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Gramsci et les Conseils d’usine

vendredi 1er février 2019, par René Merle

Le bilan d’une révolution avortée

Je donne ci-dessous deux extraits de l’article fondamental de Gramsci, « Il movimento torinese dei Consigli di Fabbrica » (L’Ordine Nuovo, 14 marzo 1921, già pubblicato da Internazionale Comunista nel 1920) que je me permets de faire précéder par une traduction littérale mienne.

Après la fin de la guerre impérialiste le mouvement prolétarien fit de rapides progrès. La masse ouvrière de Turin comprit que la période historique ouverte par la guerre était profondément différente de l’époque précédant la guerre. La classe ouvrière turinoise pressentit immédiatement que la IIIe internationale était une organisation du prolétariat mondial pour la direction de la guerre civile, pour la conquête du pouvoir politique, pour l’instauration de la dictature prolétaire, pour la création d’un nouvel ordre dans les rapports économiques et sociaux. Les problèmes de la révolution, économiques et politiques, étaient des objets de discussion dans toutes les assemblées des ouvriers. Les meilleures forces de l’avant-garde ouvrière se réunirent pour diffuser un hebdomadaire d’orientation communiste, L’Ordre nouveau. Dans les colonnes de cet hebdomadaire furent traités les divers problèmes de de la révolution, l’organisation révolutionnaire des masses qui devaient gagner les syndicats à la cause du communisme ; le déplacement de la lutte syndicale du champ étroitement corporatiste et réformiste, sur le terrain de la lutte révolutionnaire, du contrôle de la production et de la dictature du prolétariat. La question des « conseils d’usine » fut aussi mise à l’ordre du jour. Dans les entreprises turinoises existaient déjà de petits comités ouvriers, reconnus par les capitalistes, et quelques-uns d’entre eux avaient déjà engagé la lutte contre le « fonctionnarisme » [1], l’esprit réformiste et les tendance constitutionnelles [2] des syndicats ; les listes des candidats pour ces comités (commissions internes) étaient proposées par les organisations syndicales, lesquelles choisissaient de préférence des ouvriers de tendances opportunistes qui ne risquaient pas de créer des ennuis aux patrons, et qui auraient étouffé dans l’œuf toute action de masse. Les partisans de l’Ordre nouveau demandèrent en priorité dans leur propagande la transformation des commissions internes, et affirmèrent le principe de la formation des listes devait se faire au sein de la masse ouvrière, et non dans les cimes de la bureaucratie syndicale. Les tâches qu’ils assignèrent aux conseils d’usines furent le contrôle sur la production, l’armement et la préparation militaire des masses, leur préparation politique et technique. Ils ne devaient plus assumer l’ancienne fonction de chiens de garde qui protègent les intérêts des classes dominantes, ni freiner les masses dans leurs actions contre le régime capitaliste. 
La propagande pour les Conseils d’usine fut accueillie avec enthousiasme par les masses ; en l’espace d’une demie année furent constitués des Conseils d’usines dans toutes les usines et entreprises métallirgiques, les communistes conquirent la majorité dans le syndicat de la métallurgie [3]. Le principe des Conseils d’usine et du contrôle de la production fut approuvé et accepté par la majorité du Congrès et des syndicats appartenant à la Chambre du Travail. L’organisation des Conseils d’usines se basa sur les principes suivants : dans chaque usine et dans chaque entreprise était constitué un organisme sur la base de la représentation (et non sur la base de du système bureaucratique), lequel réalise effectivement la force du prolétariat, la lutte contre l’ordre capitaliste et exerce le contrôle sur la production, éduquant toute la masse ouvrière pour la lutte révolutionnaire et pour la création de l’État ouvrier. Le Conseil d’usine devait être formé selon le principe de l’organisation par industries ; il devait représenter pour la classe ouvrière le modèle de la société communiste, à laquelle l’on arrivera à travers la dictature du prolétariat ; dans