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		<title>Occitanisme, bilan d'une vie</title>
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		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Occitanisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nota : tous les faits, lieux, personnages, textes, cit&#233;s ici sont consultables sur le site. Voir les mots-cl&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me falsifi&#233;e, ou transform&#233;e en l&#233;gende dor&#233;e, la m&#233;moire collective est facteur de coh&#233;sion et de progression. Pour nous, tout se passe comme si chaque g&#233;n&#233;ration de nouveaux venus &#224; la &#171; cause &#187; devait repartir de z&#233;ro, sans rien savoir des avanc&#233;es, des errements et des exp&#233;riences des g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes. Je pense que nous souffrons, c'est une grande banalit&#233; de le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Occitanisme : points de vue et reflets d'exp&#233;rience&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot63" rel="tag"&gt;Occitanisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nota : tous les faits, lieux, personnages, textes, cit&#233;s ici sont consultables sur le site. Voir les mots-cl&#233;s&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me falsifi&#233;e, ou transform&#233;e en l&#233;gende dor&#233;e, la m&#233;moire collective est facteur de coh&#233;sion et de progression. Pour nous, tout se passe comme si chaque g&#233;n&#233;ration de nouveaux venus &#224; la &#171; cause &#187; devait repartir de z&#233;ro, sans rien savoir des avanc&#233;es, des errements et des exp&#233;riences des g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes. Je pense que nous souffrons, c'est une grande banalit&#233; de le dire, de ne pas conna&#238;tre notre propre histoire. Cette ignorance engendre le flou des perspectives que nous pouvons proposer. Puisse ce recueil s'inscrire dans cette n&#233;cessaire clarification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment suis-je venu &#224; l'occitanisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On m'aurait fort &#233;tonn&#233;, au d&#233;but des ann&#233;es 1960, si l'on m'avait dit que bient&#244;t le professeur de lettres que j'&#233;tais s'investirait, sur le long terme, dans la r&#233;alit&#233; complexe de l'occitanisme. Rien, ou si peu, ne me pr&#233;parait &#224; cet engagement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis n&#233; en 1936 &#224; La Seyne, commune ouvri&#232;re (chantiers naval) du littoral varois. Comme mes condisciples d'&#233;cole primaire, puis de coll&#232;ge, j'&#233;tais uniquement francophone, entour&#233; d'adultes dont le parler &#224; l'accent dit m&#233;ridional &#233;tait souvent p&#233;n&#233;tr&#233; de proven&#231;alismes. &lt;br class='autobr' /&gt; Mes parents instituteurs ne m'ont transmis que le fran&#231;ais. Par contre, j'ai eu contact avec la langue d'oc par deux grands-m&#232;res : l'une bigourdane, t&#244;t d&#233;c&#233;d&#233;e, dont j'ai en m&#233;moire les terribles jurons gascons ; l'autre, d'origine toscane, &#233;tait veuve d'un ouvrier des chantiers naval avec lequel le proven&#231;al &#233;tait langue quotidienne. Elle m'a impr&#233;gn&#233; d'un proven&#231;al vivant que je ne parlais pas, mais que je comprenais.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai &#171; fait &#187; mon &#233;cole primaire dans la Provence de P&#233;tain, et entre deux obligatoires &#171; Mar&#233;chal nous voil&#224; &#187;, on nous a appris la Coupo santo dont je ne comprenais pas toutes les paroles, et encore moins le sens. Que venaient faire l&#224; des Catalans dont j'ignorais tout ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but des ann&#233;es 1950, l'&#233;cole normale d'instituteurs d'Aix, o&#249; j'&#233;tais &#233;l&#232;ve, nous proposait un cours de proven&#231;al donn&#233; par un majoral du f&#233;librige, qui commen&#231;a abruptement par les conjugaisons et la distinction entre les sous-dialectes. Ce qui ne m'incita pas &#224; poursuivre. &#192; un &#226;ge o&#249; je d&#233;couvrais ardemment la vie, ce proven&#231;al de maintenance me laissa insensible. Sans doute ai-je eu tort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peu apr&#232;s, &#233;tudiant &#224; Paris, puis &#233;l&#232;ve professeur &#224; l'ENSET, l'&#233;loignement engendra une nostalgie proven&#231;ale, qui me fit d&#233;couvrir avec d&#233;lectation chez un bouquiniste des quais de Seine &lt;i&gt;La b&#232;stio d&#243;u Vacarr&#233;s&lt;/i&gt;, de Joseph d'Arbaud.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1955, incidente du cours d'ancien fran&#231;ais, l'entame magique du po&#232;me de Jaufre Rudel, &lt;i&gt;Lanquan li jorn son lonc en mai&lt;/i&gt;, m'&#233;tait all&#233;e droit au c&#339;ur : mais elle me rattachait &#224; la m&#233;lancolie de vivre plus qu'&#224; une culture sp&#233;cifique. Je ne me plongeai pas pour autant dans les Troubadours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon int&#233;r&#234;t pour la culture d'oc &#233;tait donc bien faible. Les textes &#233;taient pourtant accessibles : je lisais Les Lettres fran&#231;aises d'Aragon o&#249; Camproux tenait chronique occitane. En 1962, jeune militant communiste, je d&#233;couvrais &lt;i&gt;l'Anthologie de la po&#233;sie occitane&lt;/i&gt; d'Andr&#233;e Paule Lafont, publi&#233;e par les &#201;diteurs Fran&#231;ais R&#233;unis du PCF. La graphie occitane me d&#233;concerta, et j'eus du mal &#224; avancer dans cette &lt;i&gt;terra incognita&lt;/i&gt;. Qui plus est, la pr&#233;face d'Aragon tirait tellement la cr&#233;ation po&#233;tique d'oc vers un nationalisme fran&#231;ais un peu &#233;mouss&#233; ! Et son titre, &#171; Ouverture au chant des cigales &#187;, me renvoyait &#224; un exotisme int&#233;rieur qui me h&#233;rissait. Bref, je ne rencontrai pas l&#224; l'&#233;tincelle qui aurait mis le feu &#224; la prairie. &#201;videmment, soixante ans apr&#232;s, mon regard sur ce livre pionnier est bien diff&#233;rent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les pr&#233;mices de mon int&#233;r&#234;t occitaniste, je signale aussi la diffusion en mars 1966 du t&#233;l&#233;film de &#171; la Cam&#233;ra explore le temps &#187;, les Cathares, qui me r&#233;v&#233;la un &#233;pisode majeur de notre histoire, et contribua &#224; d&#233;velopper en moi une fiert&#233; m&#233;ridionale conjugu&#233;e &#224; la haine de l'injustice et de l'intol&#233;rance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vint apr&#232;s mai 68 l'irruption d'une jeune po&#233;sie et d'une jeune chanson occitanes contestataires, qui, au-del&#224; de la revendication hautement formul&#233;e de r&#233;paration historique, voulaient faire de la &#171; langue du peuple &#187; une arme dans une qu&#234;te d'identit&#233; et de dignit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai le souvenir du r&#244;le d&#233;clencheur du petit 45 tours de Marti, &lt;i&gt;Lengad&#242;c roge&lt;/i&gt;, (Ventadorn 1970). Je descendais du Larzac et j'&#233;tais rentr&#233; par hasard dans la &lt;i&gt;M&#242;stra del Larzac&lt;/i&gt;, de F&#233;lix Castan, dont j'ignorais tout. Tableaux, artisanat r&#233;gional, et quelques disques, dont celui qui m'avait aussit&#244;t attir&#233;, avec sa photo des mythique Mutins du 17&#232;me. Une fois chez moi, j'avais &#233;cout&#233; et r&#233;&#233;cout&#233; cette voix rugueuse, qui, pour la premi&#232;re fois, me parlait en langue d'oc d'un des fleurons de ma mythologie &#034;r&#233;volutionnaire&#034; : la r&#233;volte des vignerons, le courage civique des Mutins...&lt;br class='autobr' /&gt;
M'interrogeait aussi cette parole languedocienne d'une langue dont je ne connaissais que le versant proven&#231;al.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prenant ensuite connaissance des slogans en occitan lanc&#233;s par Lutte occitane en 1971, j'ai d&#233;couvert que la langue occitane, dans sa graphie classique, pouvait &#234;tre un vecteur de sensibilisation et de mobilisation politique, au sens large. Mais je m'interrogeais sur la transformation de la &#171; langue du peuple &#187;, au sens sociologique, en &#171; langue d'un Peuple &#187;, car je doutais fort de l'existence d'un Peuple occitan, au sens nationaliste du terme.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai b&#233;n&#233;fici&#233; alors pour m'&#233;clairer de trois rencontres d&#233;cisives : les chroniques en occitan de Claude Barsotti dans le quotidien communiste r&#233;gional, &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;, la rude po&#233;sie p&#233;trie d'humanit&#233; d'Ives Roqueta, que j'allai rencontrer &#224; B&#233;ziers et avec lequel j'eus une conversation initiatrice, et les analyses de Robert Lafont sur cette Occitanie qu'il voulait d&#233;coloniser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon action dans les ann&#233;es 1970-1980, et au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;cidais alors de suivre en 1972-73 les cours du Centre Dramatique Occitan de Toulon, d'Andr&#233; Neyton, et n'eus pas de peine &#224; retrouver la langue d'Oc (dans sa vari&#233;t&#233; proven&#231;ale maritime), langue dont les sons &#233;taient inscrits dans les vibrations de mes cordes vocales, et dont le lexique demeurait parfois pr&#233;sent dans mon fran&#231;ais quotidien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet engagement n'avait alors localement rien d'un engagement solitaire. Je rencontrais en voisins l'Ollioulais Gaston Beltrame et la Seynoise Nic&#242;la, tous deux enseignants, figures de proue de la Nouvelle Chanson occitane. Je suivais le travail du Centre Dramatique Occitan dirig&#233; par Andr&#233; Neyton, avec lequel Gaston Beltrame venait de ranimer en Oc le souvenir glorieux de l'insurrection r&#233;publicaine varoise de 1851. Avec Miqu&#232;la et Yves Bramerie, de Cuers, Andr&#233; Neyton, Florian Vernet (professeur &#224; Brignoles), nous venions de cr&#233;er la section d&#233;partementale de l'Institut d'&#201;tudes Occitanes, (dont j'&#233;tais secr&#233;taire).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le Haut Var, avec Daniel Daumas, chanteur occitan, une &#233;quipe de jeunes, (enseignants et agriculteurs), lan&#231;ait le journal &lt;i&gt;La Bugada&lt;/i&gt;, qui liait la d&#233;fense de la culture d'Oc &#224; celle du &#8220;pa&#239;s&#8221; vid&#233; de sa substance par la touristification, la militarisation, l'exode rural... Je me retrouvais dans une partie de leurs th&#232;mes, sans adh&#233;rer, loin de l&#224;, &#224; la totalit&#233;. Mais la rencontre et le d&#233;bat &#233;taient fructueux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce r&#233;apprentissage de la langue me donna le d&#233;sir imm&#233;diat d'&#233;crire en langue d'Oc. Mes premiers textes (prose et po&#233;sie) furent accueillis en 1974-1975 dans &lt;i&gt;Obradors&lt;/i&gt; de Robert Lafont.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le contact avec les premi&#232;res universit&#233;s occitanes d'&#233;t&#233; fut extr&#234;mement positif.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ann&#233;e 1976 fut une ann&#233;e importante. J'obtins de mon proviseur la possibilit&#233; de donner un cours de proven&#231;al dans mon lyc&#233;e de La Seyne. J'initiais aussi un cours public, lieu populaire de rencontre et de plaisir de langue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le m&#234;me temps, j'&#233;crivis pour Neyton &lt;i&gt;Poupre et Cie&lt;/i&gt;, (&#171; poupre &#187; est la d&#233;signation locale du poulpe) : une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre trilingue, - oc, fran&#231;ais, francitan -, d&#233;marche qui me semblait &#234;tre vecteur de retrouvaille avec la langue dans un public populaire non occitanophone, mais qui gardait le souvenir du parler des anciens. Le succ&#232;s local fut consid&#233;rable, mais je rencontrai la r&#233;serve d'occitanistes pour lesquels la pi&#232;ce aurait d&#251; &#234;tre enti&#232;rement en occitan. Les m&#234;mes qui me reprochaient de parler de &#171; proven&#231;al &#187; alors qu'il aurait fallu dire &#171; occitan &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est alors que j'ai d&#233;couvert F&#233;lix Castan, communiste et id&#233;ologue de l'occitanisme culturel, qui &#233;crivit apr&#232;s avoir vu notre pi&#232;ce (&lt;i&gt;La M&#242;stra del Larzac&lt;/i&gt; - n&#176;2, 31 mars 1976) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le d&#233;bat montra la difficult&#233; de saisir un probl&#232;me linguistique aussi compliqu&#233; que celui de l'Occitanie. Ren&#233; Merle, l'auteur, Andr&#233; Neyton, le metteur en sc&#232;ne, et leurs camarades ont eu le m&#233;rite exemplaire de regarder en face les faits, de ne pas tricher sur leur interpr&#233;tation, de rep&#233;rer au cours de la mise en spectacle les v&#233;ritables ressorts du conflit linguistique, avec ses renversements possibles de situation. Il fallait une certaine audace pour aller ainsi droit au c&#339;ur de l'occitanisme, et suivre le fil de la dialectique des langues, en faire la v&#233;ritable intrigue et le suspens d'une dramaturgie, qui exploite par ailleurs intelligemment les divers moyens du th&#233;&#226;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apport pr&#233;cieux pour l'invention d'un th&#233;&#226;tre occitan d'une authentique modernit&#233;, mais aussi apport th&#233;orique dont on veut esp&#233;rer qu'il restera comme un acquis dans la pens&#233;e occitane. On y voit, &#244; paradoxe ! des ouvriers refusant la langue de leur pays. Puis le chef de l'entreprise Poupre leur imposer d'y retourner. Tant il est vrai qu'entre la lutte des classes et les conflits linguistiques, il n'y a pas correspondance m&#233;canique, mais seulement des interf&#233;rences.&lt;br class='autobr' /&gt;
