations franco-fran&#231;aises, dans la manipulation de situations ext&#233;rieures, en l'occurrence espagnoles, totalement diff&#233;rentes de la donne fran&#231;aise&#8230; Si tout attachement r&#233;gional est assimil&#233; aux p&#233;rils nationalistes et fascistes. Si la francitude urbaine, et avant tout parisienne, ne vilipende le terroir que pour mieux aller s'y &#034;vautrer&#034; en RTT (un terroir d&#233;barrass&#233; de ses indig&#232;nes, si possible)...&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne peux que redire ici ce que j'ai d&#233;j&#224; &#233;crit cent fois : l'identit&#233; n'est pas une, elle est multiple. Dans la mienne il y a, entre autres, une identit&#233; r&#233;gionale et une identit&#233; fran&#231;aise, qui &#224; mon sens n'ont rien de contradictoire et ne me ferment en rien &#224; l'universel. Ce n'est pas parce que des fachos se couvrent de cette identit&#233; r&#233;gionale, et d'autres fachos (ou les m&#234;mes) de cette identit&#233; fran&#231;aise, que je vais m'en amputer, d'autant que la Nation est le socle sur lequel il faut s'appuyer pour pr&#233;server nos acquis sociaux et d&#233;mocratiques, et que je n'ai pas la moindre envie de la faire &#233;clater, au contraire...&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela fait des d&#233;cennies que j'entends d'un c&#244;t&#233; : &#034;avec vos crispations r&#233;gionales, vous allez faire p&#233;ter la r&#233;publique&#8230;&#034;. Et de l'autre : &#034;avec votre crispation bleu blanc rouge, vous ne prenez pas en compte la r&#233;alit&#233; vraie : levez plut&#244;t le drapeau black blanc beur...&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et cela fait des d&#233;cennies que se poursuit se poursuit ce faux d&#233;bat, relanc&#233; sans r&#233;pit par des Bobos world culture qui reprendraient bien &#224; leur compte le propos r&#233;sign&#233; de Rousseau, dans L'&#201;mile : &#034;Ces deux mots, patrie et citoyen, doivent &#234;tre effac&#233;s des langues modernes...&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>C&#233;line et les M&#233;ridionaux</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>C&#233;line</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;ridionaux</dc:subject>
		<dc:subject>Ethnotypes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un mot sur le racisme anti-m&#233;ridional du bon docteur Destouches. Et d'abord les deux citations qui courent les forums de discussions occitanistes : &#8212; &#034; La partie non celtique de la France cause et pontifie. Elle donne au pays ses ministres, ses v&#233;n&#233;rables, ses congressistes hyper-sonores. C'est la partie vinasseuse de la R&#233;publique, la M&#233;ridionale, profiteuse, resquilleuse, politique, &#233;loquente, creuse. &#034; Louis-Ferdinand C&#233;line, L'Ecole des cadavres, 1938 &#8212; &#034; Zone Sud, peupl&#233;e de b&#226;tards (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot786" rel="tag"&gt;Ethnotypes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un mot sur le racisme anti-m&#233;ridional du bon docteur Destouches. Et d'abord les deux citations qui courent les forums de discussions occitanistes : &#8212; &#034; &lt;i&gt;La partie non celtique de la France cause et pontifie. Elle donne au pays ses ministres, ses v&#233;n&#233;rables, ses congressistes hyper-sonores. C'est la partie vinasseuse de la R&#233;publique, la M&#233;ridionale, profiteuse, resquilleuse, politique, &#233;loquente, creuse&lt;/i&gt;. &#034; Louis-Ferdinand C&#233;line, &lt;i&gt;L'Ecole des cadavres&lt;/i&gt;, 1938 &#8212; &#034; &lt;i&gt;Zone Sud, peupl&#233;e de b&#226;tards m&#233;diterran&#233;ens, de Narbono&#239;des d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s, de nervis, F&#233;libres g&#226;teux, parasites arabiques que la France aurait eu tout int&#233;r&#234;t &#224; jeter par- dessus bord. Au dessous de la Loire, rien que pourriture, fain&#233;antise, infect m&#233;tissage n&#233;grifi&#233;&lt;/i&gt; &#034;, Louis Ferdinand C&#233;line, novembre 1942. &lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re citation est bien extraite de &lt;i&gt;L'&#201;cole des cadavres&lt;/i&gt; (Deno&#235;l, 1938 - r&#233;&#233;d. 1942). L'ouvrage est difficile aujourd'hui &#224; trouver en support papier, mais on peut le lire in extenso sur le Net. Voici le passage complet dont la citation est extraite : &#171; &lt;i&gt;La France n'est latine que par hasard, par raccroc, par d&#233;faites, en r&#233;alit&#233; elle est celte, germanique pour les trois- quarts. Le latinisme pla&#238;t beaucoup aux m&#233;ridionaux francs- ma&#231;ons. Le latinisme c'est tout pr&#232;s de la Gr&#232;ce. La Gr&#232;ce c'est d&#233;j&#224; de l'Orient. L'Orient c'est en plein de la Loge. La Loge c'est d&#233;j&#224; du Juif. Le Juif c'est d&#233;j&#224; du n&#232;gre. Ainsi soit- il. La bougnoulisation du blanc par persuasion latine, par promiscuit&#233;s ma&#231;onniques. La France est aryenne, pas du tout juive, pas du tout n&#232;gre. La partie solide de la France, l'anti- discoureuse, a toujours &#233;t&#233; la partie celte et germanique. La partie qui se fait tuer, la partie qui produit, la