cette société il n’existera plus de divisions de classes, tous les rapports sociaux seront réglés selon les exigences techniques de la production et des organisations correspondantes, et ne seront pas subordonnées à un pouvoir étatique organisé. La classe ouvrière doit comprendre toute la beauté et la noblesse de l’idéal pour lequel elle lutte et se sacrifie ; elle doit se rendre compte que pour atteindre cet idéal il est nécessaire de passer à travers quelques étapes ; elle doit reconnaître la nécessité de la discipline révolutionnaire et de la dictature. Chaque entreprise se divise en secteurs et chaque secteur en équipes de métier ; chaque équipe accomplit une part déterminée du travail ; les ouvriers de chaque équipe élisent un ouvrier avec mandat impératif et conditionné. L’assemblée des délégués de toute l’entreprise forme un Conseil qui élit dans son sein un comité exécutif. L’assemblée des secrétaires politiques des comités exécutifs forme le comité central des Conseils qui élit en son sein un comité urbain d’étude pour l’organisation de la propagande, l’élaboration des plans de travail, pour l’approbation des projets et des propositions d’entreprises particulières et même d’ouvriers particuliers, et enfin pour la direction générale de tout le mouvement. 
Certaines tâches des Conseils d’usines ont un caractère strictement technique et même industriel, comme par exemple, le contrôle sur le personnel technique, le licenciement des employés qui se montrent ennemis de la classe ouvrière, la lutte avec la direction pour la défense des droits et liberté, le contrôle de la production de l’entreprise et des opérations financières. Les Conseils d’usines prirent vite racine. Les masses accueillirent volontiers cette forme d’organisation communiste, se rangèrent autour des comités exécutifs et appuyèrent énergiquement la lutte contre l’autocratie capitaliste. Bien que ni les industriels, ni la bureaucratie syndicale ne voulurent reconnaître les Conseils et comités, ceux-ci obtinrent néanmoins de notables succès : ils chassèrent les agents et les espions des capitalistes, nouèrent des rapports avec les employés [au sens de non manuels] et les techniciens pour avoir des informations de caractère financier et industriel ; dans les affaires de l’entreprise ils concentrèrent dans leurs mains le pouvoir disciplinaire et démontrèrent aux masses désunies et désagrégées ce que signifie la gestion directe des ouvriers dans l’industrie. L’activité des Conseils et des commissions internes se manifesta plus clairement durant les grèves ; ces grèves perdirent leur caractère impulsif, fortuit et devinrent l’expression de l’activité consciente des masse révolutionnaires. L’organisation technique des Conseils et des commissions internes, leur capacité d’action se perfectionna tellement qu’il fut possible d’obtenir en cinq minutes l’arrêt du travail de quinze mille ouvriers dispersés dans les 42 départements de la Fiat. Le 3 décembre 1919 les Conseils d’usines donnèrent une preuve tangible de leur capacité de diriger des mouvements de masse de grand style ; derrière les ordres de la section socialiste, qui concentrait dans ses mains tout le mécanisme du mouvement de masse, les Conseils d’usine mobilisèrent sans aucune préparation, en une heure de temps, cent vingt mille ouvriers, encadrés par usines. Une heure après se précipita l’armée prolétaire comme une avalanche jusqu’au centre de la cité et chassa des rues et des places toute la canaille nationaliste et militariste.
[…]
À la tête du mouvement pour la construction des Conseils de fabrique furent les communistes appartenant à la section socialiste et aux organisations syndicales ; y prirent part également les anarchistes, lesquels cherchèrent d’opposer leur phraséologie emphatique au langage clair et précis des communistes marxistes. La mouvement rencontra la résistance acharnée des fonctionnaires syndicaux, de la direction du parti socialiste et de l’Avanti ! [4]. La polémique de ces gens-là se basait sur la différence entre le concept de Conseil d’usine et celui de Soviet. Leurs conclusions eurent un caractère purement