On sort du spectacle persuad&#233; que la lutte pour une langue comme la n&#244;tre peut &#234;tre engag&#233;e avant que les dominations de classe ne soient abolies : et d'ailleurs qui pourrait croire que l'abolition des classes abolirait ipso facto la lutte des langues ? On y apprend aussi que la conqu&#234;te de toutes les libert&#233;s est de nature &#224; favoriser la libert&#233; linguistique. On y apprend enfin que le pass&#233;, admirablement incarn&#233; par Neyton, peut n'&#234;tre pas &#233;tranger au pr&#233;sent. Il constitue souvent une pression lib&#233;ratrice et novatrice. Non pas parce qu'il est le pass&#233;, mais parce que l'ancien dans la maison est le porteur de la conscience collective, du sentiment de communion. Le th&#233;&#226;tre occitan prend corps, et non content de fonctionner comme Instrument de propagande, il tend &#224; fonctionner enfin comme instrument de contr&#244;le des id&#233;ologies. F&#233;lix Castan. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je participai activement &#224; la naissance et &#224; la diffusion d'une petite m&#233;thode d'apprentissage du proven&#231;al (graphie classique) propos&#233;e par Florian Vernet aux enseignants des &#233;coles maternelles et primaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce travail p&#233;dagogique se heurtait &#224; la violente opposition d'une coterie bien en cour au rectorat de l'acad&#233;mie, &lt;i&gt;l'Astrado prouven&#231;alo&lt;/i&gt;, qui nous accusait d'introduire une langue &#233;trang&#232;re, celle de l'autre c&#244;t&#233; du Rh&#244;ne, dans notre mistralienne Provence. Nos crispations occitanistes furent alors affaire de survie, car, malgr&#233; d&#233;marches publiques et p&#233;titions, le rectorat s'obstinait &#224; ne nous faire enseigner que la graphie mistralienne et les textes dits mistraliens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans compter les attaques personnelles d&#233;non&#231;ant les enseignants &#171; occitanistes &#187; comme s&#233;paratistes, ou marxistes, ou les deux...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps a fait son &#339;uvre. Bien des &#171; mistraliens &#187; d'alors ont chang&#233; d'avis, et il m'est arriv&#233; de collaborer avec eux, d'autres campent toujours sur les m&#234;mes positions. Le propos n'est pas ici de distribuer bons et mauvais points, mais de souligner comment, dans une reprise de l'enseignement du proven&#231;al, cette dynamique a &#233;t&#233; enray&#233;e par des comportements sectaires, qui r&#233;apparaissent aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce travail p&#233;dagogique se heurtait aussi &#224; un sectarisme occitaniste incapable de comprendre o&#249; en &#233;taient les gens qui venaient &#224; nous avec par plaisir et non pour un quelconque autonomisme politique. Je me souviens d'une importante assembl&#233;e d'enseignants lors d'une journ&#233;e sur la culture r&#233;gionale initi&#233;e par l'administration. Nous avions clairement convaincu l'auditoire du s&#233;rieux et de l'efficacit&#233; de notre d&#233;marche, quand Henri Giordan, alors bras droit de Robert Lafont, fracassa cette unanimit&#233; en proclamant qu'il n'y avait pas vraiment d'occitan dans tout cela.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon occitanisme ne rejoignait pas exactement alors celui des grands initiateurs occitanistes. Militant actif du PCF, je proposais &#224; mes camarades, initialement plut&#244;t indiff&#233;rents ou dubitatifs, un occitanisme qui &#233;tait celui du respect du peuple qui avait parl&#233; cette langue. Je ne me partageais aucune perspective autonomiste ou nationaliste occitane, mais je me retrouvais dans les batailles unissant la d&#233;fense de la langue et de la culture d'Oc, et la protestation contre la d&#233;sindustrialisation du pays, la mise &#224; mort de l'agriculture traditionnelle et la transformation du &#171; Sud &#187; en bronze cul de l'Europe. Ce fut rapidement la position de la f&#233;d&#233;ration communiste de l'H&#233;rault. D'autres suivirent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cette position rencontra la vive opposition d'un courant occitaniste, anim&#233; par le militant communiste montalbanais F&#233;ix Castan, d&#233;j&#224; cit&#233;, pour lequel la d&#233;fense de la culture d'Oc ne gagnait rien &#224; se fourvoyer dans des revendications &#233;conomiques, politiques et sociales : elle devait &#234;tre uniquement culturelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je publiai alors dans le quotidien communiste &lt;i&gt;l'Humanit&#233;&lt;/i&gt; (8 novembre 1976) l'article &#171; Sur et pour la culture occitane &#187;. J'y souhaitais que les d&#233;fenseurs de la langue se d&#233;tournent d'une maintenance conservatrice et utilisent ce qui demeurait du support social de la langue, en le liant &#224; l'av&#232;nement d'une politique de gauche qui donnerait &#224; la langue toute sa place dans l'enseignement, les m&#233;dias et la vie publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je fus imm&#233;diatement qualifi&#233; d'hexagonal par quelques sectaires qui r&#234;vaient d'une Occitanie libre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme, sous peine d'&#234;tre Lettre morte, une langue ne vit vraiment que dans la bouche de ceux qui la parlent, il m'est vite apparu indispensable de rencontrer les (ultimes ?) locuteurs naturels. Locuteurs chez lesquels je ne trouvais pas seulement une source d'information linguistique, mais qui m'apparaissaient riches de toute une exp&#233;rience humaine dont, en tant qu'historien, en tant que citoyen, j'&#233;tais demandeur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces retrouvailles avec l'oralit&#233; populaire en proven&#231;al m'ont conduit, en dehors de tout cadre universitaire, &#224; des collectages de t&#233;moignages avec des personnes n&#233;es &#224; la fin du XIX&#176; si&#232;cle et au d&#233;but du XX&#176;, enqu&#234;te proven&#231;ale bient&#244;t &#233;largie &#224; une grande partie de l'ensemble linguistique occitan. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un bilan de cette collecte en occitan se retrouve dans l'ouvrage que je publiai en 1977 aux &#201;ditions Sociales (Parti communiste) : &lt;i&gt;Culture occitane, per avan&#231;ar.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; On lisait en entame du livre ces mots magnifiques de Florian Vernet :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Gramatica &lt;br class='autobr' /&gt; Per nosautres &lt;br class='autobr' /&gt;
exist&#237;s pas encara &lt;br class='autobr' /&gt;
lo present de l'indicati&lt;/i&gt;u &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrage m'amena &#224; r&#233;pondre &#224; des invitations dans nombre de localit&#233;s de l'espace occitan. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il m'attira aussi les critiques d'intervenants depuis longtemps actifs dans le champ de la culture d'Oc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon eux, en privil&#233;giant le t&#233;moignage oral, je n&#233;gligeais l'essentiel de la culture d'Oc : la Lettre dignifiante et salvatrice.&lt;br class='autobr' /&gt;
En liant la d&#233;fense de la langue &#224; des revendications socio-politiques, je me d&#233;faussais du v&#233;ritable combat, celui d'une langue maintenue dans la perp&#233;tuation des &#233;ternelles valeurs troubadouresques.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais d'autant plus sensible &#224; ces critiques qu'elles n'&#233;manaient pas de dialectologues indiff&#233;rents au destin du parler dont ils &#233;pinglent les mots oubli&#233;s comme des papillons sur leurs bouchons. Elles &#233;manaient de personnes dont l'axe de vie avait &#233;t&#233; profond&#233;ment, affectivement, la d&#233;fense et l'illustration de cette langue d'Oc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et aussi, selon de jeunes occitanistes cette fois, en privil&#233;giant le t&#233;moignage en occitan d'acteurs dont l'horizon &#233;tait national fran&#231;ais, je tenais &#224; distance la dimension nationalitaire de l'entreprise occitaniste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout en respectant ces critiques, je ne pouvais les prendre en compte, tant la r&#233;alit&#233; m'apparaissait en distorsion avec le projet nationalitaire d'un Peuple d'Oc, et tant j'imaginais mal une culture vivre pleinement si le support social de la langue disparaissait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le m&#234;me temps, le rectorat fermant d&#233;finitivement la porte &#224; tout enseignement jug&#233; non mistralien, j'arr&#234;tai mes activit&#233;s p&#233;dagogiques, que d'autres amis reprendront apr&#232;s le tournant de 1981, o&#249; fut supprim&#233; cet ostracisme rectoral. &lt;br class='autobr' /&gt;
Outre ce d&#233;couragement devant le blocage administratif, dans le climat politique national de la toute fin des ann&#233;es 1970, les h&#233;sitations tactiques du PCF m'insupport&#232;rent, et aboutirent un d&#233;sinvestissement politique militant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce d&#233;sinvestissement allait m'engager dans une recherche sur l'histoire de la langue et de la culture d'Oc. Recherche qui, accompagn&#233;e de nombreuses publications, occupera les premi&#232;res ann&#233;es 1980.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'initiai alors, sous la direction de Robert Lafont et en liaison avec les chercheurs de la facult&#233; de Montpellier, notamment Philippe Gardy et Philippe Martel, une th&#232;se sur la publication en occitan en zone proven&#231;ale et sur ses marges (publication politique, religieuse, ou divertissante, et non exclusivement litt&#233;raire). J'ai accompagn&#233; ce travail par un inventaire de la publication en zone francoproven&#231;ale de France et de Suisse, afin de comparer l'impact sur la langue de la pr&#233;sence ou de l'absence d'un mouvement renaissantiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce travail me donna l'occasion, au-del&#224; des pauvres textes exhum&#233;s, et aussit&#244;t perdus, de retrouver une parole, dans sa raucit&#233; na&#239;ve, ses diphtongues, ses voyelles &#233;clat&#233;es, que r&#233;v&#233;lait en filigrane leur orthographe sauvage, parole qui &#233;tait celle des derniers vieux que j'avais pu entendre, aux derniers temps o&#249; le parler n'avait rien de volontariste, comme aujourd'hui celui des n&#233;o-locuteurs de l'&#233;cole, de la facult&#233;, voire de la radio et de la t&#233;l&#233; (je les salue avec respect, d'autant que je suis un des leurs).&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce travail se concr&#233;tisa par la publication d'une th&#232;se (CIDO 1990), et de nombreux ouvrages qu'il n'est pas question d'&#233;num&#233;rer ici. J'eus le plaisir de pouvoir pr&#233;senter ma recherche notamment &#224; l'Universit&#233; catalane de Girone et dans des instances universitaires de Suisse romande. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1990-1991, avec Jean-Paul Damaggio, nous avons fait vivre un bulletin d'&#233;changes occitanistes, &lt;i&gt;Tr'&#242;c&lt;/i&gt;, dans lequel s'exprim&#232;rent de nombreuses figures militantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2001, j'ai publi&#233; un petit polar, &lt;i&gt;Le couteau sur la langue&lt;/i&gt;, remarqu&#233; par France Culture, o&#249; passait beaucoup de mon exp&#233;rience, et o&#249;, sous le couvert de la fantaisie et de l'imagination, presque rien n'&#233;tait invent&#233;... sinon les langues coup&#233;es qu'un poss&#233;d&#233; s&#232;me sur les confins occitans. L'entame se situait &#224; Guardia piemontesa, en Calabre, o&#249; persiste un parler occitan apport&#233; par les Vaudois exil&#233;s, et o&#249; j'ai eu l'honneur de recevoir un grand prix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette longue plage fructueuse de recherche et d'&#233;criture se poursuivit en 2010, avec la publication d'un ouvrage, &lt;i&gt;Visions de l'idiome natal&lt;/i&gt;, sur la place de l'occitan, du francoproven&#231;al et du catalan dans l'enqu&#234;te imp&#233;riale sur les &#171; patois &#187;, en 1807-1812. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai &#233;galement dans continu&#233; dans cette p&#233;riode &#224; animer des cours publics d'occitan proven&#231;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lumi&#232;re de cette exp&#233;rience d'une vie, exp&#233;rience qui se croise avec d'autres fort diverses, je n'ose me risquer &#224; porter un jugement sur &#171; ce qui a march&#233; &#187; ou sur ce qui n'a pas r&#233;pondu aux esp&#233;rances de l'occitanisme bouillonnant de ma jeunesse. Occitanisme hardi dans sa s&#232;ve conqu&#233;rante, dans ses aspirations &#224; ce que le pass&#233; f&#233;conde le pr&#233;sent novateur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout ceci para&#238;t bien loin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce rude occitanisme initial, volontiers provoquant, me semble assez diff&#233;rent du sage et n&#233;cessaire occitanisme des universitaires, des enseignants d'aujourd'hui. Et aussi celui des jeunes animateurs &#171; occitans &#187; dans les structures municipales et r&#233;gionales, pour lesquels les ann&#233;es 1970-1980 sont pr&#233;historiques, et dont la ma&#238;trise de la langue reconquise n'est pas toujours bien assur&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que le mot &#171; occitan &#187;, presque inconnu dans les ann&#233;es 1960, a gagn&#233; du terrain au point de devenir banal, voire d'&#234;tre mis &#224; toutes les sauces, la revendication initiale et multiforme s'est &#233;tiol&#233;e et s'est, par force, plus ou moins enferm&#233;e dans un sympathique ghetto de nostalgiques, qu'il serait vain d'incriminer et dont je participe. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; qui a st&#233;rilis&#233; les ambitions originelles, et non, dans sa diversit&#233; de clairvoyance ou de c&#233;cit&#233;, la seule orientation des militants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne suis pas &#233;tonn&#233; du pi&#233;tinement de l'occitanisme politique dans lequel je n'ai jamais cru. Je n'ai jamais r&#234;v&#233; d'un drapeau pour une Occitanie mythique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le chemin de mon engagement a &#233;t&#233; celui de la d&#233;couverte d'une langue, de l'horizon imm&#233;diatement familial &#224; celui d'un vaste ensemble allant de l'Atlantique aux Alpes et &#224; la M&#233;diterran&#233;e. Il a &#233;t&#233; aussi celui du profond respect pour ces humbles qui, des si&#232;cles durant, ont fait vivre la langue quotidienne, jusqu'&#224; ce qu'on les persuade que la non transmission aux enfants &#233;tait pour eux la garantie d'un avenir assur&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Langue en perdition qui, avant la mort clinique annonc&#233;e, interrogeait sur les chemins de la salvation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai pu que constater le peu d'efficacit&#233; de plaquer la langue sur des revendications socio-&#233;conomiques viticoles ou ouvri&#232;res (Ladrecht), comme par exemple le fit Robert Lafont s'adressant en occitan &#224; l'immense marche protestataire organis&#233;e par le PCF (Montpellier, 10 mai 1980), faisant ainsi ce que Mistral n'avait pas os&#233; faire en 1907 lors de la crise viticole.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi spectaculaires qu'elles furent, pareilles initiatives n'ont pas entra&#238;n&#233; la prise en compte de la langue par ce qui demeurait du support sociologique populaire occitanophone, et de permettre ainsi une transmission apais&#233;e et tonique aux jeunes. Peut-&#234;tre aurait-il fallu, dans ces ann&#233;es 1970-1980, s'adresser autrement au &#171; peuple &#187; apparemment indiff&#233;rent, sans lui infliger d'autorit&#233; une id&#233;ologie qui lui &#233;tait plut&#244;t &#233;trang&#232;re. Mais on ne peut plus revenir l&#224;-dessus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour autant, cette revendication, m&#234;me r&#233;tr&#233;cie, n'est pas morte : elle s'inscrit plus que jamais dans l'espoir p&#233;dagogique : sauver la langue en perdition d'usage par sa r&#233;introduction dans l'enseignement public, et son apprentissage par des enfants qui ne parlent que fran&#231;ais et anglais ! Des enfants chez lesquels &#171; l'accent m&#233;ridional &#187;, support imm&#233;diat d'une reconqu&#234;te d'oralit&#233;, a disparu, (&#224; tout le moins chez moi en Provence maritime urbaine), en m&#234;me temps que le &#171; francitan &#187; (malgr&#233; la proclamation du &#171; on craint d&#233;gun &#187; des supporters de l'OM). &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, r&#233;alisme ou utopie ? Je penche plut&#244;t pour le second terme, en mesurant combien, en dehors des calendretas et des quelques cours parcimonieusement arrach&#233;s &#224; l'administration, le support social de la langue a &#233;t&#233; lamin&#233;. Quid de la langue apprise &#224; l'&#233;cole si elle ne rencontre pas un milieu occitanophone quotidien ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-on imaginer que, dans une n&#233;buleuse complexe d'initiatives culturelles, s'affirmera un nouveau support social, celui des &#171; &#233;duqu&#233;s &#187; qui ont sans probl&#232;mes adopt&#233; la graphie classique unitaire, et &#171; consomment &#187; (au bon sens du mot), de l'occitan par la lecture, par la chanson, par le groupe de rencontre, bref par le plaisir ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et peut-&#234;tre, par nos &#233;crits, pouvons-nous transmettre aux g&#233;n&#233;rations futures une langue cryog&#233;nis&#233;e, sans savoir qui la ressuscitera. Car l'occitan n'est pas l'h&#233;breu, qui renaquit de ces cendres dans une violente pulsion nationalitaire&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Ren&#233; Merle, &#034;Tr'&#242;c, Tribunas Resc&#242;ntres Occitanistas, pas mai !&#034;</title>
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		<dc:date>2025-10-23T07:54:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Occitanisme</dc:subject>
		<dc:subject>Tr'&#242;c</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tr'oc, num&#233;ro 0 - d&#233;cembre 1990. Me diretz que &#8220;tr&#242;c&#8221; es mens blos que &#8220;barat&#8221;, &#8220;cambi&#8221;, &#8220;escambi&#8221;. Mai se en franc&#233;s &#8220;Troc&#8221; vou dire, (s'avem pas de moneda, o se volem pas se ne'n servir), &#8220;je te donne une chose, tu m'en donnes une&#8221;, es, en occitan, &#8220;ti doni ma causa, contra ta causa&#8221;. E &#8220;Causa&#8221; a dos sens, que li tenem, &#8220;chose&#8221; et &#8220;cause&#8221;. Coma lei veritats desplegadas, la moneda es pas facha per lei gents, li tomba d'adaut. Empacha pas que se n'as si&#225;s quauqu'un, se n'as g&#232;s si&#225;s degun. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Occitanisme : points de vue et reflets d'exp&#233;rience&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot63" rel="tag"&gt;Occitanisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot294" rel="tag"&gt;Tr'&#242;c&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_74 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/local/cache-vignettes/L447xH115/troc-4-6acf1.png?1791791411' width='447' height='115' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tr'oc&lt;/i&gt;, num&#233;ro 0 - d&#233;cembre 1990.&lt;br class='autobr' /&gt;
Me diretz que &#8220;tr&#242;c&#8221; es mens blos que &#8220;barat&#8221;, &#8220;cambi&#8221;, &#8220;escambi&#8221;. Mai se en franc&#233;s &#8220;Troc&#8221; vou dire, (s'avem pas de moneda, o se volem pas se ne'n servir), &#8220;je te donne une chose, tu m'en donnes une&#8221;, es, en occitan, &#8220;ti doni ma causa, contra ta causa&#8221;. E &#8220;Causa&#8221; a dos sens, que li tenem, &#8220;chose&#8221; et &#8220;cause&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Coma lei veritats desplegadas, la moneda es pas facha per lei gents, li tomba d'adaut. Empacha pas que se n'as si&#225;s quauqu'un, se n'as g&#232;s si&#225;s degun. Dins l'escambi &#8220;teoric&#8221; occitanista, si paga en moneda de &#8220;veritats desplegadas&#8221;. Mai, coma disi&#225; l'autre, grisa mon amic es la teoria, mai verd, ben verd l'aubre de la vida. Escampilhats, sensa si veire, e meme si conoisser, siam un fum que despi&#232;i d'annadas fasem &#231;&#242; que podem per una causa fosca, baptisada per facilitat : occitanisme. E qu'avem en comun quauquei principis que del&#224; lei causidas diversas (politicas, pedagogica, etc.) nos recampan, e de c&#242;ps nos fan frairejar. Que per n'autrei (ambe tant d'autrei) l'occitanisme es un plaser san&#237;s, e per aqu&#242; una aisina per viure dins aquesta societat d'alienacion, e bessai per ajudar a la cambiar. Que l'occitanisme es simpt&#242;ma d'una manca, e que per aqu&#242; nos buta a l'escota de la creacion culturala tota. Que l'occitanisme es un resc&#242;ntre, monte l'a g&#232;s de caps ni mai de m&#232;stres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aara se voletz, si passarem dins n&#242;stre escambi de la moneda dei veritats occitanistas desplegadas, pas mai aquela dei profetas isolats e decebuts qu'aquela deis bur&#232;us executius. Aqu&#242; vou pas dire que si passarem de principis, ni mai d'ideologias que n'avem de besonh, mai que mai. Nacionalisme, Fran&#231;a, Europa, lucha dei classas, populisme, acculturacion, pedagogia... Mai es que la veritat deu principis e deis ideologias ven pas, per cadu, de seis experi&#233;n&#231;ias, sei desirs, etc. ? Siam de bricolurs, cadun dins son trauc, dins son r&#242;dol, e farem de n&#242;stre bricolatge la n&#242;stra t&#242;ca. Es bessai utile de si faire passar, coma lo furet de la can&#231;on (francesa) la t&#242;ca de n&#242;strei pretzfachs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aqu&#242; dich sensa illusions. Si donam un an per veire s'aqu&#242; capita un pauc, senon farem pauseta.&lt;br class='autobr' /&gt;
Renat Merle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ren&#233; Merle - &#034; B&#242;n an - Gr&#233;pia &#034; Tr'oc - N&#176; 14 -...</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Occitanisme</dc:subject>
