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Catalogne, val d’Aran, à mes lecteurs occitanophones, et, ma foi, aux autres

lundi 11 mars 2019, par René Merle

Si j’en juge par les « undisclosed recipient » que je reçois de la part de défenseurs de l’occitan, l’épisode catalan a suscité chez nombre d’entre eux un enthousiasme indépendantiste qui me laisse dubitatif.
Non que je sois indifférent à la reconnaissance en dignité du peuple catalan. C’est d’ailleurs ce que j’écrivais, en catalan, à une lectrice qui me demandait mon sentiment :
« Ara mateix és molt dificil per un Provençal (sóc de Toulon) de decidir entre el pro i el contra (indepedència-autonomia, diàleg, negociació…) més de tota manera dic la meva solidaritat al poble català. »
Mais, comme j’ai eu plusieurs fois, je ne suis pas certain que, dans l’état actuel des choses, une abrupte rupture indépendantiste et un choix frontal seraient bienvenus. De toute façon, au premier chef, c’est aux Catalans et aux autres Espagnols d’en décider.
Mais c’est sur une autre raison de l’enthousiasme indépendantiste de certains cercles occitans que je voudrais revenir.
Le bulletin de vote imprimé par la Generalitat catalane pour le référendum sur l’indépendance posait la question « Voulez-vous que la Catalogne devienne un état indépendant sous forme de république ? OUI/NON », mais la posait en trois langues : catalan et castillan, bien entendu, mais aussi en occitan : « Voletz que Catalonha vengue un estat independent en forma de republica ? ÒC/NON ».
En effet, l’occitan gascon de la petite communauté de la Val d’Aran (aux sources de la Garonne), parlé par quelques milliers de personnes, est reconnu comme langue officielle par la Generalitat catalane. De quoi gratifier les défenseurs de la langue d’oc qui n’ont jamais vu pareille utilisation officielle en France ou en Italie.
Ceci dit, le référendum n’en a pas pour autant fait florès dans la comarque de la Val d’Aran. plusieurs communes, dont la principale, Vielha, ne l’ont pas organisé, car une majorité de leurs élus sont membres du Parti socialiste catalan, qui n’était pas d’accord avec le référendum. Et de nombreuses voix se sont même élevées pour dire qu’en cas d’indépendance catalane, la Val d’Aran demanderait son rattachement à l’Aragon voisin, donc à l’Espagne, et même, ont dit certains, à la France dont elle est voisine.

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