théorique, abstrait, bureaucratique. Derrière leurs phrases sonnant haut se cachait le désir d’éviter la participation directe des masses à la lutte révolutionnaire, le désir de conserver la tutelle des organisations syndicales sur les masses. Les membres de la direction du Parti refusèrent toujours de prendre l’initiative d’une action révolutionnaire, avant que soit réalisé une plan d’action coordonnée, mais ne faisaient jamais rien pour préparer et élaborer ce plan. Le mouvement turinois ne réussit pas cependant à sortir du cadre local, puisque tout le mécanisme bureaucratique des syndicats fut mis en mouvement pour empêcher que les masses ouvrières des autres parties de l’Italie suivent l’exemple de Turin. Le mouvement turinois fut moqué, raillé, calomnié et critiqué de toutes les façons. Les âpres critiques des organismes syndicaux et de la direction du Parti socialiste encouragèrent à nouveau les capitalistes lesquels n’eurent plus de frein dans leur lutte contre le prolétariat turinois et contre les Conseils d’usines. La conférence des industriels, tenue en mars 1920 à Milan, élabora un plan d’attaque ; mais les « tuteurs de la classe ouvrière », les organisations économiques et politiques ne se soucièrent pas de ce fait. Abandonné de tous, le prolétariat turinois fut contraint d’affronter seul, avec ses propres forces, le capitalisme national et le pouvoir d ‘État. Turin fut inondée d’une armée de policiers ; autour de la cité furent placées canons et mitrailleuses aux endroits stratégiques. Et quand tout cet appareil militaire fut prêt, les capitalistes commencèrent à provoquer le prolétariat. Il est vrai que face à ces gravissimes conditions de lutte le prolétariat hésita à accepter le défi ; mais elle vit que la confrontation était inévitable, la classe ouvrière sortit courageusement de ses positions de réserve et voulut conduire la lutte jusqu’à sa fin victorieuse. 
Les métallurgistes firent grève un mois entier, les autres catégories dix jours ; l’industrie était arrêtée dans toute la province, les communications paralysées. Le prolétariat turinois fut cependant isolé du reste de l’Italie ; les organes centraux ne firent rien pour l’aider ; ils ne publièrent même pas un manifeste pour expliquer au peuple italien l’importance de la lutte des travailleurs turinois ; l’Avanti ! refusa de publier le manifeste de la section turinoise du parti. Les camarades turinois reçurent de partout les épithètes d’anarchistes et d’aventuriers. À ce moment devait avoir lieu à Turin le Conseil national du Parti ; un tel congrès fut pourtant transféré à Milan, parce que une cité « en proie à une grève générale » semblait peu adaptée comme théâtre de discussion socialiste. En cette occasion se manifesta toute l’impuissance des hommes appelés à diriger le Parti ; pendant que la masse ouvrière défendait courageusement à Turin les Conseils d’usines, la première organisation basée sur la démocratie ouvrière, incarnant le pourvoir prolétarien, à Milan on bavardait sur la façon d’instaurer les conquêtes non advenues et on abandonnait le prolétariat turinois à son destin, on laissait à la bourgeoisie la possibilité de détruite le pouvoir ouvrier déjà conquis. Les masses prolétariennes italiennes manifestèrent leur solidarité aux camarades turinois de différentes manières ; les cheminots de Pise, Livourne et Florence refusèrent de transporter les troupes destinées à Turin, les travailleurs des ports et les marins de Livourne et Gênes sabotèrent l’activité des ports ; le prolétariat de nombreuses cités se mit en grève malgré les ordres des syndicats. La grève générale de Turin et du Piémont se heurta au sabotage et à la résistance des organisations syndicales et du Parti lui-même. Elle fut cependant d’une grande importance éducative, car elle démontra que l’union pratique des ouvriers et des paysans est possible, et confirma l’urgente nécessité de lutter contre tout le mécanisme bureaucratique des organisations syndicales, qui sont le plus solide appui pour l’œuvre opportuniste des parlementaires et des réformistes visant à l’étouffement de tout mouvement révolutionnaire des masses laborieuses.