partie qui travaille, la partie qui paye, est celte et germanique. Dix d&#233;partements du Nord payent autant d'imp&#244;ts que tout le reste de la France. Les fusiliers bretons ont eu autant de tu&#233;s (1 380) en une seule journ&#233;e &#224; Dixmude que tous les Juifs de France pendant toute la guerre. La partie non celtique en France, cause et pontifie. Elle donne au pays ses Ministres, ses V&#233;n&#233;rables, ses Congressistes hyper-sonores. C'est la partie vinasseuse de la R&#233;publique, la m&#233;ridionale, profiteuse, resquilleuse, politique, &#233;loquente, creuse. Il n'existe aucune haine fondamentale, irr&#233;m&#233;diable entre Fran&#231;ais et Allemands. Ce qui existe c'est une machination permanente, implacable, jud&#233;o-britannique, pour emp&#234;cher &#224; toute force que l'Europe se reforme d'un seul bloc, d'un seul tenant franco-allemand comme avant 843. Tout le g&#233;nie de la Jud&#233;o-Britannie consiste &#224; nous mener d'un conflit vers un autre, d'un carnage dans un autre, &#233;tripades dont nous sortons r&#233;guli&#232;rement, toujours, en effroyable condition, Fran&#231;ais et Allemands, saign&#233;s &#224; blanc, enti&#232;rement &#224; la merci des Juifs de la Cit&#233;. L'&#233;quilibre europ&#233;en sous la tyrannie anglaise n'est qu'un infini massacre, &#224; r&#233;p&#233;titions, franco-allemand. Les b&#234;tes du continent doivent toujours &#234;tre pour la satisfaction anglaise, plus ou moins vid&#233;es, sonn&#233;es, incapables de s'arracher au joug britannique... Une Europe toujours d&#233;lirante, br&#251;lante, toujours au bord du coma, voici la force de l'Angleterre. Le conflit franco-allemand est la condition m&#234;me, l'industrie supr&#234;me de l'Angleterre. C'est de la prosp&#233;rit&#233; anglaise toute cuite. Le conflit franco-allemand repousse rituellement de ses cendres. C'est du Ph&#233;nix. Elle a pas besoin de se cailler l'Angleterre. Chaque g&#233;n&#233;ration franco-allemande repique au massacre dare-dare, toujours plus conne, plus cocue, plus combustible, toujours encore plus impatiente de se faire roustir, an&#233;antir dans les embrasements cataclysmiques juifs. Il me semble que c'est assez net. Je suis pas tr&#232;s partisan des allusions voil&#233;es, des demi-teintes. Il faut tout dire ou bien se taire. Union franco-allemande. Alliance franco-allemande. Arm&#233;e franco-allemande. C'est l'arm&#233;e qui fait les alliances, les alliances solides. Sans arm&#233;e franco-allemande les accords demeurent platoniques, acad&#233;miques, versatiles, vell&#233;itaires... Assez d'abattoirs ! Une arm&#233;e franco-allemande d'abord ! Le reste viendra tout seul. L'Italie, l'Espagne par- dessus le march&#233;, tout naturellement, rejoindront la Conf&#233;d&#233;ration. Conf&#233;d&#233;ration des &#201;tats Aryens d'Europe. Pouvoir ex&#233;cutif : L'arm&#233;e franco-allemande. Une alliance franco-allemande &#224; la vie, &#224; la mort. Alors ! et seulement alors, &#231;a sera enfin termin&#233; la plaisanterie juda&#239;que mill&#233;naire, l'in&#233;puisable croisade humanitaire, d&#233;mocratique, l'incessante, l'infatigable, boucherie dite lib&#233;ratrice, humanisatrice, salvatrice, r&#233;demptrice. Le Rhin, fosse commune. Ce sera le glas de l'empire britannique, et ce sera pain b&#233;ni, de la Tyrannie britannique, l'&#233;croulement de l'Empire ! Tant mieux ! Nom de Dieu tant mieux ! La fin du cauchemar. Tous nos malheurs viennent de Londres, de la Jud&#233;o-Britannie. Tout seuls Fran&#231;ais, et m&#234;me alli&#233;s aux Italiens, nous demeurons ce que nous sommes, les esclaves de l'Angleterre, les encha&#238;n&#233;s aux comptoirs britanniques. Alli&#233;s aux Allemands c'est autre chose. On file en l'air enfin nos cha&#238;nes. L'Angleterre on la d&#233;culotte, on la fixe une bonne fois pour toutes. Nous sommes les ma&#238;tres de l'Europe. Nous sommes les ma&#238;tres de notre destin. Ce qui, soit dit en passant, ne nous est encore jamais arriv&#233;. L'alliance franco- allemande, c'est la puissance jud&#233;o-britannique r&#233;duite &#224; z&#233;ro. Le fond m&#234;me du probl&#232;me atteint, enfin. La Solution. Une seule force anti-juive en ce monde, une seule force pacifique r&#233;elle : L'arm&#233;e franco-allemande. Tout le reste n'est que fariboles, babillages, diversions, entourloupes de Juifs. L'arm&#233;e franco-allemande, quatre cents divisions d'infanterie parfaitement d&#233;rouilleuse, r&#233;solues. Qui dit mieux ? Quoi bronche ? rechigne ? rebiffe ? r&#233;calcitre ? Travaille du sourcil ? Ergote ? R&#233;crimine ? S'oppose ? Rel&#232;ve le gant ? On attend. Que se d&#233;clarent les fortes t&#234;tes, les grognons, les intraitables... les petits m&#233;chants&lt;/i&gt;... &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'h&#233;sitais &#224; utiliser la seconde citation, car elle ne donnait pas sa source, mais seulement une date, 1942. Jusqu'&#224; ce que je lise, en 2011, une lettre de Jean Claude Peyrolle au journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;[&lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2011/04/12/nous- sommes-maures_1505586_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Peyrolles&lt;/a&gt;].