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Jean-Pierre Chabrol, "le Bout galeux". Un tendre regard sur la lointaine banlieue des années 50

lundi 10 décembre 2018, par René Merle

La couverture jaune et nue, hormis son chardon emblématique, est bien fatiguée : Jean-Pierre Chabrol, Le Bout galeux, roman, Amiot-Dumont, 1955. C’est un livre que j’ai acheté dès sa parution, en 1955 donc. Je venais d’arriver à Paris, dont je ne connaissais rien. Mais je connaissais Chabrol pour ses articles et ses dessins dans L’Huma, que je lisais chaque jour. J’ai acheté de confiance. Et rencontré un autre visage de la capitale que ce que je pouvais en découvrir entre le XIII°, où j’habitais, et le quartier latin.
Le Bout galeux, c’était un quartier populaire installé à la va comme je te pousse dans une cité dortoir pas vraiment résidentielle de la banlieue Sud, Ligne de Sceaux. Chabrol y fait vivre le peuple, le vrai peuple, et en particulier celui des jeunes ouvriers d’alors.
À peine un peu plus tard, la vie professionnelle me faisait vivre dans une localité de cette même banlieue Sud, où mes engagements politiques m’ont amené à côtoyer des jeunes de mon âge qui auraient pu vraiment être des héros du roman de Chabrol. Ce fils de la Cévenne, où il fut résistant, et désormais journaliste à Paris, avait touché au plus juste
L’année suivante, l’ouvrage obtenait le prix populiste.
L’ouvrage a eu la consécration de collection blanche de Gallimard en 63, et il a été plusieurs fois réédité en livre de poche depuis, et assez récemment encore. Vous le trouverez donc facilement. Certes, il s’agit d’une époque révolue, d’un monde qui s’est profondément transformé, mais cet écheveau de destins heureux ou fracassés nous concerne encore, directement.

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