Texte original
Dopo la fine della guerra imperialista il movimento proletario fece rapidi progressi. La massa operaia di Torino comprese che il periodo storico aperto dalla guerra era profondamente diverso dall’epoca precedente la guerra. La classe operaia torinese intuì subito che la III Internazionale è un’organizzazione del proletariato mondiale per la direzione della guerra civile, per la conquista del potere politico, per l’istituzione della dittatura proletaria, per la creazione di un nuovo ordine nei rapporti economici e sociali. I problemi della rivoluzione, economici e politici, formavano oggetto di discussione in tutte le assemblee degli operai. Le migliori forze dell’avanguardia operaia si riunirono per diffondere un settimanale di indirizzo comunista, l’Ordine Nuovo. Nelle colonne di questo settimanale si trattarono i vari problemi della rivoluzione ; l’organizzazione rivoluzionaria delle masse che dovevano conquistare i sindacati alla causa del comunismo ; il trasferimento della lotta sindacale dal campo grettamente corporativista e riformista, sul terreno della lotta rivoluzionaria, del controllo sulla produzione e della dittatura del proletariato. Anche la questione dei Consigli di fabbrica fu posta all’ordine del giorno. Nelle aziende torinesi esistevano già prima piccoli comitati operai, riconosciuti dai capitalisti, e alcuni di essi avevano già ingaggiato la lotta contro il funzionarismo, lo spirito riformista e le tendenze costituzionali dei sindacati. Ma la maggior parte di questi comitati non erano creature dei sindacati ; le liste dei candidati per questi comitati (commissioni interne) venivano proposte dalle organizzazioni sindacali, le quali sceglievano di preferenza operai di tendenze opportuniste che non avrebbero dato delle noie ai padroni, e avrebbero soffocato in germe ogni azione di massa. I seguaci dell’ "Ordine Nuovo" perorarono nella loro propaganda in prima linea la trasformazione delle commissioni interne, e il principio che la formazione delle liste dei candidati dovesse avvenire nel seno della massa operaia e non dalle cime della burocrazia sindacale. I compiti che essi assegnarono ai Consigli di fabbrica furono il controllo sulla produzione, l’armamento e la preparazione militare delle masse, la loro preparazione politica e tecnica. Essi non dovevano più compiere l’antica funzione di cani da guardia che proteggono gli interessi delle classi dominanti, né frenare le masse nelle loro azioni contro il regime capitalistico. 
La propaganda per i Consigli di fabbrica venne accolta con entusiasmo dalle masse ; nel corso di mezzo anno vennero costituiti Consigli di fabbrica in tutte le fabbriche e officine metallurgiche, i comunisti conquistarono la maggioranza nel sindacato metallurgici ; il principio dei Consigli di fabbrica e del controllo sulla produzione venne approvato e accettato dalla maggioranza del Congresso e dalla maggior parte dei sindacati appartenenti alla Camera del Lavoro. L’organizzazione dei Consigli di fabbrica si basa sui seguenti principi : in ogni fabbrica in ogni officina viene costituito un organismo sulla base della rappresentanza (e non sull’antica base del sistema burocratico) il quale realizza la forza del proletariato, la lotta contro l’ordine capitalistico o esercita il controllo sulla produzione, educando tutta la massa operaia per la lotta rivoluzionaria e per la creazione dello Stato operaio. Il Consiglio di fabbrica deve essere formato secondo il principio dell’organizzazione per industria ; esso deve rappresentare per la classe