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Lutte antifasciste. Ah bon la Suisse ?

dimanche 19 janvier 2020, par René Merle

Un regard sur un épisode mal connu en dehors de la Confédération, et peut-être dans beaucoup de cantons…

Après deux articles évoquant fascisme et antifascisme en Suisse, j’en ai vu qui souriaient là, au fond de la classe.
"Luttes de classe dans la paisible, la cossue, la toute neutre, la tout apolitique Confédération helvétique ? Ah bon" me dites-vous… "J’ai du mal à y croire…"
Et pourtant…
Si vous passez par Plainpalais, à Genève, arrêtez vous devant ce sobre monument…

"9 novembre 1932"…

Au tout début des années 1930, dans un contexte de crise économique et de scandales financiers, les fascistes s’organisent : avec l’appui des organisations patronales, les troupes en uniforme gris de l’Union Nationale, (corporatiste, antimarxiste, antisémite, admiratrice de Mussolini) veulent tenir la rue et agressent les militants de gauche. Ces fascistes tiennent meeting à Genève (Plainpalais) dans la soirée du 9 novembre 1932. Contre manifestation antifasciste (socialistes et communistes unis dans l’action).

Un détachement de militaires (des jeunes recrues), dépêché pour protéger la réunion de l’Union nationale, ouvre le feu sur les antifascistes. 13 morts, dont le mécanicien Henri Fürst, 38 ans, président du Parti communiste genevois.
Au lendemain de cette soirée tragique, les militants communistes furent exclus de l’administration...
" Ah bon, me dites-vous encore, je n’avais jamais entendu parler de ça. Mais de toute façon, c’est de l’histoire ancienne, et qui peut s’en soucier dans la Cité d’aujourd’hui ? dans ce refuge international du fric que l’on planque ? dans la cité d’accueil de tant de frontaliers en quête de bons salaires ? The Times They Are a-changin’…"
Détrompez-vous. Il demeure des démocrates et des antifascistes à Genève, qui n’oublient rien. De même qu’il demeure des courants de droite qui continuent à dénoncer dans la contre-manifestation du 9 un complot du Komintern et une provocation du dirigeant socialiste Léon Nicole et de ses alliés communistes... Faites donc un tour sur Internet...


Obsèques de Henri Fürst - L’orateur est Jules Humbert-Droz. À ses pieds, la Garde ouvrière en uniforme.

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