		<dc:subject>Tr'&#242;c</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ren&#233; Merle - &#034; B&#242;n an - Gr&#233;pia &#034; Tr'oc - N&#176; 14 - F&#233;vrier 1992 &lt;br class='autobr' /&gt; Lo &#8220;B&#242;n an&#8221; en febri&#232;r vos estonar&#224; pas, que (coma Occit&#224;nia tant esperada) sempre siam tardi&#232;rs leis occitanistas. Mai se paga tard, Tr'&#242;c, revista granda de refleccion teorica, paga larg, en fas&#232;nt sieuna (dins sei sentits e d'autrei mai) e en vos comunicant la remarca dau music&#242;filos&#242;f contemporan&#232;u : &#8220;Le patois, je le parle tr&#232;s bien, mais je le comprends pas&#8221; (Miqu&#232;u Montanaro, &#338;uvres compl&#232;tes). Ansin, quora dis&#232;m (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Occitanisme : points de vue et reflets d'exp&#233;rience&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot63" rel="tag"&gt;Occitanisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot294" rel="tag"&gt;Tr'&#242;c&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ren&#233; Merle - &#034; B&#242;n an - Gr&#233;pia &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Tr'oc&lt;/i&gt; - N&#176; 14 - F&#233;vrier 1992&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_76 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/local/cache-vignettes/L447xH115/troc-5-0f002.png?1792481838' width='447' height='115' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lo &#8220;B&#242;n an&#8221; en febri&#232;r vos estonar&#224; pas, que (coma Occit&#224;nia tant esperada) sempre siam tardi&#232;rs leis occitanistas. Mai se paga tard, Tr'&#242;c, revista granda de refleccion teorica, paga larg, en fas&#232;nt sieuna (dins sei sentits e d'autrei mai) e en vos comunicant la remarca dau music&#242;filos&#242;f contemporan&#232;u : &#8220;Le patois, je le parle tr&#232;s bien, mais je le comprends pas&#8221; (Miqu&#232;u Montanaro, &#338;uvres compl&#232;tes).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ansin, quora dis&#232;m Occit&#224;nia, de que compren&#232;m ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Aneriam mai a la gr&#233;pia se meravilhar de l'enfantona Occit&#224;nia. Aquest an gr&#233;pia polida. Partenaris : lo Conselh Regionau &#034;Languedoc-Roussillon&#034; (per lei s&#242;us), lo Conseilh R&#233;gionau &#034;Midi-Pyr&#233;n&#233;es&#034; (per lo drap&#232;u), lo President Gaudin, de &#034;P.A.C.A&#034; (per la son&#242; : rap-pastorala), lo Ministre Jospin, d'Occit&#224;nia centrala (per lei Capetians nov&#232;us qu'auran plus d'escolans), la societat Panzani (per Dieu e la Pasta). Absents non excusats : lei Conselhs regionaus dau grand N&#242;rd e dau Ponent, la Banca Pujol e lei Fraires de la C&#242;sta catalans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Probl&#232;ma, lei parents : per d'unei, se la maire es la paura lenga d'&#210;c, ben estequida, lo paire ara es plus capelan, notablon, ni mai cantaire : mai si p&#242;rta pas mau, ensenha, securitat de l'emplec, pagat per l'estat franc&#233;s. Per d'autrei, la maire es ben entendut la Terra-Maire, e lo paire l'Occitan ! (parlat dins mai de 33 departaments), o leis Occitans ! (reddes estatjants dei dichs 33 dpts, e mai). Mai cres&#232;tz pas que siegue emprenhada la maire de son ! falic (Gidil&#242;c au secours !). Que, ben entendut, lo Sant Esperit (signalat a Malhana, Montalban, Besi&#232;rs, Sabres, etc) ...&lt;br class='autobr' /&gt;
L'avi&#225; un pauc de gents ambe de monde, nautrei ambe tant d'autrei, que portavan sei presents (una associacion, un cors, una p&#232;&#231;a, un modul, una exclusiva, una can&#231;on, un jornau, un libre o un librilhon, un cercle, un C.I.D.O, una aut&#242;biografia, una colonia de vacan&#231;a, una teoria, un pegasolet, una lista regionala, una esc&#242;la d'estiu, una r&#224;dio, un partit, una lic&#233;ncia, una rec&#232;pta, un fogau, un article, una reclama, una bramadissa, una fot&#224; dedica&#231;ada, una miejoreta TV, un eslogan, un conselher municipau, un coll&#242;qui, una revelacion, etc etc), quauqueis uns tanben qu'anavan a la gr&#233;pia per s'agantar pich&#242;t poder, pichon titol. E lei Reis, de segur, ambe son Gri&#242;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#200;ra pas la torre de Bab&#232;l que, dau br&#232;s o de recuperacion, blos o bastard, gost&#243;s o normat, cadun parlava LA Lenga, mai si compreniam pas gaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Coma d'abitud, lo Rei n&#176;1 portava son fais de libres d'esc&#242;la, lexics, gramaticas, diccionaris, e en esperant, d'en cad&#233;ncia cridava coma dins lei manifs dau b&#242;n temps : &#8220;Occit&#224;nia ! ma filha ! seras una Ling&#252;ia !&#034;. La lenga, tota la lenga, ren que la lenga. Apondi&#225; lo Gri&#242;t : &#8220;Cu t&#232;n la lenga t&#232;n la clau etc, Anem plan anem plan, s'es pas u&#232;i ser&#224; deman&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lo Rei n&#176;1bis son besson rebecava : &#8220;Ata, que Ling&#252;ia ! Occit&#224;nia ma filha reincarnada, seras una Letra, una Creacion, tornaras portar dins aqueu monde descabestrat lei valors universalas e sempre activas de n&#242;stra cultura especifica, mai faudr&#224; ben m'escotar, qu&#233; !&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apondi&#225; lo Gri&#242;t : &#8220;Cu t&#232;n la lenga t&#232;n pas r&#232;s, se lei libres fan pas lo p&#232;s&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lo Rei n&#176;2 en esperant, contava l'ist&#242;ri de la gamba, dau bras, de la testa, etc, que tomb&#232;ron dins la chemin&#232;ia per fin finala ti faire un c&#242;s, e teorisava : &#8220;Paci&#233;ncia, Occit&#224;nia ma filha, a la debuta seras qu'un capelet de regions, coma un rest d'alhet, mai d'aqu&#242; vendras una super-region, un ais d'equilibri sud dins lo Meg&#224;-Estat europenc, que ben entendu, repren&#232;nt d'unei fonccions de l'estat-nacion condamnat, s'articular&#224; sus de comunitats f&#242;rtas, economicament e culturalament, etc etc&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apondi&#225; lo Gri&#242;t : &#8220;De c&#242;ps s'es enganat, mai aqueu de c&#242;p es segur. Cu t&#232;n la clau t&#232;n la lenga&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lo Rei n&#176;3, un mascl&#224;s, disi&#225; ren qu'aqu&#242; : &#8220;Occit&#224;nia ma filha, tornaras estre una Nacion, se n'as la v&#242;ia e la f&#242;r&#231;a ara que lo comunisme es m&#242;rt e que pod&#232;m alenar. Agacha, a j&#224; passat sus Litunania, Slovenia, Croacia, l'est&#232;la dai s&#232;t rais. Ti sortirai de l'enfern, monte l'an relegat marxistas e universitaris, lo n&#242;stre Pessoa, ti levarai dau mitan lei obt&#249;s e lei socitoses de se faire amar, quora es tu que fau amar, tu e tei serviciaus, que ne'n si&#225;u lo b&#232;u primi&#232;r&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apondi&#225; lo Gri&#242;t, a la chut-chut qu'avi&#225; pas enveja de si prendre un paume : &#8220;Occit&#224;nia es sortida dau potz, ren qu'entre quaranta e quar-anta-dos&#8221;. Mai de segur exagerava, e qu'avi&#225; pas compr&#232;s l'exp&#242; Maurras per la Santo Estello de 1991.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mai torna vira, espera qu'esperar&#224;s, un c&#242;p de mai es pas venguda l'enfantona. Occit&#224;nia, Occit&#224;nia, perqu&#233; nos as abandonats ? Grossesa nervosa o simple retard ? Siam cadun tornats en c&#242; n&#242;stre se faire viure, solets au mitan dei sieus, o pas solets ambe leis autrei. Es pas un drame, au contrari. An&#232;m, b&#242;n an amaugrat dei n&#237;vols, santat, capitada, ying &amp; yang e tot, e a l'an que v&#232;n (que se siam pas mai ...).&lt;br class='autobr' /&gt;
Renat MERLE.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'aventure de Tr'&#242;c - 1990-1992</title>
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		<dc:date>2025-10-23T07:54:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Tr'&#242;c</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1990, nous lancions, Jean-Paul Damaggio et moi, un journalet mensuel qui se voulait d'&#233;changes et de r&#233;flexions dans un cadre occitaniste, et au-del&#224;. Le journal &#233;tait bilingue. Pour ma part, j'y ai essentiellement &#233;crit en occitan. &lt;br class='autobr' /&gt; Tr'&#242;c a touch&#233; quelques centaines de &#171; mordus &#187;, et plusieurs dizaines de lecteurs ont envoy&#233; billets et articles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ci-dessous, la chronologie de l'essentiel de mes articles. Ren&#233; Merle - &#8220;Laissar lei m&#242;rts plegar lei m&#242;rts ?&#8221; Tr'&#242;c, n&#176;0 - (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Occitanisme : points de vue et reflets d'exp&#233;rience&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot294" rel="tag"&gt;Tr'&#242;c&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1990, nous lancions, Jean-Paul Damaggio et moi, un journalet mensuel qui se voulait d'&#233;changes et de r&#233;flexions dans un cadre occitaniste, et au-del&#224;. Le journal &#233;tait bilingue. Pour ma part, j'y ai essentiellement &#233;crit en occitan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_254 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/local/cache-vignettes/L447xH115/troc_no1-47a3e.png?1791702297' width='447' height='115' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8232;&lt;i&gt;Tr'&#242;c&lt;/i&gt; a touch&#233; quelques centaines de &#171; mordus &#187;, et plusieurs dizaines de lecteurs ont envoy&#233; billets et articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ci-dessous, la chronologie de l'essentiel de mes articles.&lt;br class='autobr' /&gt; Ren&#233; Merle - &#8220;Laissar lei m&#242;rts plegar lei m&#242;rts ?&#8221; Tr'&#242;c, n&#176;0 - d&#233;cembre 1990&lt;br class='autobr' /&gt; Ren&#233; Merle - &#8220;Pasolini&#8221;, Tr'&#242;c, - n&#176;1 - janvier 1991&lt;br class='autobr' /&gt; Ren&#233; Merle - &#8220;Bodon&#8221; , Tr'&#242;c, n&#176;2 - f&#233;vrier 1991&lt;br class='autobr' /&gt; Ren&#233; Merle, &#034;Am&#237;c, Amiga&#034;, Tr'&#242;c, n&#176;4 - avril 1991&lt;br class='autobr' /&gt; Ren&#233; Merle - &#8220;Lombardia&#8221;, Tr'&#242;c, n&#176;9 - septembre 1991&lt;br class='autobr' /&gt; Ren&#233; Merle - &#8220;Delavo&#235;t&#8221;, Tr'&#242;c, - n&#176;11 - novembre 1991&lt;br class='autobr' /&gt; Ren&#233; Merle - &#034;Nacionalisme&#034;, Tr'&#242;c, n&#176;14 - f&#233;vrier 1992&lt;br class='autobr' /&gt; Ren&#233; Merle, &#8220;Miniussi&#8221;, Tr'&#242;c -17, avril 1992, p.1.&lt;br class='autobr' /&gt; Ren&#233; Merle - &#034;El rostre de l'&#237;dol&#034;, Tr'&#242;c, - n&#176;17 - avril 1992&lt;br class='autobr' /&gt; Ren&#233; Merle - Barcelona (e n'autrei), Tr'&#242;c - n&#176;20-21 - &#233;t&#233; 1992&lt;br class='autobr' /&gt; Ren&#233; Merle - Georges Mounin, Tr'&#242;c - n&#176;22 - septembre 1992&lt;br class='autobr' /&gt; Renat Merle, &#034;Contributo al dibattito&#034;, Tr'&#242;c - n&#176;24, 1992&lt;br class='autobr' /&gt; Ren&#233; Merle - &#034;Orientacion&#034;, Tr'&#242;c - n&#176;25 - d&#233;cembre 1992&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>I&#232;r e deman</title>
		<link>https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article147</link>
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		<dc:date>2025-10-23T07:54:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Occitanisme</dc:subject>
		<dc:subject>Cronicas</dc:subject>
		<dc:subject>IEO</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Paja &#8220;Mesclum&#8221; La Marseillaise - 1996 I&#232;r e deman (1) - 25 - 1 - 1996 V&#232;ni de legir la plaqueta interessanta que l'Institut d'Estudis Occitans de Paris consacrada a la naissen&#231;a de l'I.E.O, qu'a agut 50 ans. Cadun i trobar&#224; de que chifrar sus lo futur que, desgatjats de l'androna petainista, s'imaginavan lei primadiers de 1945, lei dralhas qu'an presas, lo camin fach... &lt;br class='autobr' /&gt; Ara se pod&#232;m demandar &#231;&#242; que marca l'unitat deis occitanistas en def&#242;ra d'un passat comun e de l'empl&#232;c d'una grafia (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Occitanisme : points de vue et reflets d'exp&#233;rience&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot790" rel="tag"&gt;IEO&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_75 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/IMG/png/marseillaise-2.png' width=&#034;224&#034; height=&#034;51&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Paja &#8220;Mesclum&#8221; &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; - 1996&lt;br class='autobr' /&gt;
I&#232;r e deman (1) - 25 - 1 - 1996&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#232;ni de legir la plaqueta interessanta que l'Institut d'Estudis Occitans de Paris consacrada a la naissen&#231;a de l'I.E.O, qu'a agut 50 ans. Cadun i trobar&#224; de que chifrar sus lo futur que, desgatjats de l'androna petainista, s'imaginavan lei primadiers de 1945, lei dralhas qu'an presas, lo camin fach...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ara se pod&#232;m demandar &#231;&#242; que marca l'unitat deis occitanistas en def&#242;ra d'un passat comun e de l'empl&#232;c d'una grafia comuna. Es que i a encara un biais comun de viure lo present e de veire l'avenidor ? Es que, coma m'escriu l'amic Jaume Pi&#233;tri, e ne'n si&#225;u ben d'acc&#242;rdi, &#8220;Occit&#224;nia es quauquaren qu'apart&#232;n mai a un futur possible - demieg d'autrei - qu'au passat ?&#8221; ? Li tornar&#232;m.&lt;br class='autobr' /&gt;
Renat Merle&lt;br class='autobr' /&gt;
