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Autonomisme catalan - Puigdemont - Mélenchon

vendredi 6 mars 2020, par René Merle

Le 29 février, le leader séparatiste de droite catalan, interdit d’entrée en Espagne, rassemblait à Perpignan plus de 100.000 partisans (droite et gauche confondues), pour la plupart venus de la Catalogne Sud.
Silence prudent des médias français, pour ne pas dire silence total. Bravo les médias.
Il est vrai que Perpignan, véritable laboratoire du RN, attire bien plus leur attention devant la montée en force du candidat Louis Aliot, porteur de la flamme tricolore et vainqueur possible, sinon probable, des prochaines municipales.
Contraste de Perpignan pavoisé du « sang et or » catalan par les soins de ses opportunistes édiles de droite, et d’une population urbaine dont les origines et la sociologie ne poussent guère a accueillir les sirènes autonomistes, mais bien plus à donner le tiers ou la moitié des voix aux Rassemblement national.
Ceci dit, que l’on désapprouve ou que l’on comprenne, il n’est pas possible de en pas tenir compte de ce qui se passe en Catalogne.
J’ai donné à ce sujet abondance d’articles dans mon blog linguistique Archivoc.
Je vous y renvoie.
Mais ceci m’incite à reprendre des articles de mon ancien blog concernant ces questions identitaires.
Et, comme hier je donnais à entendre la superbe intervention de Jean-Luc Mélenchon à propos du 49-3, je commence par revenir sur ses positions récentes concernant la Catalogne, et par ricochet la Corse. Déclarations dans lesquelles je suis loin de me retrouver, mais qui font réfléchir.
D’autres articles suivront donc sur ce thème. Mais en attendant, voici le billet que j’avais consacré à notre líder maximo en 2017.

Prises de position du leader de la France insoumise sur deux mouvements identitaires
Après les législatives qui virent l’élection en Corse de trois députés nationaliste, et peu avant l’élection territoriale, J.-L. Mélenchon déclarait le 7 novembre 2017 :
« Que la situation en Catalogne espagnole éclaire notre propre chemin. Ne nous cachons pas ce qui est notre situation réelle. Quand une île française élit trois députés sur quatre parmi les autonomistes, il est devenu vain d’ignorer que quelque chose de très profond et peut-être d’irréversible s’est produit. Telle est la situation de la Corse. Après plusieurs décennies de combats ouverts, souvent très violents, d’assassinats odieux commis par les uns et de répression légale méthodique appliquée en retour, nous en sommes là. Le jacobin que je suis doit le répéter pour qu’on cesse de confondre le jacobinisme et l’autoritarisme bonapartiste : aucune patrie commune n’est possible sans le consentement de tous. La nation républicaine ne peut être une camisole de force. Et ce consentement a ses conditions. Celles qu’ont affirmées une majorité des électeurs en Corse ne sont clairement plus celles du passé. Ceux qui sont attachés à l’unité de la République Française ont une chance : les nationalistes en Corse sont dirigés par les autonomistes. Ceux-ci réaffirment dans la plateforme électorale de leur liste aux prochaines élections territoriales leur volonté d’inscrire leur projet d’autonomie institutionnelle de la Corse dans le cadre de la République française une et indivisible. Et cela alors même que cette liste comporte des indépendantistes avérés.
À mon avis, il faut faire le pari de le croire. En toute hypothèse on ne peut faire vivre ensemble des gens qui ne le veulent pas ou ne le veulent plus aux anciennes conditions. Encore une fois, le vote des législatives est un tournant dans la vie politique de l’île. Et donc cela doit nous appeler à changer notre regard sur la situation. Je le dis d’autant plus tranquillement et ouvertement que j’ai été hostile au projet Jospin pour l’île en son temps et que j’ai milité pour le « non » au référendum à l’époque. J’ai même écrit, étant ministre de Jospin, une tribune dans L’Évènement du Jeudi de l’époque pour dire que mieux vaudrait l’indépendance de la Corse que d’être obligé de vivre dans une république des particularismes. Depuis, l’État central a fait pire en matière d’exaltation des particularismes que tous les particularistes corses réunis !
J’ajoute que la diversité institutionnelle de la République est devenue la règle : gouvernement local à Tahiti, collectivité unique en Martinique, collectivité territoriale à Mayotte, congrès du territoire en Nouvelle-Calédonie, le foisonnement marche de pair avec l’insularité. Est-ce si étonnant ? La République est-elle moins unie pour autant ? La République doit rester une et indivisible mais de quelle façon si la façon actuelle ne convient plus a tous ceux qui ont à s’unir ? Le caractère abstrait de la discussion sur ce point butte dorénavant sur une volonté populaire clairement et fortement exprimée par les électeurs de l’île. C’est de cela dont il faut partir si l’on veut prendre les devants et ne pas se préparer une impasse catalane.
C’est pourquoi je déplore que la liste du PCF et des anciens communistes en Corse joue une misérable usurpation de notre sigle. Car oui, une fois de plus, cette méthode de l’usurpation d’identité est utilisée. Il s’agit de cette façon de nous « obliger à soutenir la liste » comme le confient les manipulateurs aux représentants du journal du PCF, L’Humanité. Cette pauvre tambouille tourne le dos à toutes les grandes questions qui se posent en Corse à partir du vote des législatives. J’admets que le PCF et ses alliés fassent leur liste. C’est bien leur droit le plus strict. Mais pourquoi vouloir faire croire que LFI en est partie prenante comme l’a déclaré le porte-parole du PCF au nom de la direction de ce parti, aggravant par une nouvelle provocation le divorce déjà consommé entre nous ? C’est une fois de plus une détestable méthode. Je crois que les électeurs en Corse sanctionneront cette façon de tenter de les duper. Pour ma part, refusant cet enfermement lamentable, je rencontrerai bientôt les députés autonomistes corses pour échanger avec eux et comprendre leur démarche. Le sérieux de la situation corse mérite de ne ménager aucun effort pour comprendre et avancer dans le but de continuer la vie commune. Car ce doit être là la seule obsession."
Et le soir même des résultats, le leader des insoumis publiait les deux tweets suivants :


