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« Terrorisme » et « Judéo-bolchevisme » : Périgord
mardi 20 octobre 2020, par
L’affolement haineux à quatre mois de la Libération
Avril-Mai 1944, le vent de la défaite passe sur la presse collaborationniste, qui feint de se rassurer en présentant l’indignation populaire devant les meurtriers bombardements anglo-américains : Pétain les condamnera à Paris devant une foule immense. Celui du 29 avril fut particulièrement terrible sur « mon » agglomération Toulon-La Seyne, où il fit des centaines de victimes…
Mais l’angoisse des pétainistes monte devant la multiplication des actes de résistance, et, dans le très collaborationniste, et très répandu quotidien Le Matin, les articles abondent pour dénoncer les « terroristes » des différentes régions de France, et saluer l’action répressive de la Milice.
Ainsi, dans son numéro du 17 avril, le journal initie une grande enquête sur le terrorisme.
« Il est grand temps que les Français se rendent compte de l’abîme d’anarchie dans lequel glisserait leur pays s’ils ne réagissaient promptement contre le terrorisme, le banditisme et l’immoralité grandissante que ces fléaux engendrent.
Il faut qu’ils voient ce qu’est en train de devenir une contrée naguère paisible et prospère et où font leurs ravages aujourd’hui, la peur, le brigandage, le meurtre, dans l’insécurité de chaque jour : ce que serait demain la France tout entière si tous les Français raisonnables ne mettaient un frein à cette folie fratricide dont seul l’étranger profite.
Cette contrée, c’est le Périgord, où Le Matin a envoyé son collaborateur André du Bief [1] pour y recueillir dans toute leur saisissante horreur les récits pris sur le vif, les témoignages des choses et des hommes qu’on ne lira pas sans émotion, sans indignation et sans fructueuse réflexion. »
[1] André du Bief, (1897-1989) fut un des publicistes les plus actifs de la presse collaborationniste. Il n’est pas question ici de faire un florilège de ses écrits dans Le Matin. Signalons seulement deux d’entre eux :
« Les juifs sabotent la France de Demain », 16 janvier 1942 :Envoyé spécial à Marseille, il écrit : « Pourchassé théoriquement, exclu des fonctions publiques, des emplois importants, interdit à certaines activités périlleuses, le Juif tient bon, non seulement mais encore il plastronne. On le voit s’étaler partout - et l’espace qui lui est encore dévolu reste vaste - avec une désinvolture, un cynisme, un dévergondage éhonté. »
« L’enquête du Matin en Allemagne. À l’entrainement avec les Waffen SS français », 28 décembre 1943.