Androna : &#8220;ruelle, cul de sac&#8221; - Demieg : dintre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I&#232;r e deman (2) - 1 - 2 - 1996&lt;br class='autobr' /&gt;
Ven&#232;m de viure, e es pas finit, un moviment sociau istoric, que en Proven&#231;a e Lengad&#242;c es estat una &#232;rsa giganta. Contra lo &#034;liberalisme&#8221; que matrassa lei &#242;mes au nom de la rentabilitat. E i vegueriam de pancartas en occitan : &#8220;Passar&#224;n pas !&#8221;, &#8220;Plegar&#232;m pas !&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dins lo meme temps, d'economistas e de saberuts occitanistas teni&#225;n coll&#242;qui a Marselha sus lo liame entre leis economias de n&#242;strei regions e de Catalonha. De representants dau patronat e dau poder catalans, que quichan a m&#242;rt per aquela Eur&#242;pa liberala, e d'universit&#224;ris occitans en quista de reconaissen&#231;a nacionalit&#224;ria, per parlar de l'Europa &#034;liberala&#034; de deman e de, o citi, &#8220;la culture de l'entreprise&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Es clar que dins la vision d'un futur n&#242;stre, d'una Eur&#242;pa sociala, i a per lo mens un decalatge entre occitanistas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Renat Merle&lt;br class='autobr' /&gt;
&#200;rsa giganta : &#8220;vague g&#233;ante&#8221; - Matrassa : &#8220;meurtrit&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I&#232;r e deman (3) ? 8 - 2 - 96&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#232;ni de legir, en proven&#231;au granat, lo manif&#232;st dei joines felibres federalistas (1892) de Maurras e Amouretti. Dins una revista proven&#231;alista o occitanista ? Non, dins lo butletin municipau de la comuna (F.N.) de Tolon. Pr&#242;va evidenta de l'illusion occitanista que l'engajament regionalista &#232;ra la proprietat positiva e de drech divin de l'occitanisme libertari. Pr&#242;va tanb&#232;n qu'aquest occitanisme po&#249; plus faire l'economia d'una reflexion sus sa natura, sa politica, son &#8220;unitat&#8221;, e que po&#249; pas rabalhar quau que si&#225;, au nom de la Causa sacrada de la lenga e de la cultura d'&#210;c.&lt;br class='autobr' /&gt;
Renat Merle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ier e deman (4) ? 15 - 2 - 1996&lt;br class='autobr' /&gt;
En c&#232;rca d'un sup&#242;rt sociau a &#8220;la Causa&#8221;, pas mau d'occitanistas, apr&#232;s sa fasa de Mitterandisme, se viran &#224; drecha. Cu en Lengad&#242;c benes&#237;s Blanc, cu en Proven&#231;a va sus una lista municipala de drecha. Sempre l'argument : anar onte es lo poder, onte son lei so&#249;s. De revistas &#8220;culturalas&#8221; occitanas felicitan d'occitanistas elegits a gaucha o a drecha. G&#232;s de probl&#232;ma, qu'aqu&#242; fa avan&#231;ar &#8220;la Causa&#8221;. Si compr&#232;n que aquestei revistas siegan indifer&#233;ntas au moviment de decembre. Aqu&#242; fa pas marchar sei afars. Lei mai &#8220;politics&#8221; se'n sorton en criticant Paris ! Mais pas una politica, un regime ! Fa que t&#242;rni a ma question : de que marca encuei l'unitat deis occitanistas ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Renat Merle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Occitanisme e societat, i&#232;r e encuei.</title>
		<link>https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article37</link>
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		<dc:date>2025-10-23T07:53:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Occitanisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;F&#232;sta dei 30 ans de l'Institut d'estudis occitans 06 (Aups Maritimes) - Grassa, 28-10-06 Quora un es dins l'accion, a pas pas sempre l'ocasion dau temps de la reflexion. Av&#232;m demandat a Renat MERLE, l'istorian de nen ajudar a chifrar, per lu &#034;30 ans de l'I.E.O-06&#034;, sus lo tema de &#034;Occitanisme e societat, i&#232;r e encuei&#034;. Que ne'n sigue aremerciat au nom de toi per aquesta conferen&#231;a que duerbe de dralhas per nen menar mai luenh sus lu camins de l'occitanisme. &lt;br class='autobr' /&gt; &#034;Occitanisme e societat, i&#232;r e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Occitanisme : points de vue et reflets d'exp&#233;rience&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;F&#232;sta dei 30 ans de l'Institut d'estudis occitans 06 (Aups Maritimes) - Grassa, 28-10-06&lt;br class='autobr' /&gt;
Quora un es dins l'accion, a pas pas sempre l'ocasion dau temps de la reflexion. Av&#232;m demandat a Renat MERLE, l'istorian de nen ajudar a chifrar, per lu &#034;30 ans de l'I.E.O-06&#034;, sus lo tema de &#034;Occitanisme e societat, i&#232;r e encuei&#034;. Que ne'n sigue aremerciat au nom de toi per aquesta conferen&#231;a que duerbe de dralhas per nen menar mai luenh sus lu camins de l'occitanisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_12 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://renemerle.com/remembranca/local/cache-vignettes/L350xH279/ieo_06_2006-ffa48.gif?1791789436' width='350' height='279' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#034;Occitanisme e societat, i&#232;r e encuei&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Renat MERLE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand merc&#233; a l'I.E.O 06 per son invitacion, un grand merc&#233; de me faire fisan&#231;a per parlar dei rap&#242;rts entre occitanisme et societat, e durbir la reflexion. Occitanisme ? Mai quin occitanisme ? Occitanisme culturau ? Occitanisme politic ? Quina cap&#232;la ? E quuntei capelans ?V&#242;li pas m'empachar dins aqu&#242;, v&#242;li pas trencar una realitat compl&#232;xa amb&#233; de definicions estrechonas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Siam aic&#237; a l'I.E.O, e me ne'n tendrai a l'occitanisme tau coma es presentat dins leis estatuts de l'I.E.O : aparar, prom&#242;ure, faire viure au present una lenga e una cultura, dins lo resp&#232;ct de son passat, dins lo resp&#232;ct de sei diversitats, e dins la consci&#233;ncia de son unitat istorica e geografica. Mai ben entendut, me fau comen&#231;ar per una resp&#242;nsa, la resp&#242;nsa a la demanda : &#8220;Mai cu si&#225;s ? De monte nos parles ? E de quau drech ?&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vos parli clarament coma un istorian, un soci&#242;ling&#252;ista, qu'assaja d'agachar la situacion d'un biais objectiu. Objectiu ? &#199;&#242; que v&#242;u pas dire que, coma d'unei saberuts, soci&#242;logs o dialect&#242;l&#242;gs, espingli n&#242;stra lenga coma lo parpalhon sus son tap, sensa me preocupar de son avenidor, sensa me preocupar de son destin. Objectiu v&#242;u pas dire &#8220;non engatjat&#8221;. Se dins ma vida activa de cercaire, ai f&#242;r&#231;a trabalhat sus, coma se ditz a l'universitat, &#8220;les usages linguistiques&#8221; dau passat, dins ma vida activa de professor, ai ensenhat n&#242;stra lenga au lic&#232;u e dins de cors publics, l'ai escricha dins de libres e dins la pressa, l'ai facha jogar au teatre... &#199;&#242; que me fa d'autant mi&#232;lhs apreciar tot lo trabalh que f&#232;tz dins aqueu despartament, e es ben per aqu&#242; que si&#225;u aic&#237; amb&#233; vautres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sab&#232;m totei que, meme se lo darnier locutor es m&#242;rt despuei l'an pebre, una lenga dem&#242;ra tant que dem&#242;ran de tra&#231;as materialas de son exist&#233;ncia passada. Ansin dei cuneiformas per lei lengas m&#242;rtas de Mesopotamia, que leis especialistas sabon legir... De mai, sab&#232;m totei que, de temps e de temps apr&#232;s sa disparicion coma lenga parlada d'un p&#242;ple, una lenga p&#242;t demorar coma lenga de cultura, de prestigi sociau &#242; d'escambi religi&#243;s. Ansin dau latin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ben entendut, aqueu s&#242;rt es quand meme melhor qu'aqueu coquin de s&#242;rt d'aquelei paurei lengas, amerindianas per exemple, a jamai m&#242;rtas e sensa tra&#231;as, amb&#233; la m&#242;rt dau darnier subrevivent d'aquelei p&#242;ples anequelits e sagatats. Maugrat'qu&#242;, es clar que se podem pas recon&#243;isser dins un avenidor ansi. La lenga occitana d&#232;u pas, p&#242;t pas viure solament dins lo catal&#242;g universitari deis escrichs d'un autre temps, la lenga occitane p&#242;t pas venir nimai una mena de latin, parlada entre se dins lo &#8220;ghett&#242;&#8221; de quauqueis afogats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Es ben per aqu&#242; que, meme se bessai esclati de p&#242;rtas dub&#232;rtas, nos fau partir d'un constat objectiu, partir d'un diagnostic.&lt;br class='autobr' /&gt;
De ges de biais, una lenga p&#242;t viure sensa un sup&#242;rt collectiu, un sup&#242;rt societau. Ansin, leis especialistas p&#242;don comprendre e legir lei cuneiformas, empacha pas mens que l'a pus degun que parla lo sumerian o l'akkadian. Au contrari, tant mena&#231;ats que siegan, lo c&#242;pte que parlan encara d'unei crestians egipcians perlonga la lenga dei faraons, e l'aramean que parlan d'unei crestians d'Irak, &#242; de Sarcelles, es totjorn la lenga que parlava lo Crist. Subreviven&#231;a passiva, e sensa revendicacion de respelida, d'un passat de gl&#242;ri.Es que ne'n siam aqu&#237; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#242;stra lenga d'&#210;c a agut un plen sup&#242;rt societau tant qu'es estada la lenga d'estats independants, o qu&#224;si, pens&#232;m au Comtat de Tolosa avant la Crosada, au comtat de Prov&#232;n&#231;a avant l'annexion a la fin dau s&#232;gle XIVen. E podi&#225; pas l'aver de distorsion entre lenga e cultura, b&#242;rd qu'aqu&#232;la cultura &#232;ra la de la societat tota e qu'aquesta societat &#232;ra mon&#242;lenga.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quora s'acab&#232;t l'independ&#233;ncia, quora Ni&#231;a pass&#232;t au Duc de Sav&#242;ia, e que Prov&#232;n&#231;a pass&#232;t au Rei de Fran&#231;a, n&#242;stra lenga d'&#210;c demorar&#224; enca' longtemps portada per un sup&#242;rt societau, mai un sup&#242;rt de mai en mai relatiu. Expliqu&#232;m si. La lenga dau poder, franc&#233;s &#242; italian, dev&#232;n la lenga deis actes publics, de l'administracion, de l'estat civiu, deis actes notariats, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
E la conoissen&#231;a, senon la practica d'aquesta lenga officiala dev&#232;n au c&#242;p una necessitat e un signe de ralliament au poder nov&#232;u per leis &#8220;el&#232;its&#8221; (m&#232;ti de verguetas). Mai, levat lei foncionaris importats, per la qu&#224;si totalitat de la populacion, p&#242;ple sociologic tant coma borg&#233;s, notables e mai n&#242;bles, lo parlar quotidian es l'occitan. La barriera de classa se joga pas dins une dic&#242;tomia, un partiment ling&#252;istic ; franc&#233;s (&#242; italian) per lei classas &#8220;nautas&#8221; (sempre verguetas), occitan pr lo r&#232;sta. Non, la barriera de classa se marca dins una mena de privil&#232;gi. Occitan per totei, mai franc&#233;s ren que per lei privilegiats. Lo franc&#233;s es una arma de dominacion sus un p&#242;ple qu'es laissat a sa pla&#231;a, donc ren que dins sa lenga.&lt;br class='autobr' /&gt;
E per prendre exemple en c&#242; dei vesins, agachatz l'esquizofrenia piemontesa d'alora : piemont&#233;s per totei, e meme per la cort e per lo Rei, mai italian, que degun parla, per l'administracion...&lt;br class='autobr' /&gt;