Élections catalanes
Le 15 décembre 2017, le leader de la France insoumise intervenait à un meeting de Catalunya en comú – Podem. La présidente de séance le présente en catalan, J.-L. Mélenchon, pour lequel le catalan n’a longtemps été une de ces langues régionales de France qu’il méprise, lui répond dans la seule langue étrangère qu’il se targue de manier, l’espagnol. N’ayez crainte, le discours est sous-titré et vous pourrez le suivre parfaitement. Vous remarquerez sans doute que sa grandiloquence humaniste ne répond qu’imparfaitement aux interrogations du public, et que sa confiance dans la victoire cause de Podem (cause que j’estime juste) n’a guère été vérifiée par les urnes. Discours

Les dépits amoureux sont sans doute les plus violents, et c’est bien le cas à l’égard de J.-L. Mélenchon pour lequel j’au deux fois voté aux présidentielles. Puisque J.-L. Mélenchon aime la langue espagnole (ce qui est également mon cas), je me permets de résumer mon opinion par cette vieille copla flamenca :
Tu calle ya no es tu calle
que es una calle cualquiera
camin de cualquier parte
(Ta rue n’est plus ta rue / c’est une rue quelconque / qui mène n’importe où)

1 Message

  • Autonomisme catalan - Puigdemont - Mélenchon Le 9 avril à 16:37, par Boutan

    Mon cher René,

    Je me souviens d’avoir organisé avec Marie-Jeanne une rencontre à Montpellier dans le cadre du Front de Gauche avec les spécialistes locaux et le représentant locale du PG, très proche de JLM, René Revol (qui se trouve avoir une calandreta sur sa commune en banlieue de Montpellier)… Mais aussi, et cela concerne plus particulièrement ton propos, je me souviens de la campagne présidentielle de 2012, JLM avait dit entre autres choses que, pour ce qui était de la Corse, il s’en remettait à son "ami Dominique Bucchini"… Quant à la dernière élection dont tu parles, il me semble que l’étiquette FI était en fait liée à l’accord de ses membres corses pour participer à une liste commune… A vrai dire, il semble bien quand il y a désaccord à l’intérieur d’un mouvement qui affirme par ailleurs vouloir être le représentant des "gens", que c’est Mélenchon qui décide, en fonction de l’opportunité…
    Amistats

    Pierre Boutan

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