operaia il modello della società comunista, alla quale si arriverà attraverso la dittatura del proletariato ; in questa società non esisteranno più divisioni di classe, tutti i rapporti sociali saranno regolati secondo le esigenze tecniche della produzione e della organizzazione corrispondente, e non saranno subordinati a un potere statale organizzato. La classe operaia deve comprendere tutta la bellezza e nobiltà dell’ideale per il quale essa lotta e si sacrifica ; essa deve rendersi conto che per raggiungere questo ideale è necessario passare attraverso alcune tappe ; essa deve riconoscere la necessità della disciplina rivoluzionaria e della dittatura. Ogni azienda si suddivide in reparti e ogni reparto in squadre di mestiere ; ogni squadra compie una determinata parte del lavoro ; gli operai di ogni squadra eleggono un operaio con mandato imperativo e condizionato. L’assemblea dei delegati di tutta l’azienda forma un Consiglio che elegge dal suo seno un comitato esecutivo. L’assemblea dei segretari politici dei comitati esecutivi forma il comitato centrale dei Consigli che elegge dal suo seno un comitato urbano di studio per la organizzazione della propaganda, la elaborazione dei piani di lavoro, per l’approvazione dei progetti e delle proposte delle singole aziende perfino di singli operai, e infine per la direzione generale di tutto il movimento. Alcuni compiti dei Consigli di fabbrica hanno carattere prettamente tecnico e perfino industriale, come ad esempio, il controllo sul personale tecnico, il licenziamento di dipendenti che si dimostrano nemici della classe operaia, la lotta con la direzione per la conquista dei diritti e libertà, il controllo della produzione dell’azienda e delle operazioni finanziarie. I Consigli di fabbrica presero presto radici. Le masse accolsero volentieri questa forma di organizzazione comunista, si schierarono intorno ai comitati esecutivi e appoggiarono energicamente la lotta contro l’autocrazia capitalista. Quantunque né gli industriali, né la burocrazia sindacale volessero riconoscere i Consigli e i comitati, questi ottennero tuttavia notevoli successi : essi scacciarono gli agenti e le spie dei capitalisti, annodarono rapporti con gli impiegati e coi tecnici per avere delle informazioni d’indole finanziaria e industriale ; negli affari dell’azienda essi concentrarono nelle loro mani il potere disciplinare e dimostrarono alle masse disunite e disgregate ciò che significa la gestione diretta degli operai nell’industria. L’attività dei Consigli e delle commissioni interne si manifestò più chiaramente durante gli scioperi ; questi scioperi perdettero il loro carattere impulsivo, fortuito e divennero l’espressione dell’attività cosciente delle masse rivoluzionarie. L’organizzazione tecnica dei Consigli e delle commissioni interne, la loro capacità di azione si perfezionò talmente, che fu possibile ottenere in cinque minuti la sospensione dal lavoro di 15 mila operai dispersi in 42 reparti della Fiat. Il 3 dicembre 1919 i Consigli di fabbrica diedero una prova tangibile della loro capacità di dirigere movimenti di masse in grande stile ; dietro ordine della sezione socialista, che concentrava nelle sue mani tutto il meccanismo del movimento di massa, i Consigli di fabbrica mobilizzarono senza alcuna preparazione, nel corso di un’ora, centoventimila operai, inquadrati secondo le aziende. Un’ora dopo si precipitò l’armata proletaria come una valanga fino al centro della città e spazzò dalle strade e dalle piazze tutto il canagliume nazionaiste e militarista.