Si compr&#232;n que dau s&#232;gle XVIen au s&#232;gle XVIIIen, dins la borgesia mejana &#242; pich&#242;ta, lo desir de faire coma &#8220;lei Mossus&#8221; explica lo vam d'una educacion en franc&#233;s. Davant l'ironia popul&#224;ria, ambe l'ist&#242;ria dau rast&#232;u, l'enfant de familha que t&#242;rna de Paris e parla que franc&#233;s, tant que marcha pas sus lo rast&#232;u e que lo rast&#232;u li ven pas dins lo morre, e que fa petar una &#8220;puta de rast&#232;u&#8221; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mai se la lenga garda un sup&#242;rt sociau, non oficiau mai vertadier, a perdut son rap&#242;rt a la cultura escricha, cultura imprimida, e tota francesa. Ren que s'estampa en occitan, a despart deis t&#232;xtes de la Gleisa, en comunicacion efica&#231;a amb&#233; lo pople, a despart dei produccions de quauqueis letruts, que si regalan dins lo naturau de l'occitan, en c&#242;ntrap&#233;s au franc&#233;s &#8220;du Bon Ton&#8221;, a despart encara de quauqueis omenatges ceremoniaus au poder en delegacion de paraula popul&#224;ria (percadors, pastres o repetieras).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dins aquestei condicions, ges d'entrepressa d'aparament, de defensa de la lenga, que seri&#225; mai o mens una mena de pre-occitanisme. La lenga sembla eternala, dins sa realitat quotidiana, meme se son lexic comen&#231;a de se francisar.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si saup coma aquesta donada va cambiar a partir de l'extraordin&#224;ria gangassada revolucion&#224;ria.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un costat, amb&#233; la pojada democratica, va s'afortir &#231;&#242; que ponchetet sota la premiera republica. Lo sufragi universau implica la necessitat de conoisser leis enjuecs et de conoisser la lei. D'aqu&#237; una causida simpla : meme se a la debuta si fagueron quauqueis traduccions oficialas, meme se la practica de l'explicacion orala en occitan sembla generala, es la causida dau franc&#233;s que s'impausa. Degun p&#242;t ignorar la lenga de la Lei. E lo moviment democratic franc&#233;s, e mai miejornau, es ben d'acc&#242;rdi ambe aqu&#242;.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un autre costat, l'estat franc&#233;s tant coma l'estat sarda, j&#224; tant centralisats, se cristalizan en estats iper-centralisats, que sa t&#242;ca es de realisar lo mercat unic au profiech de sa borgesia capitalista. Mercat unic de l'economia, dau trabalh, deis escambis, e donc lenga unica. &#199;&#242; qu'implica l'inutilitat dau &#8220;patoas&#8221; e donc sa disparicion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dins aquestei condicions, la natura dau liame entre la lenga occitana e la societat va cambiar radicalament.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lo sup&#242;rt sociologic va s'escrancar. La practica de la lenga s'arresta dins una granda part de la borgesia. E se la lenga dem&#242;ra per inercia en c&#242; deis adultas dins lei mitans popularis, tre l'aveniment de l'esc&#242;la per totei, es pas passada ais generacions novelas, &#8220;per son ben&#8221;, per assegurar sa promocion sociala. Una lenga que cr&#232;ba en plena santat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ara justament es dins aquesta passa que naisse tota una entrepressa multif&#242;ma de mantenement de la lenga, que lo felibrige ne'n sera una consequ&#233;ncia apr&#232;s 1854. Se parla pas encara de sauvament de la lenga, est&#232;nt que la massa rurala e una b&#242;na part de la populacion urbana parla totjorn occitan. Leis aparaires de la lenga v&#242;lon persuadir aquesta massa popul&#224;ria de la dignitat de la lenga que parla, e dins un meme temps, v&#242;lon tocar leis &#8220;eleits&#8221; afranchimandisadas, amb&#233; d'&#242;bras liter&#224;rias de grossa qualitat, ansin Mir&#232;io.&lt;br class='autobr' /&gt;
Es lo temps de la &#8220;Copa santa, que nos v&#232;n di Catalans&#8221;. Mai fau ben mesurar la difer&#233;ncia d'alara entre Catalans e Occitans. Dau caire dei Catalans, ben entendut, lo moviment d'aparament de la lenga v&#232;n d'una chorma d'intellectuaus. Mai aqueu moviment resp&#242;nd a n'una demanda, a un besonh de la societat. Lo catalan, la cultura catalana es una arma interclassista, nacionala, contra un poder centrau archaic e despotic. Lo catalanisme es un desir d'autonomia politica, en fasi amb&#233; la societat catalana. E lo poder de proclamacion normativa de la lenga per l'Institut d'estudis catalans ser&#224; reconoissut per tot un p&#242;ple, un p&#242;ple que s'educa solet amb&#233; la multiplicacion deis ateneus borg&#233;s &#242; popularis, e lo sost&#232;n efica&#231; dei classas dirigentas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mai remarquatz ben qu'aqu&#242; implica en ren l'omogeneitat sociala e politica d'aqueu p&#242;ple. La Catalonha de la B&#232;la Epoca es traversada de luchas de classas terribles. La lenga e la cultura catalana son lo ben comun de classas opausadas. La situacion es radicalament diferenta en c&#242; n&#242;stre. En Catalonha, la demanda, lo besonh v&#232;n de la societat. En Occitania, la demanda descende v&#232;rs la societat. C&#232;rtas, lei felibres, leis occitanistas va proclaman : &#8220;Siam un P&#242;ple&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mai leis Occitans, &#8220;Occitans sens o saber&#8221;, va sabon pas. E la proclamacion felibrenca marcha pas. A la difer&#233;ncia de la borgesi&#225; catalana, patri&#242;ta e autonomista, n&#242;stra borgesia es indiferenta a la causa occitana, meme se de c&#242;ps que l'a lo felibrige recebe un salut de cortesi&#225;. E dau c&#242;p lei felibres, leis occitanistas son remandats v&#232;rs un p&#242;ple sociologic que parla encara l'occitan, mai que seguis pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aqu&#242; marcha pas. E perqu&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un caire per &#231;&#242; qu, a la difer&#233;ncia dei Catalans, aqueu p&#242;ple tr&#242;ba mai &#242; mens son c&#242;mpte dins la Republica francesa e amb&#233; s&#224;n esc&#242;la, filha dei &#034;Lumi&#232;res&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un autre costat, per &#231;&#242; que, a la difer&#233;ncia dei Catalans, dins una Espanha monte l'a ges d'instruccion publica, lei joines franc&#233;s son formats per una esc&#242;la d'estat grandament progressita, emancipatri&#231;a, mais que dins lo meme temps difusa una ideologia d'estat, nacionalista e colonialista.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ansin se va metre en pla&#231;a la donada essenciala de l'occitanisme : anar au p&#242;ple per lo persuadir de sauvar sa lenga e sa personalitat nacionala.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tre l'Emp&#232;ri second, lei mai lucides deis felibres pausan an'aqueu prepaus doas questions dei grandas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Premiera question : de que a a ganhar socialament lo p&#242;ple paisan e obrier dins una lucha per sa lenga. Es que la lenga dau p&#242;ple p&#242;t estre una arma dau p&#242;ple ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Seconda question : an'un moment que s'afort&#237;s lo moviment politic anticentralista, es ti possible que la lucha per la lenga e la cultura d'&#242;c siegue pas tanben una lucha per lei libertats localas, e per un federalisme ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Tot qu&#242; sera trencat, amb&#233; l'escrachament de la Comuna de Paris e dei comunas miejornalas en 1871, lo ref&#250;s felibrenc dau federalisme e de la politica, lo ref&#250;s dau moviment democratic republican e dau moviment obrier de s'engatjar dins l'aparament de la lenga d'&#242;c...&lt;br class='autobr' /&gt;
Desenant, e fins qu'ais annadas 1960-1970, l'occitanisme va viure, o subreviure dins la ficcion d'un P&#242;ple d'&#210;c fi&#232;r de sa lenga, maugrat l'indifer&#233;ncia &#242; l'ostilitat dau poder centrau. A despart de quauquei medi&#242;cres que si baton per una cigala, la grand part d'aquelei felibres e occitanistes es de benev&#242;las coratj&#243;s que si bolegan : v&#242;lon ganhar a la Causa lo brave monde, amb&#233; de charradissas, amb&#233; de can&#231;ons, amb&#233; de teatre (ne'n sabetz quauquaren a Ni&#231;a), quichan sus lo poder par obtenir una pich&#242;ta pla&#231;a a l'esc&#242;la, amb&#233; d'epis&#242;dis div&#232;rs que van de Petain a la lei Deixonne. Mai dins lei fachs, e subretot dins lo periodi dei &#8220;Trente Glorieuses&#8221;, apr&#232;s la seconda guerra mondiala, p&#242;don que constatar lo laminatge dau s&#242;cle sociologic de la lenga, lo p&#242;ple rurau, lo pichon p&#242;ple urban, e dins lo meme temps, una aculturacion francesa e anglo-americana novelas, e totalisantas, amb&#233; lei medi&#224;s noveus, r&#224;dio, puei e subretot t&#233;l&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quauqueis annadas avans, e subretot au lendeman de la granda bolegadissa de 1968, aquest occitanisme cultura ser&#224; gangassat, reviscolat, e de c&#242;ps que l'a agarrit, agressat per una ersa novela de militants e creators, que v&#242;lon ligar son engatjament occitanista a d'engatjaments sociaus e politics divers, que van de la causida de la senestra &#8220;exagonala&#8221;, coma se disi&#225;, a l'autonomisme &#242; au nacionalisme occitans proclamats. Seran tanben deis annadas de batalha per una reconoissen&#231;a de la lenga dins l'esc&#242;la, dins lei medias, amb&#233; d'avan&#231;adas diversas, deis annadas d'iniciativas auton&#242;mas coma aquelei dei calendretas, d'annadas onte de militants van s'esquichar per donar a cu vau lei mejans de s'aculturar en occitan : diccionaris per exemple, publicacions de tota mena...&lt;br class='autobr' /&gt;
Seran tanben d'annadas onte sus lo terren, a caud, lei militants van aprendre a respectar leis especificatas localas, regionales, e lei ligar a n'un concepcion generala de la lenga. Seran tanben d'annadas monte un molon de joines se van jitar a l'aiga de la creacion, de la can&#231;on, e reviscolar d'occitan lei fogaus de creacion dei grandas ciutats miejornala : Tolosa, Marselha, Ni&#231;a per exemple.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ara que v&#232;ni de passar lei setantas, se me t&#242;rni v&#232;rs lo jove qu'&#232;ri au lendeman de 1968, quora amb&#233; Andrieu Neiton dau Teatre occitan de Tolon, Ives e Miquela Bramerie, Nic&#242;la, Florian Vernet e ben d'autrei fondaviam l'I.E.O de Var, que ne' sigueri lo pemier secretari, me pensi que tot aqu&#242;, maugrat leis andronas, maugrat lei decepcions, maugrat leis garolhas, tot aqu&#242; es pas estat de promessas vanas, de pantais d'idealistas. L'occitanisma a marcat e marca la societat n&#242;stra, una societat novela, tant diferenta de la societat qu'avem conoissuda quora eriam jovents. Lo compl&#232;xe dau patoas es m&#242;rt. L'aparament de n&#242;stra lenga resc&#242;ntra de mai en mai de simpatias e de sost&#232;n. Le retorn a l'occitan es viscut per f&#242;r&#231;a gents coma un plaser individuau important, siegue dins la nostalgia de la lenga dei grands per lei mai vielhs, siegue, per de joines, per lo sentiment d'un espaci nov&#232;u de creativitat, en def&#242;ra dei m&#242;dels societaus mercantiles, un espaci de dubertura e non pas un espaci de barradura, de replegament nacionalista identitari.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pasmens, va sab&#232;m totei, es luenh d'estre ganhada la partida.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'occitanisme a un public, o pusl&#232;u de publics. Mai a ges de sup&#242;rt sociau collectiu. Lo sup&#242;rt passiu de l'ancian p&#242;ple sociologic es qu&#224;si dispareissut. E g&#232;s de grope sociau li dona un sost&#232;n en tant que grope sociau. L'occitanisme dem&#242;ra una nebulosa d'individ&#250;s, soventis fes d'individ&#250;s caracteriaus, e aguetz pas paur, aqu&#237; dintre me li meti lo beu premier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fem tot &#231;&#242; que pod&#232;m, sensa saupre &#231;o que ser&#224; deman. Sab&#232;m que siam davant una terrible maquina de nivelar de de descervelar, una maquina que nos respecta en r&#232;n, e qu'es meme en trin de faire amb&#233; lo paure accent miejornau &#231;&#242; que fagu&#232;t amb&#233; le &#034;patoas&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nautres si bat&#232;m per aver una pla&#231;a de la lenga a l'esc&#242;la e dins lei mejans, mai se demandam se ser&#224; pas tr&#242;p tard s'un c&#242;p l'av&#232;m. Regardatz l'Irlanda, onte un p&#242;ple s'es durament batut per son independ&#233;ncia, mai onte, ara qu'a ganhat, maugrat l'oficialitat dau gaelic a l'esc&#242;la, dins l'administracion, l'ingl&#233;s a ganhat la partida.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un autre costat, se disem que, portats per un sentit nacionau e religios, lei sionistas an fach de l'ebr&#232;u, lenga liturgica qu&#224;si m&#242;rta, la lenga d'una nacion viva. Es que siam dins una passa monte nos fau faire lo don de l'esperma, e transmetre ai generacions futuras la semen&#231;a criogenizada de la lenga ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant a ieu, qu'ai pas jamai fach misteri de mei engatjaments &#8220;exagonaus&#8221;, coma d'unei me dison, me ne'n teni, coma tant e tant d'autrei, a faire &#231;&#242; que p&#242;di faire, &#231;&#242; que sabi faire per n&#242;stra lenga e sa cultura, e fau fisan&#231;a, mai bessai m'engani, a la democracia : donam pas de perles ai p&#242;rcs, prepausam d'aliments culturaus a de &#8220;citoyens&#8221; (, diu ben &#8220;citoyens&#8221;, sabetz coma lo m&#242;t &#8220;ciutadans&#8221; es ambig&#250;), prepausam d'aliments culturaus en dignitat ai citoyens, e sovvent de citoyens qu'an de responsabilitas associativas, electivas, etc, segurs que siam qu'aquesteis aliments p&#242;don estre mai qu'utiles per l'aveniment d'una societat de toler&#224;ncia, monte lo resp&#232;ct de la persona umana l'emp&#242;rtar&#224; sus lo reine dau fric.&lt;br class='autobr' /&gt;
