La Seyne sur Mer

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La Seyne 1865. La naissance d’une ville ouvrière et la métaphore du choléra

mercredi 12 février 2020, par René Merle

C’est donc en chambre (façon de parler) que je voyage ces temps-ci. Voyage immobile mais aussi voyage dans le temps ; ainsi cette excursion vers ma ville natale, La Seyne, que je vois de mes fenêtres, de l’autre côté de la rade de Toulon.

Voici, ci-dessous, la description qu’en faisait en 1865 un enthousiaste cicerone local.
Le propos de cette présentation n’est pas de s’adresser aux seuls Seynois, pour lesquels je donne quelques repères afin qu’ils se repèrent dans les énormes mutations ultérieures de la cité, repères qui ont évidemment peu d’intérêt pour les non Seynois auxquels je fournis seulement quelques précisions historiques ; non, le propos de ce billet est de proposer à tous la métaphore que porte en 1865 ce microcosme seynois, métaphore qui touche au présent et à l’avenir de notre macrocosme. J’y reviendrai in fine.

Plan de 1829
La Seyne
Baignée par les flots de cette mer azurée qui vit sur ses rivages Philippe-Auguste, saint Louis, et le grand capitaine des temps modernes [1], La Seyne, par son admirable position, attire l’attention de l’étranger. Voyez comme elle est tranquille et fière de la protection de cette cité, au front rajeuni mais à l’aspect redoutable, Toulon, le grand arsenal de la France, l’orgueil de notre belle Provence, dont le mélancolique sommeil n’est troublé que par le bruit des marteaux et les clameurs des marins.
La Seyne a pour bornes : au Nord, des montagnes à demi boisées, et parsemées d’élégantes villas se miroitant dans la limpidité des eaux [2] ;
Ollioules, véritable jardin des Hespérides, avec ses gorges mystérieuses, son printemps éternel, ses hirondelles au chant joyeux, ses fleurs et ses fruits [3].
En avançant vers l’Ouest, on admire cette gracieuse vallée que sillonne la voie ferrée [4] ; Six-Fours, avec ses rares habitants, et ses ruines d’un passé glorieux, sentinelle avancée pour pousser le cri d’alarme au moment de la lutte [5].
A ses pieds, une couronne de hameaux, tous enfants de la même mère : tels de jeunes rejetons qui ont puisé la force et la vie à un tronc jadis plein de sève et de vigueur [6].
Au Midi, une suite de collines aux sommets verdoyants, un magnifique bois dont le silence n’est troublé que par le bruissement des feuilles ou les joyeux éclats d’une folâtre jeunesse [7]. Puis, dans une région plus sereine, un modeste sanctuaire, espérance de l’âme affligée, phare du pauvre matelot pendant les rugissements du terrible ouragan [8].
Enfin, les Iles-d’Or et Saint Mandrier, avec ses plantes d’un autre ciel, véritable demeure princière offerte par la patrie reconnaissante aux enfants de la gloire [9].
Tels sont les bienfaits que le ciel, dans sa bonté, a répandus sur cette heureuse terre, destinée à se développer encore sous les auspices de la religion et de l’industrie qui l’enlacent de leurs bras protecteurs et vigoureux
.

Bigre : RELIGION ET INDUSTRIE ! Suivons donc cette étreinte avec notre cicerone.

1849 - à gauche du port, sur l’avancée, le chantier Taylor.
D’un côté, à la pointe Ouest de la petite cité, le collège des Maristes, fondé en 1849 sur l’emplacement de l’ancien couvent des Capucins, en limite de la zone campagnarde (aujourd’hui submergée de constructions)... Sa clientèle est bourgeoise voire aristocratique.
De l’autre côté, sur le littoral Est, se développent les Chantiers navals. La Seyne avait depuis le XVIe siècle une vocation de construction navale artisanale. Sous la Monarchie de Juillet, apparition de la construction en fer et de la machine à vapeur dans des entreprises familiales situées à la gauche du port, et à droite (entreprise Lombard). En 1845, les ingénieurs britanniques Taylor rachètent l’entreprise Lombard et la développent. En 1855, l’entreprise Taylor est rachetée par un groupe capitaliste important et devient la société par action des Forges et Chantiers de la Méditerranée, qui fait appel à une main-d’œuvre spécialisée venue de toute la France et à une masse de prolétaires sans spécialité venus essentiellement du Piémont
.

1867 - extension des chantiers navals sur le littoral est.