&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici ce qu'explique Jean Claude Peyrolle (je le cite) : &#034;En 1942, il [C&#233;line] propose propose un article &#224; Robert Brasillach, r&#233;dacteur en chef de Je suis partout [le plus influent des hebdomadaires collaborationnistes. Violemment antis&#233;mite] :&#171; La France actuelle si m&#233;tiss&#233;e ne peut &#234;tre qu'anti-aryenne, sa population ressemble de plus en plus &#224; celle des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique. M&#234;mes v&#339;ux, m&#234;me politique profonde. Ahuris de partout rassembl&#233;s sous commandement juif, plus quelques d&#233;bris d'indig&#232;nes nordiques et celtes &#224; la traine, fondant d'ailleurs, en voie de disparition/... / Le coup de gr&#226;ce, sans conteste, nous fut port&#233; par la guerre 14-18 : deux millions de morts, plus cinq millions de bless&#233;s et d'abrutis par les combats et l'alcool, soit toute la population masculine vaillante (en majorit&#233; aryenne bien entendu) lessiv&#233;e, an&#233;antie. Et parmi ceux-ci certainement tous nos cadres r&#233;els, tous nos chefs aryens. /... / Ils ont &#233;t&#233; imm&#233;diatement remplac&#233;s au pied lev&#233; par l'afflux des arm&#233;no&#239;des, arabo&#239;des, italo&#239;des, polono&#239;des, etc. tous &#233;norm&#233;ment avides, berc&#233;s depuis toujours au r&#234;ve, dans leurs bleds infects, de venir jouer ici les chefs, de nous asservir, nous conqu&#233;rir (sans aucun risque).&lt;br class='autobr' /&gt;
Une magnifique affaire ! Nos h&#233;ros 14-18 leur c&#233;d&#232;rent sans barguigner leurs places toutes chaudes. Elles furent combl&#233;es imm&#233;diatement. /... / Les femmes se marient avec ce qu'elles trouvent ! Certes ! Nouvelle floraison de m&#233;tis ! Quelle com&#233;die ! Quel lupanar ! Ainsi soit-il ! /... /&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Romains trop m&#233;tiss&#233;s se sont donn&#233; deux capitales, j'en ferais tout autant. Marseille et Paris. L'une pour la France m&#233;ridionale, latine si l'on veut, byzantine, &#171; Suralg&#233;rique &#187;, tout aux m&#233;tis, tout aux zazous/... /. L'autre pour la France &#171; nord de la Loire &#187; la France travailleuse et raciste, /... /, c'est &#224; tenter. Je crois qu'il est peut-&#234;tre temps que s'op&#232;rent quelques grandes r&#233;formes&#034;... &lt;br class='autobr' /&gt;
Robert Brasillach h&#233;site &#224; publier l'article. Non que son contenu le choque : il admire la politique raciale du IIIe Reich et poursuit de sa haine les Juifs, le Front populaire et la R&#233;publique. Mais il sait qu'une grande partie de ses lecteurs sont les p&#233;tainistes de la zone sud et pr&#233;f&#232;re, tactiquement, ne pas faire para&#238;tre le texte. C&#233;line entre en fureur. Il &#233;crit, &#224; son ami Henri Poulain, secr&#233;taire de r&#233;daction de l'hebdomadaire : &#171; &lt;i&gt;Zone Sud, peupl&#233;e de b&#226;tards m&#233;diterran&#233;ens, de Narbono&#239;des d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s, de nervis, F&#233;libres g&#226;teux, parasites arabiques que la France aurait eu tout int&#233;r&#234;t &#224; jeter par-dessus bord. Au- dessous de la Loire, rien que pourriture, fain&#233;antise, infect m&#233;tissage n&#233;grifi&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Voil&#224;. La messe est dite. La batardise m&#233;ridionale est le cha&#238;non manquant entre le n&#232;gre, l'oriental, et donc le juif &#224; exterminer... Amusant de voir nombre de publicistes et escrivaillons d'origine m&#233;ridionale, qui pullulent aujourd'hui &#224; Lut&#232;ce, encenser celui qui leur crachait dessus. Mais, vous l'avez sans doute bien compris, je ne m'&#233;tais pas aventur&#233; dans ces mar&#233;cages naus&#233;abonds car la haine antim&#233;ridionale de C&#233;line n'a pas &#233;t&#233; suivie d'effets, alors que celle contre les Juifs, qu'il partagea avec Brasillach et Poulain, eut les cons&#233;quences abominables que l'on sait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Barr&#232;s et les M&#233;ridionaux</title>
		<link>https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article506</link>
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		<dc:date>2025-10-23T14:34:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;ridionaux</dc:subject>
		<dc:subject>Barr&#232;s</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les d&#233;p&#234;ches d'agence nous apprennent que le jeune maire FN d'une commune du Var, qu'il vient de conqu&#233;rir (2014), retarde, sans l'abandonner, le projet de donner le nom de Barr&#232;s &#224; un espace public de sa localit&#233;. Le fait que ce politique audacieux, venu r&#233;cemment de la r&#233;gion parisienne s'installer dans le Var se r&#233;f&#232;re &#224; Barr&#232;s peut signifier que, s'il conna&#238;t et estime l'&#339;uvre de l'acad&#233;micien, il ignore peut-&#234;tre le regard que Barr&#232;s portait sur les M&#233;ridionaux, un regard qui