Alla testa del movimento per la costruzione dei Consigli di fabbrica furono i comunisti appartenenti alla sezione socialista e alle organizzazioni sindacali ; vi presero pure parte gli anarchici, i quali cercarono di contrapporre la loro fraseologia ampollosa al linguaggio chiaro e preciso dei comunisti marxisti. Il movimento incontrò la resistenza accanita dei funzionari sindacali, della direzione del Partito socialista e dell’ Avanti !. La polemica di questa gente si basava sulla differenza fra il concetto di Consiglio di fabbrica e quello di Soviet. Le loro conclusioni ebbero un carattere puramente teorico, astratto, burocratico. Dietro le loro frasi altisonanti si celava il desiderio di evitare la partecipazione diretta delle masse alla lotta rivoluzionaria, il desiderio di conservare la tutela delle organizzazioni sindacali sulle masse. I componenti la direzione del Partito si rifiutarono sempre di prendere l’iniziativa di una azione rivoluzionaria, prima che non fosse attuato un piano di azione coordinato, ma non facevano mai nulla per preparare ed elaborare questo piano. Il movimento torinese non riuscì però ad uscire dall’ambito locale, poiché tutto il meccanismo burocratico dei sindacati venne messo in moto per impedire che le masse operaie delle altre parti d’Italia seguissero l’esempio di Torino. Il movimento torinese venne deriso, schernito, calunniato e criticato in tutti i modi. Le aspre critiche degli organismi sindacali e della direzione del Partito socialista incoraggiarono nuovamente i capitalisti i quali non ebbero più freno nella loro lotta contro il proletariato torinese e contro i Consigli di fabbrica. La conferenza degli industriali, tenutasi nel marzo 1920 a Milano, elaborò un piano d’attacco ; ma i "tutori della classe operaia", le organizzazioni economiche e politiche non si curarono di questo fatto. Abbandonato da tutti, il proletariato torinese fu costretto ad affrontare da solo, colle proprie forze, il capitalismo nazionale e il potere dello Stato. Torino venne inondata da un esercito di poliziotti ; intorno alla città si piazzarono cannoni e mitragliatrici nei punti strategici. E quando tutto questo apparato militare fu pronto, i capitalisti cominciarono a provocare il proletariato. E’ vero che di fronte a queste gravissime condizioni di lotta il proletariato esitò ad accettare la sfida ; ma quando si vide che lo scontro era inevitabile, la classe operaia uscì coraggiosamente dalle sue posizioni di riserva e volle che la lotta fosse condotta fino alla sua fine vittoriosa. / I metallurgici scioperarono un mese intero, le altre categorie dieci giorni ; l’industria in tutta la provincia era ferma, le comunicazioni paralizzate. Il proletariato torinese fu però isolato dal resto d’Italia ; gli organi centrali non fecero niente per aiutarlo ; ma non pubblicarono nemmeno un manifesto per spiegare al popolo italiano l’importanza della lotta dei lavoratori torinesi ; L’ Avanti ! si rifiutò di pubblicare il manifesto della sezione torinese del partito. I compagni torinesi si buscarono dappertutto epiteti di anarchici e avventurieri. In quell’epoca si doveva avere a Torino il Consiglio nazionale del Partito ; tale convegno venne però trasferito a Milano, perché una città "in preda a uno sciopero generale" sembrava poco adatta come teatro di discussioni socialiste. In questa occasione si manifestò tutta l’impotenza degli uomini chiamati a dirigere il Partito ; mentre la massa operaia difendeva a Torino coraggiosamente i Consigli di fabbrica, la prima organizzazione basata sulla democrazia operaia, incarnante il potere del proletario, a Milano si chiacchierava intorno a progetti e metodi teorici per la formazione di Consigli come forma di potere politico da conquistare dal proletariato ; si discuteva sul modo di sistemare le conquiste non avvenute e si abbandonava il proletariato torinese al suo destino, si lasciava alla borghesia la possibilità di distruggere il potere operaio già conquistato. Le masse proletarie italiane manifestarono la loro solidarietà coi compagni torinesi in varie forme ; i ferrovieri di Pisa, Livorno e Firenze si rifiutarono di trasportare le truppe destinate a Torino, i lavoratori dei porti e i marinari di Livorno e Genova sabotarono il movimento dei porti ; il proletariato di molte città scese in sciopero contro gli ordini dei sindacati. Lo sciopero generale di Torino e del Piemonte cozzò contro il sabotaggio e la resistenza delle organizzazioni sindacali e del Partito stesso. Esso fu tuttavia di grande importanza educativa perché dimostrò che l’unione pratica degli operai e contadini è possibile, e riprovò l’urgente necessità di lottare contro tutto il meccanismo burocratico delle organizzazioni sindacali, che sono il più solido appoggio per l’opera opportunistica dei parlamentari e dei riformisti mirante al soffocamento di ogni movimento rivoluzionario delle masse lavoratrici.

Notes

[1Permanents syndicaux

[2Légalistes

[3Courant communiste au sein du Parti socialiste ; le Parti communiste n’existe pas encore

[4Quotidien du parti socialiste

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