A La Seyne, les monuments publics ne sont pas en grand nombre, relativement à la population qui est de 13 mille âmes, y compris la banlieue [10].
Fondé sous l’inspiration d’une des plus anciennes familles du pays, le collège des PP. Maristes est à peu près le seul établissement qui mérite d’être visité. Par le choix d’une position admirable qui lui permet de jouir des agréments de la campagne et des avantages de la ville, cette maison, avec la gracieuse chapelle due au talent de M. Barbier, architecte de la commune, ne laisse rien à désirer, et peut satisfaire les exigences les moins légitimes ; une exposition favorable, de grandes cours avec jardins, des salles vastes et bien aérées [11], des soins intelligents et empressés, un personnel nombreux et bien choisi dont le dévouement à toute épreuve est récompensé chaque année par de brillants succès. Aussi l’institution des PP. Maristes est-elle devenue le rendez-vous d’une nombreuse jeunesse, aux manières distinguées, fière d’apprendre, sous la tutelle de la religion et la paternelle direction du supérieur actuel, la science qui doit former l’honnête commerçant, l’intrépide marin, le magistrat intègre, etc. [12].
Sur un autre point, mais à une grande distance du collège, un immense atelier, sous la direction de M. Verlaque, réunit près de 4.000 ouvriers, qui tous rivalisent d’intelligence et de zèle pour donner à leurs œuvres ce cachet de perfection qui distingue les bâtiments sortis des bassins de La Seyne
 [13].

"Intelligence et zèle", certes, mais quid de la vie de ces ouvriers en dehors du chantier naval ? quid de leur insertion dans la cité (on appellerait cela aujourd’hui "intégration") ? Notre cicerone a beau jeu d’opposer un ethnotype extrêmement valorisant, celui des nés-natifs, majoritairement tournés vers les activités maritimes : navigation de cabotage et navigation au long cours, marine nationale et même, pendant longtemps, pratique de la course (corsaires), et celui des immigrés de fraîche date, Piémontais pour la plupart, entassés dans des taudis que les loueurs locaux leur proposent sans vergogne.

La Seyne, par sa position exceptionnelle, la facilité des communications, a réuni dans ses murs de nombreux étrangers. Ses habitants forment deux types bien caractérisés.
1° La population indigène. Vifs, hospitaliers, naturellement compatissants et généreux, les Seynois aiment surtout à braver l’Océan et ses tempêtes, et quand ils ont servi la France aux rivages étrangers, ils rentrent, au sein de la famille, où leur vie s’écoule tranquille et paisible sous la charme des souvenirs d’un autre âge.
2° L’autre partie de la population, issue d’une haute origine [14], et toute fière de ses grandes destinées, est loin d’avoir des habitudes à la hauteur de ses prétentions. Mais qu’on ne s’attende pas à nous voir lever ce voile qui révèlerait tant de misères ! Qu’on ne nous demande pas de tracer le tableau de ce qui se passe dans ces réduits sans lumière où s’abritent pêle-mêle, hommes, femmes, enfants, vieillards ! Ces détails humiliants nous feraient peut-être regretter une hospitalité que nous accordons avec tant de générosité et de bienveillance
 [15].

Il est sans doute temps maintenant de dévoiler l’identité de notre cicerone, il s’agit du docteur Prat, ex-chirurgien de la Marine, médecin à La Seyne dont il était conseiller municipal ; Prat fut un des maîtres d’œuvre de la lutte contre l’épidémie de choléra de 1865 à La Seyne. Ces lignes sont extraites de l’ouvrage qu’il publia au lendemain de l’épidémie : La Seyne et son épidémie cholérique de 1865, Toulon, J.Laurent, 1866.