d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;M&#233;ridionaux&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;M&#233;ridionaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot848" rel="tag"&gt;Barr&#232;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;p&#234;ches d'agence nous apprennent que le jeune maire FN d'une commune du Var, qu'il vient de conqu&#233;rir (2014), retarde, sans l'abandonner, le projet de donner le nom de Barr&#232;s &#224; un espace public de sa localit&#233;. Le fait que ce politique audacieux, venu r&#233;cemment de la r&#233;gion parisienne s'installer dans le Var se r&#233;f&#232;re &#224; Barr&#232;s peut signifier que, s'il conna&#238;t et estime l'&#339;uvre de l'acad&#233;micien, il ignore peut-&#234;tre le regard que Barr&#232;s portait sur les M&#233;ridionaux, un regard qui d'une certaine fa&#231;on les excluait de la &#171; vraie &#187; communaut&#233; nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un exemple parmi d'autres : en 1903, Barr&#232;s tient chronique dans le tr&#232;s conservateur et tr&#232;s mondain &lt;i&gt;Le Gaulois&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au lendemain des &#233;lections l&#233;gislatives de 1902, qui avaient vu la victoire du Bloc des gauches sur les Conservateurs, nationalistes, antidreyfusards et cl&#233;ricaux, le Lorrain Barr&#232;s d&#233;verse sa haine contre les radicaux au pouvoir et leur organe toulousain La D&#233;p&#234;che, il d&#233;nonce sans tr&#234;ve les mesures prises contre les &#233;coles confessionnelles et les congr&#233;gations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais son hostilit&#233; n'est pas que politique. Oubliant les racines auvergnates de sa famille, (et son physique pas tr&#232;s scandinave) Barr&#232;s pointe une diff&#233;rence fondamentale entre les &#171; vrais &#187; Fran&#231;ais, les Fran&#231;ais du Nord, et ces M&#233;ridionaux du Sud de la Loire qui proc&#232;dent d'une autre Terre et d'autres Morts, et qui donc, en d&#233;finitive, ne peuvent pas &#234;tre de vrais Fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 juin 1903 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;strong&gt;Les l&#233;zardes sur la maison&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je les ai d&#233;j&#224; signal&#233;es il y a un an. Elles ne font que s'&#233;tendre et s'&#233;largir. Elles dessinent sur notre pauvre pays des divisions qui correspondant assez exactement aux r&#233;gions que C&#233;sar trouva dans les Gaules. Dans ce temps-l&#224;, les Gaulois, malgr&#233; leur &#233;tat d'anarchie, tendaient &#224; l'unit&#233;. Aujourd'hui, malgr&#233; notre unit&#233; r&#233;alis&#233;e, nous tendons &#224; l'anarchie. Sous des mains insens&#233;es le beau, le long travail historique s'&#233;caille, s'effrite, et voici que r&#233;apparaissent les nations diverses dont fut faite cette noble fa&#231;ade politique, ce chef-d'&#339;uvre de volont&#233; que nous appelons la France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut bien savoir que notre patrie fut cr&#233;&#233;e par une volont&#233; sage et continue. Que celle-ci vienne &#224; manquer et laisse la place &#224; des brutaux incoh&#233;rents, on parlera tr&#232;s vite d'une dissolution de communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai soulev&#233; quelques &#233;tonnements et des irritations (mais fort suspectes) quand j'ai pouss&#233; le premier cri d'alarme. Il faudrait faire attention, disais-je. Voulez-vous savoir comment les pays finissent ? Regardez autour de vous, vous apercevrez les sympt&#244;mes d'une rupture de l'unit&#233; nationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne fais pas de pol&#233;mique. Je t&#226;che de voir clair, je prends par la main mes amis ou mes adversaires (je ne les distingue gu&#232;re : le nationalisme n'est point un syndicat politique, mais une conception historique de la France), et j'essaye de les mener au point o&#249; je me place, qui est tout en dehors des partis, celui d'un t&#233;moin rempli d'amour pour sa patrie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour nous autres Lorrains, il est impossible d'accepter la politique de parti, nullement nationale, o&#249; s'ent&#234;te la faction gouvernementale. Et l&#224;-dessus nous sommes unanimes. (Nous avons un seul d&#233;put&#233; minist&#233;riel : Toul. Mais il est Bourguignon d'origine, et d'ailleurs fait profession de patriotisme.) Sans doute, je puis penser que, dans l'&#233;tat des choses politiques en France, mes compatriotes les Ferry, les M&#233;line, les Krantz ont leur part de responsabilit&#233;. Ils ont commis des fautes. Du moins, s'ils ne maudissent pas leur erreur dans son principe (c'est un mystique attachement au parlementarisme), ils la d&#233;testent dans ses cons&#233;quences.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une partie de l'ann&#233;e, j'habite une petite ville lorraine sur la haute Moselle. Elle s'accote &#224; des hauteurs. Nos troupes les occuperont au premier signal de guerre, et c'est l&#224; que la France, selon toute probabilit&#233;, subira le grand choc, l'instant supr&#234;me du destin. Ma ville, ma maison seront certainement br&#251;l&#233;es, sans qu'on puisse rien en d&#233;m&#233;nager. (En 1870, j'ai d&#233;j&#224; vu ces tragiques horreurs.) Et si nos troupes sont les moins fortes, j'ach&#232;verai mes jours sujet de l'empereur allemand (il en va d&#233;j&#224; ainsi d'un grand nombre de mes camarades d'enfance.