Renat Merle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Benedetto - Castan</title>
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		<dc:date>2025-10-23T07:53:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Benedetto</dc:subject>
		<dc:subject>Castan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Benedetto &#8211; Castan, quelques cl&#233;s de lecture &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Acte I - Il &#233;tait une fois, dans les ann&#233;es 1950, sur le versant Sud de la nation fran&#231;aise, un peuple de paysans, d'artisans, d'ouvriers dont la langue de l'entre soi, la langue du quotidien, dans son accent comme dans son lexique, &#233;tait p&#233;trie de &#171; patois &#187;, tant qu'elle ne demeurait pas encore ce &#171; patois &#187; imm&#233;morial. Mais ce peuple (qui ne s'aimait pas dans ce qu'il &#233;tait), abandonnait sans remords ce parler. Pourquoi ? Pour se (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Occitanisme : points de vue et reflets d'exp&#233;rience&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;Benedetto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Castan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; Benedetto &#8211; Castan, quelques cl&#233;s de lecture &#187;&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;face &#224; Jean-Paul Damaggio, Benedetto, Off, Marthaler, In, &#201;ditions de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Acte I - Il &#233;tait une fois, dans les ann&#233;es 1950, sur le versant Sud de la nation fran&#231;aise, un peuple de paysans, d'artisans, d'ouvriers dont la langue de l'entre soi, la langue du quotidien, dans son accent comme dans son lexique, &#233;tait p&#233;trie de &#171; patois &#187;, tant qu'elle ne demeurait pas encore ce &#171; patois &#187; imm&#233;morial. Mais ce peuple (qui ne s'aimait pas dans ce qu'il &#233;tait), abandonnait sans remords ce parler. Pourquoi ? Pour se revaloriser, pour faire comme tout le monde, pour assurer l'avenir des enfants, et j'en passe. Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas conna&#238;tre, puisque la guerre s'achevait &#224; peine, et que les enfants s'appelaient encore Paulette et Marcel, et non pas Kevin ou Jennifer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois un jeune instituteur communiste du Tarn-et-Garonne qui, au lendemain de cette guerre de 39-45 qu'il avait faite en patriote dans sa phase finale, tenta, avec d'autres amoureux de l'&#233;criture en langue d'Oc (une poign&#233;e, c'est-&#224;-dire tous) l'aventure collective d'une revue en occitan qui se voulait fondatrice d'une langue : sans litt&#233;rature, pas de langue d'Oc, mais seulement un magma de patois, pensait-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois un peuple qui ne lisait pas cette revue, d'abord parce qu'il ne savait pas qu'elle existait, et parce que, s'il lisait, de toute fa&#231;on il lisait en fran&#231;ais. Ce qui ne l'emp&#234;chait pas d'&#233;couter avec plaisir les histoires que la radio r&#233;gionale donnait &#224; l'occasion. Sans plus. Des histoires qui ne faisaient pas sourire nos tenants de la Lettre salvatrice, regroup&#233;s dans un Institut d'&#233;tudes dont les ambitions d&#233;passaient de loin, h&#233;las, les possibilit&#233;s du b&#233;n&#233;volat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois un Parti Communiste dont le dernier des soucis &#233;tait alors la d&#233;fense et l'illustration de la langue d'Oc. Non qu'il y fut hostile. Mais pire, &#224; l'image du peuple dont il se r&#233;clamait, il y &#233;tait indiff&#233;rent. Il avait bien d'autres chats &#224; fouetter en ces temps de guerre froide d&#233;butante, o&#249; l'on basculait de la reconstruction unitaire du pays &#224; l'&#233;clatement antagoniste des forces de Gauche. Je vous laisse imaginer dans quelle situation se trouvait alors notre Homme de Montauban par rapport &#224; ses camarades de Parti&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, me direz-vous, du jeune instituteur montalbanais ou du grand Parti dont il se r&#233;clamait, lequel avait raison ? Et de m&#234;me, sur un autre plan, de l'oralit&#233; de la radio, ou de l'&#233;crit de la revue, qui avait raison ? Questions auxquelles on peut se permettre de ne pas r&#233;pondre, tant elles ne peuvent cerner la complexit&#233; de la vie et des engagements (complexit&#233; que d'aucuns, qui ne s'embarrassent pas de subtilit&#233;s, qualifient tout bonnement de &#171; dialectique &#187;, mais, comme chacun sait, la dialectique a bon dos).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acte II. Il &#233;tait une fois, dans les ann&#233;es 1960, un d&#233;sormais moins jeune instituteur communiste qui se retrouva bien seul. Non pas qu'il ait quitt&#233; le Parti Communiste (il lui demeurera fid&#232;le jusqu'&#224; sa mort). Mais il advint alors que ses compagnons d'Institut se f&#226;ch&#232;rent avec lui et le mirent en quelque sorte en quarantaine. C'&#233;tait une &#233;poque curieuse o&#249;, sous l'apparente qui&#233;tude consum&#233;riste et la juv&#233;nile mode y&#233;-y&#233;, quelque chose bouillonnait qui annon&#231;ait une grande secousse&#8230; Ses compagnons de route avaient d&#233;cid&#233; que la Litt&#233;rature d'Oc, aussi n&#233;cessaire soit-elle, ne saurait jamais d&#233;sali&#233;ner ce peuple qui n'en finissait pas d'oublier sa langue. Aussi fallait-il aller vers lui, et le convaincre, malgr&#233; son incr&#233;dulit&#233;, qu'il &#233;tait colonis&#233;. Colonis&#233; de l'int&#233;rieur. &#171; &#210;me d'&#210;c, as drech a la paraula. Parla ! &#187; En pure perte : &#171; Mai que v&#242;s que te digui ? &#187; r&#233;pondait l'&#233;cho populaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors notre moins jeune instituteur se retira sous sa tente, car il ne voulait pas cautionner ces errements qu'il jugeait mortels pour la cause qu'il d&#233;fendait. L'Occitanie dont il r&#234;vait ne pouvait &#234;tre que culturelle, elle n'avait pas &#224; se justifier d'arguments &#233;conomiques et politiques. Il avait plant&#233; ses deux tentes &#224; Montauban et au Larzac, et c'est l&#224; qu'il d&#233;cida de mettre en &#339;uvre la grande entreprise anticentraliste dont il r&#234;vait : enraciner la cr&#233;ation occitane dans chaque cit&#233; du Midi, en faire des capitales culturelles, et, par l&#224;, non pas nier la Nation France, mais la d&#233;sali&#233;ner et l'enrichir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acte III. Il &#233;tait une fois, dans ces m&#234;mes ann&#233;es 60 d'avant 1968, un jeune instituteur fou de th&#233;&#226;tre qui habitait une cit&#233; habit&#233;e par le th&#233;&#226;tre une fois l'an. Il avait vite saut&#233; le pas pour devenir acteur, auteur, et r&#233;veilleur de consciences. Agit prop, aux marges de la Gauche institutionnelle, qui commen&#231;a par d&#233;noncer la sauvagerie des imp&#233;rialistes am&#233;ricains au Viet Nam. Napalm&#8230; De son accent proven&#231;al, ce jeune fou de th&#233;&#226;tre ne savait que faire dans un premier temps, et il d&#233;cida de le garder, ce qui ne se faisait pas &#224; l'&#233;poque. Et de son fran&#231;ais populaire plein de mots qui n'&#233;taient pas du bon fran&#231;ais, il ne savait non plus que faire, jusqu'&#224; ce qu'un coll&#232;gue lui r&#233;v&#232;le qu'ils &#233;taient proven&#231;aux, et que derri&#232;re eux se cachait une langue, qui fut la langue du peuple. Pas celle d'un Peuple levant le drapeau de son ind&#233;pendance. Non, simplement celle du peuple, le peuple des petits, de ceux qui subissent l'histoire plus qu'ils ne la font. Et alors, quand la grande secousse de 1968 vint secouer les remparts d'Avignon, notre jeune th&#233;&#226;treux se mit &#224; &#233;crire et &#224; jouer des pi&#232;ces fran&#231;aises o&#249; cette langue perdue venait au secours des revendications et des protestations les plus contemporaines. Il se trouve que l'Homme de Th&#233;&#226;tre vint les jouer &#224; Montauban, avec la complicit&#233; de l'Homme de Montauban dont il venait de faire la connaissance, et dont il partageait l'engagement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant que notre Homme de Montauban demeurait un culturaliste attard&#233; aux yeux de nombre d'auteurs occitanistes (de plus en plus universitaires) qui continuaient &#224; lever l'&#233;tendard de la r&#233;volte nationale, avec le renfort efficace de chanteurs (de plus en plus instituteurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acte IV. Il advint alors, dans les premi&#232;res ann&#233;es 1970, que l'Homme de l'&#201;crit qui campait sous sa tente &#224; Montauban, et l'Homme de l'Oral d'Avignon se rencontr&#232;rent sur la r&#233;alisation d'une pi&#232;ce qui ne pouvait se jouer que dans un lieu, la place de Montauban, et sur un th&#232;me qui voulait renvoyer aux citoyens de la ville la vertu de leur pass&#233; et l'ouverture sur l'avenir. Une pi&#232;ce qui concr&#233;tisait le d&#233;sir de d&#233;centralisation culturelle en autonomie et en dignit&#233; de l'Homme de Montauban, mais qui le d&#233;faussait en toute conscience de sa pr&#233;dilection litt&#233;raire au profit de l'unicit&#233;, la fugacit&#233;, l'oralit&#233; de la cr&#233;ation th&#233;&#226;trale. C'est la dialectique, diront encore une fois ceux qui n'ont pas envie de r&#233;fl&#233;chir un peu plus loin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pi&#232;ce fit appel &#224; des com&#233;diens b&#233;n&#233;voles du cru, et parmi eux un jeune instituteur (d&#233;cid&#233;ment, il y a beaucoup d'instituteurs dans cette histoire), instituteur alors communiste qui plus est (d&#233;cid&#233;ment il y a beaucoup de communistes, avec ou sans carte, dans cette m&#234;me histoire. On ne peut pas dire pourtant que l'on y retrouva vraiment le Parti Communiste en tant que tel&#8230; Mais ceci est une autre histoire, &#224; laquelle je fus intimement m&#234;l&#233; et que je conterai peut-&#234;tre une autre fois).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de cette rencontre aux facettes multiples (le th&#233;&#226;tre, l'enracinement actif, la politique, la th&#233;orisation du rapport &#224; la Nation France et &#224; la culture d'Oc), naquit chez ce jeune instituteur une passion jamais d&#233;mentie pour ces m&#234;mes facettes. Comment s'&#233;tonner qu'aujourd'hui, il nous propose avec cet ouvrage cet entrelacement de r&#233;flexions, de souvenirs, de critiques, entrelacement bien ancien donc, mais dont la cristallisation fut la mort brutale de l'Homme de Th&#233;&#226;tre, en sa bonne ville d'Avignon, dans l'&#233;t&#233; 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acte V. Mais la dialectique d&#233;j&#224; deux fois nomm&#233;e jouera encore un de ses tours dans les ann&#233;es 1980. Car d'Uzeste &#224; Marseille, de Toulouse &#224; Nice, des musiciens, des chanteurs, sans le moindre d&#233;sir de re/cr&#233;er une Nation mythique, se mirent &#224; populariser le nom de l'Homme de Montauban, dans la pens&#233;e duquel ils trouvaient la cl&#233; de leurs entreprises spontan&#233;es, o&#249; s'entrela&#231;aient le fran&#231;ais et la langue d'Oc. Paradoxe des paradoxes, en apparence &#224; tout le moins, ce n'est pas sur l'&#233;panouissement de la Lettre occitane que d&#233;bouchait la pens&#233;e de l'Homme de Montauban. Mais c'est dans l'oralit&#233; de cette nouvelle cr&#233;ation que s'affirma la Ligne nouvelle du Local dans l'Universel, du refus de la victimisation occitaniste b&#234;lante, et de la confiance en soi cr&#233;atrice&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi dans ces nouvelles cr&#233;ations que se r&#233;solvait un peu la dialectique (d&#233;cid&#233;ment !) entre d'une part la cr&#233;ation, le militantisme des destins solitaires, et la vitalit&#233; du groupe. Vingt ans ont pass&#233;. L'Homme de Montauban et l'Homme de Th&#233;&#226;tre ne sont plus. De r&#233;centes rencontres les ont salu&#233;s, sans les fossiliser. L'ouvrage que vous avez entre les mains s'inscrit pleinement dans la m&#234;me d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; Merle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pr&#233;face &#224; Jean-Paul Damaggio, &lt;i&gt;Benedetto, Off, Marthaler, In&lt;/i&gt;, &#201;ditions de la brochure, 2010&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Occitan, quel support social ?</title>