Qu’on excuse notre franchise, et puisqu’on veut bien nous entendre, nous dirons, pour rester impartial, 1° Que les rues de la Seyne sont malpropres, remplies d’immondices ou d’eaux croupissantes ; 2° Que les deux "gros vallats" (1 – en terme du pays, "ruisseau servant d’égout" [16] qui les entourent sont une véritable sentine d’infection ; 3° enfin, que la ville, dans les circonstances actuelles, n’a aucune des conditions de salubrité qui distinguent les villes voisines.
Ces lacunes regrettables, l’ancienne administration les a constatées sans y remédier. La nouvelle sera-t-elle plus heureuse ? Nous l’espérons !!!
Mais pour qu’on ne nous accuse pas de trop flatter le tableau que nous venons de tracer, faisons connaître davantage la rue appelée par les habitants et dans les journaux du nom redoutable de rue de la Peste. Perpendiculaire au gros vallat, auquel elle aboutit par son extrémité ouverte [17], cette rue qui devait présenter huit mètres de large, n’en mesure que six. Elle est sans pavé, dépourvue de trottoirs, et n’offre, sur plusieurs points, que des rez-de-chaussée très humides, dans lesquels mangent, séjournent, couchent, etc., de nombreuses familles piémontaises.
Les maisons à étages (deux au plus) sont encore des centres d’agglomération, d’entassement, dont nous donnerons un frappant spécimen, en disant que dans un carré qui cube à peine cinquante mètres, nous avons compté huit lits, occupés chacun par deux personnes au moins.
Il est facile, par ce seul exemple, de se faire une idée exacte du degré d’infection, surtout pendant la nuit, d’un pareil appartement, dans lequel respirent seize à dix-huit grandes personnes, des enfants au berceau. Ajoutez encore leurs vêtements sales et crasseux accrochés aux murs, aux portes, aux fenêtres.
Si vous sortez des maisons, vous rencontrerez dans cette rue, les immondices, les résidus de la vaisselle, les matières fécales etc., croupissant dans des rigoles dépourvues de pente et privées d’eau. Toutes ces impuretés se mêlant aux eaux des lavoirs publics, constituent par leur réunion, un dépôt excessivement épais que les pluies torrentielles de l’hiver sont presque incapables d’enlever, mais qui, pendant les grandes chaleurs estivales, engendre un caste cloaque pestilentiel.
Ainsi, infection au dedans, infection au dehors, terrain marécageux à l’entour et même dans un assez grand périmètre : telles sont les conditions hygiéniques ou de salubrité présentées par cette rue.
Ce que nous venons de dire de la rue P… peut s’appliquer à la plupart des maisons tenues par des logeurs, maisons que l’on rencontre surtout à l’Esplanade de la Lune, au quartier Beaussier, à Cavaillon, au Regonfle, dans les rues Evenos, du Sac, Saint-Roch, etc. Presque toutes ces rues sont d’ailleurs mal pavées, remplies d’ornières, privées d’un système régulier de balayage. Les ruisseaux n’ont pas d’écoulement, d’où stagnation de toutes les impuretés jetées par les habitants, et formation journalière de cloaques infectieux, disséminés sur une grande étendue de la voie publique.
L’eau que l’on boit à La Seyne est de qualité inférieure, principalement celle provenant des puits qui avoisinent le littoral. A l’époque des grandes chaleurs, pour peu qu’il y ait sécheresse, la disette d’eau se manifeste, les fontaines ne coulent plus.
Nous signalerons ici, à propos du terrain ou sol, deux foyers puissants d’infection : 1° le gros vallat qui longe la partie sud de l’Esplanade du quartier de la Lune ; 2° le ruisseau ou vallat à l’est des maisons du chemin neuf, ou Avenue de Toulon. Ces deux ruisseaux n’ont point de pente et constituent le récipient de toutes les impuretés qu’y déposent les habitants voisins.
Notons en passant que la plupart des maisons construites au quartier de la Lune, se trouvent au sein d’un terrain marécageux. C’est là que l’épidémie a éclaté dans le principe, et qu’elle est restée confinée pendant plusieurs jours ; c’est sur les bords du gros vallat, et surtout dans la fameuse rue P… ou de la Peste.
Qu’on se figure un ciel invariablement serein pendant trois mois entiers ; une chaleur brûlante et sèche, à peine tempérée par les brises du soir et la fraîcheur des nuits ; qu’aux ardeurs de la canicule, on ajoute même l’influence des vents O.-N.-O et on se fera une idée des conditions atmosphériques dans lesquelles apparut à La Seyne le terrible fléau dont le souvenir épouvante encore
.

Né dans ces foyers piémontais de la place de la Lune, le choléra gagna toute la cité, y faisant plus de 500 victimes, piémontaises ou pas... Et pendant des jours, les bagnards de Toulon firent la quotidienne tournée du ramassage des cadavres....
Je parlais en introduction de la métaphore que peut porter cet épidode de la micro-histoire, et du rapport du microcosme au macrocosme...
Le lecteur aura certainement repéré, dans le propos initial du médecin seynois, l’indifférence condescendante, pour ne pas dire l’hostilité à peine dissimulée à l’égard des nouveaux arrivants... L’industrialisation n’était pas pour réjouir ce petit monde de navigateurs, d’artisans, de paysans du terroir, dont les familles provençales se perpétuaient et s’unissaient depuis des siècles. L’énorme chantier naval des coques en fer était une pièce rapportée sur cette tranquillité séculaire, comme l’était l’arrivée massive d’étrangers...
Première constatation, l’entreprise qui a amorcé la pompe de l’immigration et qui en bénéficie ne se préoccupe pas des conditions de vie de ses travailleurs en dehors des chantiers, pas plus qu’elle ne se préoccupe vraiment des besoins de la cité (hôpital, écoles, voirie, etc.). Par contre, elle a engagé des travaux considérables pour aménager les lieux de travail (extension sur les terrains marécageux du littoral, dragage du port, quais, sites de lancements, engins de levage, ateliers nouveaux, etc.)
Seconde constatation, la population locale considère avec méfiance, voire hostilité, cette masse de pauvres diables, mais une partie des locaux tire profit de la demande de logements et loue aux Piémontais sans se préoccuper de l’état et de l’entretien des lieux.
Troisième constatation : la municipalité, alors acquise au pouvoir napoléonien, et où dominent les notables locaux conservateurs, n’a pas pu, su, ou voulu engager des mesures indispensables d’assainissement ; tout au plus a-t-elle réclamé des mesures nécessaires pour assurer l’ordre public et "l’ordre moral". Cf. sur ce site le billet :
René Merle, “Le choléra de 1865 à La Seyne”,...
C’est seulement quand l’épidémie montre, et avec quelle force, que les conditions misérables de vie des uns sont susceptibles de mettre en danger la collectivité tout entière que des mesures sont prises. Les Chantiers, qui ne peuvent plus travailler, mettent leurs pompes au service de l’hygiène collective et nettoient les vallats, la municipalité engage enfin un programme de travaux d’assainissement...