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de tels lieux, et qui parlent si fort, nous sommes unanimes, vous le comprenez bien, sur plusieurs points de vue ou de mort. D'abord, nous voulons une arm&#233;e solide. Nous la souhaiterions ardente, capable d'offensive et de porter la guerre plus en avant sur une terre d'Empire qui, selon nous, demeure terre de France. Nous n'acceptons pas de donner &#224; l'Allemagne, formidablement arm&#233;e, &#171; le g&#233;n&#233;reux spectacle d'une nation qui d&#233;sarme &#187;. &#8211; En second lieu, nous voyons une situation financi&#232;re tr&#232;s difficile, et nous autres, gens de l'Est, nous concluons tout droit qu'il ne faut point inventer de nouvelles d&#233;penses. &#171; Ah ! disent les M&#233;ridionaux, ces Lorrains, les voil&#224; bien : des ladres, comme dit le proverbe ; nous allons profiter de notre pr&#233;sence au pouvoir pour venger nos rancunes &#233;lectorales. Nous allons fermer des &#233;coles. &#187; - Eh bien, on n'a jamais constat&#233; chez nous, que je sache, d'exaltation religieuse ; nous ne sommes point des mystiques primitifs, comme le sont tr&#232;s &#233;videmment la moiti&#233; de nos socialistes, tout d&#233;go&#251;tants d'optimisme b&#233;at, mais nous trouvons stupides (et c'est notre troisi&#232;me grief) d'avoir &#224; construire de nouvelles &#233;coles qui vont encore co&#251;ter un argent fou. &#8211; Cinqui&#232;mement, nous pensons que les grands ordres contemplatifs sont la r&#233;serve qui vivifie les congr&#233;gations plus humbles, plus pratiques. &#8211; Enfin, nous trouvons insens&#233; que les co&#251;teuses machinations anticl&#233;ricales viennent diviser une nation d&#233;j&#224; si fort travaill&#233;e, entam&#233;e par mille parasites venus de l'&#233;tranger&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre jour, devant le tribunal correctionnel de Nancy, le P&#232;re Tailleur (des R&#233;demptoristes de Saint-Nicolas) &#233;tait poursuivi pour n'avoir pas ob&#233;i &#224; la notification de dispersion. Avec une grande force, mais avec une sage mesure, au cours de sa d&#233;fense, il pronon&#231;a des paroles pleines et compt&#233;es :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Rester chez nous, nous le devions &#224; notre ch&#232;re Lorraine. N'a-t-elle pas, par la voie de ses d&#233;put&#233;s, demand&#233; la conservation de ses religieux ? Treize d&#233;put&#233;s sur dix-sept ont vot&#233; en leur faveur ; trois se sont abstenus, un seul a vot&#233; contre. Le conseil municipal de Saint-Nicolas a &#233;mis &#224; l'unanimit&#233; un avis favorable &#224; notre demande d'autorisation. La population a manifest&#233; hautement sa volont&#233; formelle de garder ses religieux. En nous chassant de la Lorraine, la France voudrait-elle aller contre le sentiment presque unanime d'une province qui lui est si d&#233;vou&#233;e ?... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendez-vous l'accent ? Il est irr&#233;prochable, et pourtant le c&#339;ur se serre, car une opposition, un conflit sont marqu&#233;s entre les droits de la Lorraine et les forces de la France. Cela s'accentue dans un petit discours de grand effet que vient d'adresser &#224; Mgr de Nancy le maire d'Arracourt, chef-lieu de canton sur la fronti&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230;Si un jour la Lorraine et l'Alsace doivent s'unir de nouveau et poss&#233;der l'autonomie de leurs races, c'est vous, nous l'esp&#233;rons bien, qui resterez l'&#233;v&#234;que du pays lorrain d&#233;finitivement pacifi&#233;, libre de conserver ses coutumes et sa religion, tel en un mot que nos p&#232;res l'avaient voulu quand ils se sont ralli&#233;s &#224; la France. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes parts, de Normandie, du Nord (et nous donnerons nos textes), la force des choses nous oblige &#224; constater un m&#234;me fr&#233;missement d'hommes libres qui ne veulent point d'associ&#233;s devenir esclaves. De Bretagne, toutefois, par le journal la &lt;i&gt;R&#233;sistance&lt;/i&gt;, de Morlaix, on entend une voix plus &#226;pre o&#249; ce mal nouveau de la France prend un accent farouche :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#8230;Il n'est pas possible de nous ha&#239;r plus que nous ha&#239;ssent les Fran&#231;ais du Midi. Les menaces adress&#233;es aux Bretons par les Fran&#231;ais font bouillir le sang dans les veines. Plusieurs, en Bretagne, sont pr&#234;ts &#224; s'insurger comme au temps pass&#233;. Soyons donc d&#233;fiants &#224; l'&#233;gard des traitres, et unissons nos c&#339;urs et nos esprits en vrais et loyaux Bretons qui n'ont jamais &#233;t&#233; les esclaves des Fran&#231;ais. &#187; (Traduit par le journal &lt;i&gt;le Matin&lt;/i&gt; du 10 juin.