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Grèce

vendredi 7 décembre 2018, par René Merle

Au fil de conversations de quartier, dans les commerces et les services, ce que j’entends sur la situation grecque peut se résumer à ceci : "Ils n’ont que ce qu’ils méritent, ils n’ont qu’à payer leurs impôts". Totale méconnaissance de la réalité présente et du passé de ce pays auquel toute notre civilisation, toute notre culture doivent tant, et auquel, cyniquement, des affairistes germaniques proposent de vendre ses îles en bronze-culs de l’Europe du Nord...
Du coup, je viens de me replonger dans le superbe Dictionnaire amoureux de la Grèce (Plon, 2001) de Jacques Lacarrière, dictionnaire qui, sans être le moins du monde une reprise de l’abondante production de l’auteur sur la Grèce, entrelace charnellement ce présent et ce passé, les Dieux et les Humains, la poésie la plus haute et la noble chanson populaire, les paysages et les rêves, les légendes et les réalités, et toujours, toujours cet hymne à la langue grecque dans sa pérennité de trois millénaires.
Dictionnaire qui n’oublie pas, discrètement mais fermement, de signaler quel rôle ont joué les démocrates grecs dans la résistance à l’envahisseur nazi, quelle cruelle guerre civile ils ont dû assumer jusqu’à la défaite 1949 quand les monarchistes et les Britanniques ont voulu les frustrer de la victoire de la Libération. Il n’oublie pas non plus de rappeler la chape de plomb abattue sur le pays par le régime des colonels de 1967 à 1974...
Un passé de sang et de violence que le réformisme prudent et l’alternance institutionnelle droite - PS, (chacun se voulant plus "européen" que l’autre) ont cru pouvoir passer aux pertes et profits de l’histoire, avec le triste résultat que l’on connaît, qui pend au nez des autres pays du "Club Med", comme on les appelle gentiment à Berlin, et dont nous ne sommes en rien exempts...

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