Dans les années qui suivirent, la vague d’émigration piémontaise sera doublée d’une vague de sujets du nouveau royaume d’Italie, Toscans en particulier... L’ardeur au travail, l’esprit d’économie, la pratique agricole ancestrale de tous ces Italiens feront que, tout en continuant à fournir une main d’œuvre essentielle aux Chantiers, beaucoup d’entre eux entreprendront de bâtir et de cultiver sur des parcelles achetées (initiant ainsi le mitage du terroir), et d’initier des carrières d’artisans, dont certaines seront particulièrement réussies.
Sans pour avoir rompu les ponts familiaux avec la patrie de leurs ancêtres, aujourd’hui, des milliers de descendants de Piémontais et de Toscans vivent à La Seyne, parfaitement méridionaux dans l’accent et le lexique, et "Français de chez Français", les dernières élections en témoignent. Sans doute, par ces temps de xénophobie galopante et de rejets nouvelles émigrations, il n’est pas inutile de rappeler à leurs enfants ce que fut le sort des Piémontais de La Seyne, dans ces années 1860, et comment, tant bien que mal, se conjuguèrent les intérêts particuliers et l’intérêt collectif...
Mais, par ces temps d’immenses bouleversements démographiques, où des populations entières sont considérées (et donc se considèrent) comme des pièces rapportées, comme des "autres", la leçon vaut sans doute bien au-delà de La Seyne.

Notes

[1Bonaparte bien sûr, lors de la prise de Toulon en 1793

[2Qui reconnaîtrait ce tableau dans ce que sont devenus les quartiers (alors résidentiels voire aristocratiques) de Brégaillon et Lagoubran, en rive de la Pyro et du port marchand !

[3La Seyne faisait partie du canton d’Ollioules.

[4La voie ferrée Marseille-Toulon via La Seyne venait d’être mise en service en 1859. - Qui reconnaîtrait aujourd’hui cette "gracieuse vallée" en parcourant l’immense zone HLM de Berthe, les entrepôts de Camp-Laurent, la zone industrielle et commerciale La Seyne-Ollioules ?

[5Le vieux village perché, ici évoqué, sera rasé en 1875 pour faire place au Fort de Six-Fours.

[6Le hameau principal était celui de Reynier, l’actuel centre ville de la commune de Six-Fours. Faut-il préciser que ce terroir agricole semé de hameaux est aujourdh’ui entièrement couvert de lotissements et de petits immeubles, voire de grands immeubles.... La Seyne était un de ces hameaux, devenu bourgade, érigée en commune en 1657

[7[Les traditionnelles fêtes printanières de la Forêt de Janas, et les pèlerinages "au Mai".

[8] La chapelle de "la Bonne Mère", Notre-Dame de Bonne-Garde

[9Saint-Mandrier, alors écart de La Seyne, abritait l’hôpital maritime et son jardin botanique, ainsi qu’un hospice pour les invalides militaires.

[10C’est-à-dire Saint-Mandrier et le terroir agricole

[11Ce qui tranche avec l’exiguïté et la vétusté des locaux de l’école primaire municipale

[12C’est pointer, (à la différence d’aujourd’hui où cette école privée attire nombre de familles populaires peu désireuses de placer leurs enfants en collège public), le rôle de formation des "élites" régionales que se donnait l’établissement

[13la clientèle du Chantier était en effet internationale

[14Transalpine

[15Ce "nous", enrobé d’onction humanitaire, mais, disons-le mot, plutôt xénophobe, désigne la population locale et ses notables, mais non pas la direction des Chantiers, qui n’a pas "accordé" cette hospitalité, mais qui a encouragé et demandé cette main d’œuvre.
Bref, semble dire notre cicerone, comme d’autres le diraient aujourd’hui : "On n’est plus chez nous !"

[16En fait, mot provençal désignant un fossé, un profond ruisseau

[17Cette impasse est l’origine de l’actuelle rue Nicolas Chapuis

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