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des actionnaires croient que leur Soci&#233;t&#233; &#8211; ici, c'est la patrie &#8211; est g&#233;r&#233;e, non pour le bien de l'affaire, mais &#224; leur d&#233;triment et selon l'esprit particulier d'un syndicat. Ils pensent naturellement &#224; une liquidation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appelons tout de suite les choses par leur nom, quitte &#224; d&#233;finir plus tard, dans un d&#233;tail plus minutieux, ces choses et ces noms. La vieille Gaule Belgique, la Celtique aussi, c'est-&#224;-dire la France jusqu'&#224; la Loire, sont men&#233;es et brim&#233;es par les pays d'outre-Loire, par l'Aquitaine et la Narbonnaise. Et pour nous rapprocher le plus possible des r&#233;alit&#233;s de cette heure, disons que c'est le groupe de la D&#233;p&#234;che, journal puissant, tout puissant, qui constitue le gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contre cette pr&#233;pond&#233;rance m&#233;ridionale, il y a des objections, non seulement lorraines, normandes, bretonnes et du Nord, mais fran&#231;aises. C'est cette pr&#233;potence qui rompt l'unit&#233; nationale ; nous le verrons dans un prochain article, si les lecteurs me le permettent. Aujourd'hui, il s'agit seulement d'avoir le courage intellectuel de constater (bien qu'il nous en co&#251;te) qu'il y a des l&#233;zardes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hypocrites contradicteurs, quand je constate ce qui est, n'affectez pas de supposer que je prends mon parti de notre c&#339;ur ainsi divis&#233;, de nos membres tir&#233;s &#224; quatre chevaux. Mais que sert de vanter (selon le parti o&#249; l'on s'enr&#233;gimente) ce qui subsiste de comp&#233;tence et de tradition dans les bureaux, ce qui se gaspille de g&#233;n&#233;rosit&#233; et de talent litt&#233;raire dans l'opposition, ce qui &#233;clate de g&#233;nie &#233;lectoral chez nos ma&#238;tres. Pourquoi servir un des partis, quand on n'aspire qu'&#224; servir la France ! Je voudrais &#234;tre un pur t&#233;moin. &#171; Tiens, dis-je, voil&#224; que &#231;a craque ! Quel malheur, c'est ma maison, ma ville, ma patrie, ma vie. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Maurice Barr&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Gaulois&lt;/i&gt;, 29-6-03&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;La pr&#233;pond&#233;rance des M&#233;ridionaux&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je disais, il y a quelques jours, aux lecteurs du Gaulois : Il faudrait faire attention. Voulez-vous savoir comment les nations finissent ? Regardez autour de vous. Vous apercevrez les premiers sympt&#244;mes d'une rupture de l'unit&#233; nationale. Dans la construction politique fran&#231;aise, voici que la Loire fait une profonde fissure. L'antique Gaule Belgique, la Celtique, le pays de Lyon n'acceptent point la supr&#233;matie de l'Aquitaine et de la Narbonnaise, ou encore &#8211; pour d&#233;signer par les mots du jour ces vieilles nationalit&#233;s, qui tout au fond n'ont pas boug&#233; &#8211; la France du Nord ne peut vivre g&#233;r&#233;e par le groupe des d&#233;put&#233;s de la &lt;i&gt;D&#233;p&#234;che&lt;/i&gt;. On commence aujourd'hui &#224; demander une dissolution de communaut&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle horreur ! De toutes parts, de Bretagne, de Normandie, du Nord, de la Savoie que j'avais oubli&#233; de citer, on m'&#233;crit : &#171; Vous avez vu juste, nous n'avez fait qu'att&#233;nuer. &#187; Et l'on me cite de m&#233;moire un article de la D&#233;p&#234;che disant : &#034; Les sentiments s&#233;paratistes que la Bretagne ou la Lorraine manifestent sur la question militaire ou religieuse, le Midi les manifesterait &#224; l'occasion s'il fallait revenir au sabre ou au goupillon. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je retourne, pour mieux &#233;clairer la question, sur le terrain qui m'est familier, l&#224;-bas, pr&#232;s de la fronti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a gu&#232;re plus d'un si&#232;cle que nous autres Lorrains nous avons d&#251; renoncer &#224; notre autonomie. Notre duch&#233; de Lorraine a vers&#233; toutes ses richesses dans le patrimoine des Fran&#231;ais. Notre petite nationalit&#233; politique s'est confondue dans une plus large nationalit&#233;. C'est la force qui nous y contraignit. Nous ne sommes pas entr&#233;s dans la patrie fran&#231;aise parce que c'&#233;tait notre go&#251;t, mais nous &#233;tions pi&#233;tin&#233;s tant&#244;t par la France, tant&#244;t par l'Allemagne ; notre maison ducale, inf&#233;rieure en intelligence politique aux cap&#233;tiens, manquait &#224; nous d&#233;fendre ; apr&#232;s les atrocit&#233;s dont nous avaient accabl&#233;s les Fran&#231;ais, il nous fallait de l'ordre et de la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, cette grande France avec sa gloire et la s&#233;duction de ses m&#339;urs nous a vite m&#234;l&#233;s &#224; ses meilleurs fils. D'ailleurs, en entrant dans la famille, nous apport&#226;mes de magnifiques cadeaux : nous avons ajout&#233; &#224; l'art fran&#231;ais Callot et Claude Gell&#233;e, qui nous appartenaient ; nous avons fourni Victor Hugo, que nous venions de pr&#233;parer, et cinquante mar&#233;chaux ou grands chefs militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre province a &#233;t&#233; heureuse de faire, plus qu'aucune province, des sacrifices dans les arm&#233;es de la France. Aujourd'hui encore, c'est au milieu de nos populations de l'Est et avec nos r&#233;servistes lorrains que se forment les meilleurs r&#233;giments. Aux derni&#232;res &#233;lections, l'accord est apparu de notre esprit politique lorrain avec l'esprit politique de Paris. Mais il n'emp&#234;che que, pour comprendre dans quelles conditions peut durer notre entente avec la France, l'historien et le philosophe doivent toujours revenir au principe de notre annexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes venus &#224; la France comme &#224; la force. Nous avions besoin de s&#233;curit&#233;, insult&#233;s et ruin&#233;s &#224; l'est et &#224; l'ouest, d&#233;sol&#233;s par l'instabilit&#233;, nous sommes all&#233;s &#224; ce qui dure. J'abandonne ma ch&#232;re, ma noble ind&#233;pendance ; assure, du moins, mon existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la pauvre France, ayant d&#251;, il y a trente trois ans, livrer une partie de notre Lorraine &#224; l'Allemagne, voici qu'aujourd'hui l'id&#233;e de revanche est rejet&#233;e, comme une sottise et comme un crime par les plus autoris&#233;s porte-paroles de l'esprit gouvernemental fran&#231;ais, dans les assembl&#233;es politiques, dans la presse et dans l'Universit&#233;. J'ajoute, en passant, que nos fr&#232;res annex&#233;s, les Lorrains, quand ils demeurent quand m&#234;me fid&#232;les &#224; la France et qu'ils d&#233;sertent l'Allemagne pour s'engager dans nos r&#233;giments, sont mis indignement &#8211; en d&#233;pit de la loi Keller &#8211; dans la l&#233;gion &#233;trang&#232;re et souvent sous la coupe d'Allemands.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien loin de songer &#224; r&#233;cup&#233;rer les territoires perdus, nos gouvernants mettent leur g&#233;n&#233;rosit&#233; et leur raison &#224; d&#233;sarmer, en sorte que les Lorrains, non encore annex&#233;s, peuvent s'attendre &#224; devenir Allemands, s'il pla&#238;t &#224; l'Allemagne. En attendant, les gens du Midi dilapident les finances de la France o&#249; notre contribution est de beaucoup sup&#233;rieure &#224; la leur, et ils pr&#233;tendent nous imposer leurs conceptions antireligieuses &#8211; qui, &#224; bien voir les choses sous les mots, sont des conceptions fanatiques, intol&#233;rantes, bassement religieuses&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a un an, les Vosgiens de la Bresse, de Bains, de plusieurs villages industriels ont sonn&#233; le tocsin, pris des fourches, se sont group&#233;s autour des S&#339;urs. Hier encore, le tribunal de Nancy infligeait des huit et dix mois de prison &#8211; quelle honte pour le juge, quel honneur pour le condamn&#233; ! &#8211; aux paysans de la plaine de Sion, coupables d'un mouvement d'enthousiasme pour le lieu saint de la Lorraine. Lieu saint, je veux dire hautement v&#233;n&#233;rable par la masse des souvenirs historiques qui, depuis dix-huit si&#232;cles, s'amassent sur cette colline et dans la conscience lorraine. L&#224;-dessus, les gens du Midi s'&#233;crient : &#171; Vilains, petites gens de l'Est, nous vous civiliserons malgr&#233; vous. &#187; M. Jules V&#233;ran, de Montpellier, a trouv&#233; le mot qui fait &#233;clair jusque dans le lointain pass&#233;. Il nous r&#233;pond sous le titre : &lt;i&gt;La Revanche des Albigeois&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sumons-nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce &#224; dire que les Lorrains veulent la guerre ? Ils seraient les premiers &#224; en souffrir, et plus rudement que les gens d'Aquitaine ou de la Narbonnaise, mais ils pr&#233;voient et veulent qu'on leur donne toutes les chances favorables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce &#224; dire que les Lorrains pr&#233;tendent subordonner aucune parcelle du pouvoir civil au pouvoir eccl&#233;siastique ? En v&#233;rit&#233;, il s'agit bien, dans les ateliers vosgiens et sur le plateau de Sion, de toutes ces savantes querelles ! Tout simplement, bien que nous soyons entr&#233;s comme des vaincus dans la patrie fran&#231;aise, il y a cent trente ans, nous pr&#233;tendons y &#234;tre trait&#233;s comme des hommes libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des hommes libres en face de l'Allemagne : donc il nous faut une arm&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des hommes libres, sur notre sol, tant que nous respectons les int&#233;r&#234;ts de la France : donc, nous ne pouvons supporter qu'on vienne molester des braves et v&#233;n&#233;rables filles pl&#233;b&#233;iennes, des paysannes de chez nous, au demeurant, que nous sommes habitu&#233;s &#224; voir circuler paisiblement des cornettes dans nos villes et nos villages, o&#249; elles ne repr&#233;sentent rien que de noble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment ! Des ordres de Paris, r&#233;dig&#233;s par des volont&#233;s m&#233;ridionales, pr&#233;tendent diminuer notre sublime paysage historique de Sion-Vaud&#233;mont &#8211; intervenir sur la c&#244;te du Bois-Chenu, o&#249; nous honorons Jeanne d'Arc, qui partit de chez nous