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Le conflit actuel est un Conflit de classes - Les deux blocs...

mardi 10 décembre 2019, par René Merle

"une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien"

Quelques réflexions à l’orée de cette semaine décisive sur le plan social...
Je voyais hier soir sur la 5 Patrick Cohen tenter d’écraser d’ironie condescendante le représentant de la CGT Cheminots. Il avait choisi son camp, celui des nantis, et, une fois de plus, traitait ceux qui ne le sont pas de « privilégiés »…
Le conflit actuel est bien un conflit « classe contre classe », les salariés et précaires contre ce que, depuis l’élection de Macron, il est convenu d’appeler « le bloc bourgeois » des nantis et de ceux qui pensent l’être.
Lors de l’inauguration du campus géant dédié aux Start up (2 juillet 2017), sur l’emplacement d’un ancien dépôt ferroviaire de la gare d’Austerlitz, à Paris, notre Président avait filé une métaphore qui résume sa vision de la société :
« Ne pensez pas une seule seconde que si demain vous réussissez vos investissements ou votre start-up, la chose est faite. Non, parce que vous aurez appris dans une gare, et une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien, parce que c’est un lieu où on passe, parce que c’est un lieu qu’on partage ».
« Partage » horizontal de deux mondes impliqués dans la verticalité sociale, ici exprimée de façon à la fois cynique et paternaliste, le monde des dominants et le monde des dominés. Un mot pourtant se lit en filigrane : celui de « classe », de classe sociale, soigneusement évité dans le discours présidentiel.
L’ultra milliardaire étatsunien Warren Buffett n’avait pas de ces fausses pudeurs, qui déclarait sur CNN (25 mai 2005, cité par le New York Times, 26 novembre 2006) :
« There’s class warfare, all right, but it’s my class, the rich class, that’s making war, and we’re winning » (Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène la guerre, et nous sommes en train de la gagner).
Mon épouse m’a fait fit remarquer : « Au fond, ces riches se comportent avec « leur » peuple comme les colonisateurs se comportaient jadis avec leurs colonies ». En effet : la trique en moins (encore que.. les Gilets jaunes en savent quelque chose) mais le mépris à peine déguisé toujours. Le soigneux apartheid d’habitat, de scolarité, de culture, qui maintient les riches dans leur quant à soi, et renvoie ceux « qui ne sont rien », mais qui les font vivre, au statut d’ilotes à gouverner (j’emploie ici « gouverner » avec le sens que lui donnaient nos vieux Provençaux : s’occuper des animaux domestiques…)

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