		<link>https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article140</link>
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		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Occitan</dc:subject>
		<dc:subject>Langue d'Oc</dc:subject>
		<dc:subject>Occitanisme</dc:subject>
		<dc:subject>Support social</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un billet de 2014 : &lt;br class='autobr' /&gt;
Je re&#231;ois de mes amis occitanistes &#224; la fois des messages d'espoir et des messages de d&#233;sesp&#233;rance. Les messages d'espoir sont relatifs &#224; ce qui semble dor&#233;navant &#234;tre un maigre engagement officiel en faveur de la ratification de la charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales et minoritaires. Les messages de d&#233;sesp&#233;rance sont relatifs &#224; la mise &#224; mort de l'enseignement des langues r&#233;gionales que va entra&#238;ner la r&#233;forme des coll&#232;ges. J'ai r&#233;percut&#233; les uns et les autres (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Occitanisme : points de vue et reflets d'exp&#233;rience&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;Occitan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot5" rel="tag"&gt;Langue d'Oc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot63" rel="tag"&gt;Occitanisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot792" rel="tag"&gt;Support social&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un billet de 2014&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je re&#231;ois de mes amis occitanistes &#224; la fois des messages d'espoir et des messages de d&#233;sesp&#233;rance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les messages d'espoir sont relatifs &#224; ce qui semble dor&#233;navant &#234;tre un maigre engagement officiel en faveur de la ratification de la charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales et minoritaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les messages de d&#233;sesp&#233;rance sont relatifs &#224; la mise &#224; mort de l'enseignement des langues r&#233;gionales que va entra&#238;ner la r&#233;forme des coll&#232;ges. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai r&#233;percut&#233; les uns et les autres sur ce blog, en esp&#233;rant que l'action des associations occitanistes puisse &#234;tre op&#233;rante dans ces deux domaines. &lt;br class='autobr' /&gt;
En ce qui concerne ma modeste contribution, je ne peux qu'ajouter que, aussi positive que puisse &#234;tre une reconnaissance officielle de la langue d'oc, aussi g&#233;n&#233;ratrice de vocations que puisse &#234;tre un enseignement de cette langue, la question fondamentale me semble &#234;tre celle d'un vrai support social, que ni la reconnaissance officielle, ni l'enseignement facultatif ne peuvent engendrer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce support social a longtemps exist&#233; passivement : il &#233;tait celui de l'immense r&#233;servoir de locuteurs des travailleurs des campagnes et souvent des quartiers populaires urbains. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a disparu sous cette forme, avec les mutations sociologiques et culturelles que l'on sait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment peut-on imaginer aujourd'hui un nouveau support social, qui ne serait pas seulement formel, (comme en r&#233;publique d'Eire o&#249; le ga&#233;lique est langue officielle mais o&#249; ses locuteurs disparaissent), mais qui serait v&#233;ritablement collectif et vivant ? Ce sera l'affaire de la g&#233;n&#233;ration qui monte, et d'elle d&#233;pendra la vie, ou la mort de l'occitan en tant que langue vive.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Du paradoxe des revendications des manifestants en faveur de la langue d'Oc. 2015</title>
		<link>https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article137</link>
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		<dc:date>2025-10-23T07:53:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Occitanisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce blog en t&#233;moigne abondamment, je ne suis pas insensible au pass&#233;, au pr&#233;sent, et surtout &#224; l'avenir de la langue d'oc, particuli&#232;rement dans sa composante proven&#231;ale. Pour autant, les r&#233;flexions qui suivent peuvent peut-&#234;tre int&#233;resser au-del&#224; des aficionados qui consultent &#171; Archivoc &#187;, dans la mesure o&#249; elles touchent &#224; la v&#233;rit&#233; de la r&#233;alit&#233; r&#233;gionale proven&#231;ale, et de la v&#233;rit&#233; nationale. Le 24 octobre 2015 ont eu lieu deux manifestations de revendication linguistique, l'une, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Occitanisme : points de vue et reflets d'exp&#233;rience&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?mot63" rel="tag"&gt;Occitanisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce blog en t&#233;moigne abondamment, je ne suis pas insensible au pass&#233;, au pr&#233;sent, et surtout &#224; l'avenir de la langue d'oc, particuli&#232;rement dans sa composante proven&#231;ale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour autant, les r&#233;flexions qui suivent peuvent peut-&#234;tre int&#233;resser au-del&#224; des aficionados qui consultent &#171; Archivoc &#187;, dans la mesure o&#249; elles touchent &#224; la v&#233;rit&#233; de la r&#233;alit&#233; r&#233;gionale proven&#231;ale, et de la v&#233;rit&#233; nationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 24 octobre 2015 ont eu lieu deux manifestations de revendication linguistique, l'une, annuelle et rituelle dans une grande ville du Sud, &#224; Montpellier cette fois, organis&#233;s par l'Institut d'&#233;tudes occitanes et les Calendretas, en faveur de la &#171; langue occitane &#187; une dans la diversit&#233; de ses formes dialectales ; l'autre en Arles, organis&#233;e par un collectif proven&#231;aliste (mais sans le F&#233;librige !) en faveur de la &#171; langue proven&#231;ale &#187;, radicalement d&#233;marqu&#233;e de l'appellation &#171; occitane &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La manifestation de Montpellier &#233;tait totalement consacr&#233;e &#224; la langue. La manifestation d'Arles, au contraire, proposait un v&#233;ritable manifeste r&#233;gionaliste, pour ne pas dire &#034;national&#034;, en faveur d'une Provence quelque peu assimil&#233;e &#224; sa seule composante rhodanienne (&#034;bouvino&#034;, gardians, costume arl&#233;sien, riziculture). &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'envie vous en prend, vous pouvez d&#233;tailler les revendications de la premi&#232;re et d&#233;tailler les revendications de la seconde en consultant Internet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces textes sont sans doute &#224; certains &#233;gards &#233;sot&#233;riques pour les non initi&#233;s aux subtilit&#233;s occitanistes et proven&#231;alistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je reviendrai peut-&#234;tre sur ces revendications, dans ce qui les unit et dans ce qui les s&#233;pare, mais je voudrais d&#233;j&#224; pointer deux &#233;cart&#232;lements fondamentaux :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;cart&#232;lement entre le constat d'une pr&#233;sum&#233;e sympathie de l'opinion &#224; l'&#233;gard de la langue qui fut jadis celle de tous, et la situation catastrophique dans laquelle agonise aujourd'hui cette langue&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ecart&#232;lement entre l'hostilit&#233; larv&#233;e ou proclam&#233;e &#224; l'&#233;gard de l'&#201;tat fran&#231;ais, (centralis&#233;, &#171; jacobin &#187;, h&#233;ritier de l'Abb&#233; Gr&#233;goire chasseur des &#171; patois &#187;, et j'en passe), et un appel d&#233;sesp&#233;r&#233; &#224; cet &#201;tat pour qu'il sauve ce qu'il aurait mis &#224; mort (signature de la charte europ&#233;enne des langues minoritaires, garantie de l'enseignement public de la langue et de son cursus, pr&#233;sence dans les m&#233;dias officiels, etc. etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut adh&#233;rer &#224; ce type de revendications, ou on peut douter de leur efficacit&#233;. Je n'en discuterai pas ici.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; noter que la revendication proven&#231;aliste, telle qu'elle s'est exprim&#233;e en Arles, para&#238;t en bonne voie au plan r&#233;gional, puisque participaient ostensiblement &#224; la manifestation les t&#234;tes de liste aux &#233;lections r&#233;gionales (je donne par ordre alphab&#233;tique) du Front National, des R&#233;publicains et des Socialistes... Affaire &#224; suivre...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Occitans sans le savoir ?</title>
		<link>https://renemerle.com/remembranca/spip.php?article70</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; MERLE</dc:creator>


		<dc:subject>Occitan</dc:subject>
		<dc:subject>Occitanisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Chaque fois que j'entends des amis occitanistes me parler de &#171; peuple occitan &#187;, je pense &#224; cette phrase de P&#233;guy : &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Nous ne connaissons pas naturellement d'id&#233;e, d'esprit politique ou social &#8211; j'oserais dire religieux &#8211; d'esprit historique enfin qui se soit r&#233;alis&#233;, qui ait m&#234;me pu appara&#238;tre sans un certain corpus, sans un corps de peuple, sans un appui, sans un soutien, sans une mati&#232;re, sans un peuple qui f&#251;t tout cela, sans un peuple corps, en un mot sans une patrie &#187;. (Charles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://renemerle.com/remembranca/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Occitanisme : points de vue et reflets d'exp&#233;rience&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chaque fois que j'entends des amis occitanistes me parler de &#171; peuple occitan &#187;, je pense &#224; cette phrase de P&#233;guy :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Nous ne connaissons pas naturellement d'id&#233;e, d'esprit politique ou social &#8211; j'oserais dire religieux &#8211; d'esprit historique enfin qui se soit r&#233;alis&#233;, qui ait m&#234;me pu appara&#238;tre sans un certain corpus, sans un corps de peuple, sans un appui, sans un soutien, sans une mati&#232;re, sans un peuple qui f&#251;t tout cela, sans un peuple corps, en un mot sans une patrie &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Charles P&#233;guy, &#171; &#192; nos amis, &#224; nos abonn&#233;s &#187; [1909], Cahiers de la Quinzaine).&lt;br class='autobr' /&gt;
Quid alors, mes amis occitanistes, du Peuple occitan, voire de la Patrie occitane&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'ai maintes fois soulign&#233; sur ce blog, la langue du peuple n'a jamais &#233;t&#233; v&#233;ritablement la langue d'un Peuple, conscient de sa diff&#233;rence et de son unit&#233;, porteur d'une revendication nationalitaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;veil occitaniste d'apr&#232;s 1968 a &#233;videmment but&#233; sur cette &#233;norme difficult&#233; et crut la r&#233;soudre par la c&#233;l&#232;bre formule &#171; Occitans sens o saber &#187;, &#171; Occitans sans le savoir &#187; que la nouvelle chanson occitane terminait par un point d'exclamation, et que l'ouvrage de Marie Claire Viguier terminait plus prudemment par un point d'interrogation : &lt;i&gt;Occitans sens o saber&lt;/i&gt; ? Vent terral, 1979.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait dire que l'espace occitan, espace d'une langue, et pour certains, comme Robert Lafont, espace marqueur d'une colonisation int&#233;rieure, &#233;tait gros d'une naissance sans cesse retard&#233;e. D&#233;ni de grossesse. Mais certitude que par le militantisme culturel, voire politique, adviendrait la naissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-il advenu de ces esp&#233;rances des ann&#233;es 1970 ? Chacun en jugera &#224; l'aune de son exp&#233;rience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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