pour sauver la France &#8211; fermer la chapelle, enfin, o&#249; le g&#233;nie de Ligier Richier &#233;clate avec ses puissances intactes aupr&#232;s de la poussi&#232;re des ducs, chefs jadis de notre nationalit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est point la peine de vivre, s'il faut subi des humiliations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les belles phrases chantantes des Jaur&#232;s et de ces &#233;tonnants t&#233;nors que produit avec surabondance le glorieux sol de Toulouse &#8211; mais oui, glorieux ! je ne m'en d&#233;dis pas : elle est si belle, dans toutes ses parties, cette France si mal g&#233;r&#233;e ! &#8211; ne nous ferons point accepter de telles indignit&#233;s. L'&#233;l&#233;gant homme du Sud, l'Aquitain, d&#233;daigne, veut mettre sous le joug le rude homme du Nord, le Lorrain, le Flamand, le Breton. Par-dessus la Loire, deux Frances irrit&#233;es se regardent. Qu'y a-t-il d&#233;sormais de commun entre nous ? Nos int&#233;r&#234;ts ? Vous les sacrifiez. Nos v&#233;n&#233;rations instinctives ? Vous les bafouez. Notre titre de Fran&#231;ais ? Mais si nous mettons sous le nom de France des conceptions oppos&#233;es ? Si nous arrivons &#224; sentir qu'une terre et des morts tout diff&#233;rents nous portent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que je me retourne, l'accusation aux l&#232;vres, contre les mauvais g&#233;rants de la France. La connaissance des vari&#233;t&#233;s provinciales devrait &#234;tre au centre de la science d'un homme d'Etat fran&#231;ais, comme le respect des caract&#232;res r&#233;gionaux devrait faire l'essentiel de ses pr&#233;occupations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le crime de la r&#233;publique contre la France, &#231;'aura &#233;t&#233; de laisser r&#233;appara&#238;tre &#224; la surface ces antiques oppositions naturelles, ou plut&#244;t &#8211; n'ayant point une raison &#224; placer au-dessus d'elles toutes qui les d&#233;partage&#226;t &#8211; de ne pas leur avoir laiss&#233; un jeu normal par des libert&#233;s r&#233;gionales.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Aquitaine et la Narbonnaise, les pays au sud de la Loire m&#232;nent notre r&#233;publique. A quoi la m&#232;nent-elles ? Au d&#233;membrement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Maurice Barr&#232;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>1907, le mouvement des vignerons et la conscience identitaire d'oc. </title>
		<link>https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article852</link>
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		<dc:date>2025-10-23T14:33:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Vignerons</dc:subject>
		<dc:subject>1907</dc:subject>
		<dc:subject>Languedoc</dc:subject>
		<dc:subject>Andreani</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand j'ai rencontr&#233; le mouvement occitan, au lendemain de 1968, le puissant mouvement des viticulteurs languedociens et catalans, en 1907, &#233;tait magnifi&#233; comme une prise de conscience identitaire occitane, s'appuyant sur la revendication &#233;conomique imm&#233;diate, mais la d&#233;passant et la transcendant.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s quelques h&#233;sitations, dans les d&#233;cennies qui ont suivi, l'historiographie r&#233;gionale s'est &#224; son tour empar&#233;e de l'affaire, en la colorant d'identit&#233; plus ou moins bien cern&#233;e.
&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1978 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot678" rel="tag"&gt;Languedoc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot705" rel="tag"&gt;Andreani&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand j'ai rencontr&#233; le mouvement occitan, au lendemain de 1968, le puissant mouvement des viticulteurs languedociens et catalans, en 1907, &#233;tait magnifi&#233; comme une prise de conscience identitaire occitane, s'appuyant sur la revendication &#233;conomique imm&#233;diate, mais la d&#233;passant et la transcendant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s quelques h&#233;sitations, dans les d&#233;cennies qui ont suivi, l'historiographie r&#233;gionale s'est &#224; son tour empar&#233;e de l'affaire, en la colorant d'identit&#233; plus ou moins bien cern&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1978 pourtant, au plus fort de la vague occitane, l'historien Roland Andr&#233;ani remettait quelque peu les montres &#224; l'heure, dans son article &#171; Le Languedoc et la France (1905-1914). &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous y renvoie :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/anami_0003-4398_1978_num_90_136_1706&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Andreani&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En ce qui concerne ma r&#233;gion, j'ai &#233;tudi&#233; le mouvement des vignerons dans un article publi&#233; dans &lt;i&gt;Provence historique&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je le donnerai bient&#244;t sur ce site.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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